La semaine dernière je m’interrogeais sur la possibilité d’une tendance lourde à une baisse de la fréquentation du cinéma et j’envisageais une explication. https://siritz.com/editorial/hypothese-sur-une-frequentation-decevante/
Selon cette hypothèse le public attendais désormais « autre chose » c’est à dire un renouveau de la création.
Or, vendredi dernier un très interessant article du New-York times, à l’occasion de la cérémonie des Emmy Awards, s’interrogeais sur les causes de la baisse de la qualité des fictions tv américaines. Certes, selon le quotidien américain, des vainqueurs comme les séries « Succession », diffusée par HBO ou « The Bear », diffusée par Disney, pourraient laisser croire que la télévision continue à produire des programmes de qualité. « Mais si vous regarder la situation d’une manière attentive vous constaterez que les drapeaux rouges annonçant une menace se multiplient » affirme-t-il.
Selon le New-York Times la période de la télévision de qualité (Peak tv aux USA) a été lancée dans les années 90 avec « Les Sopranos » sur HBO. La chaîne payante cherchait à se faire une place dans le monde de la télévision en bousculant les habitudes et les règles du jeu, en prenant des risques et en ouvrant de nouveaux horizons.
Aujourd’hui les financiers ont pris les contrôle des grands groupes audiovisuels américains. La priorité est à la baisse des coûts et il n’est plus question de prendre des risques.
Pour s’en convaincre il suffit de regarder l’évolution des deux diffuseurs qui ont percé grâce à leurs innovations. Tout d’abord Netflix, qui avait su acquérir « House of cards ». Aujourd’hui ses abonnements plafonnent et, pour maintenir sa rentabilité la chaîne à réduit d’au moins 130 le nombre de nouveaux programmes de fiction diffusés en 2023. En compensation, la chaîne va développer les documentaires, les variétés, les talks shows et le sport.
HBO qui, outre « Les Sopranos » a diffusé « Game of throne », appartient au groupe Warner qui a fusionné avec le groupe Discovery. Et HBO est devenu HBO Max, ce qui veut dire plus ou la plupart, ce qui ne signifie pas qualité. Et elle commence à se lancer dans la télé-réalité comme avec la série « Human vs Hamster ».
En outre, comme il y a trop de plateformes pour qu’elles soient rentables, elles commencent â s’ouvrir à la publicité. Or les annonceurs sont hostiles aux risques et ne veulent pas apparaitre dans des programmes qui pourraient choquer.
Le moins que l’on puisse dire est que cette analyse est très pessimiste. Elle ne concerne pas le cinéma, mais souligne comment une période de création qui alliait qualité et prospérité peut s’achever.
En matière de télévision, en France, comme partout en Europe, nous avons la chance d’avoir un service public qui, par nature, échappe à ce type d’évolution. A condition qu’on lui donne des moyens financiers suffisants et pérennes, ce qui n’est pas tout à fait le cas en France. La télévision à péage est également profilée pour prendre des risques, à condition que sa rentabilité ne la contraigne pas à s’ouvrir à la publicité.
BAISSE DE QUALITÉ DE LA TV AMÉRICAINE
ÉditorialLa semaine dernière je m’interrogeais sur la possibilité d’une tendance lourde à une baisse de la fréquentation du cinéma et j’envisageais une explication. https://siritz.com/editorial/hypothese-sur-une-frequentation-decevante/
Selon cette hypothèse le public attendais désormais « autre chose » c’est à dire un renouveau de la création.
Or, vendredi dernier un très interessant article du New-York times, à l’occasion de la cérémonie des Emmy Awards, s’interrogeais sur les causes de la baisse de la qualité des fictions tv américaines. Certes, selon le quotidien américain, des vainqueurs comme les séries « Succession », diffusée par HBO ou « The Bear », diffusée par Disney, pourraient laisser croire que la télévision continue à produire des programmes de qualité. « Mais si vous regarder la situation d’une manière attentive vous constaterez que les drapeaux rouges annonçant une menace se multiplient » affirme-t-il.
