RÉALISATEURS ET SCÉNARIOS

Quand on compare la rémunération des réalisateurs sur les films français sortis en 2020 et en 2021, on note une forte tendance à la baisse. Certes, du fait du confinement, ce ne sont pas des années représentatives et l’année 2021 n’a que quelques semaines.

Cinéfinances.info* a fourni les données financières de cet article.

Mais, tout de même, la plus forte rémunération de 2020 était celle de Michel Hazanavicius : 1 millions € pour la réalisation d’un film au budget de 24 millions €. https://siritz.com/financine/top-20-des-salaires-de-producteur/ En 2021 c’est 400 000 € pour Éric Lavaine pour la réalisation de « Un tour chez ma fille », un film au budget de 9,7 millions €. Donc une baisse de plus de 60%.https://siritz.com/cinescoop/remuneration-record-deric-lavaine/

Mais Léos Carax n’a reçu que 300 000 € pour la réalisation de « Annette » dont le budget est de 18,5 millions € et qui est un film en anglais visant le marché international. Paul Verhoeven n’a reçu que 250 000 € pour « Benedetta », un film au budget de 19,4 millions €. Pour ces deux derniers films la diminution est de 70 et 75% pour des films à budgets comparables.

On note une baisse d’un tiers sur la rémunération moyenne des réalisateurs, qui passe de 182 000 € à 112 000 €. Et sur la rémunération médiane on passe de 105 000 € à 62 000 €.

Il semble bien que la baisse corresponde à une réelle tendance, même si en 2021 l’échantillon ne porte que sur 37 films.

Une des explications tient peut-être au fait que, désormais, la rémunération du scénario est plus élevée que celle du réalisateur. En général il participe à sa rédaction, seul ou accompagné. Or la rémunération des scénaristes à l’avantage de ne pas comporter les prélèvements sociaux du salaire de technicien alors que la SACD rémunère le scénario à chaque diffusion.

En tout cas, pour les films déjà sortis en 2021, la rémunération maximale d’un scénario est plus élevée que celle du réalisateur. C’est de nouveau celle du scénario du film d’Éric Lavaine qu’il a écrit avec d’autres. https://fr.wikipedia.org/wiki/Un_tour_chez_ma_fille La rémunération moyenne des scénarios est également plus élevée que celle des réalisateurs. En revanche la rémunération médians des scénarios est moins élevée que celle des réalisateurs.

*www.Cinefinances.info est un site, accessible par abonnement,  destiné aux professionnels du cinéma.  Il publie le budget, le plan de financement et la répartition des recettes de tous les films français qui sortent (hors les films « sauvages » qui ne déposent pas leurs contrats au registre public et ne demandent donc pas l’agrément qui leur permettrait d’accéder à l’aide du CNC). Il dispose d’un puissant moteur de recherche multicritères et de 10 ans d’archives.

POUR LA RÉALISATION DE  « TEDDY »

Il s’agit d’une comédie d’épouvante sortie la semaine dernière, ce que l’on appelle un film de genre. C’est le second film réalisé par Dudovic et Zoran Boukherma qui sont des frères jumeaux. https://fr.wikipedia.org/wiki/Ludovic_Boukherma et https://fr.wikipedia.org/wiki/Zoran_Boukherma

Il est produit par Pierre Louis Garnon (Baxter Films) et Frédéric Jouve (les Films Velvet) pour un budget de 1,2 millions €. Son distributeur est The Bookmakers distribution. https://fr.wikipedia.org/wiki/Teddy_(film,_2020)

Zoran Boukherma

Dudovic Boukherma

Le producteur a mis en participation son salaire et ses frais généraux. Il a également investi du fonds de soutien et du numéraire. Le film a reçu une aide pour effets spéciaux et un soutien de la région Occitanie. Deux soficas ont investi.

Il a été préacheté par Canal+ et Multithématiques.

Pour la préparation, 30 jours de tournage et la post-production la rémunération des réalisateurs est de 36 000 €, dont 15 000 € en à valoir sur droits d’auteur et 21 000 € de salaire de technicien.

C’est beaucoup moins que le revenu médian des réalisateurs de films français sortis en 2020.

https://siritz.com/financine/le-barometre-des-realisateurs-fin-octobre/

Ils ont en outre reçu 40 000 € pour l’écriture du scénario.

La première semaine, à Paris, il a réalisé 9300 entrées dans 20 Salles.

