« Un grand raccourci », qui vient de sortir, bouscule les méthodes traditionnelles de promotion des films et réalise des performances étonnantes.
Il fait partie de ces films français de fiction dont le budget est inférieur à 200 000 €. Il y en a chaque année https://siritz.com/financine/le-barometre-des-budgets-previsionnels-2025-24-23/
En règle générale, ces productions ne rassemblent au mieux que quelques milliers de spectateurs.
Cette année, selon la rubrique Classements de Cinéfinances.info, il y en avait déjà deux : « La petite graine », sorti le 15 avril dans 12 salles, a rassemblé moins de 2 000 spectateurs. « Comète », sorti le 15 juillet dans 51 salles, en a réuni moins de 7 000. L’année dernière, un film de cette catégorie n’avait attiré que 1 500 spectateurs.
Mais « Un grand raccourci » est sorti dans 100 salles et, dès sa première semaine, a dépassé les 27 000 entrées. Mieux encore : parmi les dix nouveaux films sortis cette semaine-là, il a réalisé le 6e meilleur nombre d’entrées par salle.
Cette comédie dramatique, qui bénéficie de bonnes critiques, est le premier long métrage d’Armand Foëx et Clément Devillers, qui avaient déjà réalisé ensemble deux courts métrages.
C’est également le premier film produit par Hector Belgodère-Soria, qui a créé sa société, Andromaque Films, en juillet 2025. Il a entièrement financé le film et a complété son investissement en prospectant le public potentiel de la région où le film a été tournée en lui proposant d’acheter des parts du film. Le distributeur UFO n’a versé aucun minimum garanti.

Hector Belgodère-Soria entre dans la production par la grande porte
Compte tenu du très faible budget du film et de ses premières entrées, l’opération s’annonce donc déjà particulièrement favorable pour le producteur comme pour le distributeur.
Mais ce qui fait surtout de « Un grand raccourci » un véritable événement, c’est sa promotion : le film a été lancé essentiellement grâce à Instagram. Certes, Instagram est systématiquement utilisé pour la promotion de la plupart des films. Mais pour « Un grand raccourci » il a été utilisé de manière particulièrement novatrice.

Des vidéos devenues virales sur la fabrication d’un film
À travers des vidéos publiées au fil des mois, les deux réalisateurs ont raconté avec humour leurs pérégrinations pour parvenir à réaliser puis à sortir leur film. Ils expliquent notamment les difficultés rencontrées pour obtenir l’agrément, trouver un distributeur et accéder aux salles, tout en racontant de l’intérieur les règles et les contraintes de la production cinématographique française.
Ces vidéos sont devenues elles-mêmes une démonstration de leur talent. Elles ont mobilisé un public jeune qui s’est identifié aux réalisateurs, mais aussi au producteur, au distributeur et aux comédiens, tous réunis autour d’un même amour du cinéma. D’autant plus que la moyenne d’âge de tous ceux qui ont participé à la fabrication du film est de 24 ans. Ainsi, Instagram a fait triompher un microbudget.
Certes, 25 000 entrées la première semaine peut paraître peu. Mais c’est de plus 10 fois plus que tous les autres microbudgets. Pour la production l’investissement pourrait être rentable avec les seules recettes salles. Et, surtout, il est très possible que plateformes et chaînes vont vouloir acheter ce film qui plait aux jeunes.
« Un grand raccourci » montre ainsi qu’un film disposant de très peu de moyens peut aujourd’hui construire son propre public avant même sa sortie en salles. Et peut-être inventer, au passage, une nouvelle façon de promouvoir les films. Instagram a fait triompher un microbudget. Bien utilisé il peut faire triompher toutes sortes de films.
Chaque semaine, Cinefinances.info (https://cinefinances.info) le plan de financement et la répartition des recettes entre les partenaires de tous les films français qui sortent.
Vous pouvez aussi rechercher les interventions d’une chaîne, d’un distributeur, d’une SOFICA ou d’un vendeur international et voir quels films ils ont financé et à quelles conditions.
Avec Cinefinances Premium, vous retrouvez les films de budget comparable à celui de votre projet : qui les a financés, pour quels montants et avec quelles contreparties.
Cinefinances : 650 € HT/an — Premium : 1 550 € HT/an.
UN BUDGET DE 2 M€ SANS NUMÉRAIRE
Cinéscoop« Une affaire turque https://fr.wikipedia.org/wiki/Une_affaire_turque est le premier long métrage réalisé par Hüsseyin Aydin Gürsoy. Né en Turquie, mais vivant depuis longtemps en France, il signe un thriller politique produit par Les Films du Clan (Charles Philippe). Selon Cinéfinances.info, son budget prévisionnel atteint tout juste 2 millions d’euros, soit un tiers du devis moyen des films français de fiction sortis depuis le début de l’année.
