« Un métier sérieux », le nouveau film de Thomas Lilti, qui sort demain en salle, est-il parti pour être de nouveau millionnaire en spectateurs ? C’est sont 5ème film. https://fr.wikipedia.org/wiki/Thomas_Lilti

Ce médecin qui s’est lancé dans la réalisation a tout d’abord rencontré le succès avec deux films sur des médecins, « Hippocrate » (954 000 spectateurs) et « Médecin de campagne » (1 511 000 spectateurs), avant de le renouveler avec un film sur des étudiants en médecine, (1 015 000 spectateurs). Cette fois-ci ses héros sont des enseignants.

Ciné.info* a fourni les données financières de cet article.

Comme ses précédents films celui-ci se situe dans la limite supérieure des budget prévisionnels moyens des films français de fiction sortis depuis le début de l’année : 7,5 millions €. https://siritz.com/financine/gros-budget-negale-pas-gros-box-office/ Pour la préparation, 48 jours de tournage et la post-production, la rémunération du réalisateur est de 500 000 €, répartie en part égale entre à valoir sur droits d’auteur et salaire de technicien. C’est la 4ème rémunération la plus élevée de réalisateurs de films français de fiction sortis depuis le début de l’année. https://siritz.com/financine/barometre-de-la-remuneration-des-realisateurs-2/

Il a écrit le scénario pour 250 000 €. C’est 10% de plus que le budget moyen des scénarios de ces films. https://siritz.com/financine/la-part-du-scenario-dans-le-budget-augmente/ Les rôles principaux ont reçu 353 000 €. C’est 70% de plus que ce qu’ils ont reçu en moyenne pour ces films. https://siritz.com/financine/comediens-boom-des-remunerations-au-top/

Les producteurs délégués sont 31 juin Films et les Films du Parc (Agnès Vallée et Emmanuel Barrault). Les Films de Benjamin (Thomas Lilti), Le Pacte et France 2 sont coproducteurs. 9 soficas, dont une garantie, y ont investi. Les régions Ile de France et Normandie ont apporté leur soutien. Canal +, Ciné+ et France 2 (2 passages) l’ont pré-acheté. Le Pacte a donné un minimum garanti pour tous les mandats.

Le précédent film de Thomas Lilti, « Première année », était sorti le 12 septembre 2018. Son budget était de 6,1 millions €. Il avait les mêmes producteurs et les mêmes coproducteurs. Le Pacte était déjà distributeur. Pour la préparation, 46 jours de tournage et la post-production la rémunération du réalisateur était de 250 000 €, répartie en part égale entre à valoir sur droits d’auteur et salaire de technicien. Il vient donc de doubler sa rémunération.

www.Cinefinances.info est un site, accessible par abonnement, destiné aux professionnels du cinéma.  Il publie budget, le plan de financement et la répartition des recettes prévisionnels de tous les films français qui sortent (hors les films « sauvages » qui ne déposent pas leurs contrats au registre public et ne demandent donc pas l’agrément qui leur permettrait d’accéder à l’aide du CNC). Il s’agit des chiffres de l’agrément d’investissement sur la base duquel le producteur a monté son financement. Il dispose d’archives des films sortis depuis 2010 et d’un puissant moteur de recherche, avec de multiples critères.

Le compositeur est, avec le réalisateur et le scénariste, le troisième auteur d’un film. La bande musicale contribue fortement à l’émotion que suscite l’œuvre du réalisateur. Rappelons-nous que le succès mondial d’ « Un homme et une femme », le premier film de Claude Lelouch, devait beaucoup à la chanson interprétée par Nicole Croisille, sur une musique composée par Francis Lai et des paroles écrites par Pierre Barouh. Bien entendu ils avaient été choisis par le réalisateur et avaient travaillé étroitement avec lui.  Autre exemple marquant, tous les James Bond sont identifiés par le thème musical initial de de John Barry.

