« Visions » est le 5ème long métrage de Yann Gozlan. https://fr.wikipedia.org/wiki/Yann_Gozlan Comme son précédent film c’est un suspens, mais d’un genre différent.

Ciné.info* a fourni les données financières de cet article.

https://fr.wikipedia.org/wiki/Visions_(film,_2023)

Il est produit par Eagle Teams Entertainment (Éric Neubot) et 24 25 Films (Thibault Gast et Matthias Weber) pour un budget prévisionnel de 10 millions €, ce qui le situe au 15ème rang des budgets prévisionnels des films français de fiction sortis depuis le début de l’année. https://siritz.com/financine/gros-budget-negale-pas-gros-box-office/

Pour la préparation, 54 jours de tournage et la post-production la rémunération du réalisateur est de 150 000 €, répartie en part égale entre à valoir sur droits d’auteur et salaire de technicien. C’est un peu plus que la rémunération moyenne des réalisateurs de ces films. https://siritz.com/financine/barometre-de-la-remuneration-des-realisateurs-2/ Il a écrit le scénario avec Michel Fessler, Aurélie Valat, Jean-Baptiste Delafon, avec la participation d’Audrey Diwan . Ils ont reçu 398 000 €, ce qui les situe au 12ème rang des budgets des scénarios de ces films. https://siritz.com/financine/la-part-du-scenario-dans-le-budget-augmente/Quant aux rôles principaux ils ont reçu 265 000 €, soit 30% de  plus que ce que les rôles principaux ont reçu en moyenne pour ces films. https://siritz.com/financine/comediens-boom-des-remunerations-au-top/

Les producteurs ont investi leur salaire, leurs frais généraux et du soutien automatique. SND et France 2 sont coproducteurs. Une sofica adossée y a investi. La région Sud et le département des Bouches-du-Rhône lui ont apporté leur aide.

OCS a préacheté le premier passage, Canal+ le second et France 2 le troisème. SND a donné un minimum garanti pour tous les mandats.

Le précédent film de Yann Gozlan était « Boite noire », sorti le 8 septembre 2021. https://siritz.com/cinescoop/la-remuneration-de-yann-gozlan/ Il était produit par Why Productions et 24 25 films  pour 19,6 millions €.

Pour la préparation, 48 jours de tournage et la post-production la rémunération du réalisateur était de 240 000 €, dont 100 000 € d’à valoir sur droits d’auteur et 140 000 € de salaire de technicien. Le film, distribué par StudioCanal, avait rassemblé 1,9 millions de spectateurs.

www.Cinefinances.info est un site, accessible par abonnement, destiné aux professionnels du cinéma.  Il publie budget, le plan de financement et la répartition des recettes prévisionnels de tous les films français qui sortent (hors les films « sauvages » qui ne déposent pas leurs contrats au registre public et ne demandent donc pas l’agrément qui leur permettrait d’accéder à l’aide du CNC). Il s’agit des chiffres de l’agrément d’investissement sur la base duquel le producteur a monté son financement. Il dispose d’archives des films sortis depuis 2010 et d’un puissant moteur de recherche, avec de multiples critères.

Fait original « Sages-femmes » est un téléfilm, réalisé par Léa Fehner et qu’Arte a déjà diffusé le 21 avril dernier, alors que la chronologie des médias prévoit qu’en cas de pré-achat la chaîne passe 22 mois après la sortie salle. https://fr.wikipedia.org/wiki/Sage_Femme_(film)

Ce film est le troisième long métrage réalisé par Léa Fehner qui est diplômée de la FEMIS, section scénario. https://fr.wikipedia.org/wiki/Léa_Fehner

Ciné.info* a fourni les données financières de cet article.