Selon la rubrique Classements de Cinéfinances.info Premium, un seul autre film de fiction français sorti depuis le début de l’année présente un budget équivalent.
Mais le plus intéressant est ailleurs : compte tenu du crédit d’impôt, Les Films du Clan ont, en principe, réussi à boucler le financement sans apporter de numéraire, à condition que le budget prévisionnel ait été respecté, car il a mis ses imprévus en participation. Un budget de 2 M€ sans numéraire du producteur suppose un plan de financement astucieux.
Charles Philippe a financé un film au budget de 2 M€ sans numéraire
Le producteur a obtenu des aides au développement du CNC et de collectivités locales. Une Sofica a investi dans le film, deux chaînes à péage l’ont préacheté, mais aucune chaîne en clair. Le CNC lui a également accordé une avance sur recettes après réalisation. Le minimum garanti de Paname Distribution est relativement faible.
Un numéraire des producteurs pour « La femme de »
La comparaison avec un film de même budget sorti l’année dernière est instructive : « La Femme de », réalisé par David Roux et produit par Eliane Antoinette et Reboot Films, est instructive https://fr.wikipedia.org/wiki/La_Femme_de : avec un budget voisin, ce film avait pourtant bénéficié de l’investissement de trois Sofica, d’aides de deux collectivités locales et du pré-achat à la fois de deux chaînes à péage et d’une chaîne en clair. Son distributeur, Jour2fête, avait également versé un minimum garanti nettement supérieur à celui de « Une affaire turque ».
Or, malgré cela, même s’ils n’avaient pas dépensé leurs imprévus, les producteurs avaient dû investir du numéraire qu’ils n’ont pas récupéré, le film n’avait atteint que 94 000 entrées.
Donc, deux films de 2 millions d’euros, deux montages financiers très différents.
C’est précisément ce que permet d’analyser Cinéfinances.info Premium : consulter le plan de financement détaillé d’« Une affaire turque », connaître les montants investis par chaque partenaire et les comparer avec ceux des films de budgets équivalents. Chaque plan de financement d’un budget de 2 M€ sans numéraire du producteur mérite d’être analysé.
Chaque semaine, Cinefinances.info (https://cinefinances.info) le plan de financement et la répartition des recettes entre les partenaires de tous les films français qui sortent.
Vous pouvez aussi rechercher les interventions d’une chaîne, d’un distributeur, d’une SOFICA ou d’un vendeur international et voir quels films ils ont financé et à quelles conditions.
Avec Cinefinances Premium, vous retrouvez les films de budget comparable à celui de votre projet : qui les a financés, pour quels montants et avec quelles contreparties.
Cinefinances : 650 € HT/an — Premium : 1 550 € HT/an.
INSTAGRAM FAIT TRIOMPHER UN MICROBUDGET
Cinéscoop« Un grand raccourci », qui vient de sortir, bouscule les méthodes traditionnelles de promotion des films et réalise des performances étonnantes.
Il fait partie de ces films français de fiction dont le budget est inférieur à 200 000 €. Il y en a chaque année https://siritz.com/financine/le-barometre-des-budgets-previsionnels-2025-24-23/
En règle générale, ces productions ne rassemblent au mieux que quelques milliers de spectateurs.
Cette année, selon la rubrique Classements de Cinéfinances.info, il y en avait déjà deux : « La petite graine », sorti le 15 avril dans 12 salles, a rassemblé moins de 2 000 spectateurs. « Comète », sorti le 15 juillet dans 51 salles, en a réuni moins de 7 000. L’année dernière, un film de cette catégorie n’avait attiré que 1 500 spectateurs.
Mais « Un grand raccourci » est sorti dans 100 salles et, dès sa première semaine, a dépassé les 27 000 entrées. Mieux encore : parmi les dix nouveaux films sortis cette semaine-là, il a réalisé le 6e meilleur nombre d’entrées par salle.
Cette comédie dramatique, qui bénéficie de bonnes critiques, est le premier long métrage d’Armand Foëx et Clément Devillers, qui avaient déjà réalisé ensemble deux courts métrages.
C’est également le premier film produit par Hector Belgodère-Soria, qui a créé sa société, Andromaque Films, en juillet 2025. Il a entièrement financé le film et a complété son investissement en prospectant le public potentiel de la région où le film a été tournée en lui proposant d’acheter des parts du film. Le distributeur UFO n’a versé aucun minimum garanti.