D’ailleurs, quand les films étaient encore muets ils étaient souvent accompagnés par des pianistes, comme ceux de Chaplin ou par des orchestres, comme ceux de Eisenstein ou Griffith, sur les musiques de compositeurs choisis par le réalisateur.

La France a eu certains des compositeurs de musique de films les plus célèbres mondialement. Une excellence reconnue par Hollywood et qui a marqué l’histoire de cinéma, comme l’illustrent, entre autres, Maurice Jarre avec « Le pont sur la rivière Kwaï » et « Laurence d’Arabie » ou Michel Legrand avec « L’affaire Thomas Crown ».

Mais l’économie de l’industrie musicale a profondément changé. Auparavant les ventes du disque de la musique d’un film pouvaient être une ressource complémentaire importante pour le producteur. Aujourd’hui le marché est dominé par les plates-formes. Au milieu d’une offre de millions de titres, seuls quelques uns  se dégagent. La musique d’un film ne procure donc que des recettes marginales. Néanmoins, aux États-Unis, pour les blockbusters, les réalisateurs et les studios ont compris que la musique peut, et doit, avoir un impact important sur le succès d’une oeuvre.

En France, juridiquement, le compositeur de la musique est reconnu comme l’un des trois auteurs d’un film, avec le réalisateur et le scénariste. Dans le budget, la création musicale comprend la rémunération du ou des compositeurs ainsi que celle de l’interprétation (musiciens et interprètes). Mais c’est une rémunération qui est bien moins importante que celle de la réalisation ou du scénario, comme le montre cette comparaison.

Ciné.info* a fourni les données financières de cet article.

En tout cas, pour certains films, producteurs et les réalisateurs n’ont pas hésité â investir des sommes non négligeables, comme le montre le Top 10.

Matthieu Chedid

www.Cinefinances.info est un site, accessible par abonnement, destiné aux professionnels du cinéma.  Il publie budget, le plan de financement et la répartition des recettes prévisionnels de tous les films français qui sortent (hors les films « sauvages » qui ne déposent pas leurs contrats au registre public et ne demandent donc pas l’agrément qui leur permettrait d’accéder à l’aide du CNC). Il s’agit des chiffres de l’agrément d’investissement sur la base duquel le producteur a monté son financement. Il dispose d’archives des films sortis depuis 2010 et d’un puissant moteur de recherche, avec de multiples critères.

« Anti-squat » est un drame, réalisé par Nicolas Silhol, diplômé FEMIS (scénario), dont c’est le second long métrage. https://fr.wikipedia.org/wiki/Nicolas_Silhol

Ciné.info* a fourni les données financières de cet article.

Il est produit par Kazak Productions (Jean-Christophe Reymond et Amaury Ovise) pour un budget prévisionnel de 2,2 millions €, soit les deux tiers du budget prévisionnel médian des films français de fiction sortis depuis le début de l’année. https://siritz.com/financine/gros-budget-negale-pas-gros-box-office/

Pour la préparation, 32 jours de tournage et la post-production la rémunération du réalisateur est de 64 000 €, répartie en part égale entre à valoir sur droits d’auteur et salaire de technicien. C’est 80% de la rémunération médiane des réalisateurs de ces films. https://siritz.com/financine/barometre-de-la-remuneration-des-realisateurs-2/

Il a écrit le scénario avec Fany Burdino pour 90 000 €, soit 10% de plus que le budget médian des scénarios de ces films. Les rôles principaux ont reçu 40 000 €, soit 45% de la rémunération médiane des rôles principaux de ces films. https://siritz.com/financine/comediens-boom-des-remunerations-au-top/

Le producteur a investi du fonds de soutien en préparation, son salaire, ses frais généraux, ses frais financiers et les imprévus du budget. Le CNC a donné de l’aide au développement et deux soficas y ont investi. Canal+ et Ciné+ l’ont préacheté. Diaphana a donné un minimum garanti pour le mandat de distribution salle, un minimum garanti pour la vidéo et un minimum garanti pour les ventes internationales. Il faut rappeler que ce distributeur a sorti au mois d’Août l’un des phénomènes de l’été, « Yannick », qui, avec un budget inférieur au million € est parti pour rassembler plus de 400 000 spectateurs https://siritz.com/editorial/cinema-les-phenomenes-de-cet-ete/

Le précédent film de Nicolas Silhol, « Corporate », est sorti le 5 avril 2017. Son budget prévisionnel était de 2,3 millions €. Il avait le même producteur et le même distributeur que « Anti-Squat ».