Il a été produit par Geko Films pour un budget prévisionnel de 1,5 millions €, soit 44% du budget médian des films français de fiction sortis depuis le début de l’année.https://siritz.com/financine/gros-budget-negale-pas-gros-box-office/

Pour la préparation, 35 jours de tournage et la post-production la rémunération de la réalisatrice est de 42 000 €, dont 20 000 € d’à valoir sur droits d’auteur et 22 000 € de salaire de technicien. C’est 55% de la rémunération médiane des réalisateurs de ces films. Léa Fehner a écrit le scénario pour 47 000 €, soit 52% de ce que représente le budget médian du scénario de ces films. https://siritz.com/financine/la-part-du-scenario-dans-le-budget-augmente/ Les rôles principaux ont reçu 28 000 €, soit un tiers de ce qu’ont reçu le rôles principaux de ces   films. https://siritz.com/financine/comediens-boom-des-remunerations-au-top/

Le producteur a investi son salaire, ses frais généraux et son crédit d’impôt. Arte Cinéma est coproducteur. Le CNC a apporté une aide, tout comme les régions Occitanie et Aquitaine ainsi que le Département de Lot et Garonne et le Conservatoire National supérieur d’Art Dramatique de Paris.

Un sofica y a investi et Arte a effectué un préachat. Geko Distribution est distributeur sans avoir donné de minimum garanti.

Le précédent film de Léa Fehner était « Les Ogres », sorti le 16 mars 2016. Il était produit par Bus films pour un budget prévisionnel de 3 millions €.

Pour la préparation, 50 jours de tournage et la post-production, la rémunération de la réalisatrice était de 80 000 €, dont 20 000 € d’à valoir sur droits d’auteur et 60 000 € de salaire de technicien.

Elle avait écrit le scénario avec Brigitte Sy et Catherine Paillé pour 83 000 €. Distribué par Pyramide le film avait rassemblé 115 000 spectateurs.

www.Cinefinances.info est un site, accessible par abonnement, destiné aux professionnels du cinéma.  Il publie budget, le plan de financement et la répartition des recettes prévisionnels de tous les films français qui sortent (hors les films « sauvages » qui ne déposent pas leurs contrats au registre public et ne demandent donc pas l’agrément qui leur permettrait d’accéder à l’aide du CNC). Il s’agit des chiffres de l’agrément d’investissement sur la base duquel le producteur a monté son financement. Il dispose d’archives des films sortis depuis 2010 et d’un puissant moteur de recherche, avec de multiples critères.

Le monde du cinéma a tout lieu de se satisfaire de la fréquentation de cet été. https://siritz.com/editorial/cinema-les-phenomenes-de-cet-ete/ Bien entendu, la grève des comédiens et des scénaristes américains augure mal de 2024 et 2025. Il y aura pénurie de blockbusters hollywoodiens, comme en 2021. Avec une double conséquence : la baisse de la fréquentation globale, mais aussi la baisse du soutien financier au cinéma français. https://siritz.com/editorial/coups-durs-pour-la-frequentation/Or, cette fois-ci, compte tenu de la situation des finances publiques, il y a peu de chances que l’État comble le trou.

À cette double certitude s’ajoute une autre menace que les professionnels du cinéma auraient intérêt à prendre au sérieux. En effet, depuis quelques temps, dans le monde politique, commence à se faire entendre une petite musique contre ce qui serait le sur-financement du cinéma français. La profession reste encore sur sa dernière conquête : l’apport des plateformes de S-Vod s’ajoutant à celui des chaînes. Mais le vent commence à souffler dans l’autre sens.

Il y d’abord le rapport du Sénateur Karoutchi qui prône la réduction des avantages fiscaux aux soficas et du crédit d’impôt.  https://www.senat.fr/salle-de-presse/communiques-de-presse/presse/17-05-2023/itineraire-dun-art-gate-le-financement-public-du-cinema.html

Il y a ensuite la décision  de Laurent Wauqiez (Parti Républicain), le président de la région Auvergne-Rhône Alpes, de réduire de moitié la subvention au festival de Clermont-Ferrand, le plus prestigieux des festivals mondiaux du court métrage. Certes, la ville a un maire socialiste, mais, jusqu’à présent, aucun responsable aux ambitions nationales n’avait l’idée de s’attaquer au cinéma.  https://www.liberation.fr/idees-et-debats/tribunes/le-festival-du-court-metrage-de-clermont-ferrand-mis-en-danger-par-laurent-wauquiez-20230516_KMTKXLZCXFF4FIICAX3YW6A2YM/

Enfin, dans une communication sur Linkedin, l’avocat Denis Goulette cite un rapport conjoint de l’Inspection générale des finances et de l’inspection des Affaires Culturelles qui dévoile des taux de marge impressionnants dans l’audiovisuel et le cinéma, largement supérieurs à ceux observés dans d’autres secteurs culturels et dans le reste de l’économie. C’est dire que la loupe est pointée.

