TROIS QUESTIONS CONTROVERSÉES

Le décret faisant entrer les plateformes de S-Vod dans l’écosystème de l’audiovisuel français vient d’être publié. Mais les points les plus controversés restent à trancher. https://siritz.com/editorial/exception-culturelle-pas-discrimination/

Les obligations que ce texte leur fixent étaient attendues. Elles devront investir 20 % de leur chiffre d’affaires dans les œuvres française dont 20% dans les films de cinéma qu’elles diffuseront plus de 12 mois après leur sortie salle. Le taux de 20% sera porté â 25% si elles diffusent ces films moins de 12 mois après leur sortie en salle. Enfin, deux tiers de ces œuvres devront être commandées à des productions indépendantes des plateformes.
Comme la Commission européenne a émis plusieurs critiques à l’égard de ce projet, le jugeant trop déséquilibré en faveur des producteurs, il est possible que certaines plateformes fassent un recours au niveau européen.https://www.lesechos.fr/tech-medias/medias/creation-francaise-le-decret-precisant-les-obligations-de-netflix-et-consorts-publie-au-jo-1326356

De toute façon, plusieurs points essentiels restent â régler. Le premier est celui de la chronologie des médias qui doit faire l’objet d’un accord entre la profession du cinéma et les plateformes, mais aussi d’un accord de Canal + et des chaînes en clair.

Comme ON le sait le problème est explosif car, dans les 12 mois suivant la sortie en salle il faut placer Canal +, puis les plateformes. Mais pour que les plateformes choisissent de passer de 20 à 25%, donc d’investir un quart de plus, il faut que leur fenêtre soit au plus de 8 mois. Ce qui amène Canal +, qui investit 12,5% de son chiffre d’affaires dans le cinéma et non 5% comme les plateformes, à exiger une fenêtre de 3 mois. Or la totalité des exploitants, comme la plus grande partie des distributeurs sont absolument contre ce choix.

Faute d’accord ce sera à l’État de trancher. Mais, faute d’obtenir satisfaction, Canal + menace de choisir le statut de plateforme, ce qui serait une catastrophe pour le cinéma. Les professionnels estiment que cette menace est du bluff. Mais le propriétaire de Canal+, par le passé, n’a pas hésité à choisir des solutions radicales. https://siritz.com/editorial/poker-entre-canal-et-le-cinema/

Autre point non résolu : l’État n’a pas encore décidé de faire bénéficier les productions des plateformes du fonds de soutien alors que les plateformes vont payer la taxe alimentant le crédit d’impôt. Outre que ce serait particulièrement inéquitable, ce serait inciter à produire ces œuvres à l’étranger. N’oublions pas que des productions américaines tournées en France bénéficient du crédit d’impôt international pour attirer des tournages en France. D’autre part, ce serait casser la mécanique du fonds de soutien qui est une épargne forcée, obligeant le producteur, s’il veut toucher ce fonds de soutien, â le réinvestir dans une œuvre française.

DE DEUX PREMIERS FILMS

Deux d’entre eux qui viennent de sortir sont significatifs de plusieurs points de vue.

« Ibrahim », écrit et réalisé par Samir Guesmi est produit par Pascal Caucheteux (Why not Productions ). https://fr.wikipedia.org/wiki/Ibrahim_(film) et distribué par Le Pacte.

Samir Guesmi

 La comédie « Opération Portugal » est réalisée par Franck Cimière.a co-écrit le scénario avec D’Jal et Jérôme L’Hotsky. D’Jal en est l’interprète principal. Il est de loin en tête des films français qui sont sortis le 23 juin. Il est produit par Marc Missonier (Moana Films) et distribué par Sony Pictures.

 

Franck Cimère

Cinéfinances.info* a fourni les données financières de cet article.

