Le monde, à commencer par le monde de la culture, de l’audiovisuel et du cinéma, est en train de changer à la vitesse grand V. Une vitesse qui ne fait que n’accélérer et bouleverser tous les modèles économiques.  De nombreux créateurs s’en rendent compte et à juste titre, veulent agir.

Ainsi, la semaine dernière, 206 réalisatrices, réalisateurs et scénaristes ont signé une lettre ouverte pour encourager la création d’une plate-forme dédiée aux œuvres de télévision. Ils rappellent que depuis 2016 un accord interprofessionnel à été instauré pour obliger les producteurs à fournir leurs meilleurs efforts pour favoriser les diffusion de ces milliers d’oeuvre. Mais ils regrettent que les moyens matériels pour remplir cette obligation aujourd’hui.

La leçon  de Kaizen

Ce n’est pas tout à fait exact parce que L’INA a créé le site Madelen qui permet de regarder gratuitement 7 366 contenus, dont 1048 fictions et 298 épisodes de fiction. Ces diffusions sont financées par un abonnement de 2,99€ par mois. Mais elles sont consultables surtout sur ordinateur, tablette ou téléphone et quelques téléviseurs Samsung. Et il ne s’agit que d’œuvres dont l’INA a hérité des droits.

Bien évidemment, ces chiffres sont dérisoires comparés à ceux de Youtube qui est, du point de vue de la diffusion, de loin, la première chaîne en France et dans le monde (un milliard d’heures vidéos diffusées par jour dans le monde). Les programmes « vus » sont financés par de la publicité : en moyenne 18 € par 1 000 « vus », dont 68 % sont reversės au producteur ou à la chaîne. Ainsi ces derniers reçoivent entre 3 et 5 € pour 1000 « vus ». Rappelez-vous que le documentaire Kaizen a réalisé 22 millions de vus sur You tube. https://siritz.com/editorial/les-lecons-du-triomphe-de-kaizen/Donc le producteur de Kaizen a reçu entre 66 000 € et 110 000 € de Youtube.

Or, 2 jours avant le démarrage sur Youtube,  il avait ėté organisé 800 séances payantes  dans des salles de cinéma française, car voir l’ascension de l’Everest sur un grand écran au cinéma, même en payant, est autre chose que le voir même gratuitement chez soi sur son ordinateur ou téléviseur. Et ces séances avaient générées 310 000 entrées. Au prix moyen du billet, le distributeur avait donc dû facturer aux salles de cinéma aux   alentours d’un millions d’entrées…

Les enjeux de l’avenir

On voit que les médias traditionnels (cinéma et télévision) offrent encore des rentabilités sans commune mesure avec internet.Mais, compte tenu de la puissance de Youtube, il est certain qu’il sera très bientôt possible de regarder la plateforme sur tous les téléviseurs. Ce sera évidemment une énorme concurrence pour les chaînes. Mais aussi la possibilité pour les producteurs de diffuser directement leur production ou d’utiliser Youtube et les réseaux sociaux pour la promotion de leurs œuvres auprès des média traditionnels que sont la télévision et le cinéma. La qualification de chaîne TNT perdra de sa signification puisque n’importe qui pourra accéder à votre écran de télévision. L’Arcom va devoir élargir sa réglementation à tous les diffuseurs qui accèdent à votre téléviseur et le CNC leur ėtendre la taxe sur les services de télévision, actuellement payée seulement par les chaînes.

Les auteurs de fiction de télévision ont donc bien perçu en quoi ces enjeux sont en train de bouleverser le secteur audiovisuel. Mais les européens sont loin de posséder des plateformes qui soient autre chose que des nains  par rapport au géants américains.

Dans le premier long métrage de Frédéric et Valentin Potier, « Les prodigieuses » https://fr.wikipedia.org/wiki/Prodigieuses_(film) deux jumelles vont devoir être prodigieuses pour réaliser leur rêve.

Cinéfinances.info* a fourni les données financières de cet article.