Or, nul n’est besoin d’être prophète pour prévoir que, dans les années à venir, avec son taux d’endettement considérable et son taux de prélèvements obligatoires records et croissant, l’État va chercher désespérément des sources d’économie.

Dans cette perspective le monde du cinéma doit impérativement bâtir une communication de défense. Elle doit évidement reposer sur l’exception culturelle, en rappelant que l’ultra-libérale Union économique Européenne l’a acceptée. L’Europe repose sur l’économie de marché grâce à laquelle la ou les plus performantes des entreprises l’emportent sur les autres, et ce, au bénéfice du consommateur. Pour que cette économie fonctionne, les États ne peuvent fausser ce mécanisme par des soutiens aux moins performants.  Néanmoins, ils doivent empêcher les plus performants d’abuser de la position dominantes qu’ils auraient ainsi acquise.

Mais la France a réussi à faire accepter par tous ses partenaires que cette interdiction de l’intervention de l’État ne s’applique pas à la culture. Elle leur a fait reconnaître que la culture n’est pas un bien ou un service comme un autre. Tout d’abord, parce que la diversité des cultures est une richesse en soi. D’autre part et surtout parce que  la culture et l’identité culturelle sont indispensables au lien social. Et, aujourd’hui, à l’heure où le mobile, les réseaux sociaux et le télétravail vont isoler les individus dans leur bulle, à l’heure de la montée de la violence, le cinéma en salle, parce qu’il est le plus populaire des loisirs culturels collectifs est indispensable au maintien de ce lien social.

Dans cette optique la France a mis  en place des mécanismes  pour avoir une production nationale, exprimant son identité et  qui, fait unique en Europe, rassemble 40% des spectateurs. Et elle a fait en sorte que la moindre petite ville, et même des villages, aient un cinéma où les habitants se croisent et partagent leurs émotions. Et nul part en Europe autant de citoyens s’y côtoient.

Il faut donc que la profession trouve au plus vite un axe de communication pour faire comprendre cette dimension à tous les responsables politiques.

Ramata-Toulaye Sy (37 ans), dont « Banel & Adama » est le premier long métrage, est diplômée de la FEMIS, section scénario. Elle a déjà collaboré au scénario de deux longs métrages et réalisé un court métrage. https://fr.wikipedia.org/wiki/Ramata-Toulaye_Sy

Cinéfinances.info* a fourni les données financières de cet article.

Son film est une coproduction entre la France (83%), le Sénégal (14%) et le Mali (3%) dont le budget prévisionnel est 1,9 millions €, soit 55% du budget prévisionnel médian des films français de fiction sortis depuis le début de l’année. https://siritz.com/financine/gros-budget-negale-pas-gros-box-office/

Pour la préparation, 35 jours de tournage et la post-production la rémunération de la réalisatrice est de 58 000 €, dont 28 000 € d’à valoir sur droits d’auteur et 30 000 € de salaire de technicien. C’est 70% de la rémunération médiane des réalisateurs de films français de fiction. https://siritz.com/financine/barometre-de-la-remuneration-des-realisateurs-2/ Elle a écrit le scénario pour 44 000 €, soit 50% du budget des scénarios de ces films. https://siritz.com/financine/la-part-du-scenario-dans-le-budget-augmente/ Les rôles principaux ont reçu 10 000 €, soit 12% de la rémunération médiane des rôles principaux de ces films. https://siritz.com/financine/comediens-boom-des-remunerations-au-top/

Le producteur français est La Chauve-Souris (Maud Leclair-Névé). Le film a bénéficié du CNC de 500 000 € d’avance sur recettes, du soutien à la préparation et  d’une aide aux créations visuelles et sonores.  Canal+ international et Arte cinéma sont coproducteurs. Le producteur a investi son salaire et ses frais généraux.  Canal+ international et Arte cinéma sont coproducteurs. Une sofica y a investi.