Ce sont tous les deux des films à petit budget : 1,2 million € . Pour « Opération Portugal » Sony a donné un minimum garanti égal à deux tiers du budget total du film pour un mandat tous droits. Le producteur a mis son salaire et ses frais généraux en participation. Le crédit d’impôt devrait couvrir son apport en numéraire. Pour « Ibrahim », c’est le producteur qui a financé 75% du budget et le film a été pré-acheté par Canal+ et Mutithématiques. Le Pacte n’a pas donné de minimum garanti.

Pour « Opération Portugal » la rémunération du salaire de technicien de  Franck Cimière, pour la préparation, 30 jours de tournage et la post-production est de 10 000 €. Avec les autre scénaristes ils se sont partagés 101 000 €.

Pour «Ibrahim», la rémunération de Samir Guesmi est, pour la préparation 25 jours de tournage et la post-production, de 12 000 €, répartie à part égale entre à valoir sur droits d’auteur et salaire de technicien. Sa rémunération de scénariste est de 28 000 €.

Dans les deux cas, c’est beaucoup moins que la rémunération médiane des réalisateurs de films sortis en 2020 https://siritz.com/financine/le-barometre-des-realisateurs-fin-octobre/

Mais aussi moins que la rémunération médiane des films déjà sortis en 2021.

*www.Cinefinances.info est un site, accessible par abonnement,  destiné aux professionnels du cinéma.  Il publie le budget, le plan de financement et la répartition des recettes de tous les films français qui sortent (hors les films « sauvages » qui ne déposent pas leurs contrats au registre public et ne demandent donc pas l’agrément qui leur permettrait d’accéder à l’aide du CNC). Il dispose d’un puissant moteur de recherche multicritères et de 10 ans d’archives.

 

LA RÉMUNÉRATION DE FANY LIATARD ET JÉRÉMY TROUILH

Ce film est le premier long métrage de ces deux jeunes réalisateurs qui ont déjà réalisé plusieurs court-métrages ensemble.https://fr.wikipedia.org/wiki/Fanny_Liatard_et_Jerémy_Trouilh

Il est produit par Carole Scotta (Haut et court) pour un budget de 2,8 millions €. Le producteur a mis son salaire de producteur et ses frais généraux en participation. Son apport en numéraire devrait être couvert par son crédit d’impôt.

https://fr.wikipedia.org/wiki/Gagarine_(film)

Haut et Court est également distributeur avec le mandat salle pour un minimum garanti de 50 000 €, Totem Films assurant les ventes internationales.

Le film a bénéficié de 9 000 € d’aide au développement,  d’une avance sur recette de 550 000 €, de 100 000 € de soutien aux effets spéciaux et de 20 000 € d’aide à la musique. Il a également un  soutien de la région Ile de France de près de 300 000 €.

Canal+, Ciné+ et France 3 l’ont préacheté, France 3 étant également coproducteur. Deux soficas non adossées ont également investi.

Pour la préparation, 35 jours de tournage et la post-production la rémunération des deux réalisateurs est de 49 000 €, répartie entre 20 000 € d’à valoir sur droits d’auteurs et 29 000 € de salaire de technicien. C’est moins de la moitié de la rémunération médiane des réalisateurs de films français sortis en 2020 et moins que la rémunération médiane des réalisateurs de films français sortis en 2021.

C’est moins de la moitié de rémunération médiane des réalisateurs de films français sortis en 2020.

https://siritz.com/financine/le-barometre-des-realisateurs-fin-octobre/

Et c’est moins que la rémunération médiane des réalisateurs de films sortis en 2021 :

*www.Cinefinances.info est un site, accessible par abonnement,  destiné aux professionnels du cinéma.  Il publie le budget, le plan de financement et la répartition des recettes de tous les films français qui sortent (hors les films « sauvages » qui ne déposent pas leurs contrats au registre public et ne demandent donc pas l’agrément qui leur permettrait d’accéder à l’aide du CNC). Il dispose d’un puissant moteur de recherche multicritères et de 10 ans d’archives.

