L’intelligence artificielle va sans aucun doute bouleverser notre cinéma et notre audiovisuel.https://siritz.com/editorial/une-demonstration-a-glacer-le-sang/ C’est pour cette raison que le cinéma et l’audiovisuel américains ont connus deux des plus grandes grèves de leur histoire. Celle des auteurs et celle, qui dure toujours, des comédiens.
Dans cette optique un groupe de travail passionnant et très instructif a eu lieu mardi dernier au barreau de Paris. Son objet précis était « Quand l’intelligence artificielle défie les artistes-interprètes. » Il était organisé par maitre Gérald de Bigle (grand spécialiste du droit d’auteur), sous l’égide de la Commission ouverte Innovation Numérique et Audiovisuel ainsi que de la Commission ouverte Propriété Intellectuelle du barreau de Paris.
Y participaient des avocats, mais aussi des producteurs, des agents d’artistes, l’américain Jimmy Schuman, représentant du Syndicats des artistes, et Alexandra Bensamoun, professeur de droit récemment nommée par la Première ministre au sein du Comité interministériel de l’intelligence artificielle. Cette dernière a d’ailleurs rappelé que l’impact de l’IA sur l’audiovisuel était un enjeu très important pour le gouvernement parce que ce secteur représentait 4% du PNB.
Un format Français acheté par Warner
Première révélation de cette réunion : on a l’habitude de dire que, en matière de nouvelles technologies, l’Europe réglemente mais que ce sont les États-Unis qui innovent et exploitent ces nouvelles technologies. Or, d’emblée le producteur et animateur Thierry Ardisson nous a démontré que c’était faux. En effet, il y quelques années, il a eu l’idée de réaliser une émission de télévision d’une heure-et-demi, où il interviewait un comédien décédé, racontant sa vie et donnant l’occasion d’utiliser des images d’archives. Cette émission, « L’heure du temps » a été commandée par France 3. Deux-l’une sur Dalida, l’autre sur Coluche-ont été déjà été diffusées en deuxième partie de soirée. Une troisième porte sur Gabin. Fait remarquable : Warner a acheté le format et que l’émission a été nominée aux Emmy Awards.

THIERRY ARDISSON
A cette occasion Ardisson a rappelé qu’il n’y a pas de droit à l’image sur les personnes décédées (arrêt de la Cour de Cassation du 15 février 2005) . Néanmoins, pour ses trois émissions il a informé les héritiers de son projet et a recueilli leurs avis sur le contenu.
L’intelligence artificielle a été confiée à Mac Guff, le spécialiste Français des effets spéciaux. Au départ il n’était pas intéressé. Aujourd’hui, c’est l’un des principaux spécialistes mondiaux de l’utilisation de cette technologie. Il s’agit, à partir des multiples images d’archives du comédien, de les introduire dans une machine qui va faire du « deep learning » et reconstituer un visage du comédien et toutes ses expressions pour le coller à la place de celui du comédien qui va l’interpréter. Ce dernier doit avoir la corpulence et la silhouette de celui qu’il interprète. Tout ce qu’on va lui faire dire aura été dit par le comédien imité et il ne parlera pas d’évènement survenus après sa mort.
Ardisson insiste sur le fait que le plus difficile est de bien reproduire la gestuelle propre au comédien. Important aussi la reproduction de la voix. Elle a été confiée à une autre prestataire : L’IRCAM du Centre Georges Pompidou qui a développé la technique du voice cloning. Mais Ardisson se demande si, dans certains cas, il ne serait pas moins coûteux de prendre un imitateur.
A noter que France 3 n’a pas commandé plus de trois émissions, sans doute parce que l’audience n’était pas au rendez-vous mais aussi parce qu’une telle émission coûte 700 000 € alors que, pour une deuxième partie de soirée de 90 minutes, la norme est 200 000 €. Et son format est trop bavard pour une émission de première partie de soirée.
Mais si on ne peut hériter du droit à l’image de ses parents, aux États-Unis Al Pacino a vendu ses droits post-mortem…
Bien que le sujet de la réunion portait sur le droit des comédiens, le droit d’auteur a étéégalement abordé. Alors qu’il n’y a pas de droit d’auteur sur une idée, certains juristes se sont demandé si l’ingénieur, qui, sur des instructions qui lui ont été données (Prompt), réalise une œuvre à l’aide de l’intelligence artificielle, n’avait pas un droit d’auteur sur cette oeuvre. À quoi Alexandra Bensamoun a répondu que ce serait au tribunal de juger. « Or il n’y a pas de droit d’auteur pour un savoir-faire. Pour que le droit d’auteur soir reconnu il faut que la personnalité du créateur apparaisse dans la création. »

ALEXANDRA BENSAMOUN
La discussion a ensuite porté sur le droit des comédiens vivants sur l’utilisation de leur image pour en faire un clone et sur leur droit de négocier la rémunération de cette utilisation. Toute la question sera de déterminer quelle sera le niveau de cette rémunération et en fonction de quels critères.
Peut-on sourire le data mining ?
