Le 30 mars dernier l’Association des Réalisateurs Producteurs (ARP) organisait, dans son cinéma le Cinéma des Cinéastes, à deux pas de la place Clichy, une soirée débat sur la sortie des films. C’est un sujet essentiel pour les quelques 750 films qui sortent chaque année en France , dont près de 40% sont des films français.

Ils sortent dans plus de 2 000 établissements et plus de 6300 écrans.  A ce jour 257 établissements sont des multiplexes et  ils réalisent 57% du chiffre d’affaires de l’ensemble des salles. De même, alors qu’il y a largement plus de 100 distributeurs,  30 d’entre eux réalisent 90 % du chiffre d’affaires de l’ensemble. Qu’est ce qui fait marcher un film, c’est à dire permet aux producteurs et au distributeur d’amortir leurs investissements et de dégager un bénéfice pour être en mesure de produire et de distribuer d’autres films?  Pour répondre à cette question l’ARP avait invité  des représentants de toutes les professions directement concernées par cette question, du producteur à l’exploitant en passant par le réalisateur, le distributeur, le créateur d’affiche et le fabriquant de bande-annonce.

La bande-annonce crée le désir de voir un film

D’une manière générale, il y a un point qui semble avoir recueilli l’unanimité des intervenants. Comme l’a dit François Clerc, qui dirige le distributeur Apollo, ce qui crée le désir de voir un film c’est la bande-annonce. Tout le reste des dépenses de promotion créent la notoriété. Mais la notoriété ne garantit nullement l’envie de voir un film. En revanche personne ne sait d’avance ce qui va marcher.

Le principal véhicule de diffusion de la bande-annonce est de moins en moins la salle de cinéma, d’autant plus que les circuits font désormais payer sa diffusion. La télévision est devenue un véhicule très puissant. Mais c’est surtout, comme l’a noté Christophe Rossignon (Nord-Ouest productions), internet et les réseaux sociaux qui jouent un rôle déterminant, au détriment de l’affichage. Et les influenceurs deviennent de plus en plus importants.

Cela étant dit, ce qui était frappant dans les interventions, c’est qu’il n’y a pas de règle à suivre pour lancer un film.  Dans cette industrie à risque il n’y a que des cas particuliers. Ainsi, Martin Bourboulon, le réalisateur de plusieurs blockbusters, dont les deux «  Trois mousquetaires », a expliqué que son producteur, Dimitri Rassam « vend le film avant qu’il y ait un scénario ». Il est clair qu’il doit être l’un des seuls dans son cas, l’écriture du scénario étant probablement l’investissement totalement à risque par lequel doivent débuter la plupart des producteurs. Autre exemple de la diversité de cette industrie :  Rageman, le directeur de création de Rysk, l’un des grands studios créateurs d’affiches de films,  affirme  » je ne vois jamais le film avant de réaliser l’affiche « . Pour lui cela signifie donc que c’est au producteur, au réalisateur et au distributeur de résumer ce que le film devra signifier pour son public.

15 nouveaux films par semaine

La programmation d’un film, c’est à dire les salles dans lesquelles il va sortir ainsi que ses séances, est évidemment déterminant. La durée moyenne de programmation d’un film est 4 semaines, avec des écarts considérables. Car chaque semaine, il y a en moyenne 15 nouveaux films qui entrent sur le marché. Chaque distributeur d’un film va se battre pour ne pas se faire déprogrammer au profit d’un autre film. Et, lors de l’AG du Syndicat Français des Théâtres Cinématographiques, on a vu que, sur ce plan, la tension entre distributeurs et exploitants, mais aussi entre exploitants, s’est fortement accrue. https://siritz.com/editorial/lunion-pour-affronter-les-orages-a-venir/

Mais, là encore, Christine Beauchemin-Flot, la directrice et programmatrice du Sélect à Anthony, une salle municipale de 4 écrans, a expliqué qu’elle décide sa programmation pour 3 à 4 semaines à l’avance et  qu’elle garde les films à l’affiche comme prévu initialement, quels que soient leurs résultats. Il est vrai que les salles municipales n’ont pas les mêmes impératifs de rentabilité que les salles privées.

En somme cette soirée a confirmé que la sortie des films n’est pas une science exacte.