POUR LA RÉALISATION DE « TOKYO SHAKING »

C’est le troisième long métrage de fiction du réalisateur qui a, en outre, réalisé deux documentaires pour le cinéma et deux pour la télévision. https://fr.wikipedia.org/wiki/Olivier_Peyon

C’est un film spectaculaire puisque l’héroïne, une française qui travaille au Japon, est prise dans le Tsunami qui a frappé Tokyo. Son expérience de réalisateur de documentaires lui est très utile pour décrire cet événement réel, les effets qu’il a eu sur les individus et comment la société japonaise a réagi.

Cinéfinances.info* a fourni les données financières de cet article.

Le film est produit par Kristina Larsen (Les films du lendemain) qui a investi un montant non négligeable de numéraire et du fonds de soutien. https://fr.wikipedia.org/wiki/Tokyo_Shaking. 200 000 € de fonds privés ont également été investis.

Son budget est de 4,8 millions €. Il est distribué, avec tous les mandats sauf l’international, par Wild Bunch qui a donné un minimum garanti et a également mis du numéraire en coproduction. C’est Le Pacte qui a le mandat de vente internationale, avec, là encore, un minimum garanti.Le sujet du film et son caractère spectaculaire laisse espérer un véritable potentiel à l’international.

Il bénéficie de 100 000 € d’avance sur recette après réalisation et autant d’aide aux effets spéciaux, plus du soutien  de la région Ile de France et de la Procidep. Enfin il y un pré-achat de Canal+ ainsi que de Ciné+, mais pas de chaîne en clair ce qui ouvre des perspectives pour le mandat TV de Wild Bunch.

Pour la préparation, 30 jours de tournage et la post-production la rémunération du réalisateur est de 48 000 €, dont 20 000 € en à valoir sur droits d’auteur et 30 000 € de salaire de technicien. C’est moins de la moitié de la rémunération médiane des films français sortis en 2020

https://siritz.com/financine/le-barometre-des-realisateurs-fin-octobre/

C’est également inférieur à la rémunération médiane des réalisateurs de films français sortis en 2021.

Le précédent long métrage de fiction d’Olivier Peyon était « Une vie ailleurs », qu’il avait coréalisé avec Cécilia Rouauld. Il était sorti le 18 mars 2017. Ils s’étaient partagés 21 000 € comme réalisateurs et 49 000 € comme scénaristes.

*www.Cinefinances.info est un site, accessible par abonnement, destiné aux professionnels du cinéma.  Il publie le budget, le plan de financement et la répartition des recettes de tous les films français qui sortent (hors les films « sauvages » qui ne déposent pas leurs contrats au registre public et ne demandent donc pas l’agrément qui leur permettrait d’accéder à l’aide du CNC). Il dispose d’un puissant moteur de recherche multicritères et de 10 ans d’archives.

POUR LA RÉALISATION DE « LA NUÉE »

Ce film est le premier long métrage du réalisateur. https://fr.wikipedia.org/wiki/Just_Philippot

C’est un film de science-fiction, dans la lignée des films de genre qui commencent à se multiplier en France. https://fr.wikipedia.org/wiki/La_Nuée

Cinéfinances.info* a fourni les données financières de cet article.

Il est produit par Manuel Chiche,et Violaine Barbaroux ( The Jokers film & Capricci) pour un budget de 2,8 millions €, et distribué par leur société The Bookmakers. Celle-ci, pour un mandat salle a accordé un minimum garanti de 90 000 € et c’est Wild Bunch qui a le mandat de vente à l’étranger pour 50 000 €.

Le film est coproduit par Arte et préacheté par Canal+, Multithémathiques ainsi qu’Arte. Il est soutenu par Auvergne-Rhône-Alpes Cinéma, la Région Nouvelle-Aquitaine et le département du Lot et Garonne. Il a bénéficié de 500 000 € d’avance sur recette.

Le film est bien financé puisque les producteurs ont investi un peu de numéraire qui ne représente qu’une petite fraction de leur salaire de producteur et de leurs frais généraux.