Le premier film des deux frères était « Willy 1er » qu’ils ont réalisé avec Marielle Gautier et Hugo P. Thomas. Il était sorti le 19 octobre 2016 et avait le même producteur mais été distribué par UFO distribution. Il  avait rassemblé 3 6 000 spectateurs.

*www.Cinefinances.info est un site, accessible par abonnement,  destiné aux professionnels du cinéma.  Il publie le budget, le plan de financement et la répartition des recettes de tous les films français qui sortent (hors les films « sauvages » qui ne déposent pas leurs contrats au registre public et ne demandent donc pas l’agrément qui leur permettrait d’accéder à l’aide du CNC). Il dispose d’un puissant moteur de recherche multicritères et de 10 ans d’archives.

 

POUR LA RÉALISATION DE « ANNETTE »

Ce film chanté qui a ouvert le Festival de Cannes 2021 est le sixième long métrage du réalisateur. https://fr.wikipedia.org/wiki/Leos_Carax

Cinéfinances.info* a fourni les données financières de cet article.

Il est produit par Charles Gillibert  (CG cinéma international)   pour un budget de 18,5 millions €. C’est une coproduction entre la France (40%), l’Allemagne  (Détail Film)pour 30%)  et la Belgique (Scope Pictures) pour 33%. En France, UGC est le distributeur avec le mandat salle et vidéo. Un minimum garanti a été donné.

https://fr.wikipedia.org/wiki/Annette_(film)

Le film a bénéficié d’une avance sur recettes de 700 000 €.

Canal+ et Multithématiques l’ont préacheté pour la France, Arte en est le coproducteur pour la France et l’Allemagne. Tandis que la RTBF est le coproducteur pour la Belgique. Le film est soutenu par Wallimage. En France sept soficas ont investi.

Le tournage a eu lieu en Belgique, en Allemagne et à Los-Angeles.

Pour la préparation, 63 jours de tournage et la post-production, la rémunération du réalisateur est de 300 000 € répartie à part égale entre à valoir sur droits d’auteur et salaire de technicien.

C’est beaucoup plus que la moyenne des rémunérations de films français sortis en 2020 :

https://siritz.com/financine/le-barometre-des-realisateurs-fin-octobre/

Le film est adapté d’un livre de Ron& Russel Mael, qui a été acquis 414 000 €. Le scénario est écrit par l’auteur du livre qui a reçu 65 000 €.

Le précédent film du réalisateur était « Holy motors », sorti en France le 4 juillet 2012.

Il était produit par Maurice Trinchant (Pierre grise production) pour un budget de 4 millions € et distribué par Les Films du Losange.

Pour la préparation, 41 jours de tournage et la post-production, la rémunération du réalisateur était de 80 000 € répartie à part égale entre à valoir sur droits d’auteur et salaire de technicien. Il avait en outre reçu 80 000 € pour le scénario.

Le film avait rassemblé 182 000 spectateurs.

*www.Cinefinances.info est un site, accessible par abonnement,  destiné aux professionnels du cinéma.  Il publie le budget, le plan de financement et la répartition des recettes de tous les films français qui sortent (hors les films « sauvages » qui ne déposent pas leurs contrats au registre public et ne demandent donc pas l’agrément qui leur permettrait d’accéder à l’aide du CNC). Il dispose d’un puissant moteur de recherche multicritères et de 10 ans d’archives.

 

POUR LA RÉALISATION DE « BENEDETTA »

Cette production française sur « Sœur Benedetta, entre sainte et lesbienne » de Judith C. Brown dresse le portrait d’une nonne qui a fait scandale. https://fr.wikipedia.org/wiki/Benedetta_(film)

Cest le 17ème film de de ce néerlandais qui est l’un des principaux réalisateurs mondiaux. C’est à lui que l’on doit notamment « Turkish delight», « Robocop », « Total recall » ou « Basic instinct ».

https://fr.wikipedia.org/wiki/Paul_Verhoeven

Cinéfinances.info* a fourni les données financières de cet article.

Son producteur est Saïd Ben Saïd (SBS PRODUCTIONS) et son budget d’un peu moins de 20 millions €. Son distributeur est Pathé qui a tous les mandats sans avoir donné de minimum garanti mais en ayant apporté du numéraire en tant que coproducteur. C’est son apport producteur qui est amorti par les premières recettes. Le producteur a mis en participation son salaire et ses frais généraux, investi du numéraire et du soutien automatique. Le film est coproduit à hauteur de 6% par la Belgique, Belga Films ayant les droits du Bénélux. Il y a 5 soficas qui y ont investi.