Le 16ème film de cinéma réalisé par Claire Denis https://fr.wikipedia.org/wiki/Claire_Denis est « Le cri des gardes » https://fr.wikipedia.org/wiki/Le_Cri_des_gardes une adaptation de la pièce de théâtre « Combat de nègres » de Bernard-Marie Koltès, mise en scène par Patrice Chéreau il y a 40 ans : un noir réclame justice à 3 blancs.

Cinéfinances.info* a fourni les données financières de cet article.

Claire Denis

Le budget prévisionnel de cette coproduction entre la France (80%) et le Sénégal (20%) est 5 millions €, soit 90% du budget moyen des films français de fiction sortis en 2025. https://siritz.com/financine/le-barometre-des-budgets-previsionnels-2025-24-23/Pour la préparation, 31 jours de tournage, dont un en studio, et la post-production, la rémunération de la réalisatrice est de 120 000 €, répartie en part égale entre à valoir sur droits d’auteur et salaire de technicien. C’est là encore 90% de la rémunération moyenne des réalisateurs. https://siritz.com/financine/remuneration-en-2025-24-23-des-realisateurs/ Les droits de la pièce ont été acquis pour 60 000 €. Quant au scénario il a été écrit par Claire Denis, Andre Litvak, Suzanne Lindon et Lucie Bordereau pour 129 000 €. Le budget total du scénario est donc égal au budget moyen des scénarios. https://siritz.com/financine/le-budget-total-des-scenarios-en-2025-24-23/

La musique a été confiée au groupe Tindersticks pour 80 000 €. C’est 110% du budget moyen de la musique de films. https://siritz.com/financine/le-barometre-2025-24-23-de-la-musique-de-films/. Enfin, la rémunération des rôles principaux est 400 000 €, soit 120% de la rémunération moyenne des rôles principaux. https://siritz.com/financine/remuneration-des-roles-principaux-2025-24-23/

Pour bien illustrer la part du budget que la production de « Le cri des gardes » a consacré aux quatre principaux postes de l’affiche par rapport à ce qui leur est consacré dans la moyenne des films le tableau ci-dessous est éclairant :

Comme on le voit en comparaison de la moyenne des films, la part du budget total que la production consacre à la rémunération du réalisateur, du scénario et de la musique est supérieure. Celle qu’elle consacre à la rémunération des rôles principaux est même le double.

Les producteurs délégués sont Curiosa films (Olivier Delbosc) et Vixens (Olivier Muller). Arte France cinéma est coproducteur. Le CNC a accordé une aide aux cinémas du monde. Canal+, Ciné+ et Arte l’ont préacheté. Les Films du Losange a donné un minimum garanti pour les mandats France et Goodfellahs un minimum garanti beaucoup plus important pour les ventes à l’étranger. Le producteur Sénégalais est Astou production qui a bénéficié de l’aide nationale FOPICA et de l’aide du cinéma du monde du CNC. Il a également bénéficié du Prix Red Sea.

Le précédent film de Claire Denis était « Stars at noon » sorti en 2023 et également tourné en anglais. Son budget prévisionnel était 6,2 millions € et il était produit par Curiosa Films. Ad Vitam était le distributeur et le film avait rassemblé 21 000 spectateurs. https://siritz.com/cinescoop/la-remuneration-de-claire-denis-2/

 www.Cinefinances.info est un site, accessible par abonnement, destiné aux professionnels du cinéma.  Il publie budget, le plan de financement et la répartition des recettes prévisionnels de tous les films français qui sortent (hors les films « sauvages » qui ne déposent pas leurs contrats au registre public et ne demandent donc pas l’agrément qui leur permettrait d’accéder à l’aide du CNC. Il s’agit des chiffres de l’agrément d’investissement sur la base duquel le producteur a monté son financement. Il dispose de nombreuses archives et d’un puissant moteur de recherche. Il dispose d’archives des films sortis depuis 2010 et d’un puissant moteur de recherche, avec de multiples critères.

Le 8ème long métrage pour la cinéma réalisé par Gilles de Maistre https://fr.wikipedia.org/wiki/Gilles_de_Maistre est un film d’aventures, inspiré d’une histoire vrai, « L’enfant du désert » https://fr.wikipedia.org/wiki/L%27Enfant_du_désert sur un enfant élevé par un couple d’autruches.