Pour la préparation, 22 jours de tournage et la post-production La rémunération du réalisateur était de 47 000 €, dont 10 000 € d’à valoir sur droits d’auteur et 37 000 € de salaire de technicien.

Le film avait rassemblé 254 000 spectateurs.

A noter un fait notable concernant les entrées cumulée à dimanche soir de 3 succès de films américains et du succès français tels qu’indiquées par la lettre de Éric Marti (Comscore).

Il est frappant de constater que Paris intra-muros (2 millions d’habitants sur 67 millions) représente 22% des entrées de « Anatomie d’une chute » et seulement entre 8 et 12% pour les trois films américains dont le succès est notablement en profondeur.

www.Cinefinances.info est un site, accessible par abonnement, destiné aux professionnels du cinéma.  Il publie budget, le plan de financement et la répartition des recettes prévisionnels de tous les films français qui sortent (hors les films « sauvages » qui ne déposent pas leurs contrats au registre public et ne demandent donc pas l’agrément qui leur permettrait d’accéder à l’aide du CNC). Il s’agit des chiffres de l’agrément d’investissement sur la base duquel le producteur a monté son financement. Il dispose d’archives des films sortis depuis 2010 et d’un puissant moteur de recherche, avec de multiples critères.

La comédie dramatique « Toni en famille », est le second long métrage de Nathan Ambrosioni. https://fr.wikipedia.org/wiki/Nathan_Ambrosioni

Ciné.info* a fourni les données financières de cet article.

Il a été produit par CHI FOU MI productions (Nicolas Dumont) pour un budget prévisionnel de 3,9 millions €, soit 15% de plus que le budget médian des films français de fiction sortis depuis le début de l’année. https://siritz.com/financine/gros-budget-negale-pas-gros-box-office/

Pour la préparation, 35 jours de tournage et la post-production la rémunération du réalisateur est de 70 000 €, répartie en part égale entre à valoir sur droits d’auteur et salaire de technicien. C’est 10% de moins que la rémunération médiane des réalisateurs de ces films. https://siritz.com/financine/barometre-de-la-remuneration-des-realisateurs-2/ Il a écrit le scénario pour 40 000 €, soit 45% du budget médian des scénarios de ces films. https://siritz.com/financine/la-part-du-scenario-dans-le-budget-augmente/ En revanche, les rôles principaux ont reçu 225 000 €, soit 10% de plus que ce qu’ils ont reçu en moyenne pour ces films et trois fois leur rémunération médiane. Donc, alors que tous les chiffres de ce film sont très en-dessous de ceux de la moitié des films de fictions Français, pour les rôles principaux, ils sont supérieurs à la moyenne de tous les films Français. Priorité est donc donné au casting.

Le producteur délégué a investi son salaire et ses frais généraux. Studio Canal et France 2 sont coproducteurs. La région sud et le département des Alpes Maritimes ont apporté leur aide.

Canal+ et France 2 l’ont préacheté tandis que Studio Canal a donné un minimum garanti pour tous les mandats de distribution.