Selon le New-York Times la période de la télévision de qualité (Peak tv aux USA) a été lancée dans les années 90 avec « Les Sopranos » sur HBO. La chaîne payante cherchait à se faire une place dans le monde de la télévision en bousculant les habitudes et les règles du jeu, en prenant des risques et en ouvrant de nouveaux horizons.
Aujourd’hui les financiers ont pris les contrôle des grands groupes audiovisuels américains. La priorité est à la baisse des coûts et il n’est plus question de prendre des risques.
Pour s’en convaincre il suffit de regarder l’évolution des deux diffuseurs qui ont percé grâce à leurs innovations. Tout d’abord Netflix, qui avait su acquérir « House of cards ». Aujourd’hui ses abonnements plafonnent et, pour maintenir sa rentabilité la chaîne à réduit d’au moins 130 le nombre de nouveaux programmes de fiction diffusés en 2023. En compensation, la chaîne va développer les documentaires, les variétés, les talks shows et le sport.
HBO qui, outre « Les Sopranos » a diffusé « Game of throne », appartient au groupe Warner qui a fusionné avec le groupe Discovery. Et HBO est devenu HBO Max, ce qui veut dire plus ou la plupart, ce qui ne signifie pas qualité. Et elle commence à se lancer dans la télé-réalité comme avec la série « Human vs Hamster ».
En outre, comme il y a trop de plateformes pour qu’elles soient rentables, elles commencent â s’ouvrir à la publicité. Or les annonceurs sont hostiles aux risques et ne veulent pas apparaitre dans des programmes qui pourraient choquer.
Le moins que l’on puisse dire est que cette analyse est très pessimiste. Elle ne concerne pas le cinéma, mais souligne comment une période de création qui alliait qualité et prospérité peut s’achever.
En matière de télévision, en France, comme partout en Europe, nous avons la chance d’avoir un service public qui, par nature, échappe à ce type d’évolution. A condition qu’on lui donne des moyens financiers suffisants et pérennes, ce qui n’est pas tout à fait le cas en France. La télévision à péage est également profilée pour prendre des risques, à condition que sa rentabilité ne la contraigne pas à s’ouvrir à la publicité.
UN PREMIER THRILLER PERCUTANT
CinéscoopLe thriller « La tête froide » https://fr.wikipedia.org/wiki/La_Tête_froide est le premier long métrage de fiction de Stéphane Marchetti, un réalisateur de documentaire qui a reçu de nombreux prix. https://fr.wikipedia.org/wiki/Stéphane_Marchetti
Ciné.info* a fourni les données financières de cet article.
Le budget prévisionnel de ce film percutant est de 2 millions €, soit 60% du budget prévisionnel des films de fiction français sortis en 2023. https://siritz.com/financine/le-budget-des-films-de-fiction-explose/Pour la préparation, 29 jours de tournage et la post-production la rémunération du réalisateur est de 35 000 €, dont 16 000 € d’à valoir sur droits d’auteur et 19 000 € de salaire de technicien de ces films. Il a écrit le scénario avec Laurette Polmanss pour 36 000 €, soit le tiers du budget des scénarios. Les rôles principaux ont reçu 40 000 €, soit la moitié de leur rémunération médiane. https://siritz.com/financine/les-stars-ne-garantissent-pas-le-succes/
Le producteur délégué est Blue Monday Productions (Nathalie Mesuret et Bertrand Gore). Auvergne-Rhône-Alpes Cinéma est coproducteur. Le film a reçu 152 000 € d’avance sur recettes après réalisation. L’Angoa et la région Sud ont apporté leur soutien. Une sofica y a investi. Canal+ et Ciné+ l’ont préacheté tandis que UFO a donné un minimum garanti pour les mandats de distribution salle et vidéo.