Le film a été préacheté par Canal+ et Multithématiques. Il a été coproduit et préacheté à la fois par France 2 et France 3. Il y a 6 soficas et un soutien de la région Sud. Sur 79 jours de tournage 19 ont été tournés en Italie et 2 dans les Studios de France.

Pour la préparation, le tournage et la post-production la rémunération du réalisateur pour la préparation, le tournage et la post-production est de 250 000 €, répartie à part égale entre à valoir sur droits d’auteur et salaire de technicien. C’est plus que la rémunération moyenne des réalisateurs de films français sortis en 2020.

https://siritz.com/financine/le-barometre-des-realisateurs-fin-octobre/

Le scénario a été coécrit avec Gérard Soetema et ils se sont partagés 361 000 €. Les droits du livre ont été acquis pour 113 000 €.

Le précédent film français du réalisateur est « Elle », avec Isabelle Huppert, sorti en France le 25 mais 2016. Son producteur était le même qui en était également distributeur. Il était tiré du livre « Oh… » de Philippe Djian

Pour la préparation, 51 jours de tournage et la post-production la rémunération du réalisateur était de 243 000 €, dont 168 000 € d’à valoir sur droits d’auteur et 75 000 € de salaire de technicien.

Le scénario a été co-écrit avec David Birk et ils se sont partagés 371 000 €. Le livre a été acheté 113 000 €.

Ce film avait rassemblé 661 000 spectateurs en salle en France.

*www.Cinefinances.info est un site, accessible par abonnement,  destiné aux professionnels du cinéma.  Il publie le budget, le plan de financement et la répartition des recettes de tous les films français qui sortent (hors les films « sauvages » qui ne déposent pas leurs contrats au registre public et ne demandent donc pas l’agrément qui leur permettrait d’accéder à l’aide du CNC). Il dispose d’un puissant moteur de recherche multicritères et de 10 ans d’archives.

 

POUR LA RÉALISATION DE « SŒURS »

C’est le second long métrage de fiction de Yamina Benguigui. Celle qui a été Ministre de la francophonie et des étrangers dans le gouvernement Fabius a surtout réalisé des documentaires, ainsi que la série de  quatre téléfilms « Aïcha » sur France 2, de 2008 à 2011. https://fr.wikipedia.org/wiki/Yamina_Benguigui

La majorité de ses œuvres traitent de l’Algérie et de l’immigration. Son père était Algérien musulman mais elle est née en France, à Lille.

Cinéfinances.info* a fourni les données financières de cet article.

Ce film est interprété par Isabelle Adjani, Maïwen, Rachida Bakni. Il est produit par Philippe Dupuis Mendel (Bandits production) pour un budget de 2,7 millions € et distribué par Bandits distribution qui a donné un minimum garanti en échange de tous les mandats. https://fr.wikipedia.org/wiki/Sœurs_(film)

Il  est coproduit à 20% par l’Algérie (Centre Algérien du Développement du Cinéma).Elemiah, la société de production que Yamina Benguigui avait créée avec Marc de La Charrière, est coproducteur. Canal+ et Multithématiques l’ont pré-acheté

Pour la préparation 16 jours de tournage, la rémunération de la réalisatrice est de    150 000 € répartie à part égale entre à valoir sur droits d’auteur et salaire de technicien.

C’est moins que la moyenne des rémunérations des réalisateurs de films sortis en 2020 https://siritz.com/financine/le-barometre-des-realisateurs-fin-octobre/

Mais beaucoup plus que la moyenne des rémunération sdes réalisateurs des films déjà sortis en 2021.

Yamina Benguigui a en outre reçu 60 000 € d’à valoir pour avoir écrit le scénario.

Le premier et seul autre film de fiction qu’elle a réalisé était  « Inch’Allah Dimanche », sorti le 5 décembre 2001 et produit par Philippe Dupuis Mendel (Bandits production). Il avait rassemblé 90 000 spectateurs.