Pour la préparation, 30 jours de tournage et la post-production la rémunération du réalisateur est 50 000 €, répartie entre 20 000 € d’à valoir sur droits d’auteur et 30 000 € de salaire de production. C’est moins de la moitié de la rémunération médiane des films français sortis en 2020  multicritères et de 10 ans d’archives https://siritz.com/financine/le-barometre-des-realisateurs-fin-octobre/ et légèrement inférieur à la rémunération des films français sortis en 2021 :

Just Phillipot a coécrit le scénario avec Jérôme Genevray et Franck Victor. Ils ont reçu 36 000 € et le réalisateur 30 000 €. La rémunération du scénario est donc supérieure à celle du réalisateur.

*www.Cinefinances.info est un site, accessible par abonnement, destiné aux professionnels du cinéma.  Il publie le budget, le plan de financement et la répartition des recettes de tous les films français qui sortent (hors les films « sauvages » qui ne déposent pas leurs contrats au registre public et ne demandent donc pas l’agrément qui leur permettrait d’accéder à l’aide du CNC). Il dispose d’un puissant moteur de recherche multicritères et de 10 ans d’archives.

 

DANS LES FILMS FRANÇAIS SORTIS EN 2021

Depuis la réouverture des salles de cinéma 29 films français de fiction sont sortis.  Cinéfinances.info* a fourni les données financières de cet article. On ne peut évidemment dire s’ils sont représentatifs de la production française. Mais on peut en tout cas dégager des tendances.

A part quatre d’entre eux, qui ont des budgets égaux ou supérieurs à 6 millions d’euros,  les autres ont des budgets moyens. Seul « Un tour chez ma fille » approche les 10 millions €. https://fr.wikipedia.org/wiki/Un_tour_chez_ma_fille

6 d’entre eux ont même des budgets inférieurs à 2 millions d’euros, dont 2 inférieurs au million d’entrées.

Les rémunérations des réalisateurs sont en général très inférieures à celles de films français sortis en 2020.

https://siritz.com/financine/le-barometre-des-realisateurs-fin-octobre/

Ce qui est significatif c’est que pour 9 d’entre eux, c’est-à-dire 40%, le réalisateur a écrit seul le scénario. Et que, pour 8 films, soit 34%, la rémunération du réalisateur en tant que scénariste, y compris quand il a co-écrit le scénario, est supérieure ou égale à sa rémunération en tant que réalisateur, c’est à dire à  la somme de son à valoir sur droits d’auteur et son salaire de technicien.

Pour 15 films, c’est-à-dire les deux tiers d’entre eux, la rémunération de l’ensemble du scénario est supérieure à celle du réalisateur.

5 scénarios, soit 21% sont des adaptations d’œuvres pré-existantes.

N’oublions pas que le scénario est le plus souvent un élément essentiel pour permettre au producteur de monter le financement de son film. Il met parfois des mois, voire des années à être écrit et constitue un investissement indispensable du producteur. Or, pour beaucoup de films, les apports des différents participants ont tendance à diminuer et  le producteur doit alors peut-être devoir demander au réalisateurs et aux principaux comédiens de faire une effort pour que le films se fasse.

*www.Cinefinances.info est un site, accessible par abonnement,  destiné aux professionnels du cinéma.  Il publie le budget, le plan de financement et la répartition des recettes de tous les films français qui sortent (hors les films « sauvages » qui ne déposent pas leurs contrats au registre public et ne demandent donc pas l’agrément qui leur permettrait d’accéder à l’aide du CNC). Il dispose d’un puissant moteur de recherche multicritères et de 10 ans d’archives.

POUR  « MÉDECIN DE NUIT», LE SCÉNARIO PLUS QUE LA RÉALISATION

Ce film noir est le deuxième long métrage du réalisateur. https://fr.wikipedia.org/wiki/Élie_Wajeman. Il est sorti sur 199 copies en France et a totalisé 10 257 entrées le premier jour.

https://fr.wikipedia.org/wiki/Médecin_de_nuit

C’est Georges Bermann (Partizan film) qui l’a produit pour un budget de 2,46 millions € et Diaphana qui le distribue, avec le mandat salle et vidéo, pour un minimum garanti de 100 000 €. Le producteur a  mis son salaire et ses frais généraux en participation, investi du fonds de soutien et un montant de numéraire très inférieur à son crédit d’impôt.