Canal+,Ciné+, Arte, TV5 Monde et Canal +international l’ont préacheté. Tandem a donné un minimum garanti pour les mandats de distribution salle, vidéo et vod en France. Best Friend Forever est le vendeur international, mais n’a pas donné de minimum garanti.

Le producteur sénégalais est Astou Production (Souleyman e Kébé). Il a obtenu le soutien de Fopica (aide nationale), de Jeune création francophone et de l’Organisation internationale de la francophonie. Le producteur Malien est DS productions (Débora Suc).

www.Cinefinances.info est un site, accessible par abonnement, destiné aux professionnels du cinéma.  Il publie budget, le plan de financement et la répartition des recettes prévisionnels de tous les films français qui sortent (hors les films « sauvages » qui ne déposent pas leurs contrats au registre public et ne demandent donc pas l’agrément qui leur permettrait d’accéder à l’aide du CNC). Il s’agit des chiffres de l’agrément d’investissement sur la base duquel le producteur a monté son financement. Il dispose d’archives des films sortis depuis 2010 et d’un puissant moteur de recherche, avec de multiples critères.

« Super Bourrés » est le premier long métrage du jeune Toulousain Bastien Milheau, diplômé de la FEMIS, qui avait déjà réalisé un court métrage en 2020.

Cinéfinances.info* a fourni les données financières de cet article.

Il est produit par Take shelter (Alexis Genauzeau) pour un budget prévisionnel de 2,4 millions €. C’est deux tiers du budget prévisionnel médian des films Français de fiction sortis depuis le début de l’année. https://siritz.com/financine/gros-budget-negale-pas-gros-box-office/

C’est à peu près le budget de « àma Gloria » qui sort également cette semaine. https://siritz.com/cinescoop/debuts-dune-realisatrice-chevronnee/

Pour la préparation, 32 jours de tournage et la post-production la rémunération du réalisateur est de 54 000 €, répartie en part égale entre à valoir sur droits d’auteur et salaire de technicien. C’est deux tiers de la rémunération médiane des réalisateurs de ces films Français de fiction sortis depuis le début de l’année. https://siritz.com/financine/barometre-de-la-remuneration-des-realisateurs-2/

Bastien Milheanu a également écrit le scénario pour 26 000 €, ce qui représente 30% du budget du scénario de ces films. https://siritz.com/financine/la-part-du-scenario-dans-le-budget-augmente/Les rôles principaux ont reçu 28 000 € ce qui est également 30% de ce qu’ils ont reçu pour ces films.

Pour le financement le producteur a investi son crédit d’impôt, son salaire, ses frais généraux mais aussi les imprévus pris en compte dans le budget prévisionnel. Zinc et Ciné-@ sont coproducteurs. La région Occitanie a apporté son aide. Le film a également reçu une aide du CNC pour la création de musique originale qui représente un tiers du budget de la bande musicale du film.

Zinc a donné un minimum garanti pour les mandats de distribution en salle, en vod et de ventes à l’étranger.

Le précédent film distribué par Zinc était « Un coup de maitre », sorti le 9 août dernier. Il était réalisé par Rémi Besançon. Il était produit par Mandarin et Compagnie pour 3,9 millions € de budget prévisionnel. Sorti dans 221 salles,  il avait rassemblé 60 000 entrées.

www.Cinefinances.info est un site, accessible par abonnement, destiné aux professionnels du cinéma.  Il publie budget, le plan de financement et la répartition des recettes prévisionnels de tous les films français qui sortent (hors les films « sauvages » qui ne déposent pas leurs contrats au registre public et ne demandent donc pas l’agrément qui leur permettrait d’accéder à l’aide du CNC). Il s’agit des chiffres de l’agrément d’investissement sur la base duquel le producteur a monté son financement. Il dispose d’archives des films sortis depuis 2010 et d’un puissant moteur de recherche, avec de multiples critères.