*www.Cinefinances.info est un site, accessible par abonnement,  destiné aux professionnels du cinéma.  Il publie le budget, le plan de financement et la répartition des recettes de tous les films français qui sortent (hors les films « sauvages » qui ne déposent pas leurs contrats au registre public et ne demandent donc pas l’agrément qui leur permettrait d’accéder à l’aide du CNC). Il dispose d’un puissant moteur de recherche multicritères et de 10 ans d’archives.

 

CHRONOLOGIE : NORMALEMENT FACILE À RÉGLER

On rentre dans le sprint final concernant l’inclusion des plateformes S-VOD dans l’écosystème français. https://siritz.com/editorial/smad-questions-non-tranchees/

Logiquement, le problème de la chronologie des médias devrait pouvoir être résolu sans trop de difficultés. Selon le décret que vient de prendre le gouvernement il faut que la fenêtre de la S-Vod se situe entre celle de Canal+ (actuellement 8 mois) et celle des chaînes en clair (actuellement 22 mois). Pour n’avoir à investir dans les œuvres françaises que 20% de leur chiffre d’affaires, au lieu de 25%, les plateformes préfèreront sans doute que leur fenêtre se situe entre 12 et 14 mois après la sortie en salle, plutôt qu’entre 10 à 12 mois et devoir investir 25%. Le cinéma propose 17 mois, ce qui semble laisser peut de temps par rapport aux 22 mois sur les chaînes en clair.

https://www.lesechos.fr/tech-medias/medias/cinema-toujours-pas-daccord-sur-la-chronologie-des-medias-a-la-veille-du-festival-de-cannes-1329010

Le problème se situe entre les plateformes et les chaînes hertziennes, car le modèle de la S-Vod est de garder longtemps les programmes et ne pas les retirer au bout de 10 à 12 mois. Une des solutions pourrait être qu’elles retirent provisoirement ces accès juste avant et juste après la diffusion hertzienne. Mais il y aura une limite à leur fenêtre, car les producteurs veulent récupérer leurs droits.

Enfin il y a  un autre problème. En effet, Arte.TV, qui est en fait, une plateforme de S-VoD, garde les films longtemps après leur diffusion en hertzien. Néanmoins cette diffusion a un prix. A partir du moment où il y a un prix il y a une solution.

Mais la menace que fait peser Canal+ de passer au statut de plateforme de S-Vod si sa fenêtre ne lui convient pas, est en fait sérieuse, quelle que soit la chronologie finale. Car cette chaîne Premium doit actuellement diffuser un volume de films qui correspond de moins en moins à la demande de ses abonnés alors que ceux-ci réclament des séries.

Le fonds du problème est que les producteurs français veulent le beurre et l’argent du beurre, sans avoir à modifier leurs habitudes de natalisme productif alors que l’avènement des plateformes modifie fondamentalement les données du jeu.

 

 

ANNE FONTAINE POUR «PRÉSIDENTS »

Cette comédie est son 18ème film. https://fr.wikipedia.org/wiki/Anne_Fontaine_(réalisatrice)

Il est produit par Philippe Carcassonne (Ciné-@) et distribué par Universal International Pictures.

https://fr.wikipedia.org/wiki/Présidents

Cinéfinances.info* a fourni les données financières de cet article.

Fait signification le minimum garanti d’Universal International Pictures pour tous mandats est de deux tiers du budget du film. https://fr.wikipedia.org/wiki/Présidents  C’est le même pourcentage que Sony Pour « Opération Portugal » https://siritz.com/cinescoop/la-remuneration-de-deux-realisateurs/

Le budget du film est de 4,5 millions €.

Le film a été soutenu par la région Aquitaine, mais préacheté par aucune chaîne, ce qui explique le minimum garanti important du distributeur.

Pour 34 jours de tournage la rémunération d’Anne Fontaine est de 150 000 € répartie à part égale entre à valoir sur droits d’auteur et salaire de technicien. C’est moins que la moyenne des rémunérations des réalisateurs de films français sortis en 2020.

https://siritz.com/financine/le-barometre-des-realisateurs-fin-octobre/

Mais beaucoup plus que la moyenne des rémunérations de réalisateurs de films sortis en 2021. https://fr.wikipedia.org/wiki/Présidents

Elle est également scénariste, et, à ce titre, elle a reçu 150 000 € d’à valoir.

Son précédent film était « Police », sorti en salle le 2 septembre 2020.  Il était produit par Jean-Luis Livi (F comme Film) et Ciné-@ pour un budget de 10 millions €. Son distributeur était StudioCanal.