Le précédent film réalisé par Nathan Ambrosioni était « Les drapeaux de papier », sorti le 13 février 2019. https://fr.wikipedia.org/wiki/Les_Drapeaux_de_papier . Son budget prévisionnel était de 900 000 €. Pour la préparation, 25 jours de tournage et la post-production la rémunération du réalisateur était de 30 000 €, répartie en part égale entre à valoir sur droits d’auteur et salaire de technicien. Nathan Ambrosioni en avait déjà écrit le scénario. Distribué par Rezo films il avait rassemblé 8 000 spectateurs.

www.Cinefinances.info est un site, accessible par abonnement, destiné aux professionnels du cinéma.  Il publie budget, le plan de financement et la répartition des recettes prévisionnels de tous les films français qui sortent (hors les films « sauvages » qui ne déposent pas leurs contrats au registre public et ne demandent donc pas l’agrément qui leur permettrait d’accéder à l’aide du CNC). Il s’agit des chiffres de l’agrément d’investissement sur la base duquel le producteur a monté son financement. Il dispose d’archives des films sortis depuis 2010 et d’un puissant moteur de recherche, avec de multiples critères.

« Visions » est le 5ème long métrage de Yann Gozlan. https://fr.wikipedia.org/wiki/Yann_Gozlan Comme son précédent film c’est un suspens, mais d’un genre différent.

Ciné.info* a fourni les données financières de cet article.

https://fr.wikipedia.org/wiki/Visions_(film,_2023)

Il est produit par Eagle Teams Entertainment (Éric Neubot) et 24 25 Films (Thibault Gast et Matthias Weber) pour un budget prévisionnel de 10 millions €, ce qui le situe au 15ème rang des budgets prévisionnels des films français de fiction sortis depuis le début de l’année. https://siritz.com/financine/gros-budget-negale-pas-gros-box-office/

Pour la préparation, 54 jours de tournage et la post-production la rémunération du réalisateur est de 150 000 €, répartie en part égale entre à valoir sur droits d’auteur et salaire de technicien. C’est un peu plus que la rémunération moyenne des réalisateurs de ces films. https://siritz.com/financine/barometre-de-la-remuneration-des-realisateurs-2/ Il a écrit le scénario avec Michel Fessler, Aurélie Valat, Jean-Baptiste Delafon, avec la participation d’Audrey Diwan . Ils ont reçu 398 000 €, ce qui les situe au 12ème rang des budgets des scénarios de ces films. https://siritz.com/financine/la-part-du-scenario-dans-le-budget-augmente/Quant aux rôles principaux ils ont reçu 265 000 €, soit 30% de  plus que ce que les rôles principaux ont reçu en moyenne pour ces films. https://siritz.com/financine/comediens-boom-des-remunerations-au-top/

Les producteurs ont investi leur salaire, leurs frais généraux et du soutien automatique. SND et France 2 sont coproducteurs. Une sofica adossée y a investi. La région Sud et le département des Bouches-du-Rhône lui ont apporté leur aide.

OCS a préacheté le premier passage, Canal+ le second et France 2 le troisème. SND a donné un minimum garanti pour tous les mandats.

Le précédent film de Yann Gozlan était « Boite noire », sorti le 8 septembre 2021. https://siritz.com/cinescoop/la-remuneration-de-yann-gozlan/ Il était produit par Why Productions et 24 25 films  pour 19,6 millions €.

Pour la préparation, 48 jours de tournage et la post-production la rémunération du réalisateur était de 240 000 €, dont 100 000 € d’à valoir sur droits d’auteur et 140 000 € de salaire de technicien. Le film, distribué par StudioCanal, avait rassemblé 1,9 millions de spectateurs.

www.Cinefinances.info est un site, accessible par abonnement, destiné aux professionnels du cinéma.  Il publie budget, le plan de financement et la répartition des recettes prévisionnels de tous les films français qui sortent (hors les films « sauvages » qui ne déposent pas leurs contrats au registre public et ne demandent donc pas l’agrément qui leur permettrait d’accéder à l’aide du CNC). Il s’agit des chiffres de l’agrément d’investissement sur la base duquel le producteur a monté son financement. Il dispose d’archives des films sortis depuis 2010 et d’un puissant moteur de recherche, avec de multiples critères.