Un des grands défis de L’IA c’est qu’elle utilise tout ce qui est disponible sur internet. C’est le « data mining ». Normalement, dans la directive européenne sur l’IA, en cours d’approbation, il sera confirmé que l’IA a accès à l’ensemble de l’internet. Mais, par exception, il sera prévu que les détenteurs de droits d’auteurs ou de droits voisins ou leurs représentants pourront refuser cette utilisation.
Mais se pose alors une autre question : dans quelle mesure est-il possible de déterminer, dans une création par IA, ce qui a été emprunté et, plus précisément, à quelle oeuvre, image ou musique, cela l’a été ? Certains estiment qu’il est impossible de savoir quelles données l’algorithme a été utilisé dans l’univers de l’internet. D’autres pensent que cela doit être possible et que la loi devrait obliger les algorithmes à inclure cette capacité. Dans ce cas, avec la puissance de calcul des ordinateurs quantiques, en cas d’accusation de plagiat devant un tribunal, la réponse pourrait être donnée.
l’américain Jimmy Schuman a rappelé que les Européens aiment fixer les règles du jeu par des lois nationale ou des directives européennes. Aux États-Unis c’est le contrat ou la convention collective qui prédomine. Néanmoins, il peut alors étendu par au niveau National par l’exécutif. C’est le cas de l’accord entre les studios et le syndicat des auteurs, qui traite en grande partie de l’IA, qui vient d’être signée. Rappelons que la grève que continuent de poursuivre les comédiens, porte également largement sur l’IA.
Bettina Funk Brentano, qui est agent d’artistes de la musique, solistes comme musiciens d’orchestre, fait remarquer que ces conventions collectives américains sont très protectionnistes. Ainsi, s’il est possible pour des grands solistes d’aller travailler aux États-Unis c’est quasiment impossible pour un orchestre. L’inverse n’est pas du tout le cas en Europe.
UNE COMÉDIE KITCH DE MONIA CHOKRI
Cinéscoop« Simple comme Sylvain » est le 4ème long métrage que l’actrice québécoise Monia Chokri a réalisé. https://fr.wikipedia.org/wiki/Monia_Chokri Elle y interprète un petit rôle.
Ciné.info* a fourni les données financières de cet article.
Il s’agit d’une coproduction française minoritaire (15%) avec le Canada (85%) pour un budget de 6,1 millions €, soit un quart de plus que le budget prévisionnel moyen des films de fiction français sortis depuis le début de l’année. https://siritz.com/editorial/plus-de-films-avec-moins-de-moyens/
Pour la préparation, 38 jours de tournage et la post-production la rémunération de la réalisatrice est de 166 000 €, répartie en part égale entre à valoir sur droits d’auteur et salaire de technicien. C’est 20% de plus que la rémunération moyenne des réalisateurs de ces films de fiction français. La réalisatrice a écrit le scénario pour 141 000 €, c’est-à-dire deux tiers du budget moyen des scénarios de ces films. Les rôles principaux ont reçu 185 000 €, ce qui correspond à 85% de ce qu’ils ont reçu en moyenne pour ces films.
En France le producteur est MK Productions (Nathanaël Karmitz). Deux soficas ont investi et la région Ile de France lui a apporté son aide. Canal+ et Ciné+ l’ont préacheté. Memento a donné un minimum garanti pour les mandats salle, vidéo, vod et s-vod. MK2 en a donné un pour le mandat international.
Au Québec 9472-3558 Québec Inc (Sylvain Corbeil et Nancy Grant) ont investi. Le film a bénéficié du crédit d’impôt provincial et du fédéral. Il a reçu le soutien de Téléfilm Canada, de la Sodec, et du Fonds Québecor. Téléfilm Radio Canada a réalisé une coproduction et un pré-achat tv. Canada Films Séville a donné un minimum garanti pour le mandat de distribution.
Le précédent film réalisé par Monia Chokri était « Babysitter » sorti le 24 avril 2022. https://fr.wikipedia.org/wiki/Babysitter_(film) C’était une coproduction entre la France (20%) et le Canada (80%) pour un budget prévisionnel de 3,8 millions €. https://siritz.com/cinescoop/la-remuneration-de-monia-chokri/
Pour la préparation, 32 jours de tournage et la post-production la rémunération de la réalisatrice était de 173 000 €, dont 135 000 € d’à valoir sur droits d’auteur et 138 000 € de salaire de technicien.
Du côté français il était produit par Phase 4 productions et distribué par Bac Films qui avait donné un minimum garanti. Le film avait rassemblé 20 000 spectateurs.
www.Cinefinances.info est un site, accessible par abonnement, destiné aux professionnels du cinéma. Il publie budget, le plan de financement et la répartition des recettes prévisionnels de tous les films français qui sortent (hors les films « sauvages » qui ne déposent pas leurs contrats au registre public et ne demandent donc pas l’agrément qui leur permettrait d’accéder à l’aide du CNC). Il s’agit des chiffres de l’agrément d’investissement sur la base duquel le producteur a monté son financement. Il dispose d’archives des films sortis depuis 2010 et d’un puissant moteur de recherche, avec de multiples critères.
L’ABBÉ PIERRE SELON FRÉDÉRIC TELLIER
Cinéscoop« L’Abbé Pierre-Une vie de combats », un film qui est une biographie de ce véritable héros, est le 4ème long métrage de Frédéric Tellier. https://fr.wikipedia.org/wiki/Frédéric_Tellier
Ciné.info* a fourni les données financières de cet article.