Le film était l’adaptation d’un livre de Hugo Boris qui avait été acquis 150 000 €.

Pour la préparation, 44 jours de tournage et la post-production, la rémunération de la réalisatrice était de 377 000 €, répartie à part égale entre à valoir sur droits d’auteur et salaire de technicien. Elle a co-écrit le scénario avec Claire Barré et elles se sont partagées 447 000 €.

Le film a rassemblé 191 000 spectateurs. Mais il était sorti le 2 septembre 2020 à Paris alors que les salles fermaient en octobre.

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DANS LA RÉALISATION DU « SENS DE LA FAMILLE »

Cette comédie est le 6ème long métrage de ce réalisateur

https://fr.wikipedia.org/wiki/Jean-Patrick_Benes

Elle est produite par Antoine Rein (Karé Productions)

Cinéfinances.info* a fourni les données financières de cet article. https://fr.wikipedia.org/wiki/Le_Sens_de_la_famille

Son budget est de 10 millions€ et il est distribué par Gaumont qui n’a pas donné de minimum garanti mais a investi comme coproducteur les recettes servant d’abord à amortir cet investissement avec une commission de distribution de 20%.

Le film a été pré-acheté par Canal+ et Multithématiques. France 2 et M6 sont coproducteur et ont chacune acheté un passage, France 2 passant d’abord.

Il est produit par Matthieu Tarot (Albertine Productions) pour un budget de 5,5 millions €. Il est distribué par Gaumont. 3 soficas ont également investi.

Pour la préparation, 47 jours de tournage dont 5 en Belgique et la post-production  la rémunération du réalisateur est de 194 000 €, répartie à part égale entre à valoir sur droits d’auteur et salaire de technicien. C’est plus que la rémunération moyenne des réalisateurs de films français sortis en 2020 https://siritz.com/financine/le-barometre-des-realisateurs-fin-octobre/   et beaucoup plus que la rémunération moyenne des réalisateurs de films sortis en 2021.

Classeur1

Le scénario a été coécrit avec Martin Douaire, Allan Mauduit et Thibault Valletoux. Ils se sont partagés 374 000 €.

Le précédent film de Jean-Patrick Bénès est « Arès », sorti le 23 novembre 2016. C’était un film de science-fiction.

Pour la préparation, 43 jours de tournage et la post-production  sa rémunération est de 70 000 € dont 30 000 € d’à valoir sur droits d’auteur et 40 000 € de salaire de technicien. Il a co-écrit le scénario avec Allan Mauduit et ils se sont partagés 90 000 €. Le film n’a rassemblé que 24 000 spectateurs.

*www.Cinefinances.info est un site, accessible par abonnement,  destiné aux professionnels du cinéma.  Il publie le budget, le plan de financement et la répartition des recettes de tous les films français qui sortent (hors les films « sauvages » qui ne déposent pas leurs contrats au registre public et ne demandent donc pas l’agrément qui leur permettrait d’accéder à l’aide du CNC). Il dispose d’un puissant moteur de recherche multicritères et de 10 ans d’archives.

 

POUR LA RÉALISATION DE « MY ZOÉ »

Cette coproduction franco-allemande (15%-85%) traite de grands problèmes de notre société. Elle se passe à Berlin et Moscou et vise un marché international.

https://fr.wikipedia.org/wiki/My_Zoe

C’est véritablement l’oeuvre de July Delpy, qui est productrice en France et en Allemagne, scénariste et la principale interprète du film.

C’est le 7ème film réalisé par cette comédienne française qui vit à Los Angeles.

https://fr.wikipedia.org/wiki/Julie_Delpy

Cinéfinances.info* a fourni les données financières de cet article.

Le budget du film est de 4,7 millions €. Il a été tourné essentiellement en Allemagne. En France il a été préacheté par Canal+ et Multithématiques. Bac Film est distributeur avec le mandat salle et vidéo, mais son minimum garanti est investi sous forme de coproduction rémunérée en priorité. Warner a donné un minimum garanti pour la distribution dans les territoires allemands.

Pour la préparation, 32 jours de tournage et la post-production la rémunération de Julie Delpy est de 265 000 €, dont 150 000 € sous forme d’à valoir sur droits d’auteur et 115 000 € de salaire de technicien. C’est plus que la rémunération moyenne des réalisateurs de films français sortis en 2020.https://siritz.com/financine/le-barometre-des-realisateurs-fin-octobre/

Julie Delpy était également scénariste et à, ce titre, a reçu 100 000 € d’à valoir.