FRÉDÉRIC POTIER

VALENTIN POTIER

Le budget prévisionnel de ce film est 6 millions €, ce qui est 20% de plus que le budget prévisionnel moyen des films français de fiction sortis depuis le début de l’année. https://siritz.com/financine/2024-reduction-des-budgets-previsionnels/Pour la préparation, 39 jours de tournage et la post-production la rémunération des réalisateurs est de 48 000 € d’à valoir sur droits d’auteur, soit un peu plus de la moitié de la rémunération médiane des réalisateurs. https://siritz.com/editorial/remuneration-du-realisateur-en-du-budget/Ils ont écrit le scénario pour 91 0000 € ce qui est légèrement au-dessus du budget médian des scénarios. https://siritz.com/financine/impressionnante-chute-du-budget-des-scenarios/ En revanche la rémunération des rôles principaux est de 501 000 €, soit 2,4 fois la rémunération moyenne des rôles principaux dans les films de fiction français sortis depuis le début de l’année. https://siritz.com/financine/remuneration-des-roles-principaux-2024-2023/

Les producteurs délégués sont Jéricho Films (Éric Jehelmann) et One world films (Marc du Pontavice). Apollo, Orange studio et France 3 cinéma sont coproducteurs. Deux soficas garanties par les producteurs délégués y ont investi. Canal+ (+ catch up), Ciné+ et France 3 l’ont préacheté. Apollo et Orange studio ont donné un minimum garanti pour tous les tous mandats de distribution. Le producteur belge Beside Productions est coproducteur.

A noté que Jérico Films a produit « Les chèvres », sorti cette année, dont le budget prévisionnel est 19 millions € et qui avait rassemblé 183 000 spectateurs. https://siritz.com/cinescoop/une-comedie-de-cayave-au-moyen-age/

One world film a produit “Pendant ce temps sur terre », également sorti cette année et dont le budget prévisionnel est 5,6 millions €. Il n’avait rassemblé que 14 000 spectateurs. https://siritz.com/cinescoop/rencontre-dun-nouveau-type/

*www.Cinefinances.info est un site, accessible par abonnement, destiné aux professionnels du cinéma.  Il publie le budget, le plan de financement et la répartition des recettes de tous les films français qui sortent (hors les films « sauvages » qui ne déposent pas leurs contrats au registre public et ne demandent donc pas l’agrément qui leur permettrait d’accéder à l’aide du CNC). Il dispose d’un puissant moteur de recherche multicritères et de 10 ans d’archives.

Le 4ème long métrage réalisé par  Jennifer Devoldère https://fr.wikipedia.org/wiki/Jennifer_Devoldère#:~:text=Jennifer%20Devoldère%20est%20une%20réalisatrice,de%20l’acteur%20Bruno%20Devoldère, « Le Panache » https://fr.wikipedia.org/wiki/Le_Panache On y suit un jeune élève passer de l’enfance au monde des adultes.

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Jennifer Devoldère

Son budget prévisionnel est 6,4 millions €, soit 20% de plus que le budget prévisionnel moyen des films de fiction français sortis depuis le début de l’année. https://siritz.com/financine/2024-reduction-des-budgets-previsionnels/Pour la préparation, 37 jours de tournage et la post-production la rémunération de la réalisatrice est de 180 000 €, répartie en part égale entre à valoir sur droits d’auteur et salaire de technicien, ce qui est 50% de plus que la rémunération moyenne des réalisateurs. https://siritz.com/editorial/remuneration-du-realisateur-en-du-budget/ Il s’agit d’une adaptation de la pièce Dans la Peau de Cyrano de Nicolas Devort. La réalisatrice a écrit le scénario avec Cécile Sellam. Le tout revient à un budget de 206 000 €, soit  trois quarts de plus que le budget moyen des scénarios. https://siritz.com/financine/impressionnante-chute-du-budget-des-scenarios/Les rôles principaux ont reçu 520 000 €, soit soit deux fois et demi leur rémunération moyenne. https://siritz.com/financine/remuneration-des-roles-principaux-2024-2023/

Les producteurs délégués sont Vertigo Films ( Farid Lahoussa, Aïssa D’abri et Denis Penot) et SND. M6 films est coproducteur. Le film a bénéficié du soutien de la Région Auvergne-Rhône-Alpe. Il a été préacheté par Canal+ (catch up, suisse, international), Ciné+ et M6. SND a donné un minimum garanti pour tous les mandats.