Il est produit par Wy Productions (Wassim Béji) et SND films (Thierry Desmichelle) pour un budget prévisionnel de 14,9 millions €. C’est le 12ème budget le plus élevé des films de fiction français sortis depuis le début de l’année et c’est plus de trois fois le budget moyen de ces films. https://siritz.com/editorial/plus-de-films-avec-moins-de-moyens/
Pour la préparation, 53 jours de tournage et la post-production la rémunération du réalisateur est de 270 000 €, répartie en part égale entre à valoir sur droits d’auteur et salaire de technicien. C’est deux fois la rémunération moyenne des réalisateurs de ces films. Il a écrit le scénario avec Olivier Gorce et ils se sont partagés 223 000 €. Là encore c’est juste un peu plus que le double du budget moyen des scénarios. Les rôles principaux ont reçu 325 000 €. C’est 50% de plus que ce qu’ils ont reçu en moyenne pour ces films.
M6 Studio et France 3 sont coproducteurs. Le film a bénéficié du soutien de l’Angoa et de l’aide automatique à la Création Visuelle et Sonore y a été investie. La région Ile de France a apporté son aide remboursable. Canal+ et France 3 l’ont préacheté. SND a donné un minimum garanti pour tous les mandats.
Le précédent de Philippe Tellier était « Goliath » sorti le 9 mars 2022. https://fr.wikipedia.org/wiki/Goliath_(film)
Produit par Single man production le film avait un budget prévisionnel de 11,2 millions €. C’était une coproduction entre la France (90%) et le Belgique (10%)Pour la préparation, 44 jours de tournage et la post-production la rémunération du réalisateur était de 120 000 €, répartie en part égale entre à valoir sur droits d’auteur et salaire de technicien. Canal+ avait donné un minimum garanti en échange de tous les mandats. Le film avait rassemblé 790 000 spectateurs.
www.Cinefinances.info est un site, accessible par abonnement, destiné aux professionnels du cinéma. Il publie budget, le plan de financement et la répartition des recettes prévisionnels de tous les films français qui sortent (hors les films « sauvages » qui ne déposent pas leurs contrats au registre public et ne demandent donc pas l’agrément qui leur permettrait d’accéder à l’aide du CNC). Il s’agit des chiffres de l’agrément d’investissement sur la base duquel le producteur a monté son financement. Il dispose d’archives des films sortis depuis 2010 et d’un puissant moteur de recherche, avec de multiples critères.
TRAN ANH HUNG VERS LES OSCARS
Cinéscoop« La passion de Dodin Bouffant », qui représente la France aux Oscars, est le 7èmefilm réalisé par Tran Anh Hungh. https://fr.m.wikipedia.org/wiki/Tr%E1%BA%A7n_Anh_H%C3%B9ng
Ciné.info* a fourni les données financières de cet article.
Il est produit par Curiosa Films (Olivier Delbosc), le producteur de la série « D’argent et de sang » que diffuse Canal+. Son budget prévisionnel est de 6,1 millions €. C’est un quart de plus que le budget prévisionnel moyen des films de fiction français sortis depuis le début de l’année. https://siritz.com/editorial/plus-de-films-avec-moins-de-moyens/
Pour la préparation, 35 jours de tournage et la post-production la rémunération du réalisateur est de 139 000 €, répartie en part égale entre à valoir sur droits d’auteur et salaire de technicien. C’est la rémunération moyenne des réalisateurs de films français de de fiction. Il a écrit le scénario pour 140 000 € ce qui correspond à deux tiers du budget moyen des scénarios de ces films. Les rôles principaux ont reçu 205 000 €, ce qui est la rémunération moyennes des rôles principaux de ces films.
Gaumont et France 2 sont coproducteurs. La Procirep et l’Angoa ont apporté leur soutien. France 2, Canal+ et Ciné+ ont effectué un pré-achat. Gaumont a tous les mandats de distribution sans avoir apporté de minimum garanti.
Le précédent film de Tran Anh Hung était « L’Éternité », sorti le 7 septembre 2006. https://fr.wikipedia.org/wiki/Éternité_(film) C’était une coproduction entre la France (70%) et la Belgique (30%) pour un budget prévisionnel de 11,2 millions €. Pour la préparation, 47 jours de tournage et la post-production la rémunération du réalisateur était de 135 000 €, dont 90 000 € d’à valoir sur droits d’auteur et 45 000 € de salaire de technicien. Pathé avait donné un minimum garanti pour tous les mandats de distribution, sauf le Bénélux. Le film avait rassemblé 126 000 spectateurs.
www.Cinefinances.info est un site, accessible par abonnement, destiné aux professionnels du cinéma. Il publie budget, le plan de financement et la répartition des recettes prévisionnels de tous les films français qui sortent (hors les films « sauvages » qui ne déposent pas leurs contrats au registre public et ne demandent donc pas l’agrément qui leur permettrait d’accéder à l’aide du CNC). Il s’agit des chiffres de l’agrément d’investissement sur la base duquel le producteur a monté son financement. Il dispose d’archives des films sortis depuis 2010 et d’un puissant moteur de recherche, avec de multiples critères.