Hector Belgodère-Soria entre dans la production par la grande porte
Compte tenu du très faible budget du film et de ses premières entrées, l’opération s’annonce donc déjà particulièrement favorable pour le producteur comme pour le distributeur.
Mais ce qui fait surtout de « Un grand raccourci » un véritable événement, c’est sa promotion : le film a été lancé essentiellement grâce à Instagram. Certes, Instagram est systématiquement utilisé pour la promotion de la plupart des films. Mais pour « Un grand raccourci » il a été utilisé de manière particulièrement novatrice.
Des vidéos devenues virales sur la fabrication d’un film
À travers des vidéos publiées au fil des mois, les deux réalisateurs ont raconté avec humour leurs pérégrinations pour parvenir à réaliser puis à sortir leur film. Ils expliquent notamment les difficultés rencontrées pour obtenir l’agrément, trouver un distributeur et accéder aux salles, tout en racontant de l’intérieur les règles et les contraintes de la production cinématographique française.
Ces vidéos sont devenues elles-mêmes une démonstration de leur talent. Elles ont mobilisé un public jeune qui s’est identifié aux réalisateurs, mais aussi au producteur, au distributeur et aux comédiens, tous réunis autour d’un même amour du cinéma. D’autant plus que la moyenne d’âge de tous ceux qui ont participé à la fabrication du film est de 24 ans. Ainsi, Instagram a fait triompher un microbudget.
Certes, 25 000 entrées la première semaine peut paraître peu. Mais c’est de plus 10 fois plus que tous les autres microbudgets. Pour la production l’investissement pourrait être rentable avec les seules recettes salles. Et, surtout, il est très possible que plateformes et chaînes vont vouloir acheter ce film qui plait aux jeunes.
« Un grand raccourci » montre ainsi qu’un film disposant de très peu de moyens peut aujourd’hui construire son propre public avant même sa sortie en salles. Et peut-être inventer, au passage, une nouvelle façon de promouvoir les films. Instagram a fait triompher un microbudget. Bien utilisé il peut faire triompher toutes sortes de films.
Chaque semaine, Cinefinances.info (https://cinefinances.info) le plan de financement et la répartition des recettes entre les partenaires de tous les films français qui sortent.
Vous pouvez aussi rechercher les interventions d’une chaîne, d’un distributeur, d’une SOFICA ou d’un vendeur international et voir quels films ils ont financé et à quelles conditions.
Avec Cinefinances Premium, vous retrouvez les films de budget comparable à celui de votre projet : qui les a financés, pour quels montants et avec quelles contreparties.
Cinefinances : 650 € HT/an — Premium : 1 550 € HT/an.
« SOUDAIN » : UN FINANCEMENT TRÈS FRANÇAIS
CinéscoopC’est le 11eme long métrage réalisé par le japonais Ryusucke Hagamuchi, « Soudain » est sorti le 12 août dernier https://fr.wikipedia.org/wiki/Soudain . Son producteur délégué est français. Inspiré du livre « I suddenly become unwell », de Mayo Isono et Mahoko Miyano, il a été tourné à Paris au Japon, en Français et en Japonais. La comédienne française Virginie Effira a d’ailleurs appris le japonais pour l’interpréter. Avec la comédienne japonaise Tao Okamoto elle a remporté le prix d’interprétation au dernier Festival de Cannes. Ce véritable film d’auteur dure 3h16.
Mais la particularité de « Soudain » est aussi économique : ce film franco-japonais, d’un grand réalisateur japonais, est financé majoritairement en France. Comme le montre Cinéfinances.info, sur les 6,4 millions € qu’il coûte, le producteur, Cinéfrance studios (Julien Deris) en a en effet réuni 3,4 millions € en France. Le film est co-pro le Japon, L’Allemagne et la Belgique. Outre ses propres apports, Cinefrance studio a trouvé en France, 9 autres sources de financement. « Soudain » : un financement très français ce n’était pas évident.
Julien Deris (Cinéfrance studio) producteur français d’un film d’auteur japonais
Selon la rubrique classements de Cinéfinances.info Premium, parmi les films français sortis depuis le début de l’année, un seul a un financement français du même montant : le thriller 100% français, « La guerre des prix », réalisé par Anthony Deschaux https://siritz.com/cinescoop/un-thriller-sur-les-negocations-agricoles/. Les producteurs délégués, Les films de Jeanne et La Filmerie, outre leurs apports ont trouvé 13 autres sources de financement. Le distributeur de ce dernier est Diaphana, le même que pour « Soudain ». Mais, compte des autres sources de financement son minimum garantie est moins du tiers de celui de pour « Soudain ».