À noter que UFO avait distribué « Conann », https://siritz.com/cinescoop/la-barbarie-a-travers-les-epoques/sorti le 29 novembre 2023, réalisé par Bertrand Mandico,. C’était un film au budget prévisionnel de 2,9 millions € et qui avait bénéficié d’une avance sur recettes. UFO avait donné un minImum garanti et le film avait rassemblé 13 000 spectateurs.
www.Cinefinances.info est un site, accessible par abonnement, destiné aux professionnels du cinéma. Il publie budget, le plan de financement et la répartition des recettes prévisionnels de tous les films français qui sortent (hors les films « sauvages » qui ne déposent pas leurs contrats au registre public et ne demandent donc pas l’agrément qui leur permettrait d’accéder à l’aide du CNC). Il s’agit des chiffres de l’agrément d’investissement sur la base duquel le producteur a monté son financement. Il dispose d’archives des films sortis depuis 2010 et d’un puissant moteur de recherche, avec de multiples critères.
UN ROAD-MOVIE DE PASCAL THOMAS
Cinéscoop« Le voyage en pyjama » est le 25ème film réalisé par Pascal Thomas qui a débuté il y a 32 ans avec « Les Zozos ». https://fr.wikipedia.org/wiki/Pascal_Thomas
Ciné.info* a fourni les données financières de cet article.
Son budget prévisionnel n’est que de 1,5 millions €, soit 40% du budget médian des films de fiction français sortis en 2023. https://siritz.com/financine/le-budget-des-films-de-fiction-explose/
Pour la préparation, 25 jours de tournage et la post-production la rémunération du réalisateur est de 51 000 €, dont 20 000 € d’à valoir sur droits d’auteur et 31 000 € de salaire de technicien. C’est 70% de la rémunération médiane des réalisateurs de ces films. Il a écrit le scénario avec Nathalie Lafaurie, gérante de sa société de production. Ils ne sont pas rémunérés à ce titre dans le budget. Les rôles principaux ont reçu 25 000 €, soit 30% de la rémunération médiane des rôles principaux en 2023.
Les producteurs délégués sont Les Films français (Pascal thomas et Nathalie Lafauries) et Numéro 7 (Éric et Corinne Langlois, Jean-François Catton). LDRP II est coproducteur. La région Pays de Loire a apporté son soutien. Canal+ l’a préacheté et Studio Canal a le mandat de distribution en salle sans minimum garanti.
Le précédent film de Pascal Thomas était « A Cause des filles… ? », sorti le 30 janvier 2019. Son budget prévisionnel était de 3,4 millions €. Pour la préparation, 25 jours de tournage et la post-production la rémunération du réalisateur était de 60 000 €, dont 10 000 € d’à valoir sur droits d’auteur et 50 000 € de salaire de technicien. Il avait déjà écrit le scénario avec Nathalie Lafaurie et ils s’étaient partagés 120 000 €. Les rôles principaux avaient reçu 93 000 €.
PM SA était producteur délégué, Orange studio et DOCC coproducteurs. La région Ile de France avait apporté son soutien et Région Ile de France et Canal+ l’avait préacheté. Le distributeur était Paradis Films, sans minimum garanti. Le film avait rassemblé 18 000 spectateurs.
www.Cinefinances.info est un site, accessible par abonnement, destiné aux professionnels du cinéma. Il publie budget, le plan de financement et la répartition des recettes prévisionnels de tous les films français qui sortent (hors les films « sauvages » qui ne déposent pas leurs contrats au registre public et ne demandent donc pas l’agrément qui leur permettrait d’accéder à l’aide du CNC). Il s’agit des chiffres de l’agrément d’investissement sur la base duquel le producteur a monté son financement. Il dispose d’archives des films sortis depuis 2010 et d’un puissant moteur de recherche, avec de multiples critères.
UNE COMÉDIE OPTIMISTE POUR LES JEUNES
CinéscoopTrois semaines après avoir distribué « Les Segpa au ski » qui avait frôlé le million d’entrées en deux semaines https://siritz.com/cinescoop/enfin-une-tres-bonne-surprise/Apollo Films assure la distribution physique d’une nouvelle comédie, «Comme un prince»https://fr.wikipedia.org/wiki/Comme_un_prince , une comédie optimiste qui vise le public des jeunes. C’est le premier film d’un acteur et scénaristes de nombreux films et séries, Ali Marhyar. https://fr.wikipedia.org/wiki/Ali_Marhyar
Ciné.info* a fourni les données financières de cet article.