ÉQUATION RÉUSSIE D’ANNA NOVION
Cinéscoop« Le théorème de Marguerite », une comédie romantique, est le troisième long métrage d’Anna Novion. https://fr.wikipedia.org/wiki/Anna_Novion C’est un passionnant récit sur l’univers mathématiques mais aussi la vie à rebondissement d’une jeune fil. Jean-Pierre Darroussin, son époux, joue l’un des principaux rôles. https://fr.wikipedia.org/wiki/Le_Théorème_de_Marguerite
Ciné.info* a fourni les données financières de cet article.
Il s’agit d’une coproduction entre la France (85%) et la Suisse (15%) pour un budget prévisionnel de 2,9 millions €. C’est 60% du budget prévisionnel des films français de fiction sortis depuis le début de l’année. https://siritz.com/editorial/plus-de-films-avec-moins-de-moyens/
Pour la préparation, 34 jours de tournage et la post-production la rémunération de la réalisatrice est de 41 000 €, dont 15 000 € d’à valoir sur droits d’auteur et 26 000 € de salaire de technicien. C’est la moitié de la rémunération médiane des films de fiction français. Anna Novion a écrit le scénario avec Marie-Stéphane Imbert, Agnès Feuvre et Mathieu Robin. Elles se sont partagées 122 000 € ce qui correspond à 60% du budget moyen des scénarios de ces films. Enfin les rôles principaux ont reçu 78 000 €, soit la rémunération médiane des rôles principaux des films de fiction.
Le producteur délégué français est TS Productions (Miléna Poylo). France 2 est coproducteur. 2 soficas y ont investi. France 2 (inclus catch up), Canal + et Ciné+(inclus catch up) l’ont préacheté. Pyramide a donné un minimum garanti pour le mandat salle et un autre pour les ventes à l’étranger.
Beauvoir films (Adrian Blaser et Aline Schmid) est le producteur Suisse. Il a bénéficié du soutien de l’Office Fédéral de la Culture et le soutien automatique de Cinéforom (Fondation Romane pour le cinéma). La SSR est coproducteur et a effectué un préachat. Outside the box a donné un minimum garanti pour la distribution.
A noter que le film avait rassemblé plus de de 42 000 entrées le 1er week-end, dans seulement 118 salles, en troisième position des nouveaux films. Et qu’il n’a cessé le progresser chaque jour, étant le seul à faire plus le dimanche que le mercredi de la Toussaint.
Le précédent film réalisé par Anna Novion était « Rendez-vous à Kiruna », sorti le 30 janvier 2013. Il avait le même producteur et le même distributeur. Son budget prévisionnel était de 2,4 millions €. La rémunération de la réalisatrice était de 51 000 €. Elle avait écrit le scénario avec Jean-Pierre Darroussin qui jouait l’un des deux rôles principaux. Le film avait rassemblé 55 000 entrées.
www.Cinefinances.info est un site, accessible par abonnement, destiné aux professionnels du cinéma. Il publie budget, le plan de financement et la répartition des recettes prévisionnels de tous les films français qui sortent (hors les films « sauvages » qui ne déposent pas leurs contrats au registre public et ne demandent donc pas l’agrément qui leur permettrait d’accéder à l’aide du CNC). Il s’agit des chiffres de l’agrément d’investissement sur la base duquel le producteur a monté son financement. Il dispose d’archives des films sortis depuis 2010 et d’un puissant moteur de recherche, avec de multiples critères.
L’ADAPTATION DU LIVRE EN FILM DE FICTION
ÉditorialL’adaptation de livres est une source importante pour les fictions françaises de cinéma. Cette semaine « Flo » est tiré de « La petite fiancée de l’Atlantique » de Yann Queffélec. https://siritz.com/cinescoop/danon-sur-arthaud-dapres-queffelec/
Il y a trois semaine, « Le consentement », tiré du roman du même nom, écrit par Vanessa Springora, a réalisé un exploit exceptionnel pour un film de cinéma : sa fréquentation a augmenté de 40% en deuxième semaine, puis, de nouveau de 70% en seconde semaine, pour atteindre 300 000 entrées. https://siritz.com/cinescoop/un-roman-devient-film-de-cinema/
L’avantage d’appuyer la rédaction d’un scénario sur un livre c’est que celui-ci part d’une trame et de personnages éprouvés, ce dont manquent nombre de films. Il y a 21 films français de fictions déjà sortis depuis le début de l’année et qui reposent sur l’achat de droits de livres . Cela fait 9% de tous les films. Il faut y ajouter des adaptations de livres dans le domaine public, comme « Les trois mousquetaires » d’Alexandre Dumas https://siritz.com/cinescoop/les-trois-mousquetaires-dartagnan/ ou « Les secrets de la princesse Cardigan » de Balzac. https://siritz.com/cinescoop/une-realisatrice-se-met-en-scene/
Ciné.info* a fourni les données financières de cet article.