« Soudain » a rassemblé environ 100 000 spectateurs la première semaine. Pour Diaphana ce sera incontestablement une bonne affaire. Mais pour que le producteur délégué et ses co-investisseurs amortissent leur investissement il faudra qu’il ai une bonne tenue, c’est à dire qu’il atteigne plus de trois fois les entrées de la première semaine. Cinéfrance studios a également parié sur le succès du film à l’international puisqu’il a donné des minima garantis non négligeables pour le mandat de vente à l’étranger. Pour ce grand metteur en scène japonais et compte tenu de l’accueil du film au Festival de Cannes ça n’est pas un pari impossible.
Chaque semaine, Cinefinances.info publiele devis, le plan de financement et la répartition des recettes entre les partenaires de tous les films français qui sortent.
Vous pouvez aussi rechercher les interventions d’une chaîne, d’un distributeur, d’une SOFICA ou d’un vendeur international et voir quels films ils ont financé et à quelles conditions.
Avec Cinefinances Premium, vous retrouvez les films de budget comparable à celui de votre projet : qui les a financés, pour quels montants et avec quelles contreparties.
Cinefinances : 650 € HT/an — Premium : 1 550 € HT/an.
« TOMBÉ DU CIEL » ET BIEN FINANCÉ
CinéscoopIlyes Djadel, principal interprète de « Tombé du ciel », est également à l’origine de cette comédie inspirée de sa propre vie. Le film raconte l’histoire d’un jeune musulman scolarisé dans un établissement catholique, qui découvre, souvent avec maladresse, un univers qui lui est totalement étranger. Comme on va le voir, ce « Tombé du ciel » est bien financé.
Pour écrire le scénario, Ilyes Djadel s’est associé au réalisateur franco-algérien Mohamed Hamidi, qui signe ici son sixième long métrage. Le duo a ensuite été rejoint par Mathieu Ouillon, scénariste habitué des comédies.
Jamel Debbouze, producteur, a initié ce film et joue dedans
À l’origine, « Tombé du ciel » n’était que des sketches. C’est Jamel Debbouze, via sa société Kiss Films, qui a choisi d’en faire un long métrage. Il a ensuite convaincu le groupe M6 de s’impliquer dans le projet. Sa filiale SND intervient ainsi à la fois comme coproducteur délégué et comme distributeur du film.
Dès le lancement, SND s’est engagé aux côtés de Kiss Films avec un investissement de 200 000 €, destiné à sécuriser le démarrage du projet.
Mohamed Hamidi, habitué aux comédies à succès
Ce choix s’explique aussi par le parcours de Mohamed Hamidi. Le réalisateur s’est imposé comme une valeur sûre de la comédie populaire : cinq de ses six précédents films ont atteint des niveaux d’entrées jugés solides, ce qui a renforcé la confiance des partenaires financiers. https://siritz.com/cinescoop/la-remuneration-de-mohamed-hamidi/
Un budget dans la moyenne
« Tombé du ciel » affiche un budget prévisionnel de 5,4 millions d’euros. D’après la rubrique « Classements » de Cinefinances.info Premium, ce montant correspond quasiment à la moyenne des films français de fiction sortis depuis le début de l’année.
Mais l’intérêt du projet réside surtout dans la structure de son financement.
Les producteurs délégués ont, au final, dû mobiliser très peu de numéraire. Une grande partie du budget est couverte par l’apport du coproducteur M6, ainsi que par les engagements de Netflix, M6 et W9.
De son côté, SND a accordé un minimum garanti important. Un risque mesuré, puisque ce niveau d’investissement peut être amorti avec un seuil d’entrées que cinq des six précédents films de Mohamed Hamidi ont déjà largement dépassé.
« Tombé du ciel » illustre ainsi un montage financier où l’historique commercial du réalisateur joue un rôle déterminant. Il permet de comprendre pourquoi coproducteur, chaînes et distributeur ont accepté de financer l’essentiel du budget. Pour les producteurs ce film est bien « Tombé du ciel » et bien financé.
Pour son premier week-end Le film a rassemblé 457 000 spectateurs alors le record des films de Mohamed Hamidi, « La vache », sorti en 2016, avait rassemblé 262 000 spectateurs et terminé à plus de 1,3 millions d’entrées. Le film est donc assuré d’^tre une excellente affaire pour ses producteurs et son distributeur.