C’est un film au budget prévisionnel de 3,9 millions €, soit trois quarts du budget moyen des films de fiction français sortis en 2023. https://siritz.com/financine/le-budget-des-films-de-fiction-explose/
Pour la préparation, 35 jours de tournage et la post-production la rémunération du réalisateur est de 80 000 €, répartie en part égale entre à valoir sur droits d’auteur et salaire de technicien. C’est 15% de plus que la rémunération médiane des réalisateurs de ces films. https://siritz.com/financine/realisateurs-les-ecrats-de-realisation-saccroissent/Il a écrit le scénario avec Julien Guetta pour 75 000 €, soit les trois quart du budget médian des scénarios de ces films. https://siritz.com/financine/budget-du-scenario-remuneration-du-realisateur/
Les rôles principaux ont reçu 74 000 €, ce qui est un peu moins que leur rémunération médiane.
Les producteurs délégués sont Yann Zenou Entertainment (Yann Zenou) et Issa Films (Marie Jardiller). Orange Studio et France 3 sont coproducteurs. Canal+, Ciné+ et France 3 l’ont préacheté. Orange studio a donné un minimum garanti pour tous les mandats de distribution, confiant la distribution physique à Apollo.
www.Cinefinances.info est un site, accessible par abonnement, destiné aux professionnels du cinéma. Il publie budget, le plan de financement et la répartition des recettes prévisionnels de tous les films français qui sortent (hors les films « sauvages » qui ne déposent pas leurs contrats au registre public et ne demandent donc pas l’agrément qui leur permettrait d’accéder à l’aide du CNC). Il s’agit des chiffres de l’agrément d’investissement sur la base duquel le producteur a monté son financement. Il dispose d’archives des films sortis depuis 2010 et d’un puissant moteur de recherche, avec de multiples critères.
LES STARS NE GARANTISSENT PAS LE SUCCÈS
FinanCinéL’évolution de la rémunération des rôles principaux entre 2022 et 2023 est intéressante : la plus élevée a progressé fortement et la moyenne sensiblement alors que la rémunération médiane a reculé.
Ciné.info* a fourni les données financières de cet article.
C’est notamment dû au fait que, dans le Top 10 des plus fortes rémunérations, il y a eu des films avec des rémunérations élevées.
Ce sont tout particulièrement des coproductions internationales avec un casting de stars internationales. Ainsi, le budget le plus élevé est celui de Marlowe https://siritz.com/cinescoop/la-remuneration-de-neil-jordan/, avec trois stars étrangères internationales. Et dans ce top 10 il y a aussi L’Immensita https://siritz.com/cinescoop/la-remuneration-d-emanuele-crialese/et Dogman https://siritz.com/cinescoop/retour-du-besson-touch-avec-dogma/qui sont des coproductions avec stars étrangères. Mais ces trois films n’ont, en France, qu’un box-office décevant. D’ailleurs, dans ce Top 10, seuls trois films ont plus d’un million d’entrées et 3 n’ont même pas 250 000 entrées. Les stars ne sont donc pas une composante suffisante pour assurer le succès d’un film.
Si l’on compare la rémunération de ces rôles principaux à celle du réalisateur et au scénario, le budget le plus élevé du scénario (Astérix et Obélix, l’empire du milieu) est le double de la rémunération des rôles principaux (Marlowe) et le triple de celui du réalisateur (Dany Boon). Mais ce scénario est consacré presqu’uniquement (6,2 millions € sur 6,45 millions €) à l’achat des droits d’adaptation d’Astérix et Obélix https://siritz.com/cinescoop/la-remuneration-de-guillaume-canet-2/.