Les achats de droits vont de 40 000 € pour « Marinette » https://siritz.com/cinescoop/la-remuneration-de-virginie-verrier/ à 480 000€ pour « Cet été-là ». https://siritz.com/cinescoop/la-remuneration-de-eric-lartigau/
Si on rapporte le montant de l’achat des droits d’adaptation du livre à la totalité du coût du scénario il va de 18% pour « La syndicaliste » https://siritz.com/cinescoop/la-remuneration-de-jean-paul-salome-2/ à 100% pour « À la belle étoile », adapté de « Un rêve d’enfant ». https://siritz.com/cinescoop/la-remunerationulard-de-sebastien-t/ Mais, dans ce dernier cas, cela signifie que la participation du réalisateur à l’adaptation est rémunérée par son droit d’auteur. Car, dans tous les cas, le réalisateur participe à cette adaptation, parfois seul, parfois avec d’autres scénaristes.
10% des livres sont des livres étrangers. Et, sur les livres français, dans 25% des cas, l’auteur du livre participe au scénario.
Est-ce qu’un scénario adapté d’un livre garantit plus d’entrées que la moyenne des films ? Tout ce que l’on peut dire à partir des statistiques sur les films déjà sortis cette année, c’est qu’en moyenne les résultats sont les mêmes.
Mais que la fréquentation médiane des films tirés d’un livre est 50% plus élevée que celle de tous les films. Néanmoins cette dernière différence peut s’expliquer par le fait qu’aucun film adapté d’un livre n’a un budget prévisionnel moins de 2,1 millions €, alors qu’un tiers des films ont un budget prévisionnel de moins de 2,1 millions €. Or, il y a tout de même une corrélation entre le budget et la fréquentation.
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DANON SUR ARTHAUD D’APRÈS QUEFFÉLEC
CinéscoopComédienne de nombreux films et fiction, Géraldine Danon, fille du grand producteur de cinéma Raymond Danon, réalise son premier film. https://fr.wikipedia.org/wiki/Géraldine_Danon
« Flo » raconte la vie de Florence Athaud, la célèbre navigatrice connue comme La petite financée de l’Atlantique. C’est une adaptation du roman de Yann Queffelec « La Mer et au-delà ». https://fr.wikipedia.org/wiki/Flo_(film)
Ciné.info* a fourni les données financières de cet article.
Le film est produit par les films Manuel Munz (Manuel Munz) pour un budget prévisionnel de 13,7 millions €, ce qui en fait le treizième budget des films de fiction Français sortis depuis le début de l’année. C’est trois fois le budget moyen des films de fiction français. https://siritz.com/editorial/plus-de-films-avec-moins-de-moyens/
Pour la préparation, 56 jours de tournage en France, 252 en Guadeloupe et 4 en Afrique du Sud et la post-production la rémunération de la réalisatrice est de 150 000 €, répartie en part égale entre à valoir sur droits d’auteur et salaire de technicien. C’est 10% de plus que la rémunération moyenne des réalisateurs de ces films. Les droits d’adaptation du livre de Queffélec ont été acquis pour 110 000 €. Géraldine Danon a écrit le scénario avec Agnès Sacy. https://scenaristesdecinemaassocies.fr/annuaire/de-sacy-agnes Elles se sont partagées 245 000 €. Le budget total du scénario est donc 355 000 €, soit 70% de plus que le budget moyen des scénarios de ces films. Les rôles principaux ont reçu 150 000 €, soit 70% de ce qu’ils ont reçu en moyenne pour ces films.
Le film est coproduit par France 2 et France 3 qui l’ont préacheté, tout comme Netflix. Les régions Bretagne et Paca, tout comme le département de la Guadeloupe ont apporté leur soutien. Metropolitan Film Export a donné un minimum garanti pour tous les mandats.Avec 45 000 entrées il était en 3ème position des films qui sortaient mercredi.
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MARCO BELLOCHIO AU VITRIOL
Cinéscoop« L’Enlèvement », est le 28ème du grand réalisateur italien, https://fr.wikipedia.org/wiki/Marco_Bellocchio Il raconte un scandal qui eu lieu en 1858 en Italie : un enfant juif a été baptisé, puis enlevé de force à ses parents par le pape.
Ciné.info* a fourni les données financières de cet article.
Ce film italien est une coproduction entre l’Italie (82%), et la France (18%), pour un budget prévisionnel de 11,7 millions €. C’est 2,5 fois le budget moyen prévisionnel des films de fiction français sortis depuis le début de l’année. https://fr.wikipedia.org/wiki/L%27Enlèvement_(film,_2023)
Pour la préparation, 42 jours de tournage en décors naturels et 19 jours en studio en Italie, 3 jours de tournage en décors naturels à Paris ainsi que la post-production, la rémunération du réalisateur est de 323 000 €, répartie en part égale entre à valoir sur droits d’auteur et salaire de technicien.
Là encore c’est deux fois et demi la rémunération moyenne des réalisateurs des films de fiction français. Bellocchio a écrit le scénario avec Susanna Nicchiarelli et ils se sont partagés 147 000 €. C’est 70% du budget moyen des scénarios de ces films. Les rôles principaux ont reçu 500 000 €, soit 2,4 fois ce qu’ils ont reçu en moyenne pour ces films.
Le producteur Français est Ad Vitam (Alexandra Hoeneschberg). Arte France est coproducteur. Eurimages a apporté son soutien. Canal+, Ciné+, et Arte France l’ont préacheté. Ad Vitam a donné un minimum garanti pour les mandats salle, vidéo, vod et s-vod tandis que TFM en a donné un pour le mandat ventes internationales.