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Gilles de Maistre

le budget prévisionnel de cette coproduction entre la France (85%) et la Belgique (15%) est 9,9 millions €, soit trois quarts de plus que le budget prévisionnel moyen des films français de fiction sortis en 2025. https://siritz.com/financine/le-barometre-des-budgets-previsionnels-2025-24-23/Pour la préparation, 34 jours de tournage et la post-production la rémunération du réalisateur est de 300 000 €, répartie en part égale entre à valoir sur droits d’auteur et salaire de technicien. C’est le triple de la rémunération moyenne des réalisateurs de fims de fiction. https://siritz.com/financine/remuneration-en-2025-24-23-des-realisateurs/. C’est l’adaptation d’un livre de Monika Zak, “Hadara The ostrich boy”, dont les droits ont été acquis 120 000 €. Gilles et Prune de Maistre ont écrit le scénario pour 220 000 €. Ainsi, le budget total du scénario est 360 000 €, soit le double du budget moyen des scénarios. https://siritz.com/financine/le-budget-total-des-scenarios-en-2025-24-23/

La musique a été confiée à Armand Amar pour 100 000 €. C’est 50% de plus que le budget moyen de la musique de film. Enfin la rémunération des rôles principaux n’est que de 45 000 €, soit 15% de la rémunération moyenne des rôles principaux. https://siritz.com/financine/remuneration-des-roles-principaux-2025-24-23/

Pour bien illustrer la part du budget que la production de« L’enfant du désert » a consacré aux quatre principaux postes de l’affiche par rapport à ce qui leur est consacré dans la moyenne des films le tableau ci-dessous est éclairant :

Comme on le voit, en pourcentage du budget total, la rémunération du réalisateur et du scénario est supérieure à la moyenne des films, celle de la musique légèrement inférieure et celle de la rémunération des rôles principaux le dixième de la moyenne des films.

Le producteurs délégués sont Mai Juin productions (Gilles de Maistre) et StudioCanal.7 sofica non garanties y ont investi. Canal+ et Ciné+ l’ont préacheté et StudioCanal a donné un minimum garanti pour tous les mandats de distribution. Le producteur belge est Umédia qui a bénéficié du tax shleter et du soutien de Wallimage.

Le précédent film réalisé par Gilles de Maistre était « Moon le panda », sorti en 2025. Ses producteurs délégués étaient Mai juin production et Gaumont. Son budget prévisionnel était 9,9 millions €. Gaumont était le distributeur était  le film avait rassemblé 573 000 entrées. https://siritz.com/cinescoop/lamitie-dun-petit-garcon-et-dun-panda/

www.Cinefinances.info est un site, accessible par abonnement, destiné aux professionnels du cinéma.  Il publie budget, le plan de financement et la répartition des recettes prévisionnels de tous les films français qui sortent (hors les films « sauvages » qui ne déposent pas leurs contrats au registre public et ne demandent donc pas l’agrément qui leur permettrait d’accéder à l’aide du CNC). Il s’agit des chiffres de l’agrément d’investissement sur la base duquel le producteur a monté son financement. Il dispose de nombreuses archives et d’un puissant moteur de recherche. Il dispose d’archives des films sortis depuis 2010 et d’un puissant moteur de recherche, avec de multiples critères.

Le troisième film réalisé par Julien Hervé https://fr.wikipedia.org/wiki/Julien_Hervé, la comédie « Cocorico 2 », dont il est également le scénariste et le producteur, nous présente 2 familles face au test ADN. . https://www.unifrance.org/film/62442/cocorico-2

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Julien Hervé

Son budget prévisionnel est 11,3 millions €, soit le double du budget prévisionnel moyen des films français de fiction sortis en 2025. https://siritz.com/financine/le-barometre-des-budgets-previsionnels-2025-24-23/Pour la préparation, 48 jours de tournage et la post-production la rémunération du réalisateur est de 400 000 €, dont 225 000 € d’à valoir sur droits d’auteur et 175 000 € de salaire de technicien.C’est trois fois la rémunération moyenne des réalisateurs. https://siritz.com/financine/remuneration-en-2025-24-23-des-realisateurs/. En tant que scénariste sa rémunération est de 752 000 €. C’est plus de 4 fois le coût moyen des scénarios https://siritz.com/financine/le-budget-total-des-scenarios-en-2025-24-23/et le 2èmebudget le plus élevé des films sortis cette année, derrière « Marsupilami ». https://siritz.com/cinescoop/une-comedie-tres-attendue-pour-tous-les-publics/