En ce qui concerne les rémunérations moyennes, celle des rôles principaux est légèrement supérieurs à celles des scénarios mais 50% de plus de celle des réalisateurs. Enfin, en ce qui concerne la rémunération médiane celle du scénario arrive en tête et celle des réalisateurs en dernière position : pour la majorité des films français, la priorité va au scénario.
www.Cinefinances.info est un site, accessible par abonnement, destiné aux professionnels du cinéma. Il publie budget, le plan de financement et la répartition des recettes prévisionnels de tous les films français qui sortent (hors les films « sauvages » qui ne déposent pas leurs contrats au registre public et ne demandent donc pas l’agrément qui leur permettrait d’accéder à l’aide du CNC). Il s’agit des chiffres de l’agrément d’investissement sur la base duquel le producteur a monté son financement. Il dispose d’archives des films sortis depuis 2010 et d’un puissant moteur de recherche, avec de multiples critères.
HYPOTHÈSE À PROPOS D’UNE FRÉQUENTATION DÉCEVANTE
ÉditorialLes insuccès spectaculaires du cinéma mondial, après des décennies de succès, sont le signe que le secteur est arrivé au bout d’un cycle et que le public veut autre chose. Mais quoi ?
Une hypothèse de cette soudaine évolution pourrait être liée au même phénomène que le populisme en politique : les électeurs remettent en cause leurs élites qui n’ont pas su résoudre les multiples problèmes de leur société. Et ils sont près à voter pour n’importe qui leur proposant « autre chose », même, si cet autre chose apparait irrationnel. C’est le phénomène du populisme.
En ce qui concerne le cinéma, à la différence des autres arts, c’est, par nature, un art populaire qui doit s’adresser à un vaste public, tout simplement parce que c’est un art cher. Donc, si les spectateurs n’englobent pas tous les citoyens, ils en représentent forcément une part substantielle.
Or, les spectateurs de cinéma, qui sont aussi des citoyens confrontés aux difficultés et aux menaces de notre époque, veulent, soit que que le cinéma les en distrait en leur proposant « autre chose », soit qu’il leur permette de la comprendre.
Aujourd’hui, ils en sont peut-être venus à estimer, à priori, que les « élites » du cinéma,-les comédiens et réalisateurs stars- ne leur apportent plus cet autre chose. Ils leurs en veulent même de se contenter de leur apporter toujours la même chose. Ces stars, qui étaient un atout pour le succès des films , deviennent ainsi presqu’un handicap, sauf si les spectateurs ont le sentiment que cette nouvelle oeuvre est exceptionnelle. En fait, pour dire la vérité, souvent, certains films de star ont effectivement un air de déjà vu. C’est notamment le cas des franchises américaines. De même le dernier « Asterix et Obelix » marche moins bien que les précédents et le second « Les trois mousquetaires » moins bien que le premier.
Reste évidemment pour les producteurs à trouver comment et avec qui offrir « autre chose ». Mais c’est pour cela qu’ils existent et sont indispensables. Ce qui est certain, pour le cinéma français, c’est que les plus gros succès, dont certains ont fait 10,15 ou 20 millions d’entrées ont toujours été des comédies. Mais aussi que les stars du comique ont triomphé quand elles ont joué dans des films dramatiques , de Bourvil dans « La traversée de Paris » à Coluche dans « Tchao Pantin » en passant par Fernandel dans « La Vache et le prisonnier ».
Bien entendu il y a une différence entre la politique et le cinéma. Pour ce dernier c’est le public qui a forcément raison, puisqu’il est indispensable qu’il ait envie d’aller au cinéma. En politique les solutions différentes proposées par les populistes ne vont pas forcément marcher si elles sont uniquement différentes.
UN FAIT DIVERS QUI GLACE LA BELGIQUE
Cinéscoop« Un Silence », s’inspirant d’un fait divers qui a glacé la Belgique est le dixième film de Joachim Lafosse. https://fr.wikipedia.org/wiki/Joachim_Lafosse
Ciné.info* a fourni les données financières de cet article.