En Italie les producteurs délégués sont IBC Movie et Kavac Films. Ils ont bénéficié du crédit d’impôt. La RAI est coproducteur et a effectué un préachat. Eurimages a apporté son soutien. Arte est coproducteur.
Le précédent film de Marco Bellochio sorti en France (30 octobre 2020) était « Le traitre ». https://siritz.com/cinescoop/la-remuneration-de-marco-bellocchio/ C’était une coproduction entre la France (12%), l’Italie (62%), le Brésil (16%) et l’Allemagne (10%) pour un budget prévisionnel de 7,6 millions €. Pour la préparation, 57jours de tournage et la post-production la rémunération du réalisateur était de 275 000 €, répartie en part égale entre à valoir sur droits d’auteur et salaire de technicien.Il avait coécrit le scénario et les scénaristes s’étaient partagé 150 000 €.
Le distributeur était AD Vitam et le film avait rassemblé 356 000 entrées.
www.Cinefinances.info est un site, accessible par abonnement, destiné aux professionnels du cinéma. Il publie budget, le plan de financement et la répartition des recettes prévisionnels de tous les films français qui sortent (hors les films « sauvages » qui ne déposent pas leurs contrats au registre public et ne demandent donc pas l’agrément qui leur permettrait d’accéder à l’aide du CNC). Il s’agit des chiffres de l’agrément d’investissement sur la base duquel le producteur a monté son financement. Il dispose d’archives des films sortis depuis 2010 et d’un puissant moteur de recherche, avec de multiples critères.
USA : LA RÉGULATION DE L’INTELLIGENCE ARTIFICIELLE
Le CarrefourLe 27 septembre dernier la Writers Guild of America, qui représente les scénaristes américains, a signé un accord historique avec les studios, les chaînes de télévision et les plates-formes. Dans un mail adressé aux membres de la WGA et cité par le New York Times, le comité de négociation du syndicat ne s’y trompe pas : « Nous pouvons dire, avec une grande fierté, que cet accord est exceptionnel – avec des gains significatifs et des protections pour les écrivains dans tous les secteurs des membres. »
PATRICE LAUMÉ
Patrice Laumé, délégué général de Ruban d’images et Amis (Association des Métiers de l’Image du Son et des Spectacles) a analysé cet accord dans une longue note dont nous vous résumons la partie sur la régulation de l’Intelligence Artificielle dont on s’inspirera forcément en France et en Europe.https://www.rubandimages.org/mentions-legales
LES 4 GRANDS PRINCIPES DE LA RÉGULATION DE L’IA
Cet accord pose quatre grands principes que l’on peut résumer ainsi :
-l’IA ne peut avoir la qualité d’auteur d’un texte et le contenu généré par l’IA ne pourra restreindre les droits d’un scénariste ;
-un scénariste peut choisir d’utiliser l’IA, si le producteur y consent également, mais ce producteur ne peut exiger que le scénariste utilise l’IA ;
-le producteur doit informer le scénariste si des documents fournis ont été générés par l’IA ; la WGA se réserve le droit d’affirmer que l’exploitation des textes des scénaristes pour former l’IA est interdite.
Ainsi, le droit américain exige un créateur humain pour qu’une œuvre soit protégée, comme l’a réaffirmé la jurisprudence au détriment d’une image issue d’une IA. Par conséquent, cette absence de protection devrait inciter les auteurs et producteurs à privilégier des créations seulement « assistées » par l’IA et non pas intégralement générées par celle-ci. La technologie continuerait alors à aider les créateurs, par exemple en leur suggérant des idées (non protégeables) ou en accélérant leurs recherches, mais sans jamais pouvoir les remplacer. Il ne faut pas non plus oublier les risques de contrefaçon des œuvres antérieures utilisées (les inputs dans le langage informatique…) qu’une trop forte autonomie laissée à la machine pourrait laisser craindre.
Au demeurant, suivant à nouveau l’exemple de la WGA, la SACEM a annoncé exercer son droit d’opposition (ops-out) au profit des oeuvres de ses membres, tentant ainsi de contrecarrer une exception autorisant la « fouille de textes et de données » (Text and data mining ou TDM) qui a été prescrite par le législateur européen en 2019 et est déjà remise en cause face à l’essor de l’IA dite « générative » (IAG) mais pas pour autant « créative ».
LE MEILLEUR DES DEUX MONDES
Par ailleurs, grâce à cet accord, dans le secteur audiovisuel, le Copyright américain comme le Droit d’auteur français a su jusqu’ici prendre le « meilleur des deux mondes » : une rémunération forfaitaire sous forme de minima plus un intéressement aux recettes d’exploitation perçu par un organisme qui les représente collectivement. Il reste à espérer qu’il en sera de même prochainement avec l’utilisation de l’IA dans la création qui, sans être bien évidemment interdite, doit être encadrée comme vient de le démontrer cet Accord pionnier conclu au pays de ChatGPT.
Autre clause cruciale : les développeurs d’IA ne pourront pas entraîner leurs robots avec des scénarios écrits par des auteurs syndiqués. Par ailleurs, les studios ont accepté de rencontrer la WGA au moins deux fois par an pour discuter des projets d’utilisation de l’IA dans le développement et la production de films.