Cinefinances.info Premium https://cinefinances.info permet de consulter le plan de financement détaillé de « Tombé du ciel », d’identifier les montants investis par chaque partenaire et de les comparer à ceux de films de budgets équivalents.
LE CINÉMA A RETROUVÉ TOUTES SES COULEURS
ÉditorialCet été a confirmé ce que l’on avait commencé à espérer depuis la mi-décembre de l’année dernière : la fréquentation cinématographique a globalement retrouvé ses niveaux d’avant la crise du Covid et le cinéma a retrouvé toutes ses couleurs. Au point qu’il ne parait pas impossible que cette année finisse à 200 millions d’entrées, l’étiage minimal d’avant Covid.
Les blockbusters américains de qualité
Elle le doit tout d’abord à la qualité de la production américaine qui est redevenue capable de produire des blockbusters de qualité au rythme des années antérieures. Ces dernières semaines deux films sont partis pour largement dépasser les 5 millions d’entrées : « L’odyssée » de Christopher Nolan et « Spiderman : Brand new day » de Destin Cretton. « Toy story 5 » va en atteindre 4,5 millions tandis que « Des minions et des monstres » va approcher des 3 millions.
Les blockbusters de qualité français
Mais le cinéma français n’est pas en reste. Nous avons en effet le phénomène des deux « La bataille de Gaulle ». On sait que Pathé a décidé de produire et de distribuer chaque année un ou deux films au budget de l’ordre de 37 à 40 millions €. Ce sont des films qui, tout d’abord, répondent aux besoins des salles du premier exploitant français. En 2024 les deux « Trois mousquetaires » avaient rassemblé chacun autour de 3 millions de spectateurs sur le territoire national https://siritz.com/cinescoop/les-trois-mousquetaires-milady/. Compte tenu de leur coût ils ne peuvent être rentables que si leurs ventes à l’étranger ont dépassé les 10 à 12 millions €. En 2025 « Le comte de Monte Cristo » qui a frôlé les 10 millions de spectateurs est certainement une excellente affaire https://siritz.com/cinescoop/et-de-trois-alexandre-dumas/. Rappelons également « Un p’tit truc en plus » dont le budget ne dépasse pas 6,7 millions € et qui avait largement dépassé les 10 millions d’entrées https://siritz.com/cinescoop/le-,premier-demmarrage-de-lannee/. Mais la fréquentation nationale qui était remontée â 180 millions de spectateurs en 2024 est retombée à 150 millions, en 2025 laissant craindre le pire.
Cet été, comme on le sait, le démarrage de « La bataille de Gaulle : l’âge de fer » a été catastrophique, laissant prévoir à peine le million d’entrées en fin de carrière https://siritz.com/cinescoop/un-monumental-thriller-historique-et-geopolitique/. Et le second, qui sortait un mois plus tard, ne pouvait que faire moins. Mais ce premier volet a été à l’image de la remontada du général de Gaulle qui, en 1940, n’a longtemps rencontré que du scepticisme : la troisième semaine, sous l’effet d’un bouche à oreille et de critiques dithyrambiques, il a décollé. Et le second opus, une semaine plus tard, a démarré bien plus haut https://siritz.com/cinescoop/la-petite-france-resiste-a-la-grande-amerique/. La tenue des deux films laisse espérer qu’ils dépasseront les 3 millions d’entrées.
Un bouche à oreille dithyrambique pour les deux « La bataille de Gaulle »
En tous cas ces films sont devenus une référence pour tous les Français, quel que soit leur bord politique ou leur place dans la société.
Bien entendu, de nouveau, leur rentabilité dépendra des ventes â l’étranger. Mais, à l’heure de Trump, l’odyssée de ce résistant inconnu qui a su tenir tête à la puissante Amérique a une incontestable résonance dans de nombreux pays.
Mais l’été a également été marqué par deux autre succès français, deux comédies à petit budget : « De la comédie française », dont le budget est inférieur à 2,5 millions € va largement dépasser le million d’entrée https://fr.wikipedia.org/wiki/De_la_Comédie-Française. Et « Tombé du ciel », le nouveau film de Mohamed Hamidi, qui coûte 5,4 millions d’entrées va faire encore mieux https://fr.wikipedia.org/wiki/Tombé_du_ciel_(film,_2026). Preuve que le succès d’une comédie ne dépend ni de son budget ni de ses stars. Il doit tout simplement être vraiment drôle. Dans de prochains articles nous allons analyser comment leurs producteurs s’y sont pris pour monter leur affaire.