C’est une coproduction entre la France (33%), la Belgique (40%) et le Luxembourg (27%) pour un budget prévisionnel de 5,7 millions €, soit 10% de plus que la moyenne des budgets prévisionnels des films français sortis en 2023. https://siritz.com/financine/le-budget-des-films-de-fiction-explose/
Pour la préparation, 38 jours de tournage et la post-production la rémunération du réalisateur est de 305 000 €, répartie en part égale entre à valoir sur droits d’auteur et salaire de technicien. C’est 2,3 fois la rémunération moyenne des réalisateurs de ces films. https://siritz.com/financine/realisateurs-les-ecrats-de-realisation-saccroissent/A noter que c’est un chiffre élevé pour un film à budget moyen. Il a écrit le scénario avec Thomas et Chloé Van Zuylen pour 196 000 €, ce qui est à peu près le budget moyen des scénarios. https://siritz.com/financine/budget-du-scenario-remuneration-du-realisateur/ Les rôles principaux ont reçu 295 000 €, ce qui est 40% de plus que ce qu’ils ont reçu en moyenne l’année dernière.
Le producteur français est Les films du Losange (Charles Gillibert et Régine Vial). Le film a bénéficié de 350 000 € d’avance sur recettes. France 3 est coproducteur. Deux soficas y ont investi. Le film a bénéficié du soutien de la Région Grand Est et de l’Eurométropole de Metz. Les Films du Losange a donné un minimum garanti pour la distribution salle et un autre pour la distribution à l’étranger.
Le producteur belge est Stenola Productions (Anton Iffland Stettner et Éva Kuperman). Il a bénéficié du Tax shelter et des soutiens de la Fédération Wallonie Bruxelles, de Créative Média Europe, de Flanders Audiovisual fund et de Screen Bruxelles. La RTBF, Proximus et Be tv sont coproducteurs et l’ont préacheté. Cinéart a donné un minimum garanti pour la distribution en salle. Le producteur Luxembourgeois est Samsa Film (Jani Thilges). Fondspa a apporté son soutien.
Le précédent film de Joachim Lafosse était « Les Intranquilles », sorti de 29 septembre 2021. https://fr.wikipedia.org/wiki/Les_Intranquilles
C’était déjà une coproduction entre la France (22%), la Belgique (43%) et le Luxembourg (35%) pour un budget prévisionnel de 4,2 millions €. Les producteurs et les distributeurs étaient les mêmes sauf KG Productions qui était le producteur français.
Pour la préparation, 37 jours de tournage et la post-production la rémunération du réalisateur était de 191 000 €, répartie en part égale entre à valoir sur droits d’auteur et salaire de technicien. Il avait écrit le scénario avec Juliette Goudot, Anne-Lise Morin, Lou du Pontavice, Chloé Leonil et François Pirot pour 168 000 €. Les rôles principaux avaient reçu 181 000 €.
En France le film avait rassemblé 150 000 spectateurs.
*www.Cinefinances.info est un site, accessible par abonnement, destiné aux professionnels du cinéma. Il publie budget, le plan de financement et la répartition des recettes prévisionnels de tous les films français qui sortent (hors les films « sauvages » qui ne déposent pas leurs contrats au registre public et ne demandent donc pas l’agrément qui leur permettrait d’accéder à l’aide du CNC). Il s’agit des chiffres de l’agrément d’investissement sur la base duquel le producteur a monté son financement. Il dispose d’archives des films sortis depuis 2010 et d’un puissant moteur de recherche, avec de multiples critères.
Pour la préparation, 48 jours de tournage et la post-production la rémunération du réalisateur est de 240 000 €, dont 140 000 € d’à valoir sur droits d’auteur et 100 000 € de salaire de technicien.
CÉDRIC KHAN FAIT RIRE LA PRESSE
Cinéscoop« Making of », une comédie très bien accueillie par la presse https://fr.wikipedia.org/wiki/Making_of_(film,_2023), est le 13 ème long métrage réalisé par Cédric Khan. https://fr.wikipedia.org/wiki/Cédric_Kahn
Ciné.info* a fourni les données financières de cet article.
Son budget prévisionnel est de 3,6 millions €, soit le budget médian des films de fiction français en 2023. https://siritz.com/financine/le-budget-des-films-de-fiction-explose/
Pour la préparation, 32 jours de tournage et la post-production la rémunération du réalisateur est de 100 000 €, répartie en part égale entre à valoir sur droits d’auteur et salaire de technicien. C’est trois quarts de la rémunération moyenne des réalisateurs de ces films. https://siritz.com/financine/realisateurs-les-ecrats-de-realisation-saccroissent/ Il a écrit le scénario avec Fanny Burdino et Samuel Doux pour 177 000 € ce qui représente 80% du budget moyen des scénarios. Enfin les rôles principaux ont reçu 110 000 € ce qui est 55% de ce qu’ils ont reçu en moyenne.