La musique a été confiée à Mateï Batescot pour 100 000 €, soit 40% de plus que le budget moyen de la musique de film. https://siritz.com/financine/le-barometre-2025-24-23-de-la-musique-de-films/. Enfin, la rémunération des rôles principaux est 2 millions €. C’est 6 fois la rémunération moyenne des rôles principaux https://siritz.com/financine/remuneration-des-roles-principaux-2025-24-23/  Et la deuxième rémunération la plus élevée des films sortis cette année derrière celles de « Coutures » https://siritz.com/cinescoop/les-femmes-et-maladie-dans-le-monde-de-la-mode/

Pour bien illustrer la part du budget que la production de « Cocorico 2» a consacré aux quatre principaux postes de l’affiche par rapport à ce qui leur est consacré dans la moyenne des films le tableau ci-dessous est éclairant :

Comme on le voit, par rapport à la moyenne des films, « Cocorico 2 » consacre à la rémunération de réalisateur, à celle du scénario et surtout à la rémunération des rôles principaux une part du budget total bien supérieure à la moyenne des films. En revanche il consacre au budget de la musique une part bien inférieure.

Les producteurs délégués sont White and Yellow Films (Julien Hervé) et SND. M6 films est coproducteur. Canal+, Ciné+, M6 et W9 l’ont préacheté. SND a donné un minimum garanti pour tous les mandats de distribution. Le producteur belge Fontana est coproducteur.

Le précédent film réalisé par Julien Hervé était « Cocorico », sorti en 2024. Son budget prévisionnel était 10 millions €. Il avait les mêmes producteurs et le même distributeur. Il avait rassemblé 2 millions de spectateurs. https://siritz.com/cinescoop/cocorico-pour-le-demarrage-de-cococico/

www.Cinefinances.info est un site, accessible par abonnement, destiné aux professionnels du cinéma.  Il publie budget, le plan de financement et la répartition des recettes prévisionnels de tous les films français qui sortent (hors les films « sauvages » qui ne déposent pas leurs contrats au registre public et ne demandent donc pas l’agrément qui leur permettrait d’accéder à l’aide du CNC). Il s’agit des chiffres de l’agrément d’investissement sur la base duquel le producteur a monté son financement. Il dispose de nombreuses archives et d’un puissant moteur de recherche. Il dispose d’archives des films sortis depuis 2010 et d’un puissant moteur de recherche, avec de multiples critères.

La 117 eme assemblée générale des théâtres cinématographiques, le principal syndicat des exploitants français, que préside François Thirriot, a eu lieu mercredi dernier au Pathé du centre commercial Beaugrenelle. Elle s’est tenue alors que, après les très mauvais résultats de 2025, au premier trimestre de cette année, la fréquentation semble bien repartie (+15%).

Mais les exploitants français n’ont pas encore amorti les pertes de la période du covid cumulées avec les mauvais résultats de 2025. D’autant plus que, comme l’a rappelé Frédéric Chapuis, le vice-président du syndicat, les salles doivent renouveler leurs projecteurs numériques acquis, il y a 15 ans, lors du passage de la pellicule au numérique. Ce dernier a par ailleurs regretté des sorties trop larges pour les films porteurs, ce qui amoindrit l’effet du bouche à oreille. Et, alors que les multiplexes de plus de 6 écrans sont soumis à un encadrement de leur programmation, il estime souhaitable que les distributeurs soient également soumis à un encadrement de leur offre.

Néanmoins, la fréquentation est redevenue encourageante. En France, selon Éric Marty, le directeur général de Comscore, le premier trimestre se situe à 80% de la médiane des années pré-covid, qui étaient toutes de bonnes années. Par ailleurs, ces bons résultats se retrouvent dans la plupart des pays européens : +7% au Royaume-Uni, + 12% en Italie et surtout, grâce à des films nationaux, +33% en Allemagne et + 45% en Espagne. En outre, ce mercredi démarrait en France  le second volet de « Super Mario  » qui, pour son premier jour, se situait 10% au-dessus du premier volet qui, en 2023, avait terminé sa carrière à 7,3 millions d’entrées. Donc, même si les exploitants français n’ont pas encore entièrement amorti les pertes de l’année dernière, il y a toutes les raisons d’être optimistes et de penser que l’industrie du cinéma va retrouver ses équilibres d’avant la crise du Covid.