En fait, la fréquentation globale nécessaire au maintien de notre remarquable parc de salle et qui alimente le compte de soutien, dépend essentiellement d’un petit nombre de films millionnaires ou multimillionnaires. Elle peut par ailleurs aller de pair avec une plus grande difficulté à rentabiliser la majorité des films. D’où l’importance de Cinéfinances.info, un outil qui permet aux producteurs et aux distributeurs de voir comment leurs confères s’y prennent pour monter le financement de leurs projets. Car le chiffre d’affaires des chaînes et les moyens financiers des collectivités locales ont diminué.
Chaque semaine, Cinéfinances.info https://cinefinances.info publie le plan de financement et la répartition des recettes entre les partenaires de tous les films français qui sortent.
Vous pouvez aussi rechercher les interventions d’une chaîne, d’un distributeur, d’une SOFICA ou d’un vendeur international et voir quels films ils ont financés et à quelles conditions.
Avec Cinefinances Premium, vous retrouvez les films de budget comparable à celui de votre projet : qui les a financés, pour quels montants et avec quelles contreparties.
Cinefinances : 675 € HT/an — Premium : 1 550 € HT/an.
REPRISE DU SITE LE 17 AOÛT
ÉditorialLES TROIS TOURNANTS DU CINÉMA
ÉditorialEn 2025 l’industrie française du cinéma était au plus mal. La fréquentation 150 millions d’entrées) chutait de plus 15% par rapport à l’année précédente (180 millions d’entrées) qui n’était pourtant qu’à 90% de son seuil d’équilibre d’avant la crise du Covid et la percée de l’iPhone (200 millions d’entrées) .
Au point que le président du CNC avait eut l’audace salvatrice d’ouvrir aux exploitants la possibilité d’obtenir un prêt du CNC alors que les fonds de celui-ci sont réservés aux seuls investissements.
Les distributeurs étaient encore plus de cette situation puisque deux films et deux distributeurs (« Un pt’it truc en plus » de Plan film et « Le comte de Monte-Cristo » de Pathé, cumulaient à eux deux 20 millions d’entrées. Pour tous les autres distributeurs la fréquentation avait chuté de 27% par rapport à l’année précédente et se situait 35% en dessous du seuil d’équilibre d’avant Covid. Les producteurs, dont les films accumulaient des résultats décevant, n’étaient pas mieux lotis d’autant que deux de leurs principales sources d’investissement (les chaînes en clair et les régions) étaient contraintes de serrer les boulons.
Et puis, comme on le sait, la situation s’est retourné depuis la mi-décembre. Au point qu’à se stade de l’année il est très probable que la fréquentation va atteindre les 190 millions d’entrées et peut-être même, compte tenu du line up à venir, dépasser les 200 millions.Cela tient avant tout à la qualité des films car aujourd’hui, avec la multiplication des offres d’images, les spectateurs ne vont pas au cinéma, ils vont voir un film.
Et soudain, avec la canicule, ils ont repris l’habitude d’aller au cinéma puisque les salles sont un des rares endroits climatisés.
Enfin il y a l’évènement des deux « La bataille de Gaulle ». Car c’est vraiment un événement. Le film avait en effet très mal débuté. Mais les premiers spectateurs ont découvert un spectacle exceptionnel, qui n’a rien à envier aux meilleurs superproductions américaines. Non seulement il nous plonge de manière passionnante dans la géopolitique mondiale mais, au moment où les Français commencent à désespérer de leur situation et de celle de leur pays, il leur fait découvrir comment un homme, secondé par deux têtes brûlés réussit à renverser ce qui semblait être le cours inévitable de l’histoire.
Et cette découverte qui les fait vibrer ils la font dans une salle de cinéma, un instrument de rassemblement dont ils ressentent le besoin. Ces trois tournants du cinéma ont requinqué son industrie.
LES AVATARS D’UN JEUNE PROLO DES RÉSEAUX
CinéscoopLe premier long métrage réalisé par Leopold Krauss, qui est par ailleurs acteur, scénariste et producteur est « Microstar » https://fr.wikipedia.org/wiki/microstar, sur les avatars d’un jeune prolo des réseaux.
Cinéfinances.info* a fourni les données financières de cet article.