Fait original « Sages-femmes » est un téléfilm, réalisé par Léa Fehner et qu’Arte a déjà diffusé le 21 avril dernier, alors que la chronologie des médias prévoit qu’en cas de pré-achat la chaîne passe 22 mois après la sortie salle. https://fr.wikipedia.org/wiki/Sage_Femme_(film)

Ce film est le troisième long métrage réalisé par Léa Fehner qui est diplômée de la FEMIS, section scénario. https://fr.wikipedia.org/wiki/Léa_Fehner

Ciné.info* a fourni les données financières de cet article.

Il a été produit par Geko Films pour un budget prévisionnel de 1,5 millions €, soit 44% du budget médian des films français de fiction sortis depuis le début de l’année.https://siritz.com/financine/gros-budget-negale-pas-gros-box-office/

Pour la préparation, 35 jours de tournage et la post-production la rémunération de la réalisatrice est de 42 000 €, dont 20 000 € d’à valoir sur droits d’auteur et 22 000 € de salaire de technicien. C’est 55% de la rémunération médiane des réalisateurs de ces films. Léa Fehner a écrit le scénario pour 47 000 €, soit 52% de ce que représente le budget médian du scénario de ces films. https://siritz.com/financine/la-part-du-scenario-dans-le-budget-augmente/ Les rôles principaux ont reçu 28 000 €, soit un tiers de ce qu’ont reçu le rôles principaux de ces   films. https://siritz.com/financine/comediens-boom-des-remunerations-au-top/

Le producteur a investi son salaire, ses frais généraux et son crédit d’impôt. Arte Cinéma est coproducteur. Le CNC a apporté une aide, tout comme les régions Occitanie et Aquitaine ainsi que le Département de Lot et Garonne et le Conservatoire National supérieur d’Art Dramatique de Paris.

Un sofica y a investi et Arte a effectué un préachat. Geko Distribution est distributeur sans avoir donné de minimum garanti.

Le précédent film de Léa Fehner était « Les Ogres », sorti le 16 mars 2016. Il était produit par Bus films pour un budget prévisionnel de 3 millions €.

Pour la préparation, 50 jours de tournage et la post-production, la rémunération de la réalisatrice était de 80 000 €, dont 20 000 € d’à valoir sur droits d’auteur et 60 000 € de salaire de technicien.

Elle avait écrit le scénario avec Brigitte Sy et Catherine Paillé pour 83 000 €. Distribué par Pyramide le film avait rassemblé 115 000 spectateurs.

www.Cinefinances.info est un site, accessible par abonnement, destiné aux professionnels du cinéma.  Il publie budget, le plan de financement et la répartition des recettes prévisionnels de tous les films français qui sortent (hors les films « sauvages » qui ne déposent pas leurs contrats au registre public et ne demandent donc pas l’agrément qui leur permettrait d’accéder à l’aide du CNC). Il s’agit des chiffres de l’agrément d’investissement sur la base duquel le producteur a monté son financement. Il dispose d’archives des films sortis depuis 2010 et d’un puissant moteur de recherche, avec de multiples critères.

Le monde du cinéma a tout lieu de se satisfaire de la fréquentation de cet été. https://siritz.com/editorial/cinema-les-phenomenes-de-cet-ete/ Bien entendu, la grève des comédiens et des scénaristes américains augure mal de 2024 et 2025. Il y aura pénurie de blockbusters hollywoodiens, comme en 2021. Avec une double conséquence : la baisse de la fréquentation globale, mais aussi la baisse du soutien financier au cinéma français. https://siritz.com/editorial/coups-durs-pour-la-frequentation/Or, cette fois-ci, compte tenu de la situation des finances publiques, il y a peu de chances que l’État comble le trou.

À cette double certitude s’ajoute une autre menace que les professionnels du cinéma auraient intérêt à prendre au sérieux. En effet, depuis quelques temps, dans le monde politique, commence à se faire entendre une petite musique contre ce qui serait le sur-financement du cinéma français. La profession reste encore sur sa dernière conquête : l’apport des plateformes de S-Vod s’ajoutant à celui des chaînes. Mais le vent commence à souffler dans l’autre sens.