« àma Gloria » , qui a fait l’ouverture de la Semaine de la critique au dernier Festival de Cannes, est le quatrième long métrage de Marie Amachoukeli. Les trois précédents avaient été coréalisés et l’un d’entre eux était un dessin animé. https://fr.wikipedia.org/wiki/Marie_Amachoukeli C’est donc le premier film qu’elle réalise seule.

Cinéfinances.info* a fourni les données financières de cet article.

Il est produit par Lilies Films (Bénédicte Couvreur), pour un budget prévisionnel de 2,5 millions €. C’est 75% du budget médian des films français de fiction sortis depuis le début de l’année. https://siritz.com/financine/gros-budget-negale-pas-gros-box-office/

Pour la préparation, 32 jours de tournage et la post-production la rémunération de la réalisatrice est de 100 000 €, dont 55 000 € d’à valoir sur droits d’auteur et 45 000 € de salaire de technicien. C’est 20% de plus que la rémunération médiane des réalisateurs des films de cette année. https://siritz.com/financine/barometre-de-la-remuneration-des-realisateurs-2/ Elle a écrit le scénario pour           80 0000 €. C’est 10% de moins que le budget des scénarios de ces films. Les rôles principaux ont reçu 25 000 €. C’est 22% de leur rémunération médiane sur ces films. https://siritz.com/financine/comediens-boom-des-remunerations-au-top/

Le film a bénéficié de 500 000 € d’avance sur recettes. Le producteur a investi son crédit d’impôt, son salaire, du compte de soutien et ses frais généraux. La région Ile de France et l’Angoa lui ont apporté de l’aide. Deux soficas y ont investi.Le film est préacheté par Canal+, Ciné+ et TV5 Monde.

Pyramide a donné un minimum garanti pour le mandat salle et un autre pour le mandat international.

« Party girl » que Marie Amachoukeli avait réalisé avec Claire Burger et Samuel Theis, avait remporté la Caméra d’or au Festival de Cannes 2014. Et le film, produit par Élzevir Films pour 1,7 millions €, distribué par Pyramide, avait rassemblé 193 000 spectateurs. Auparavant, en 2010, elle avait obtenu le César du meilleur court-métrage pour « C’est gratuit pour les filles ».

www.Cinefinances.info est un site, accessible par abonnement, destiné aux professionnels du cinéma.  Il publie budget, le plan de financement et la répartition des recettes prévisionnels de tous les films français qui sortent (hors les films « sauvages » qui ne déposent pas leurs contrats au registre public et ne demandent donc pas l’agrément qui leur permettrait d’accéder à l’aide du CNC). Il s’agit des chiffres de l’agrément d’investissement sur la base duquel le producteur a monté son financement. Il dispose d’archives des films sortis depuis 2010 et d’un puissant moteur de recherche, avec de multiples critères.

Le distributeur Jean Labadie (Le Pacte) n’a pas hésité à choisir le 23 août, une période réputée creuse pour la fréquentation des films Français pour sortir « Anatomie d’une chute », la Palme d’or du Festival de Cannes, réalisé par Justine Triet. C’est un pari jugé audacieux par ses confrères puisqu’il est le seul film français à avoir choisi cette date. Il n’a pas eu tort puisque le film a rassemblé 260 000 entrées spectateurs dans 670 salles pour son premier week-end. Il est donc parti pour largement plus du million d’entrées, ce qui est très confortable pour un film pour lequel le distributeur n’a donné que 300 000 € de minimum garanti.

Cinéfinances.info* a fourni les données financières de cet article.