Menace sur le CNC et le Fonds de soutien

Mais Richard Patry, le président de la Fédération nationale des cinémas français, qui regroupe la totalité des syndicats d’exploitants, n’en a pas moins  lancé un retentissant cri d’alarme. Il a rappelé les menaces politiques qui pèsent sur la profession. Ainsi, à l’Assemblée nationale, un projet de loi supprimant le CNC « n’a été repoussé que de 3 voix ». Et, comme on le sait, cette suppression est dans le programme du Rassemblement national qui, à l’heure actuelle, est, de loin, le favori des élections de 2027. Or, il est évident que la fin du CNC et, donc du fonds de soutien, serait un désastre pour le cinéma français. Rajoutons que le Rassemblement national veut privatiser le service public de l’audiovisuel, ce qui aurait pour effet, comme le rappellent TF1 et M6, de plonger l’ensemble des chaînes françaises dans le déficit et les faillites. Or, la télévision est la principale source de financement de la production de films français. Mais, Richard Patry a insisté sur le fait que, même dans les partis « modérés » et dits « de gouvernement », et, notamment au Sénat, le cinéma a l’image d’un secteur surprotégé. C’est pourquoi il est indispensable que la profession se mobilise pour faire prendre conscience aux responsables politique de l’importance de ce secteur qui, contrairement à ce qu’ils croient, n’est nullement financé par le contribuable. Et les exploitants, dont les cinémas contribuent fortement à l’activité de leur commune, sont particulièrement bien placés pour faire effectuer cette prise de conscience aux  élus locaux et aux  parlementaires.

Tension croissante entr’exploitants et distributeurs et entre exploitants

Le problème c’est que, comme l’a rappelé Richard Patry, règne une profonde tension au sein de la profession : entre exploitants et distributeurs, mais aussi, entre exploitants. Surtout, cette tension s’accroît. Ce qui va à l’encontre du besoin d’unité. Le CNC a mis en place des médiateurs pour trouver des solutions aux inévitables conflits au sein de la profession. Or, le recours à ces médiations est en net recul, comme l’a souligné Catherine Verliac, la directrice adjointe du cinéma du CNC.  Ce qui traduit un état d’esprit inquiétant. Il  est au contraire est indispensable d’y recourir aussi systématiquement que possible pour réduire le climat de tension. Enfin, lors de son intervention, le président de la FNCF a rappelé que le distributeur doit être maître de son plan de sortie. Mais il a appelé de manière solennelle à l’union pour affronter les orages à venir.

Le second film réalisé par la marocaine Meryem Benm’Barek https://fr.wikipedia.org/wiki/Meryem_Benm%27Barek est  « Derrière les palmiers » https://fr.wikipedia.org/wiki/Derrière_les_palmiers sur les mauvais choix d’un jeune marocain.

Cinéfinances.info* a fourni les données financières de cet article.

Meryem Benm’Barek

Le budget prévisionnel de cette coproduction entre la France (49%), la Belgique (14%), le Royaume-Uni (13%) et le Maroc (24%) est 2,1 millions €, soit 55% du budget médian des films français de fiction sortis en 2025. https://siritz.com/financine/le-barometre-des-budgets-previsionnels-2025-24-23/ Pour la préparation, 48 jours de tournage et la post-production la rémunération de la réalisatrce est de 49 000 €, dont 20 000 € d’à valoir sur droits d’auteur et 29 000 € de salaire de technicien. C’est 60% de la rémunération médiane des réalisateurs. https://siritz.com/financine/remuneration-en-2025-24-23-des-realisateurs/. Elle a écrit le scénario avec Fyzal Boulifa pour 79 000 €, soit la moitié du budget médian des scénarios. https://siritz.com/financine/le-budget-total-des-scenarios-en-2025-24-23/

La musique a été confiée Jim Williams pour 29 000 €, ce qui revient à 60% du budget médian de la musique de films. https://siritz.com/financine/le-barometre-2025-24-23-de-la-musique-de-films/Enfin, la rémunération des rôles principaux est 65 000 €. C’est 40% de la rémunération médiane des rôles principaux. https://siritz.com/financine/remuneration-des-roles-principaux-2025-24-23/