Le film a un soutien de la Région Ile de France. OCS et CinéCinéma l’ont préacheté.

Pour la préparation, 24 jours de tournage et la post-production la rémunération du réalisateur est de 43 000 €, répartie entre 18 000 € d’à valoir sur droits d’auteur et 25 000 € de salaire de technicien. C’est moins que la moitié de la rémunération moyenne des réalisateurs de films français sortis en 2020.

https://siritz.com/financine/le-barometre-des-realisateurs-fin-octobre/

C’est les 2/3 de la rémunération médiane des réalisateurs des films français sortis en 2021.

Tout le monde s’est serré la ceinture puisque le budget des trois rôles principaux et de 41 000 €.

Le scénario a été co-écrit par Agnès Feuvre. Elle a touché 27 000 € et lui , 56 000 €, ce qui est plus que sa rémunération de réalisateur.

Le premier film du réalisateur était « Les anarchistes », sorti le 11 novembre 2015. Il était produit par Lola Gans (24 mai production) et distribué par Mars film. Il a rassemblé 50 000 entrées.

*www.Cinefinances.info est un site, accessible par abonnement, destiné aux professionnels du cinéma.  Il publie le budget, le plan de financement et la répartition des recettes de tous les films français qui sortent (hors les films « sauvages » qui ne déposent pas leurs contrats au registre public et ne demandent donc pas l’agrément qui leur permettrait d’accéder à l’aide du CNC). Il dispose d’un puissant moteur de recherche multicritères et de 10 ans d’archives.

 

POUR LES « 2 ALFRED » LE SCÉNARISTE PLUS QUE LE RÉALISATEUR

C’est le 9ème long métrage du réalisateur qui est également comédien et scénariste. Il est d’ailleurs l’un des interprètes principaux de ce film avec son frère, Denys. https://fr.wikipedia.org/wiki/Bruno_Podalydès

Le film est produit par Pascal Caucheteux (Why not production) et distribué par UGC.  https://fr.wikipedia.org/wiki/Les_Deux_Alfred

Cinéfinances.info* a fourni les données financières de cet article.

Son budget est de 3,8 millions €. Il est pré-acheté par Canal+ et OCS, mais pas par une chaîne en clair. UGC n’a que la mandat salle et n’a pas donné de minimum garanti. Le mandat de vente international est confié à Wild Bunch sans minimum garanti. Le producteur a investi en numéraire 70% du budget dont il faut déduire son salaire, ses frais généraux et le crédit d’impôt.

Pour la préparation, 30 jours de tournage et la post-production, la rémunération du réalisateur est 100 000 € répartie à part égale entre à valoir sur droits d’auteur et salaire de technicien. C’est moins que la rémunération médiane des réalisateurs de films français sortis en 2020  https://siritz.com/financine/le-barometre-des-realisateurs-fin-octobre/ mais légèrement en-dessous rémunération moyenne des réalisateurs de films français sortis en 2021 :

C’est le réalisateur qui a écrit le scénario pour un à valoir de 150 000 €, donc supérieure à celle du réalisateur.

Le précédent film de Bruno Podalydes était « Bacassine ! », sorti le 20 juin 2018. Il avait le même producteur et le même distributeur. Son budget était de 4,4 millions €. La rémunération du réalisateurs était la même. Les droits de l’œuvre dont était tiré le film ont été acquis 200 000 € et le scénario payé à Bruno Podalydes 150 000 €. Le film avait rassemblé 230 000 spectateurs.