Son précédent film était « Lolo » sorti en France le 28 octobre 2015. Il était produit par Michaële Gentile (The Film) pour un budget de 8,3 millions €. Son distributeur était Mars films qui avait donné un minimum garanti.

La rémunération de Julie Delpy pour la préparation, 42 jours de tournage et la postproduction était de 250 000 €, dont 150 000 € d’à valoir sur droits d’auteur et 100 000 € de salaire de technicien. Elle avait co-écrit le scénario avec Eugénie Grandval   et elles s’étaient partagées     160 000 €.

Le film avait rassemblé 910 000 spectateurs.

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Siritz.com : Comment le cinéma wallon a-t-il traversé la pandémie ?

Virginie Nouvelle : A partir de mars de l’année dernière les salles ont été fermées et les tournages n’étaient plus possibles. Cella a duré jusqu’à juin. Les tournages ont pu reprendre et ne se sont plus arrêtés, car on avait instauré des règles sanitaires très strictes. Les salles de cinéma ont pu rouvrir, mais avec un succès limité. Elles ont de nouveau été fermées en octobre et viennent à peine de rouvrir.

Siritz.com : Est-ce que cela est très dur pour les distributeurs, comme en France ?

VN : Oui. Les producteurs ont pu continuer à produire, mais plus rien ne pouvait sortir.

Siritz.com : En France, en plus, à la réouverture, les entrées de la plupart des films français sont très décevantes. Est-ce que des aides sont prévues pour vos distributeurs.

VN : C’est vrai que les chiffres du démarrage sont nuancés. La réouverture a été accompagnée d’une superbe météo. Ce soleil plus la Coupe d’Europe et Roland-Garros expliquent sans doute la fréquentation limitée. Il y a eu des soutiens mis en place, mais malheureusement pas pour tous les distributeurs. On a notamment un acteur, Belga Films, qui distribue surtout des films commerciaux, avec un catalogue très important et, donc, n’est, par essence, pas subventionné. Leur autonomie commerciale les a privés d’une aide pour passer le cap de la crise. La société a essayé par de nombreux biais d’obtenir un soutien et n’y est pas parvenu. C’est donc un des acteurs les plus touchés de notre industrie, même s’il est loin d’être le seul malheureusement !

Siritz.com : Wallimage ne pouvait pas les aider ?

VN : Ce dont ils avaient besoin ce sont des subventions pour combler des pertes dues à la pandémie. Nous, on est un partenaire financier qui prête de l’argent, fait des avances ou prend des participations au capital. Nous ne distribuons pas de subventions. Nous les avons donc soutenus structurellement, mais n’avons pas pu combler cette perte significative de chiffre d’affaires.

Siritz.com : Dans quelques jours va débuter le Festival de Cannes. Le cinéma belge wallon est l’un des grands cinémas mondiaux et beaucoup de ses réalisateurs ont été révélés au Festival et les belges wallons y ont remporté de nombreux prix. Quels films wallons sont sélectionnés cette année ?

TROIS FILMS AU FESTIVAL DE CANNES

VN : Il y a beaucoup de films belges présents cette année, et nous en sommes ravis évidemment. Et nous avions même encore d’autres très beaux projets qui auraient eux aussi pu être sélectionnés, mais ont été pénalisés par cette concurrence hors norme causée par la pandémie et les nombreux films en stock.  En ce qui concerne les films soutenus par Wallimage, on a deux coproductions en sélection officielle : « Annette » de Léos Carax et « Bergman Island » de Mia Hansen-Love. Et, à Un Certain Regard , le film belge « Un monde » de Laura Wandel. C’est un premier film dont nous sommes très fiers.

« Un monde », un premier film dont nous sommes très fiers

Siritz.com : Philippe Reynaert nous avait expliqué que Wallimage intervient à hauteur de 6,5 millions € par an, en tant que coproducteur, dans des films de cinéma, notamment d’animation et de genre, les séries et, ce qui est particulier, le flux.  https://siritz.com/le-carrefour/le-bilan-de-wallimage-par-philippe-reynaert/ Est-ce qu’il y a, à priori une répartition entre ces catégories ou est-ce uniquement au cas par cas ?