A 45 ans c’est le 4ème film que Justine Triet a réalisé. Dès sa première diffusion il avait été considéré comme l’un des grands favoris du Festival. https://fr.wikipedia.org/wiki/Justine_Triet 

Il est produit par Les Films de Pierre (Marie-Ange Luciani) et Les Films Pélléas (Philippe Martin et David Thion) pour un budget prévisionnel de 6,2 millions € .https://fr.wikipedia.org/wiki/Anatomie_d%27une_chute . C’est  un quart de plus que le budget moyen des films Français de fiction sortis depuis le début de l’année jusqu’au 19 juillet.  https://siritz.com/financine/pathe-et-boon-explosent-les-barometres/

Pour la préparation, 45 jours de tournage et la post-production la rémunération de la réalisatrice est de 100 000 €, répartie en part égale entre à valoir sur droits d’auteur et salaire de technicien. C’est 25% de plus que la rémunération médiane des réalisateurs de ces films. Elle a écrit le scénario avec Arthur Harari et ils se sont partagés 147 000 €. C’est deux tiers du budget moyen des scénarios de ces films. https://siritz.com/financine/la-part-du-scenario-dans-le-budget-augmente/ Les rôles principaux ont reçu 253 000 €. C’est 22% de plus que ce qu’ils ont reçu en moyenne pour ces films. https://siritz.com/financine/comediens-boom-des-remunerations-au-top/Il est probable que la réalisatrice et le co-scénariste recevront des rémunérations complémentaires substantielles proportionnelles aux résultat du film.

Ce dernier a bénéficié de 500 000 € d’avance sur recette du CNC. France 2 est coproducteur et 6 soficas y ont investi. Les régions Rhône-Alpes et Aquitaine ont apporté leur soutien ainsi que la Charente-Maritime. Canal+, Ciné+ et France 2 ont effectué un pré-achat. Le Pacte a donné un minimum garanti pour la distribution en France et MK2 international pour la distribution à l’étranger.

Le premier film réalisé par Justine Tiriet était « La bataille de Solférino », sorti en salle le 18 septembre 2013. Il était produit par Ecce films pour une budget prévisionnel de 842 000 €. Pour la préparation, le tournage et la post-production la rémunération de la réalisatrice  était de 31 000 €, dont 10 000 € d’à valoir sur droits d’auteur et 21 000 € de salaire de technicien. Elle avait écrit le scénario pour 10 000 €. Le film avait bénéficié de 500 000 € d’avance sur recettes. Distribué par Shellac il avait rassemblé 37 000 spectateurs.

Son second film était « Victoria », sorti le 14 septembre 2016. https://fr.wikipedia.org/wiki/Victoria_(film,_2016) Il était encore produit par Ecce films pour un budget prévisionnel de 4 millions €. Le film avait bénéficié de 550 000 € d’avance sur recettes.

Pour la préparation, le tournage et la post-production la rémunération de la réalisatrice était de 144 000 €, répartie en part égale entre à valoir sur droits d’auteur et salaire de technicien. Elle avait écrit le scénario pour 135 000 €. Distribué par Le Pacte le film avait rassemblé 657 000 spectateurs.

675 000 spectateurs pour son précédent film

Le troisième film de Justine Triet état « Sybil », sorti le 24 mai 2019 était produit par Les Films Péléas, pour un budget prévisionnel de 6,2 millions €. https://siritz.com/cinescoop/la-remuneration-de-la-realisatrice-justine-triet-realisatrice/ Pour la préparation, le tournage et la post-production la rémunération de la réalisatrice était de 94 000 €, dont 45 000 € d’à valoir sur droits d’auteur et 49 000 € de salaire de technicien.

Elle avait écrit le scénario avec Arthur Harari et ils s’étaient partagés 166 000 €. Distribué par le Pacte le film avait rassemblé 310 000 spectateurs.

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Comme on l’avait espéré la fréquentation des salles de cinéma en France, mais aussi dans d’autres pays, comme le Royaume uni, a retrouvé son niveau d’avant le Covid. Les résultats de l’été, malgré la canicule, se sont révélés exceptionnels, ce qui fait que le cumul de l’année n’est désormais que 9,5% en-dessous de celui de 2019 qui avait terminé au niveau record de 213 millions d’entrées.