Le producteur est Curiosa Films (Olivier Delbosc). France 2 est coproducteur et trois soficas y ont investi. Canal+n Ciné+ et France 2 l’ont préacheté. Ad Vitam a donné un minimum garanti pour les mandats de distribution salle, vidéo et vod. Elle Driver a le mandat de vente internationale sans minimum garanti.
Le précédent film de Cédric Khan était « Le procès Goldman », sorti le 27 septembre 2023. https://siritz.com/cinescoop/la-remuneration-de-cedrick-khan/ Pour la préparation, 15 jours de tournage et la post-production la rémunération du réalisateur était de 73 000 €, dont 35 000 € d’à valoir sur droits d’auteur et 38 000 € de salaire de technicien. Il avait écrit le scénario avec Nathalie Hertzberg pour 126 000 €. Les rôles principaux avaient reçu 47 000 €.
Le producteur était Les Films du Worso. Le film avait reçu 570 000 € d’avance sur recettes. Ad Vitam était déjà distributeur. Le film avait rassemblé 335 000 spectateurs.
www.Cinefinances.info est un site, accessible par abonnement, destiné aux professionnels du cinéma. Il publie budget, le plan de financement et la répartition des recettes prévisionnels de tous les films français qui sortent (hors les films « sauvages » qui ne déposent pas leurs contrats au registre public et ne demandent donc pas l’agrément qui leur permettrait d’accéder à l’aide du CNC). Il s’agit des chiffres de l’agrément d’investissement sur la base duquel le producteur a monté son financement. Il dispose d’archives des films sortis depuis 2010 et d’un puissant moteur de recherche, avec de multiples critères.
PROVOST RÉALISE UN BIOPIC HABITÉ
Cinéscoop15 ans après son superbe « Séraphine », https://fr.wikipedia.org/wiki/Séraphine_(film), sur la peintre Séraphine de Senlis, Martin Provost https://fr.wikipedia.org/wiki/Martin_Provost aborde de nouveau la peinture, en racontant la vie de Pierre Bonnard et de son épouse et modèle, dans « Bonnard, Pierre et Marthe ». Rappelons que Séraphine avait dépassé 850 000 entrées.
Ciné.info* a fourni les données financières de cet article.
Il s’agit d’une coproduction entre la France (91%), la Belgique (5%), et la Suisse (4%)
C’est un film dont le budget prévisionnel est de 7,3 millions €, soit 40% de plus que le budget moyen des films de fiction français sortis en 2023. https://siritz.com/financine/le-budget-des-films-de-fiction-explose/
Pour la préparation, 42 jours de tournage et la post-production la rémunération du réalisateur est de 120 000 €, répartie en part égale entre à valoir sur droits d’auteur et salaire de technicien. C’est la rémunération moyenne d’un réalisateur de film de fiction en 2023. https://siritz.com/financine/realisateurs-les-ecrats-de-realisation-saccroissent/
Il a écrit le scénario tout seul pour 185 000 €. C’est 10% de moins que le budget moyen des scénarios. Les rôles principaux ont reçu 210 000 €, soit la moyenne de ce qu’ils ont reçu en 2023.
Les Films du Kiosque (Denis Pineau-Valencienne et François Kraus) est producteur délégué. France 3 est coproducteur. 11 soficas dont 2 garanties y ont investi. La région Ile de France, la région Paca, la Ville de Toulon et le Département de l’Eure ont apporté leur soutien. Memento Films Distribution a donné un minimum garanti pour les mandats de distribution salle, et international.
En Belgique Umedia (Adrian Politowski) est producteur et a bénéficié du Tax shelter.Imagine Films a donné un minimum garanti pour la distribution. Le coproducteur suisse est Volapuk.