VN : Il y a une répartition entre le flux et les autres catégories. Il y a 6 millions € pour les œuvres de cinéma et de télévision et 500 000 € pour le flux. L’industrie du flux en région Wallonne est moins installée qu’en Flandre et nous sommes dans une phase exploratoire. Concernant notre ligne classique de 6 millions, historiquement on était surtout dans le long métrage, mais la série a fortement progressé et représente environ 40% de nos investissements en 2020. En animation, on a quelques projets par an, de l’ordre de deux longs métrages et entre 3 et 6 séries, selon les années. Mais ces projets d’animation sont assez consommateurs en cash, car ce sont des projets qui font beaucoup de dépenses chez nous et il n’est pas rare que notre apport soit de 300 000 ou 400 000 € par projet. Ce sont des projets qui peuvent générer plusieurs millions € de dépenses en région.

Siritz.com : Vos remontées de recettes sont de l’ordre de 8%, ce qui peut ne pas sembler beaucoup. Il est vrai que votre but est surtout de générer des dépenses et des emplois en Wallonie. Mais est-ce que dans le flux c’est la même chose ? Parce que, quand un format a du succès, le chiffre d’affaires peut être énorme.

IL Y A UNE MARGE DE PROGRESSION TRÈS FORTE DANS LE FLUX

VN : De manière générale, on est très attentif à notre accès aux remontées de recette. Cela veut dire que le pourcentage auquel nous avons accès est toujours au moins proportionnel à notre investissement et concerne tous les territoires. Au niveau du flux on ne finance à ce stade que des pilotes. C’est une ligne que l’on a lancée il y a 4 ans. Pour l’instant le succès est nuancé parce que l’on n’en a que deux qui ont été diffusé en télé et, à ce stade, uniquement au niveau national alors que la rentabilité vient quand le format est vendu à l’international. Mais on est convaincu qu’il y a une marge de progression très forte. On va évoluer en travaillant de manière plus collaborative avec les diffuseurs. On est en phase de réflexion profonde sur les actions à prendre pour soutenir cette industrie télévisuelle.

Siritz.com : Dans vos activités il y a la prospection de tournages dans votre région. Est-ce que ça ne concerne que les coproductions ou, éventuellement, des productions sans coproducteur wallon ?

VN : Notre positionnement est de coupler l’aspect financement et l’aspect accueil des tournages. Nous avons un territoire diversifié qui peut remplir beaucoup de cahier des charges. On peut tourner chez nous des scènes qui sont censées se passer ailleurs. Mais un des arguments pour attirer les tournages est que les charges de tournage vont pouvoir être couvertes par du tax shelter et l’apport de Wallimage. Mais notre équipe d’accueil de tournages travaille sur de nombreux projets que nous ne finançons pas, en apportant un service gratuit et complet aux producteurs de tous horizons. Nous cherchons à avoir des tournages bien sûr, mais aussi de la post-production. Certains projets ne se tournent pas chez nous mais font travailler nos studios de post-production pendant de longues semaines, ce qui aussi très porteur pour notre industrie.

Siritz.com : Vous soutenez des entreprises, par des prêts ou des prises de capital, surtout des prestataires. Votre région est très compétitive dans les effets spéciaux, l’animation, la post-production. En France, une étude que j’ai faite https://www.cnc.fr/documents/36995/156431/Les+studios+de+tournage%2C+un+enjeu+primordial+pour+la+production+en+France.pdf/5ec2b518-3d6e-c393-4f5a-38d97ce8d5a5

a montré que l’on va avoir de plus en plus besoin de studios de tournage, parce qu’il va être de plus en plus cher et difficile de tourner dans les grandes villes, mais surtout parce que les décors récurrents permettent d’abaisser le coût des séries. Avez-vous des studios sur votre territoire ou comptez-vous en développer ?

VN : On n’a pas de studio. Il y en a en Flandre. On en a eu, notamment à Liège, mais on s’est rendu compte que l’on n’avait pas un taux de remplissage suffisant. A ce jour, il n’y a pas de demande suffisante pour en avoir. Mais il est vrai qu’avec le développement des séries et des nouveaux investisseurs que sont les plateformes on est en phase de réflexion pour savoir s’il est nécessaire d’investir dans ce type de solutions pour rester attractif au niveau international.