Le plus grand succès du réalisateur est « Les mystère de la chambre jaune », sorti en 2003, qui avait réalisé 1,35 millions d’entrées

*www.Cinefinances.info est un site, accessible par abonnement, destiné aux professionnels du cinéma.  Il publie le budget, le plan de financement et la répartition des recettes de tous les films français qui sortent (hors les films « sauvages » qui ne déposent pas leurs contrats au registre public et ne demandent donc pas l’agrément qui leur permettrait d’accéder à l’aide du CNC). Il dispose d’un puissant moteur de recherche multicritères et de 10 ans d’archives.

POUR LA RÉALISATION DE « UN TOUR CHEZ MA FILLE »

Cette comédie, qui sort le 19 juin, est le 9ème long métrage réalisé par cet ancien des Guignols de l’info qui est également réalisateur de fiction tv et scénariste.

https://fr.wikipedia.org/wiki/Éric_Lavaine

Le film, qui est la suite de « Retour chez ma mère, sorti en 2016, est produit par Vincent Roger (Same player) et distribué par Pathé Film. « Retour chez ma mère » avait rassemblé 2,2 millions €.

Cinéfinances.info* a fourni les données financières de cet article.

Le budget  de « Un tour chez ma mère »est de 9,7 millions €.

Pour le financer le producteur a mis en participation une partie de ses frais généraux, mais pas son salaire et son apport en numéraire est couvert par le Crédit d’impôt.

Canal+ et Ciné+ l’ont préacheté. TF1 est coproducteurs et TF1 et TMC ont chacun pré-acheté 2 passages

Pathé a tous les mandats mais n’a pas donné de minimum garanti.

Pour la préparation, 39 jours de tournage et la post-production, la rémunération du réalisateur est de 400 000 € répartie à part égale entre à valoir sur droits d’auteur et salaire de technicien.

C’est beaucoup plus que la moyenne da la rémunération des réalisateurs de films français sortis en 2020. https://siritz.com/financine/le-barometre-des-realisateurs-fin-octobre/

C’est la rémunération records des films français sortis les 4 premières semaines de 2021

Le scénario a été coécrit par le réalisateur avec Hector Cabello Reyes pour 675 000 € qu’ils se sont partagés.

Le précédent film réalisé par Éric Lavaine est « Chamboultout », sorti le 3 avril 2019.

https://siritz.com/cinescoop/le-groupe-canal-a-preachete-chamboultout-pour-plus-de-15-millions-e/

Son producteur était le même pour un budget de 9,3 millions €. Il était distribué par Gaumont.

La rémunération du réalisateur pour la préparation, 40 jours de tournage et la post-production était de 250 000 € répartie à part égale entre à valoir sur droits d’auteur et salaire de technicien.

Le scénario, écrit avec Bruno Lavaine et Barabara Halary-Lafond et ils se sont partagés 594 000 €.

Le film avait rassemblé 715 000 entrées.

*www.Cinefinances.info est un site, accessible par abonnement, destiné aux professionnels du cinéma.  Il publie le budget, le plan de financement et la répartition des recettes de tous les films français qui sortent (hors les films « sauvages » qui ne déposent pas leurs contrats au registre public et ne demandent donc pas l’agrément qui leur permettrait d’accéder à l’aide du CNC). Il dispose d’un puissant moteur de recherche multicritères et de 10 ans d’archives.

 

LE DISTRIBUTEUR MEMENTO VA SE MAINTENIR À UN FILM PAR MOIS

Siritz.com Comment avez-vous débuté comme distributeur ?

Alexandre Mallet-Guy : En fait j’ai démarré par la production. J’ai fait mes études à l’ESSEC et, dans ce cadre, j’ai fait un apprentissage à BNP Paribas dans le financement de médias. Mon ambition était de travailler dans le cinéma. Je m’occupais du ciné-club de TELECOM PARIS, l’école d’ingénieur que j’ai faite avant l’ESSEC. Après l’ESSEC j’ai intégré la Pan-Européenne Production qu’avait créé Philippe Godeau. J’y ai travaillé pendant 2 ans. Philippe Godeau a ensuite décidé de relancer Pan-Européenne Distribution et m’a demandé de m’en occuper. Puis je suis parti et j’ai créé ma propre société.