Léopold Kraus
Son budget prévisionnel est 1,2 millions €, soit moins du quart du budget prévisionnel médian des films français de fiction sortis cette année jusqu’à fin mai. https://siritz.com/financine/barometre-2026-25-des-budgets-previsionnels/ Pour la préparation, 22 jours de tournage et la post-production la rémunération du réalisateur est de 18 000 €, dont 8 000 € d’à valoir sur droits d’auteur et 10 000 € de salaire de technicien. C’est 20% de la rémunération médiane des réalisateurs. https://siritz.com/financine/progression-de-la-remuneration-des-realisateurs/
C’est lui qui a écrit le scénario pour 28 000 €, ce qui correspond là aussi à 20% du budget médian des scénarios. https://siritz.com/financine/les-barometre-des-scenarios-2026-25/
Il a confié la musique à Sasha Rudy pour 3 000 €, ce qui revient 5% du budget médian de la musique de films. https://siritz.com/financine/le-barometre-2026-25-des-musiques-de-film/. Enfin la rémunération des rôles principaux est 16 000 €. C’est 8% de la rémunération médiane des rôles principaux.https://siritz.com/financine/le-barometre-2026-25-de-la-remuneration-des-roles-principaux/
Pour bien illustrer la part du budget que la production de «Microstar» a consacré aux quatre principaux postes de l’affiche par rapport à ce qui leur est consacré dans la moyenne des films le tableau ci-dessous est éclairant :
Les producteurs délégués sont Topshot films (Bastien Daret, Arthur Groisset et Romain Robles, et les Films du kiosque (François Kraus). Une sofica garantie et une sofica non garantie y ont investi. Les enfants terribles, Magnolia, Hugo Rubini, Moana Films, Cinéfrance et Color 6 sont coproducteurs. Moonlight film distribution a donné un minimum garanti pour les mandats de distribution France et Cinéfrance international pour le mandat de vente à l’étranger.
Le dernier film produit par Les Films du Kiosque est « L’objet du délit », réalisé par Agnès Jaoui et sorti le 27 mais dernier. Son budget prévisionnel est 8 millions €. Distribué par StudioCanal il a rassemblé 300 000 spectateurs.
www.Cinefinances.info est un site, accessible par abonnement, destiné aux professionnels du cinéma. Il publie budget, le plan de financement et la répartition des recettes prévisionnels de tous les films français qui sortent (hors les films « sauvages » qui ne déposent pas leurs contrats au registre public et ne demandent donc pas l’agrément qui leur permettrait d’accéder à l’aide du CNC). Il s’agit des chiffres de l’agrément d’investissement sur la base duquel le producteur a monté son financement. Il dispose de nombreuses archives et d’un puissant moteur de recherche. Il dispose d’archives des films sortis depuis 2010 et d’un puissant moteur de recherche, avec de multiples critères.
THRILLER DANS L’ADOLESCENCE EN SURCHAUFFE
CinéscoopLe 6ème film réalisé par le producteur-réalisateur Stéphane de Moustier est « La Chaleur », tiré du roman éponyme de Victor Jestin, un thriller dans l’adolescence en surchauffe.
Cinéfinances.info* a fourni les données financières de cet article.
Stéphane Demoustier
Son budget prévisionnel est 3 millions €, soit 60% du budget médian des films français de fiction sortis les 5 premiers mois de cette année. Pour la préparation, 22 jours de tournage et la post-production la rémunération du réalisateur est de 55 000 €, dont 10 000 € d’à valoir sur droits d’auteur et 45 000 € de salaire de technicien. C’est deux tiers de la rémunération médiane des réalisateurs https://siritz.com/financine/progression-de-la-remuneration-des-realisateurs/ Les droits d’adaptation du roman de Victor Jestin ont été acquis pour 100 000 € et Stéhane Demoustier a écrit le scénario pour 30 000 €. Le budget total du scénario est donc le budget médian des scénarios. https://siritz.com/financine/les-barometre-des-scenarios-2026-25/
La musique a été confiée à Pierpaolo Saccomandi pour 88 000 €, soit 10% de plus que le budget moyen de la musique de films. https://siritz.com/financine/le-barometre-2026-25-des-musiques-de-film/ Enfin la rémunération des rôles principaux est 22 000 €, soit un peu plus de 10% de la rémunération médiane des rôles principaux https://siritz.com/financine/le-barometre-2026-25-de-la-remuneration-des-roles-principaux/
Pour bien illustrer la part du budget que la production de « La chaleur » a consacré aux quatre principaux postes de l’affiche par rapport à ce qui leur est consacré dans la moyenne des films le tableau ci-dessous est éclairant :
Comme on le voit la production a privilégié le budget du scénario et de la musique.
Le producteur délégué est Petit film (Jean Des Forêts). Le partenaire privé The Dreaming Sheep company y a investi. Le film a bénéficié de 500 000 € d’avance sur recettes et du soutien de la Procirep et de l’Angoa. La région Nouvelle Aquitaine et le département des Landes lui ont fait un prêt non remboursable. Canal+ et Ciné+ l’ont préacheté. Memento a donné un minimum garanti pour les mandats de distribution et Charade a le mandat de vente à l’étranger sans minimum garanti.