Siritz.com : Y-a-il un débat sur le fait qu’il y a beaucoup de films, peut-être trop et que le développement de la demande de série justifie une réduction du nombre de films puisque, de toute façon il va y avoir plus de production et d’emplois ?

ACCÈS AUX SALLES DE PLUS EN PLUS DIFFICILE POUR LE CINÉMA D’AUTEUR

VN : Il y a déjà un fort développement de la série du fait notamment des commandes de la télévision belge, mais aussi, bien sûr, de productions initiées par Netflix par exemple. Mais je pense que le film reste indispensable non seulement pour la diversité culturelle qu’il faut à tout prix préserver mais aussi pour l’équilibre de notre industrie. Néanmoins il est vrai que l’on peut se poser la question quand on voit l’écart entre le nombre de films produits et le nombre de films qui sont réellement diffusés et qui peuvent être vus par un public large. Nous avons parfois de très beaux projets qui son inaccessibles au grand public parce qu’ils sont présentés dans très peu de salles. Et l’accès aux salles risque d’être de plus en plus difficile pour le cinéma d’auteur, c’est une problématique qu’il ne faut pas négliger.

Siritz.com : Est-ce que les producteurs de séries sont des producteurs de cinéma qui se diversifient ou principalement des producteurs qui ne font que des séries ?

VN : Ce sont plutôt des producteurs historiques de cinéma qui se diversifient, même s’il y a des jeunes producteurs qui sont arrivés directement par la série.

Siritz.com : En France, en application de la directives SMA on va obliger les plateformes à investir une partie de leur chiffre d’affaires dans des œuvres nationales et européennes, dont une partie dans des films de cinéma qui respectent la priorité de sortie à la salle et la chronologie des médias. En Belgique vous allez dans la même direction ?

VN : C’est au niveau du ministère de la culture que ces décisions vont se prendre. C’est encore en discussion. La France a évidemment une force de frappe plus importante que nous, mais j’espère que nous pourrons exiger des investissements satisfaisants pour notre industrie.

Siritz.com : Netflix a déjà passé des commandes de séries chez vous.

https://siritz.com/le-carrefour/les-facettes-de-netflix-selon-reynaert/

Mais est-ce qu’il y a déjà eu des commandes de Disney+ et d’Amazon Prime, ou des discussions en court ?

ON RÉFLÉCHIT À CE QU’ON POURRAIT ÉXIGER DE NETFLIX

VN : Amazon Prime a acheté plusieurs contenus que nous avons soutenu. Mais, à notre connaissance, pour l’instant ce n’est que Netflix qui a commandé de nouvelles productions, mais, bien entendu, en passant par un producteur. De notre point de vue, les producteurs belges restent nos interlocuteurs directs.

Siritz.com : Netflix, en général, prend tous les droits et vous, vous exigez un accès aux recettes. C’est un peu incompatible. Il est vrai que, dans les deux projets commandés chez vous, ils ont, exceptionnellement, laissé quelques droits au producteur. Mais, comme les plateformes vont jouer un rôle de plus en plus important, est-ce que cela ne change pas la donne pour vous ?

VN : On en est conscient. On est en train de voir si, en contrepartie, on peut être plus exigeant en matière de dépenses sur notre territoire. C’était déjà un peu le cas dans les deux projets que vous citez où les dépenses chez nous étaient intéressantes. Nous sommes prêts à évoluer.

Siritz.com : Est-ce que, dès à présent, Wallimage a, dans les tuyaux, des évolutions en cours ?

Vn : Déjà, il y a quelques mois, nous avons lancé un fonds de développement. C’est une première puisque jusque-là nous n’intervenions qu’en complément de financement, jamais en amont de la production. Là on finance l’écriture du scénario. Le fonds est de 300 000 € par an pendant 3 ans. Cela devrait renforcer nos producteurs nationaux, notamment dans les coproductions. Par ailleurs, on étudie avec la RTBF et RTL comment on peut faire évoluer notre intervention au niveau du flux. On voit aussi avec Philippe Chazal et sa Fabrique des formats comment on peut collaborer. Pour les autres secteurs, la question est de voir avec les producteurs comment rester attractif pour eux par rapport aux plateformes qui changent les données du marché. J’ai quelques pistes pour imaginer des modalités d’intervention spécifiques aux projets avec les plateformes, mais je ne peux vous en parler parce que je dois d’abord les présenter à mon conseil d’administration.