Siritz.com : C’était à quelle époque et quel âge aviez-vous ?

AM-G : C’était en 2003 et j’avais 29 ans.

Siritz.com : Vous aviez pu voir que la distribution est un métier très risqué. Pourquoi l’avoir choisi plutôt que la production ?

AM-G : En fait j’ai commencé par la production. Emmanuele Crialese, le réalisateur italien de « Respiro » que j’avais sorti pour la Pan-Européenne m’a proposé de produire son prochain film.     « Respiro » avait été un gros succès en France où il a fait 600 000 entrées alors qu’il avait connu un gros échec en Italie. J’ai accepté, mais le projet n’étant qu’au stade du développement, j’ai décidé, pour m’occuper pendant la longue phase d’écriture qui s’annonçait, de me lancer également dans la distribution.

Siritz.com : Et comme distributeur, comment avez-vous débuté ?

AM-G : J’ai été à Rotterdam où j’ai acheté mon premier film, en février 2003 : un premier film hongrois, sans dialogue, « Hic ». Le film a gagné le prix de la révélation européenne de l’année aux European Film Awards et a rassemblé 35 000 spectateurs. Il a ensuite été acheté par Arte France C’était donc, à notre échelle, un joli petit succès qui m’a permis de financer une partie du développement du projet italien.

Siritz.com : Est-ce que, dès le départ, vous aviez une idée du type de films que vous vouliez distribuer ?

AM-G : J’avais juste un petit pécule suite à la vente de mes actions dans Pan-Européenne Distribution, et donc des moyens très limités. J’ai ainsi été contraint de choisir des films étrangers modestes, mais toujours des films de qualité auxquels je croyais vraiment. A chaque fois des films plus importants, avec des risques plus importants. Au départ des films d’auteur pointus, puis, petit à petit, des films au potentiel commercial plus important.

Siritz.com : Quel a été votre premier gros succès ?

AM-G : « Tetro », de Francis Ford Coppola. C’était une coproduction italo- argentine , en noir et blanc, présentée en ouverture de la Quinzaines des réalisateurs en 2009. Tous les principaux distributeurs indépendants avaient passé. Et moi j’ai eu un vrai coup de cœur. Le film a fait       400 000 entrées, mon premier gros succès.

Siritz.com : Quand on regarde votre catalogue on voit que vous prenez les mandats salle, vidéo et aussi international. Cela suppose une structure relativement lourde.

AM-G : En fait, l’activité de vente internationale a été développée par mon associée de l’époque, Émilie George au sein d’une structure distincte Memento International. Émilie avait alors une participation minoritaire dans Memento Distribution et j’avais une participation minoritaire dans Memento International. Nous avons depuis cédé chacun à l’autre ces participations et sommes à présent chacun unique actionnaire de nos sociétés.

Siritz.com : Aujourd’hui vous êtes un des principaux distributeurs indépendants. Est-ce que vous pourriez caractériser le profil de votre société, c’est-à-dire des films que vous distribuez ?

AM-G : Mes choix sont toujours en fonction de coups de cœur, soit sur scénario, soit sur film fini vu en festival. J’essaye de faire une moitié de films français et une moitié de films étrangers. On a débuté avec des films étrangers, puis on a commencé à recevoir des scénarios de films français. Notre premier succès français a été « Au bout du conte », le film d’Agnès Jaoui avec Jean- Pierre Bacri. Puis, dans la foulée « Le Passé » d’Asghar Farhadi, que j’ai produit, tous deux millionnaires en entrées. A partir de là, on a commencé à recevoir beaucoup de scénarios.

2 millions d’entrées

Siritz.com : J’imagine qu’il y a des producteurs avec lesquels vous travaillez plus régulièrement.

AM-G : Oui. Il y en a 5 ou 6 qui nous envoient leurs scénarios en priorité et à qui nous faisons confiance à priori. Mais rien n’est automatique. Tout dépend du scénario. On essaie aussi, bien sûr, de suivre les auteurs avec qui nous travaillons.