Le précédent film réalisé par Stephane Demoustier était « L’inconnu de la Grande Arche », sorti en novembre dernier. Il était lui aussi tiré d’un roman, « La Grande Arche », de Laurent Cossé. Il était produit par Ex Nihilo pour 8 millions € et distribué par Le Pacte.Il avait rassemblé 276 000 spectateurs.
www.Cinefinances.info est un site, accessible par abonnement, destiné aux professionnels du cinéma. Il publie budget, le plan de financement et la répartition des recettes prévisionnels de tous les films français qui sortent (hors les films « sauvages » qui ne déposent pas leurs contrats au registre public et ne demandent donc pas l’agrément qui leur permettrait d’accéder à l’aide du CNC). Il s’agit des chiffres de l’agrément d’investissement sur la base duquel le producteur a monté son financement. Il dispose de nombreuses archives et d’un puissant moteur de recherche. Il dispose d’archives des films sortis depuis 2010 et d’un puissant moteur de recherche, avec de multiples critères.
UNE COMÉDIE PLEINE DE TENDRESSE ET DE FANTAISIE
CinéscoopL’acteur et écrivain Alexandre Steiger https://fr.wikipedia.org/wiki/Alexandre_Steigerréalise son premier long métrage avec « L’écologie des sentiments » https://fr.wikipedia.org/wiki/L%27Écologie_des_sentimentsune comédie, pleine de fantaisie et de tendresse.
Cinéfinances.info* a fourni les données financières de cet article.
Alexandre Steiger
Son budget prévisionnel est 900 000 €, soit moins de 20% du budget prévisionnel médian des films français de fiction sortis cette année jusqu’à fin mai. 639 45 https://siritz.com/financine/barometre-2026-25-des-budgets-previsionnels/
Pour la préparation, 21 jours de tournage et la post-production la rémunération du réalisateur est de 16 400 €, répartie en part égale entre à valoir sur droits d’auteur et salaire de technicien. C’est 20% de la rémunération médiane des réalisateurs. https://siritz.com/financine/progression-de-la-remuneration-des-realisateurs/ Il a écrit le scénario pour 9 000 €, ce qui est 6% du budget médian des scénarios. https://siritz.com/financine/les-barometre-des-scenarios-2026-25/
La musique a été confiée à Agathe Lavarel pour 45 000 €, soit moins de 30% du budget médian de la musique de films. Enfin la rémunération des rôles principaux est 18 000 €. C’est 9% de la rémunération médiane des rôles principaux. https://siritz.com/financine/le-barometre-2026-25-de-la-remuneration-des-roles-principaux/
Pour bien illustrer la part du budget que la production de «L’écologie des sentiments» a consacré aux quatre principaux postes de l’affiche par rapport à ce qui leur est consacré dans la moyenne des films le tableau ci-dessous est éclairant :
Comme on le voit, par rapport à la moyenne des films, le seul poste sur lequel la production a fait porter l’effort est la musique.
Le producteur délégué est Unité (Bruno Nahon). Le film a bénéficié d’une aide remboursable de la région Ile de France et d’une aide non remboursable de la région Normandie. 2 sofica non garanties y ont investi. Tandem a donné un minimum garantie pour les mandats de distribution en France et Best Forever pour les ventes à l’étranger.
Le précédent film distribué par Tandem était « L’étrangère », réaliséé par Jiji Gaya et sorti le 24 juin dernier. Le film était produit par Gloria Film productions et TS productions pour un budget prévisionnel de 2,3 millions €. Il a déjà rassemblé plus de 25 000 spectateurs. https://siritz.com/cinescoop/les-complexes-peregrinations-dune-refugiee-syrienne/
www.Cinefinances.info est un site, accessible par abonnement, destiné aux professionnels du cinéma. Il publie budget, le plan de financement et la répartition des recettes prévisionnels de tous les films français qui sortent (hors les films « sauvages » qui ne déposent pas leurs contrats au registre public et ne demandent donc pas l’agrément qui leur permettrait d’accéder à l’aide du CNC). Il s’agit des chiffres de l’agrément d’investissement sur la base duquel le producteur a monté son financement. Il dispose de nombreuses archives et d’un puissant moteur de recherche. Il dispose d’archives des films sortis depuis 2010 et d’un puissant moteur de recherche, avec de multiples critères.