Le précédent film réalisé par Jennifer Devoldère était « Sage-Homme », sorti en 2003. Son budget prévisionnel était de 4,6 millions € et il avait la même co-scénariste. Karé production  producteur délégué et Warner Bros distributeur. Il avait rassemblé 628 000 spectateurs. https://siritz.com/cinescoop/la-remuneration-de-jennifer-devoldere/soit

*www.Cinefinances.info est un site, accessible par abonnement, destiné aux professionnels du cinéma.  Il publie le budget, le plan de financement et la répartition des recettes de tous les films français qui sortent (hors les films « sauvages » qui ne déposent pas leurs contrats au registre public et ne demandent donc pas l’agrément qui leur permettrait d’accéder à l’aide du CNC). Il dispose d’un puissant moteur de recherche multicritères et de 10 ans d’archives.

Le 9ème long métrage pour le cinéma de Michel Hazanavicius https://fr.wikipedia.org/wiki/Michel_Hazanavicius « La plus précieuse des marchandises » https://fr.wikipedia.org/wiki/La_Plus_Précieuse_des_marchandises_(film) est un film d’animation où on voit un couple chercher la lumière au milieu de l’horreur.

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Michel Hazanavicius

Le budget prévisionnel de cette coproduction entre la France (89%) et la Belgique (11%) est 12,4 millions €, soit 2,4 fois le budget prévisionnel moyen des films français de fiction sortis depuis le début de l’année. https://siritz.com/financine/2024-reduction-des-budgets-previsionnels/ Pour la préparation, le tournage et la post-production la rémunération du réalisateur est de 245 000 €, dont 121 000 € d’à valoir sur droits d’auteur et 124 000 € de salaire de technicien, soit plus du double de la rémunération moyenne des réalisateurs des films de fiction. https://siritz.com/editorial/remuneration-du-realisateur-en-du-budget/Il s’agit d’une adaptation du roman éponyme de Jean-Claude Grunberg, dont les droits ont été achetés 80 000 €. Le scénario a été écrit par Michel Hazanavicius et Jean-Claude Grunberg pour 400 000 €, Michel Hazanavicius réalisant les dessins. Le budget du scénario est donc 3,3 fois le budget moyen des scénarios des films de fiction.

Les producteurs délégués sont Agat Films-Ex Nihilo (Patrick Sobelman, Marie Balducci, Nicolas Blanc et Marc Bordure) et Les Compagnons du cinéma (Michel Hazanavicius). StudioCanal et France 3 cinéma sont coproducteurs. Le film a bénéficié de 250 000 € d’avance sur recettes. Il a bénéficié de l’aide d’Eurimages ainsi que de l’aide aux Créations visuelles et sonores et de l’aide au développement du CNC. 8 soficas non garanties y ont investi. Le film a été préacheté par Canal+, Ciné+ et France 3. La Fondation pour la Shoa et la Fondation Claims lui ont apporté leur soutien. StudioCanal a donné un minimum garanti pour tous les mandats de distribution.

Le coproducteur belge est Les Films du Fleuve (Luc et Jean-Pierre Dardenne) qui a bénéficié du tax shelter. Il a bénéficié de l’aide de la Fédération Wallonie Bruxelles, de Wallimage et d’Eurimages. La RTBF et Be TV l’ont préacheté. StudioCanal a donné un  minimum garanti pour la distribution en Belgique.

Le précédent film de Michel Hazanavicius était « Coupez ! » sorti en 2022. https://siritz.com/cinescoop/remuneration-de-michel-hazanavicius/

Son budget était de 4,8 millions €. Il était produit par Brahim Chioua (Getaway films) et Michel Hazanavicius ( La classe américaine). La rémunération du réalisateur était 126 000 €. Pan Européenne était le distributeur sans minimum garanti. Le film avait rassemblé 300 000 spectateurs.

*www.Cinefinances.info est un site, accessible par abonnement, destiné aux professionnels du cinéma.  Il publie le budget, le plan de financement et la répartition des recettes de tous les films français qui sortent (hors les films « sauvages » qui ne déposent pas leurs contrats au registre public et ne demandent donc pas l’agrément qui leur permettrait d’accéder à l’aide du CNC). Il dispose d’un puissant moteur de recherche multicritères et de 10 ans d’archives.

Pour son 9ème long métrage, « La vallée des fous » https://fr.wikipedia.org/wiki/La_Vallée_des_fous, le réalisateur Xavier Beauvois https://fr.wikipedia.org/wiki/Xavier_Beauvois, nous fait embarquer pour un Vendée Globe de légende.

Cinéfinances.info* a fourni les données financières de cet article.