Pour bien illustrer la part du budget que la production de « Derrière les palmiers » a consacré aux quatre principaux postes de l’affiche par rapport à ce qui leur est consacré dans la moyenne des films le tableau ci-dessous est éclairant :

Comme on le voit, par rapport à la moyenne des films, « Derrière les palmiers », consacre à la rémunération du réalisateur, à celle des scénaristes et au budget de la musique un pourcentage du budget général légèrement supérieur. En revanche il consacre à la rémunération des rôles principaux une part bien inférieure.

Le producteur délégué est Tessalit productions (Jean Bréhat). Une sofica garantie par le producteur et deux sofica non garantie y ont investi. Ciné + et TV5 monde l’ont préacheté. Il a bénéficié du soutien du Fonds image de la francophonie et de l’Institut français. Pyramide distribution a donné un minimum garanti pour les mandats France et un autre pour les ventes à l’étranger. MAD solutions a également apporté son soutien.

Le producteur belge est Novak pro qui a bénéficié du soutien de Wallonie-Bruxelles et du  Tax shelter. Le producteur britannique est The Bureau qui a bénéficié de l’aide du BFA Global screen fund et de l’investissement de  Digital Orchad Equity. Le producteur marocain est Agora Films qui a bénéficié de l’avance sur recettes de CCM et d’un préachat TV de 2M.

Le premier film réalisé par Meryem Benm’Barek était « Sofia », sorti en 2018. Le producteur était Curiosa films pour un budget prévisionnel de 1,1 million €. Le distributeur était Memento distribution et le film avait rassemblé 82 000 spectateurs. https://fr.wikipedia.org/wiki/Sofia_(film,_2018)

www.Cinefinances.info est un site, accessible par abonnement, destiné aux professionnels du cinéma.  Il publie budget, le plan de financement et la répartition des recettes prévisionnels de tous les films français qui sortent (hors les films « sauvages » qui ne déposent pas leurs contrats au registre public et ne demandent donc pas l’agrément qui leur permettrait d’accéder à l’aide du CNC). Il s’agit des chiffres de l’agrément d’investissement sur la base duquel le producteur a monté son financement. Il dispose de nombreuses archives et d’un puissant moteur de recherche. Il dispose d’archives des films sortis depuis 2010 et d’un puissant moteur de recherche, avec de multiples critères.

Le 13ème film réalisé par Gérard Jugnot https://fr.wikipedia.org/wiki/Gérard_Jugnotet dont il est l’un des interprètes principaux, la comédie « Mauvaise pioche » https://fr.wikipedia.org/wiki/Mauvaise_Pioche_(film,_2026)  , est une farce judiciaire et médiatique.

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Gérard Jugnot

Son budget prévisionnel est 6 millions €, soit  10% au-dessus du budget prévisionnel moyen des films français de fiction sortis en 2025. https://siritz.com/financine/le-barometre-des-budgets-previsionnels-2025-24-23/ Pour la préparation, 35 jours de tournage et la post-production, la rémunération du réalisateur est de 260 000 €, répartie en part égale entre à valoir sur droits d’auteur et salaire de technicien. C’est le double de la rémunération moyenne des réalisateurs. https://siritz.com/financine/remuneration-en-2025-24-23-des-realisateurs/Il a écrit le scénario avec Fréderic Hazan et Serge Lamadie pour 250 000 €, soit presque le double du budget moyen des scénarios. https://siritz.com/financine/le-budget-total-des-scenarios-en-2025-24-23/

La musique a été confiée à Pascal Langagne pour 68 000 €. C’est à peu près le budget moyen de la musique de films. https://siritz.com/financine/le-barometre-2025-24-23-de-la-musique-de-films/Enfin, la rémunération des rôles principaux est 286 000 €, soit 85% de la rémunération moyenne des rôles principaux.https://siritz.com/financine/remuneration-des-roles-principaux-2025-24-23/

Pour bien illustrer la part du budget que la production de « Mauvaise pioche» a consacré aux quatre principaux postes de l’affiche par rapport à ce qui leur est consacré dans la moyenne des films le tableau ci-dessous est éclairant :

Comme on le voit « Mauvaise pioche » consacre à la rémunération de son réalisateur, de ses scénaristes, de sa musique et de ses rôles principaux un pourcentage du budget global supérieur à la moyenne des films.