C’est évidemment dû au phénomène « Barbeinhamer » qui confirme que le cinéma reste un loisir collectif des plus populaires, notamment quand il n’oublie pas qu’il est aussi un art et que les réalisateurs sont des auteurs. https://siritz.com/editorial/oppenheimer-nouveau-graal-du-cinema/.une

Mais, cet été, un film français a, lui aussi permis de confirmer cette constatation. Il s’agit de « Yannick » le 12ème film de Quentin Dupieux, un réalisateur qui est aussi célèbre  par sa musique électronique. https://fr.wikipedia.org/wiki/Quentin_Dupieux

Il n’a pas rassemblé comme les deux blockbusters américains des millions de spectateurs. Mais il illustre à quel point la force du cinéma français est dans sa diversité.

Cinéfinances.info* a fourni les données financières de cet article.

Car « Yannick », dont le  budget de 925 000 € est parmi les 10% les moins élevées des fictions françaises sorties depuis le début de l’année. Il a été tourné  en 6 jours ce  qui est exceptionnellement rapide, même pour ce niveau de budget. En outre, il ne dure que 67 minutes, ce qui est à peine plus que les 60 minutes de durée maximale des courts métrages. Et pourtant, les salles affichent le même tarif que pour leurs autres films. Or, il est parti pour  quelques 350 000 entrées.

C’est qu’il repose sur une véritable idée de créateur, à laquelle tout spectateur du film peut s’identifier. Dans « La rose pourpre du Caire » Woody Allen faisait sortir de l’écran le personnage du film pour rejoindre dans la salle une spectatrice et vivre avec elle dans la vraie vie. Ici Quentin Dupieux, au milieu d’une mauvaise pièce de théâtre, comme il nous est arrivé d’en voir, fait se lever et objecter un spectateur qui n’en peut plus. Il monte sur scène et impose progressivement des changements à la pièce.Chacun d’entre nous qui a souvent envie de refuser de se voir imposer sans réagir le monde tel qu’il est peut s’identifier à lui.

Le distributeur Diaphana n’a pas donné le moindre minimum garanti. Mais il va recevoir, rien qu’en soutien automatique à la distribution, ce qui devrait en grande partie couvrir les frais d’édition pour une sortie dans 300 salles. Et, sur un minimum de 1 000 000 € de recette distributeur, sa commission devrait se situer autour de 200 000 €.

Les producteurs -Atelier de Production (Thomas et Mathieu Verhaegue) et Chi-Fou-Mi Productions(Nicolas Dumont)- ont financé le film sans le moindre apport extérieur, ce qui, là encore, est exceptionnel pour une fiction. Compte tenu du crédit d’impôt leur apport effectif est de l’ordre de 700 000 €.

Or, rien qu’en soutien automatique ils devraient recevoir plus de 300 000 €. Déduction faite de sa commission et des frais d’édition, le distributeur devrait pouvoir leur verser de l’ordre de 400 000 à 500 000 €. Ils seront donc très bénéficiaires. En outre ils conservent  tous les droits, en dehors de la distribution salle. Compte tenu de son succès le film sera sans doute acheté par une chaîne payante Premium, une chaîne cinéma et une chaîne en clair, ce qui rendra le film encore plus bénéficiaire pour ses producteurs. Peut-être sera-t-il même exporté. Et pourquoi le remake n’intéresserait-il pas  les États-Unis ?

Enfin, compte tenu de ce succès, il est probable que le réalisateur recevra des droits d’auteur complémentaires proportionnels aux résultats du film, supplémentaires à sa rémunération fixe limitée à 10 000 €.

Bien entendu la sortie à succès, en plein été, de la Palme d’or du dernier Festival de Cannes est une autre illustration de la santé du cinéma français. Nous en parlerons demain.

*www.Cinefinances.info est un site, accessible par abonnement, destiné aux professionnels du cinéma.  Il publie budget, le plan de financement et la répartition des recettes prévisionnels de tous les films français qui sortent (hors les films « sauvages » qui ne déposent pas leurs contrats au registre public et ne demandent donc pas l’agrément qui leur permettrait d’accéder à l’aide du CNC). Il s’agit des chiffres de l’agrément d’investissement sur la base duquel le producteur a monté son financement. Il dispose d’archives des films sortis depuis 2010 et d’un puissant moteur de recherche, avec de multiples critères.