Xavier Beauvois

Son budget prévisionnel est 6,6 millions €, soit un quart de plus que le budget moyen des films français de fiction sortis depuis le début de l’année. https://siritz.com/financine/2024-reduction-des-budgets-previsionnels/Pour la préparation, 37 jours de tournage et la post-production la rémunération du réalisateur est de 200 000 €, dont 119 000 € d’à valoir sur droits d’auteur et 81 000 € de salaire de technicien, ce qui correspond à trois quarts de plus que la rémunération moyenne des réalisateurs. https://siritz.com/editorial/remuneration-du-realisateur-en-du-budget/Il a écrit le scénario avec Marie-Julie Maille et Giacchino Camapanell pour 233 000 €, soit 60% de plus que le budget moyen des scénarios. https://siritz.com/financine/impressionnante-chute-du-budget-des-scenarios/Les rôles principaux ont reçu 420 000 €, soit le double de ce qu’ils ont reçu en moyenne. https://siritz.com/financine/remuneration-des-roles-principaux-2024-2023/

Le film est produit par Les Films du Worso (Sylvie Pialat). Les Films du Monsieur, Pathé et France 3 cinéma l’ont coproduit. Le CNC a accordé une aide sélective. Une sofica garantie par Pathé et 5 soficas non garanties y ont investi. Canal+, Ciné+ et France 3 y ont investi. Pathé a donné un minimum garanti pour tous les mandats de distribution.

Le précédent film réalisé par Xavier Beauvois était « Albatros », sorti  en 2021 https://siritz.com/cinescoop/la-remuneration-de-xavier-beauvois-2/. Son budget était de 6 millions €. Les Films du Worso était déjà son producteur et la distribution était assuré par Pathé et Orange Studio. La rémunération du réalisateur était 200 000 € et il avait écrit le scénario avec Frédéric Moreau et Marie-Julie Maille pour 258 000 €. Le film avait rassemblé 94 000 spectateurs.

*www.Cinefinances.info est un site, accessible par abonnement, destiné aux professionnels du cinéma.  Il publie le budget, le plan de financement et la répartition des recettes de tous les films français qui sortent (hors les films « sauvages » qui ne déposent pas leurs contrats au registre public et ne demandent donc pas l’agrément qui leur permettrait d’accéder à l’aide du CNC). Il dispose d’un puissant moteur de recherche multicritères et de 10 ans d’archives.

L’éditorial de la semaine dernière, intitulé « Déjà en retard d’un guerre » était un cri d’alerte pour nous mobiliser contre la menace que représente les réseaux sociaux et l’IA contre notre audiovisuel et notre cinéma comme contre notre démocratie.  https://siritz.com/editorial/deja-en-retard-dune-guerre/ Mais la vérité c’est que la prise de conscience du véritable défi qu’ils représentent  existe parmi plusieurs responsables de ce secteurs.

A commencer par le président-en fin de mandat- de l’Arcom, Roch-Olivier Maistre. Dans un article du Figaro du mardi 12 novembre, il rappelle « la Digital Service Act de l’Union européenne qui vise à limiter les effets nocifs des grandes plateformes sociales en rehaussant leur niveau de responsabilité. » Mais il reconnaît que «  nous ne sommes qu’au début de l’histoire de la régulation du numérique comparée aux 40 ans de régulation de l’audiovisuel». L’Arcom est l’un des 27 coordinateurs nationaux qui travaillent étroitement avec la Commission européenne pour faire respecter la DSA. Son président affirme : « le temps de l’impunité est passé…. Il y a eu ces deux dernières années de nombreuses décisions de justice et des condamnations. » Durant son mandat une « équipe de France de la régulation du numérique s’est mise en place. » Sur les 380 salariés de l’Arcom, 18 travaillent pour la nouvelle direction des plateformes en ligne. Mais il faudra renforcer leur action sur les réseaux sociaux. Et de conclure : « Je ne doute pas que ces dossiers seront en haut de la pile pour mon ou ma successeur ».
Autre sujet de satisfaction, le lancement le 13 Novembre de LaFA (la filière audiovisuelle), par les trois principaux groupes de télévision (TF1, M6, France télévisions), les trois principales organisations de producteurs (Uspa, AnimFrance et le SPI) et les sociétés d’auteur et d’artistes interprètes (la Scam, la SACD, le Sacem et l’ADAMI). Elle est présudée par le PDG de TF1 Rodolphe Belmer.
Ce dernier note : »Des mouvements tectoniques qui transforment notre système sont à l’oeuvre…. La distribution de programmes par internet entraine la globalisation de notre secteur d’activité ; le développement de nouveaux formats vidéo voit prospérer de nouveaux hébergeurs qui se soustraient à la réglementation ; l’essor de l’IA montre sa capacité de destruction de la chaine de création…. Ce sont ces mouvements puissants qui peuvent fragiliser les murs porteurs de notre filière et sont suffisamment puissants pour qu’on se mobilise collectivement pour les sécuriser et en défendre les grands enjeux. »
Pour l’instant le groupe Canal et Radio France n’ont pas manifesté d’intérêt pour cette association. Mais Arte et la Spect devrait la rejoindre très prochainement. Ainsi la profession audiovisuelle et du cinéma est mobilisée et devrait, avec l’Arcom et le CNC, oeuvrer pour qu’Elon Musk et les États-Unis ne réussissent à démanteler le dispositif de régulation que Thierry Breton avait réussi à mettre en place au niveau européen. Le fait qu’il ait pas été renouvelé comme commissaire européen prouve qu’ils ont déjà des alliés au coeur de l’Europe.