Le précédent film de Martin Provost était « La Bonne Épouse », sorti le 26 juin 2020 https://fr.wikipedia.org/wiki/La_Bonne_Épouse_(film). Pour la préparation, 39 jours de tournage et la post-production la rémunération du réalisateur était de 130 000 €, répartie en part égale entre à valoir sur droits d’auteur et salaire de technicien. Il avait écrit le scénario avec Sereine Werba pour 175. 000 €.
Le producteur était déjà Les films du Kiosque. https://fr.wikipedia.org/wiki/La_Bonne_Épouse_(film) et le distributeur Memento Films. Le film avait rassemblé 632 000 spectateurs.
www.Cinefinances.info est un site, accessible par abonnement, destiné aux professionnels du cinéma. Il publie budget, le plan de financement et la répartition des recettes prévisionnels de tous les films français qui sortent (hors les films « sauvages » qui ne déposent pas leurs contrats au registre public et ne demandent donc pas l’agrément qui leur permettrait d’accéder à l’aide du CNC). Il s’agit des chiffres de l’agrément d’investissement sur la base duquel le producteur a monté son financement. Il dispose d’archives des films sortis depuis 2010 et d’un puissant moteur de recherche, avec de multiples critères.
BUDGET DU SCÉNARIO- RÉMUNÉRATION DU RÉALISATEUR
FinanCinéNous avons vu qu’en 2023 le budget des films de fiction a explosé par rapport à 2022. https://siritz.com/financine/le-budget-des-films-de-fiction-explose/
Ciné.info* a fourni les données financières de cet article.
En ce qui concerne la rémunération des réalisateurs les écarts se sont accrus, la rémunération la plus élevée explosant, la rémunération médiane reculant et la rémunération moyenne, du fait de ces évolutions en sens inverse, restant stable. https://siritz.com/financine/realisateurs-les-ecrats-de-realisation-saccroissent/
Qu’en est-il du budget des scénarios des films ?
Le budget le plus élevé a explosé. Les deux années l’essentiel de ce budget est consacré à l’achat des droits d’adaptation. En 2023 il s’agit d’une nouvelle adaptation d’Astérix et Obélix. https://siritz.com/cinescoop/la-remuneration-de-guillaume-canet-2/ Le scénario proprement dit n’est payé de 253 000 €. En 2022 il s’agit d’une adaptation d’un film de Francis Veber, « Le jouet ». https://fr.wikipedia.org/wiki/Le_Jouet .L’essentiel du budget a été payé à Francis Veber pour le rachat de ses droits.
Le budget moyen du scénario a, lui aussi, fortement progressé, augmentant de 18%. C’est en fait, largement dû au poids du budget de « Astérix& Obélix ». Car le budget médian est stable, régressant même légèrement.
En 2023 il y a 9 films dont le budget du scénario est de 500 000 € ou plus alors qu’en 2022 il y en avait 10 dont le budget du scénario dépassait 578 000 €. https://siritz.com/financine/le-barometre-des-scenarios-en-2022/
En 2023, pour les films à budget élevé, le budget du scénario est en général plus élevé que la rémunération du réalisateur. C’est, comme on l’a vu, en partie dû au poids de l’acquisition des droits d’adaptation. C’est ainsi que le budget moyen du scénario est supérieur de 48% à la rémunération moyenne du réalisateur.
En revanche, ce n’est pas le cas pour les films à budget moyen ou peu élevé. C’est ainsi que la rémunération médiane du réalisateur est supérieure de 42% au budget moyen du scénario.
www.Cinefinances.info est un site, accessible par abonnement, destiné aux professionnels du cinéma. Il publie budget, le plan de financement et la répartition des recettes prévisionnels de tous les films français qui sortent (hors les films « sauvages » qui ne déposent pas leurs contrats au registre public et ne demandent donc pas l’agrément qui leur permettrait d’accéder à l’aide du CNC). Il s’agit des chiffres de l’agrément d’investissement sur la base duquel le producteur a monté son financement. Il dispose d’archives des films sortis depuis 2010 et d’un puissant moteur de recherche, avec de multiples critères.