Il y d’abord le rapport du Sénateur Karoutchi qui prône la réduction des avantages fiscaux aux soficas et du crédit d’impôt.  https://www.senat.fr/salle-de-presse/communiques-de-presse/presse/17-05-2023/itineraire-dun-art-gate-le-financement-public-du-cinema.html

Il y a ensuite la décision  de Laurent Wauqiez (Parti Républicain), le président de la région Auvergne-Rhône Alpes, de réduire de moitié la subvention au festival de Clermont-Ferrand, le plus prestigieux des festivals mondiaux du court métrage. Certes, la ville a un maire socialiste, mais, jusqu’à présent, aucun responsable aux ambitions nationales n’avait l’idée de s’attaquer au cinéma.  https://www.liberation.fr/idees-et-debats/tribunes/le-festival-du-court-metrage-de-clermont-ferrand-mis-en-danger-par-laurent-wauquiez-20230516_KMTKXLZCXFF4FIICAX3YW6A2YM/

Enfin, dans une communication sur Linkedin, l’avocat Denis Goulette cite un rapport conjoint de l’Inspection générale des finances et de l’inspection des Affaires Culturelles qui dévoile des taux de marge impressionnants dans l’audiovisuel et le cinéma, largement supérieurs à ceux observés dans d’autres secteurs culturels et dans le reste de l’économie. C’est dire que la loupe est pointée.

Or, nul n’est besoin d’être prophète pour prévoir que, dans les années à venir, avec son taux d’endettement considérable et son taux de prélèvements obligatoires records et croissant, l’État va chercher désespérément des sources d’économie.

Dans cette perspective le monde du cinéma doit impérativement bâtir une communication de défense. Elle doit évidement reposer sur l’exception culturelle, en rappelant que l’ultra-libérale Union économique Européenne l’a acceptée. L’Europe repose sur l’économie de marché grâce à laquelle la ou les plus performantes des entreprises l’emportent sur les autres, et ce, au bénéfice du consommateur. Pour que cette économie fonctionne, les États ne peuvent fausser ce mécanisme par des soutiens aux moins performants.  Néanmoins, ils doivent empêcher les plus performants d’abuser de la position dominantes qu’ils auraient ainsi acquise.

Mais la France a réussi à faire accepter par tous ses partenaires que cette interdiction de l’intervention de l’État ne s’applique pas à la culture. Elle leur a fait reconnaître que la culture n’est pas un bien ou un service comme un autre. Tout d’abord, parce que la diversité des cultures est une richesse en soi. D’autre part et surtout parce que  la culture et l’identité culturelle sont indispensables au lien social. Et, aujourd’hui, à l’heure où le mobile, les réseaux sociaux et le télétravail vont isoler les individus dans leur bulle, à l’heure de la montée de la violence, le cinéma en salle, parce qu’il est le plus populaire des loisirs culturels collectifs est indispensable au maintien de ce lien social.

Dans cette optique la France a mis  en place des mécanismes  pour avoir une production nationale, exprimant son identité et  qui, fait unique en Europe, rassemble 40% des spectateurs. Et elle a fait en sorte que la moindre petite ville, et même des villages, aient un cinéma où les habitants se croisent et partagent leurs émotions. Et nul part en Europe autant de citoyens s’y côtoient.

Il faut donc que la profession trouve au plus vite un axe de communication pour faire comprendre cette dimension à tous les responsables politiques.

Ramata-Toulaye Sy (37 ans), dont « Banel & Adama » est le premier long métrage, est diplômée de la FEMIS, section scénario. Elle a déjà collaboré au scénario de deux longs métrages et réalisé un court métrage. https://fr.wikipedia.org/wiki/Ramata-Toulaye_Sy

Cinéfinances.info* a fourni les données financières de cet article.