Cet accord sera étendu par un Exécutive order de la Présidence. Ainsi, bien qu’aux USA, à la différence de l’Europe, ce n’est pas le législateur qui fixe la plus grande partie des règles du jeu, cet accord prouve qu’ils aboutissent de la même façon à des règles qui s’imposent à tous. C’est l’équivalent de nos conventions collectives étendues.
Ajoutons, au centre des débats, le rôle clé que jouera l’intelligence artificielle dans les films et les séries. Mais rappelons que les comédiens sont toujours en grève. Même si les revendications de ces derniers vont parfois plus loin que celles des scénaristes, la victoire remportée par ces derniers semble plutôt de bon augure pour les interprètes. D’abord parce que l’accord obtenu par les scénaristes permet de penser que les grévistes sont assurés de ne pas obtenir moins que les scénaristes.
Notre audiovisuel au coeur de l’intelligence artificielle
ÉditorialL’intelligence artificielle va sans aucun doute bouleverser notre cinéma et notre audiovisuel.https://siritz.com/editorial/une-demonstration-a-glacer-le-sang/ C’est pour cette raison que le cinéma et l’audiovisuel américains ont connus deux des plus grandes grèves de leur histoire. Celle des auteurs et celle, qui dure toujours, des comédiens.
Dans cette optique un groupe de travail passionnant et très instructif a eu lieu mardi dernier au barreau de Paris. Son objet précis était « Quand l’intelligence artificielle défie les artistes-interprètes. » Il était organisé par maitre Gérald de Bigle (grand spécialiste du droit d’auteur), sous l’égide de la Commission ouverte Innovation Numérique et Audiovisuel ainsi que de la Commission ouverte Propriété Intellectuelle du barreau de Paris.
Y participaient des avocats, mais aussi des producteurs, des agents d’artistes, l’américain Jimmy Schuman, représentant du Syndicats des artistes, et Alexandra Bensamoun, professeur de droit récemment nommée par la Première ministre au sein du Comité interministériel de l’intelligence artificielle. Cette dernière a d’ailleurs rappelé que l’impact de l’IA sur l’audiovisuel était un enjeu très important pour le gouvernement parce que ce secteur représentait 4% du PNB.
Un format Français acheté par Warner
Première révélation de cette réunion : on a l’habitude de dire que, en matière de nouvelles technologies, l’Europe réglemente mais que ce sont les États-Unis qui innovent et exploitent ces nouvelles technologies. Or, d’emblée le producteur et animateur Thierry Ardisson nous a démontré que c’était faux. En effet, il y quelques années, il a eu l’idée de réaliser une émission de télévision d’une heure-et-demi, où il interviewait un comédien décédé, racontant sa vie et donnant l’occasion d’utiliser des images d’archives. Cette émission, « L’heure du temps » a été commandée par France 3. Deux-l’une sur Dalida, l’autre sur Coluche-ont été déjà été diffusées en deuxième partie de soirée. Une troisième porte sur Gabin. Fait remarquable : Warner a acheté le format et que l’émission a été nominée aux Emmy Awards.
THIERRY ARDISSON
A cette occasion Ardisson a rappelé qu’il n’y a pas de droit à l’image sur les personnes décédées (arrêt de la Cour de Cassation du 15 février 2005) . Néanmoins, pour ses trois émissions il a informé les héritiers de son projet et a recueilli leurs avis sur le contenu.
L’intelligence artificielle a été confiée à Mac Guff, le spécialiste Français des effets spéciaux. Au départ il n’était pas intéressé. Aujourd’hui, c’est l’un des principaux spécialistes mondiaux de l’utilisation de cette technologie. Il s’agit, à partir des multiples images d’archives du comédien, de les introduire dans une machine qui va faire du « deep learning » et reconstituer un visage du comédien et toutes ses expressions pour le coller à la place de celui du comédien qui va l’interpréter. Ce dernier doit avoir la corpulence et la silhouette de celui qu’il interprète. Tout ce qu’on va lui faire dire aura été dit par le comédien imité et il ne parlera pas d’évènement survenus après sa mort.
Ardisson insiste sur le fait que le plus difficile est de bien reproduire la gestuelle propre au comédien. Important aussi la reproduction de la voix. Elle a été confiée à une autre prestataire : L’IRCAM du Centre Georges Pompidou qui a développé la technique du voice cloning. Mais Ardisson se demande si, dans certains cas, il ne serait pas moins coûteux de prendre un imitateur.
A noter que France 3 n’a pas commandé plus de trois émissions, sans doute parce que l’audience n’était pas au rendez-vous mais aussi parce qu’une telle émission coûte 700 000 € alors que, pour une deuxième partie de soirée de 90 minutes, la norme est 200 000 €. Et son format est trop bavard pour une émission de première partie de soirée.