Iritz.com : Le fait qu’il y a de plus en plus de films qui sortent vous oblige-t-il, pour faire remarquez les vôtres à augmenter vos frais d’édition ?

AM-G : Sur la typologie de films que nous distribuons, le travail avec la presse et les médias nous permet de limiter nos frais d’édition.

Siritz.com : Les producteurs disent que les distributeurs ont tendance à diminuer les minima garantis. Or, c’est déjà le cas des apports des chaînes de télévision.

AM-G : Malheureusement ce n’est pas notre cas, les autres partenaires financiers, notamment les chaines de télévision, ayant diminué sensiblement leurs apports ces dernières années, nous nous retrouvons souvent à devoir compenser cette baisse de financements par un apport accru de notre part.

Siritz.com : Vous produisez ou coproduisez des films. Mais est-ce que, comme certains distributeurs, vous envisagez de produire des séries ?

AM-G : Pas du tout. Je ne m’y connais pas du tout, je n’en regarde pratiquement pas moi-même. On va développer la production de films. On va ainsi produire, avec Agat Films, le nouveau film d’Antoine Raimbault, le réalisateur d’« Une Intime Conviction », que nous avions distribué avec succès.

Siritz.com : J’imagine que pour vous, distributeur, le confinement s’est bien passé, compte tenu du soutien de l’État.

AM-G : Les aides de l’État ont jusqu’à maintenant permis de très bien amortir le choc. Le vrai problème aujourd’hui est celui des minima garantis des films sur lesquels on s’est engagé il y a deux ans et qui vont sortir dans les prochains mois dans un marché convalescent qui va avoir besoin de temps pour retrouver des couleurs. On le voit. Les chiffres de la reprise sont très bas. Le mois de juin va être meurtrier, avec énormément de films français qui vont se concurrencer chaque semaine et un public qui tarde à revenir en salles.

Siritz.com : Mais, par exemple, « La bonne épouse », sorti entre les deux confinements a été un succès.

AM-G : Il a fait 650 000 entrées alors qu’on tablait sur plus d’un million d’entrées au regard du chiffre des premiers jours de pré-confinement. Nous allons à peine couvrir notre investissement.

Siritz.com : « Mandibules » a très bien démarré. Mais, du fait du beau temps, comme tous les films il a fortement chuté. Il vous reste encore beaucoup de salles ? https://siritz.com/cinescoop/la-remuneration-de-quentin-dupieux/

AM-G : Il a chuté moins que d’autres et on conserve une belle combinaison. On devrait atteindre 250 000 entrées. En période normale il en aurait fait certainement  400 000.  Difficile dans ces conditions d’amortir notre investissement sur le film. Mais le CNC nous promet des mesures de majoration du soutien financier généré. Et 80% des frais liés à notre première sortie avortée en décembre vont nous être remboursés par le CNC. Nous avons vraiment la chance en France de bénéficier d’un tel soutien de l’État, c’est vraiment quelque chose d’unique au monde.

Siritz.com : Dans les films à sortir vous en avez trois sélectionnés en compétition au Festival de Cannes : « Julie (en 12 chapitres) », « Les Olympiades « de Jacques Audiard et « Un héros » d’Asghar Farhadi.

AM-G : Et « Ouistreham », le film d’Emmanuel Carrère, avec Juliette Binoche, d’après le livre de Florence Aubenas qui fera l’ouverture de la Quinzaine des réalisateurs. Nous allons essayer de rester, malgré la crise sanitaire, sur un film par mois, un rythme qui a toujours été le nôtre depuis une dizaine d’année.

Siritz.com : Vous n’avez pas eu d’offres des plateformes pendant le confinement ?

AM-G : Si Amazon et Netflix nous ont fait une offre pour « Mandibules ». Mais Canal, qui avait pré-financé le premier passage, s’y est opposé.

Siritz.com : Vous ne craignez pas un trop plein de films à la rentrée ?

AM-G : Si. Bien entendu. Le problème va être de tenir les films à l’affiche.