Mais l’Europe ne peut se contenter de réguler. Elle doit trouver un moyen d’être un acteur majeur de ces évolutions qui sont en train de changer le monde. Être un acteur : pas uniquement réguler.

Pour son deuxième film, « En Tongs au pied de l’Himalaya » https://fr.wikipedia.org/wiki/En_tongs_au_pied_de_l%27Himalaya, John Waxxx le réalise seul. https://www.allocine.fr/personne/fichepersonne_gen_cpersonne=580503.html Une mère de famille soulève des montagnes

Cinéfinances.info* a fourni les données financières de cet article.

John Waxxx

Son budget prévisionnel est 4,3 millions €, soit 80% du budget prévisionnel moyen des films français sortis depuis le début de l’année. 4https://siritz.com/financine/2024-reduction-des-budgets-previsionnels/  Pour la préparation, 48 jours de tournage et la post-production la rémunération du réalisateur est de 107 000 €, répartie en part égale entre à valoir sur droits d’auteur et salaire de technicien. C’est un peu moins que le rémunération moyenne des réalisateurs. https://siritz.com/editorial/remuneration-du-realisateur-en-du-budget/ C’est une adaptation du spectacle solo de Marie-Louise Weiss. Il a écrit le scénario avec elle et Gauthier Plancquaert pour 146 000 €, ce qui correspond au budget moyen des scénarios. https://siritz.com/financine/impressionnante-chute-du-budget-des-scenarios/ Les rôles principaux ont reçu 370 000 €, soit trois quart de plus que leur rémunération moyenne. https://siritz.com/financine/remuneration-des-roles-principaux-2024-2023/

Le film est produit par Cinéfrance studio. Le Pacte et TF1 Films productions sont coproducteurs. Il a bénéficié d’une aide remboursable de la région Ile de France. La sofica Sofitvciné y a investi. Canal+, Ciné+, TF1, TMC et C8 l’ont pré-acheté. Le Pacte a donné un minimum garanti pour tous les mandats de distribution. Panache est coproducteur en Belgique et finance son apport par un tax shelter.

John Waxxx a réalisé son premier film « Tout simplement noir », sorti en 2021, avec Jean-Pascal Zadi. https://siritz.com/cinescoop/pour-tout-simplement-noir/Il était produit et distribué par Gaumont. Son budget prévisionnel était de 3,4 millions € et la rémunération des deux réalisateurs était 110 000 €. Le film avait rassemblé  762 000 spectateurs.

*www.Cinefinances.info est un site, accessible par abonnement, destiné aux professionnels du cinéma.  Il publie le budget, le plan de financement et la répartition des recettes de tous les films français qui sortent (hors les films « sauvages » qui ne déposent pas leurs contrats au registre public et ne demandent donc pas l’agrément qui leur permettrait d’accéder à l’aide du CNC). Il dispose d’un puissant moteur de recherche multicritères et de 10 ans d’archives.

Le premier film réalisé par Julien Colonna https://www.allocine.fr/personne/fichepersonne-763308/filmographie/est « Le Royaume » https://france3-regions.francetvinfo.fr/corse/corse-du-sud/julien-colonna-a-cannes-l-idee-de-mon-film-le-royaume-c-est-de-depeindre-une-relation-entre-un-pere-et-sa-fille-dans-un-monde-ou-tout-meurt-2972708.htmlIl se passe entièrement en Corse et illustre de l’extinction programmée et inévitable de la voyoucratie.