Mais si on ne peut hériter du droit à l’image de ses parents, aux États-Unis Al Pacino a vendu ses droits post-mortem…
Bien que le sujet de la réunion portait sur le droit des comédiens, le droit d’auteur a étéégalement abordé. Alors qu’il n’y a pas de droit d’auteur sur une idée, certains juristes se sont demandé si l’ingénieur, qui, sur des instructions qui lui ont été données (Prompt), réalise une œuvre à l’aide de l’intelligence artificielle, n’avait pas un droit d’auteur sur cette oeuvre. À quoi Alexandra Bensamoun a répondu que ce serait au tribunal de juger. « Or il n’y a pas de droit d’auteur pour un savoir-faire. Pour que le droit d’auteur soir reconnu il faut que la personnalité du créateur apparaisse dans la création. »
ALEXANDRA BENSAMOUN
La discussion a ensuite porté sur le droit des comédiens vivants sur l’utilisation de leur image pour en faire un clone et sur leur droit de négocier la rémunération de cette utilisation. Toute la question sera de déterminer quelle sera le niveau de cette rémunération et en fonction de quels critères.
Peut-on sourire le data mining ?
Un des grands défis de L’IA c’est qu’elle utilise tout ce qui est disponible sur internet. C’est le « data mining ». Normalement, dans la directive européenne sur l’IA, en cours d’approbation, il sera confirmé que l’IA a accès à l’ensemble de l’internet. Mais, par exception, il sera prévu que les détenteurs de droits d’auteurs ou de droits voisins ou leurs représentants pourront refuser cette utilisation.
Mais se pose alors une autre question : dans quelle mesure est-il possible de déterminer, dans une création par IA, ce qui a été emprunté et, plus précisément, à quelle oeuvre, image ou musique, cela l’a été ? Certains estiment qu’il est impossible de savoir quelles données l’algorithme a été utilisé dans l’univers de l’internet. D’autres pensent que cela doit être possible et que la loi devrait obliger les algorithmes à inclure cette capacité. Dans ce cas, avec la puissance de calcul des ordinateurs quantiques, en cas d’accusation de plagiat devant un tribunal, la réponse pourrait être donnée.
l’américain Jimmy Schuman a rappelé que les Européens aiment fixer les règles du jeu par des lois nationale ou des directives européennes. Aux États-Unis c’est le contrat ou la convention collective qui prédomine. Néanmoins, il peut alors étendu par au niveau National par l’exécutif. C’est le cas de l’accord entre les studios et le syndicat des auteurs, qui traite en grande partie de l’IA, qui vient d’être signée. Rappelons que la grève que continuent de poursuivre les comédiens, porte également largement sur l’IA.
Bettina Funk Brentano, qui est agent d’artistes de la musique, solistes comme musiciens d’orchestre, fait remarquer que ces conventions collectives américains sont très protectionnistes. Ainsi, s’il est possible pour des grands solistes d’aller travailler aux États-Unis c’est quasiment impossible pour un orchestre. L’inverse n’est pas du tout le cas en Europe.
Avance sur recettes pour le couple Sirot/Balboni
CinéscoopLa comédie romantique « Le syndrome des amours passées » est le second film réalisé par le couple de réalisateurs Ann Sirot (franco-américaine) et Raphaël Balboni (Franco-Belge). C’est leur deuxième film. https://fr.wikipedia.org/wiki/Ann_Sirot_et_Raphaël_Balboni
Ciné.info* a fourni les données financières de cet article.
C’est une coproduction entre la France (32%) et la Belgique (68%) pour un budget prévisionnel de 2,2 millions €. C’est deux tiers du budget médian des films Français de fiction sortis depuis le début de l’année. https://siritz.com/editorial/plus-de-films-avec-moins-de-moyens/
Pour la préparation, 34 jours de tournage et la post-production la rémunération des deux réalisateurs est de 100 000 €, dont 60 000 € d’à valoir sur droits d’auteur et 40 000 € de salaire de technicien. C’est 25% de plus que la rémunération médiane des réalisateurs de ces films. Pour le scénario ils ont reçu 100 000 €. C’est 10% de plus que le budget médian des scénarios de ces films. Les rôles principaux ont reçu 94 000 €, ce qui revient à 20% de plus que leur rémunération médiane pour ces films.
Le producteur Français est Tripode productions (Delphine Schmit, Guillaume Dreyfus, Raphaëlle Simavonian). Il a bénéficié de 500 000 € d’avances sur recettes. Canal+ et Ciné+ l’ont préacheté.KMBO a donné un minimum garanti pour les mandats salle et vidéo tandis que Be For Films a donné un minimum garanti pour le mandat international.
Le producteur Belge est Helicotronc (Antoine Rey et Julie Esparbes). Il a bénéficié du Tax shelter, du soutien de le Fédération Wallonie Bruxelles et de Screen Bruxelles. la RTBF, Proximus et Be tv l’ont préacheté.
Le précédent film du coupe était « Une vie démente » https://fr.wikipedia.org/wiki/Une_vie_démente. Distribué par Arizona Films il avait rassemblé 24 000 spectateurs.
www.Cinefinances.info est un site, accessible par abonnement, destiné aux professionnels du cinéma. Il publie budget, le plan de financement et la répartition des recettes prévisionnels de tous les films français qui sortent (hors les films « sauvages » qui ne déposent pas leurs contrats au registre public et ne demandent donc pas l’agrément qui leur permettrait d’accéder à l’aide du CNC). Il s’agit des chiffres de l’agrément d’investissement sur la base duquel le producteur a monté son financement. Il dispose d’archives des films sortis depuis 2010 et d’un puissant moteur de recherche, avec de multiples critères.