Son film est une coproduction entre la France (83%), le Sénégal (14%) et le Mali (3%) dont le budget prévisionnel est 1,9 millions €, soit 55% du budget prévisionnel médian des films français de fiction sortis depuis le début de l’année. https://siritz.com/financine/gros-budget-negale-pas-gros-box-office/

Pour la préparation, 35 jours de tournage et la post-production la rémunération de la réalisatrice est de 58 000 €, dont 28 000 € d’à valoir sur droits d’auteur et 30 000 € de salaire de technicien. C’est 70% de la rémunération médiane des réalisateurs de films français de fiction. https://siritz.com/financine/barometre-de-la-remuneration-des-realisateurs-2/ Elle a écrit le scénario pour 44 000 €, soit 50% du budget des scénarios de ces films. https://siritz.com/financine/la-part-du-scenario-dans-le-budget-augmente/ Les rôles principaux ont reçu 10 000 €, soit 12% de la rémunération médiane des rôles principaux de ces films. https://siritz.com/financine/comediens-boom-des-remunerations-au-top/

Le producteur français est La Chauve-Souris (Maud Leclair-Névé). Le film a bénéficié du CNC de 500 000 € d’avance sur recettes, du soutien à la préparation et  d’une aide aux créations visuelles et sonores.  Canal+ international et Arte cinéma sont coproducteurs. Le producteur a investi son salaire et ses frais généraux.  Canal+ international et Arte cinéma sont coproducteurs. Une sofica y a investi.

Canal+,Ciné+, Arte, TV5 Monde et Canal +international l’ont préacheté. Tandem a donné un minimum garanti pour les mandats de distribution salle, vidéo et vod en France. Best Friend Forever est le vendeur international, mais n’a pas donné de minimum garanti.

Le producteur sénégalais est Astou Production (Souleyman e Kébé). Il a obtenu le soutien de Fopica (aide nationale), de Jeune création francophone et de l’Organisation internationale de la francophonie. Le producteur Malien est DS productions (Débora Suc).

www.Cinefinances.info est un site, accessible par abonnement, destiné aux professionnels du cinéma.  Il publie budget, le plan de financement et la répartition des recettes prévisionnels de tous les films français qui sortent (hors les films « sauvages » qui ne déposent pas leurs contrats au registre public et ne demandent donc pas l’agrément qui leur permettrait d’accéder à l’aide du CNC). Il s’agit des chiffres de l’agrément d’investissement sur la base duquel le producteur a monté son financement. Il dispose d’archives des films sortis depuis 2010 et d’un puissant moteur de recherche, avec de multiples critères.

« Super Bourrés » est le premier long métrage du jeune Toulousain Bastien Milheau, diplômé de la FEMIS, qui avait déjà réalisé un court métrage en 2020.

Cinéfinances.info* a fourni les données financières de cet article.

Il est produit par Take shelter (Alexis Genauzeau) pour un budget prévisionnel de 2,4 millions €. C’est deux tiers du budget prévisionnel médian des films Français de fiction sortis depuis le début de l’année. https://siritz.com/financine/gros-budget-negale-pas-gros-box-office/

C’est à peu près le budget de « àma Gloria » qui sort également cette semaine. https://siritz.com/cinescoop/debuts-dune-realisatrice-chevronnee/

Pour la préparation, 32 jours de tournage et la post-production la rémunération du réalisateur est de 54 000 €, répartie en part égale entre à valoir sur droits d’auteur et salaire de technicien. C’est deux tiers de la rémunération médiane des réalisateurs de ces films Français de fiction sortis depuis le début de l’année. https://siritz.com/financine/barometre-de-la-remuneration-des-realisateurs-2/

Bastien Milheanu a également écrit le scénario pour 26 000 €, ce qui représente 30% du budget du scénario de ces films. https://siritz.com/financine/la-part-du-scenario-dans-le-budget-augmente/Les rôles principaux ont reçu 28 000 € ce qui est également 30% de ce qu’ils ont reçu pour ces films.

Pour le financement le producteur a investi son crédit d’impôt, son salaire, ses frais généraux mais aussi les imprévus pris en compte dans le budget prévisionnel. Zinc et Ciné-@ sont coproducteurs. La région Occitanie a apporté son aide. Le film a également reçu une aide du CNC pour la création de musique originale qui représente un tiers du budget de la bande musicale du film.