Cette semaine est à marquer d’une pierre blanche pour l’industrie du cinéma mondial. Deux films de studios américains, visant à être des blockbusters, sont sortis en même temps dans le monde entier et ont, chacun, réalisé un score non seulement énorme mais bien supérieur à celui espéré.

D’une part « Oppenheimer », réalisé par Christopher Nolan. Trois heures sur la vie du père de la bombe atomique. Pas un superhéros, mais un personnage complexe et des enjeux d’une grande actualité. D’autre part, « Barbie », le troisième film qu’a réalisé (elle a également co-écrit le scénario) la comédienne Greta Gerwig, une comédie hilarante dont le personnage principal est la poupée de Mattel. Certes, il s’agit d’une des plus célèbres franchises mondiales. Mais, comme le film de Christopher Nolan, il s’agit en fait d’un vrai film d’auteur. C’est une critique sarcastique de notre société, du statut de la femme du machisme et du capitalisme. Fait incroyable, Mattel à qui ont été achetés les droits d’utilisation du personnage et qui est coproducteur du film, a accepté d’y être mis en boite.

DES RECORDS AUX ÉTATS-UNIS/CANADA ET DANS LE MONDE

Pour son premier week-end,  selon Como, « Barbie » aurait totalisé 150 millions $ aux États-Unis/Canada et 182 millions $ dans le reste du monde. Des chiffres approchant les records absolus, avant le Covid, des deux « Avengers ». Et c’est aussi, de loin, le plus grand succès de toute l’histoire du cinéma d’un film réalisé par une femme. Or celui-ci n’a couté que 145 millions $, alors que les blockbusters les plus performants coutent au moins 200 millions $ et le dernier « Indiana Jones », 300 millions $.

Le box-office de « Oppenheimer » serait de 84 millions $ aux USA/Canada et 94 millions $ dans le reste du monde. Mais, compte tenu de ses trois heures et de son nombre réduit de séances, c’est également énorme et il aura une carrière plus longue. Et il n’a coûté que 100 millions $.

UN RECORD EN FRANCE

En France, selon FilmSource, la lettre hebdomadaire de Philippe Marti, pour son premier week-end « Barbie » a rassemblé 1 221 000 entrées , le troisième plus fort démarrage de l’année.  Et « Oppenheimer » 814 000 entrées. De ce fait le total des entrées ces 5 premiers jours bondit à 3 505 000 entrées, soit le deuxième plus faut score de l’année.

Le New-York times qualifie ces succès simultanés de « Barbenheimer ».  Ce double succès dément la règle d’or selon laquelle le marché ne supporte pas la sortie simultanée de deux blockbusters.

DES LEÇONS À TIRER

Pour l’industrie du cinéma, la première leçon à tirer c’est que, quand le public estime que l’offre correspond à ses attentes, il est entièrement disponible pour aller au cinéma. Et ce qu’il veut c’est quelque chose de nouveau, raconté de façon originale, pas une énième resucée de franchise. https://siritz.com/editorial/le-graal-et-la-pierre-philosophale-des-studios/ Même en plein mois de juillet. D’ailleurs aux États-Unis Juillet et Août sont depuis toujours les mois de sortie des blockbusters. Pour les distributeurs et producteurs Français, bien qu’ils correspondent aux vacances de la plus grande partie des Français, ce ne sont pas du tout des mois porteurs. Et, de toute façon, selon eux il n’y aurait pas la place pour d’autres grands succès  public à côté de ceux des blockbusters américains.

Autre leçon :  le triomphe américain a lieu pendant la grève des comédiens qui n’ont participé en aucune façon au lancement des deux films sur les médias ou dans les salles. La remarquable promotion des deux distributeurs, Warner et Universal, a suffi au public pour le convaincre qu’il devait voir ces deux films.

En tout état de cause, ces  deux succès devraient accélérer la recherche par les studios d’une politique fondée avant tout sur l’innovation créative et non sur les franchises.C’est à dire avant tout sur le talent, voire le génie. Mais cela a toujours été le cas dans les arts. Or, si le cinéma est une industrie, c’est aussi un art.