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JULIEN COLONNA

Son budget prévisionnel est 4 millions €, soit trois quarts du budget prévisionnel moyen des films de fiction sortis depuis le début de l’année. https://siritz.com/financine/2024-reduction-des-budgets-previsionnels/ Pour la préparation, 38 jours de tournage et la post-production la rémunération du réalisateur est de 90 000 €, répartie en part égale entre à valoir sur droits d’auteur et salaire de technicien. Ce qui correspond à trois quarts de la rémunération moyenne des réalisateurs.  https://siritz.com/editorial/remuneration-du-realisateur-en-du-budget/ Il a écrit le scénario avec Jeanne Herry pour 120 000 €, soit 80% du budget moyen des scénarios. https://siritz.com/financine/impressionnante-chute-du-budget-des-scenarios/ Les rôles principaux ont reçu 30 000 €, soit le tiers de leur rémunération médiane. https://siritz.com/financine/remuneration-des-roles-principaux-2024-2023/

Le film est produit par CHI-FOU-MI productions (Hugo Selignac). Une sofica y a investi et la Région Corse lui a apporté son soutien. Canal+ et Netflix l’ont préacheté. Ad Vitam a donné un minimum garanti pour tous les mandats de distribution.

A noter que CHI-FOU-MI productions est le coproducteur délégué de « L’amour ouf » qui ayant réalisé plus de 3 millions entrées en trois semaines est un des plus gros succès français de l’année. https://siritz.com/cinescoop/blockbuster-romantique-et-violent-francais/

Ad Vitam avait distribué « Pourquoi tu souris », sortis en juillet dernier et qui a rassemblé 104 000 spectateurs.

*www.Cinefinances.info est un site, accessible par abonnement, destiné aux professionnels du cinéma.  Il publie le budget, le plan de financement et la répartition des recettes de tous les films français qui sortent (hors les films « sauvages » qui ne déposent pas leurs contrats au registre public et ne demandent donc pas l’agrément qui leur permettrait d’accéder à l’aide du CNC). Il dispose d’un puissant moteur de recherche multicritères et de 10 ans d’archives.

À 87 ans Claude Lelouch https://fr.wikipedia.org/wiki/Claude_Lelouchréalise son 51ème film avec « Finalement https://fr.wikipedia.org/wiki/Finalement#:~:text=Finalement%20est%20un%20film%20français,Lelouch%20et%20sorti%20en%202024.&text=Pour%20plus%20de%20détails%2C%20voir,la%20Mostra%20de%20Venise%202024 C’est un road movie musical et optimiste.

Cinéfinances.info* a fourni les données financières de cet article.

Claude Lelouch

Son budget prévisionnel est 8,7 millions €, soit deux tiers de plus que le budget prévisionnel moyen des films français sortis depuis le début de l’année. https://siritz.com/financine/2024-reduction-des-budgets-previsionnels/Pour la préparation, 43 jours de tournage et la post-production la rémunération du réalisateur est de 260 000 €, dont 230 000 € d’à valoir sur droits d’auteur et 30 000 € de salaire de technicien, soit 2,2 fois la rémunération moyenne des réalisateurs. https://siritz.com/editorial/remuneration-du-realisateur-en-du-budget/Il a écrit le scénario pour 230 000 €, ce qui correspond à 1,8 fois le budget moyen des scénarios https://siritz.com/financine/impressionnante-chute-du-budget-des-scenarios/.Les rôles principaux ont reçu 600 000 €, soit près de trois fois ce qu’ils ont reçu en moyenne. https://siritz.com/financine/remuneration-des-roles-principaux-2024-2023/

Le Film a été produit par Les Films 13 (Claude Lelouch). LDRPII (Laurent Dassault), Thierry Schneider et France 2 cinéma sont coproducteurs. Canal+ et France 2 l’ont préacheté. Metropolitant Film Export a donné un minimum garanti pour tous les mandats de distribution.

Le précédent film de Claude Lelouch était « L’amour c’est mieux que la vie », sorti en 2021. Sa rémunération était de 725 000 € et il avait écrit le scénario pour 330 000 €.  Son budget prévisionnel était 8,7 millions €. https://siritz.com/cinescoop/la-remuneration-de-claude-lelouch/Le film était déjà produit par Les Films 13 etdistribué par Metropolitan Film Export. Aucune chaîne ne l’avait pré-acheté. Il avait rassemblé 190 000 spectateurs.