Zinc a donné un minimum garanti pour les mandats de distribution en salle, en vod et de ventes à l’étranger.

Le précédent film distribué par Zinc était « Un coup de maitre », sorti le 9 août dernier. Il était réalisé par Rémi Besançon. Il était produit par Mandarin et Compagnie pour 3,9 millions € de budget prévisionnel. Sorti dans 221 salles,  il avait rassemblé 60 000 entrées.

www.Cinefinances.info est un site, accessible par abonnement, destiné aux professionnels du cinéma.  Il publie budget, le plan de financement et la répartition des recettes prévisionnels de tous les films français qui sortent (hors les films « sauvages » qui ne déposent pas leurs contrats au registre public et ne demandent donc pas l’agrément qui leur permettrait d’accéder à l’aide du CNC). Il s’agit des chiffres de l’agrément d’investissement sur la base duquel le producteur a monté son financement. Il dispose d’archives des films sortis depuis 2010 et d’un puissant moteur de recherche, avec de multiples critères.

« àma Gloria » , qui a fait l’ouverture de la Semaine de la critique au dernier Festival de Cannes, est le quatrième long métrage de Marie Amachoukeli. Les trois précédents avaient été coréalisés et l’un d’entre eux était un dessin animé. https://fr.wikipedia.org/wiki/Marie_Amachoukeli C’est donc le premier film qu’elle réalise seule.

Cinéfinances.info* a fourni les données financières de cet article.

Il est produit par Lilies Films (Bénédicte Couvreur), pour un budget prévisionnel de 2,5 millions €. C’est 75% du budget médian des films français de fiction sortis depuis le début de l’année. https://siritz.com/financine/gros-budget-negale-pas-gros-box-office/

Pour la préparation, 32 jours de tournage et la post-production la rémunération de la réalisatrice est de 100 000 €, dont 55 000 € d’à valoir sur droits d’auteur et 45 000 € de salaire de technicien. C’est 20% de plus que la rémunération médiane des réalisateurs des films de cette année. https://siritz.com/financine/barometre-de-la-remuneration-des-realisateurs-2/ Elle a écrit le scénario pour           80 0000 €. C’est 10% de moins que le budget des scénarios de ces films. Les rôles principaux ont reçu 25 000 €. C’est 22% de leur rémunération médiane sur ces films. https://siritz.com/financine/comediens-boom-des-remunerations-au-top/

Le film a bénéficié de 500 000 € d’avance sur recettes. Le producteur a investi son crédit d’impôt, son salaire, du compte de soutien et ses frais généraux. La région Ile de France et l’Angoa lui ont apporté de l’aide. Deux soficas y ont investi.Le film est préacheté par Canal+, Ciné+ et TV5 Monde.

Pyramide a donné un minimum garanti pour le mandat salle et un autre pour le mandat international.

« Party girl » que Marie Amachoukeli avait réalisé avec Claire Burger et Samuel Theis, avait remporté la Caméra d’or au Festival de Cannes 2014. Et le film, produit par Élzevir Films pour 1,7 millions €, distribué par Pyramide, avait rassemblé 193 000 spectateurs. Auparavant, en 2010, elle avait obtenu le César du meilleur court-métrage pour « C’est gratuit pour les filles ».

www.Cinefinances.info est un site, accessible par abonnement, destiné aux professionnels du cinéma.  Il publie budget, le plan de financement et la répartition des recettes prévisionnels de tous les films français qui sortent (hors les films « sauvages » qui ne déposent pas leurs contrats au registre public et ne demandent donc pas l’agrément qui leur permettrait d’accéder à l’aide du CNC). Il s’agit des chiffres de l’agrément d’investissement sur la base duquel le producteur a monté son financement. Il dispose d’archives des films sortis depuis 2010 et d’un puissant moteur de recherche, avec de multiples critères.