*www.Cinefinances.info est un site, accessible par abonnement, destiné aux professionnels du cinéma.  Il publie le budget, le plan de financement et la répartition des recettes de tous les films français qui sortent (hors les films « sauvages » qui ne déposent pas leurs contrats au registre public et ne demandent donc pas l’agrément qui leur permettrait d’accéder à l’aide du CNC). Il dispose d’un puissant moteur de recherche multicritères et de 10 ans d’archives.

Analysant les résultats des élections américaines lors du dernier sommet européen, le président Macron a rappelé à ses collègues que, dans un monde composé d’herbivores et de carnivores, mieux vaut être un carnivore qu’un herbivore. Un de ses collègues lui a répondu que le plus puissant animal de la terre, qu’aucun carnivore n’ose attaquer, est un herbivore : l’éléphant. Une remarque qui signifiait à l’évidence que la survie des pays européen dépendait de leur volonté de faire de l’Europe la première puissance économique, politique et militaire du monde. Or, on peut ajouter que cette volonté se manifestera dans leur capacité à être une véritable puissance dans le monde audiovisuelle et cinématographique.
En effet, si les États-Unis ont toujours réussi à être la première puissance du monde dans ces trois domaines, c’est qu’ils ont toujours eu celle d’être la première puissance du monde dans ce dernier secteur. Ainsi, en 1948, ils ont conditionné le Plan Marshall d’aide économique à la reconstruction de l’Europe aux accords Blum-Byrnes, obligeant les pays bénéficiaires à la libre diffusion des films américains qui allaient répandre la vision américaine du monde aux populations européennes.
Les pays européens ont rėagi en soutenant leur cinéma. La France l’a fait avec la stratégie la plus performante, car elle consistait à soutenir non seulement la production des films français, mais aussi la diffusion de ces films en soutenant les distributeurs et les exploitants français. Cette stratégie a ensuite été adoptée pour la télévision. Puis l’Europe a soutenu les coproductions européennes dans le cinéma et l’a télévision, pour contribuer à créer une culture européenne.
Mais les chaînes de télévisions sont nationales. Or, elles sont désormais en concurrence avec des plateformes à diffusion internationale, qui  ont toutes leur siège aux États-Unis. Face à elles, les télévisions et le cinéma européens, comme toutes les chaînes de télévision américaines et même le cinéma américain sont des nains. Et ces plateformes sont des nains comparées aux réseaux sociaux qui, eux aussi sont tous implantés aux États-Unis. Et le propriétaire de l’un des plus puissants d’entre eux, Elon Musk, principal soutien de Donald Trump, ne voit rien de mal à ce que les algorithmes de X favorisent les mensonges, la haine et la violence puisque c’est ce qui assure la plus forte audience de son réseau.E.t, en fait, sans le reconnaître aussi clairement, les autres réseaux sociaux ont la même philosophie
La France est sans doute le pays européen le plus conscient de ce défi, comme le prouve le rapport commandé par le CNC sur « Les équilibres de l’industrie audiovisuelle et cinématographique à l’heure des grandes plateformes de vidéo à la demande ». Mais ce rapport est déjà en retard d’une guerre puisqu’il ne parle pas des réseaux sociaux et qu’il ne fait pas allusion à You tube qui se présente déjà comme la première chaîne de Tv de France.
Certes, pour l’instant ces réseaux sociaux ne produisent pas des œuvres. Mais s’ils asphyxient tous ceux qui en diffusent, ils deviendront bientôt les maîtres de la création comme ils sont en train de devenir les maîtres de l’information.
Si nous acceptons de reconnaitre cette réalité, restera ensuite à convaincre nos partenaires européens qu’ils ne seront plus que de petits herbivores dans un monde de carnivores s’ils ne savent pas gagner cette bataille des médias. Or, la plupart d’entre eux se contentent d’aider au mieux la fabrication d’œuvres sur leur territoire, sans même se préoccuper de savoir qui les initie, ni surtout, qui les possède et en contrôle la diffusion. Quant aux réseaux sociaux ils les assimilent à des conversations téléphoniques qui, pour des démocrates, doivent rester libres. Réveillons-nous. Et faisons de l’Europe un éléphant dans ce monde de carnivore.