Le producteur délégué est M.E.S productions (Marc-Etienne Schwartz) et TF1 films production est coproducteur. Une sofica non garantie y a investi. Le film a bénéficié de l’aide non remboursable de la Région Sud et de la Métropole Marseille Provence. TF1, TMC, Ciné+ et Netflix l’ont pré-acheté.Pan distribution a donné un minimum garanti pour le mandat de distribution France et WT Films pour les ventes à l’étranger.

Le précédent film réalisé par Gérard Jugnot était « Le Petit Piaf », sorti en 2022. Il était produit par M.E.S productions et Gaumont pour un budget prévisionnel de 7 millions €. Gaumont était le distributeur et le film avait rassemblé 140 000 spectateurs. https://siritz.com/cinescoop/la-remuneration-de-gerard-jugnot/

www.Cinefinances.info est un site, accessible par abonnement, destiné aux professionnels du cinéma.  Il publie budget, le plan de financement et la répartition des recettes prévisionnels de tous les films français qui sortent (hors les films « sauvages » qui ne déposent pas leurs contrats au registre public et ne demandent donc pas l’agrément qui leur permettrait d’accéder à l’aide du CNC). Il s’agit des chiffres de l’agrément d’investissement sur la base duquel le producteur a monté son financement. Il dispose de nombreuses archives et d’un puissant moteur de recherche. Il dispose d’archives des films sortis depuis 2010 et d’un puissant moteur de recherche, avec de multiples critères.

Le 9ème long métrage réalisé par Yann Samuell  https://fr.wikipedia.org/wiki/Yann_Samuell  est « Compostelle » https://fr.wikipedia.org/wiki/Yann_Samuell  : accompagnatrice et délinquant sur le chemin d’un pèlerinage.

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Yann Samuell

le budget prévisionnel  de cette coproduction entre la France (94%) et la Belgique (6%) est 6 millions €, soit 10% de plus que le budget prévisionnel moyen des films français de fiction sorti en 2025. https://siritz.com/financine/le-barometre-des-budgets-previsionnels-2025-24-23/Pour la préparation, 38 jours de tournage et la post-production la rémunération du réalisateur est de 125 000 €, répartie en part égale entre à valoir sur droits d’auteur et salaire de technicien. C’est légèrement moins que la rémunération moyenne des réalisateurs de films de fiction. https://siritz.com/financine/remuneration-en-2025-24-23-des-realisateurs/Il a écrit le scénario avec Paul Rotman pour 172 000 €. Là encore, c’est légèrement moins que le budget moyen des scénarios.

La musique a été confiée à Romeo Lowercase, Astrid Gomez-Montoya et Rebecca Delannet, soit 90% du budget moyen de la musique de film. https://siritz.com/financine/le-barometre-2025-24-23-de-la-musique-de-films/Enfin, les rôles principaux ont reçu 332 000 €, soit la rémunération moyenne des rôles principaux. https://siritz.com/financine/remuneration-des-roles-principaux-2025-24-23/

Pour bien illustrer la part du budget que la production de « Compostelle » a consacré aux quatre principaux postes de l’affiche par rapport à ce qui leur est consacré dans la moyenne des films le tableau ci-dessous est éclairant :

Comme on le voit, par rapport à la moyenne des films, « Compostelle » consacre à la rémunération du réalisateur et des scénaristes ainsi qu’à la musique une part du budget légèrement inférieure à la moyenne du film. En revanche il consacre à la rémunération des rôles principaux une part supérieure de 50%.

Les producteurs délégués sont Eyeva Productions (Nathanaël Lacombe) et Page films (Marc de Dommartin et Dalil Merad). Apollo Films et France 3 cinéma sont coproducteurs. 4 sofica non garanties et une sofica adossée à Apollo Films y ont investi. La région Auvergne-Rhône-Alpes cinéma lui a accordé une aide remboursable et la région Occitanie une aide non remboursable. Apollo Films a donné un minimum garanti pour tous les mandats de distribution.

Le précédent film réalisé par Yann Samuell était « La guerre des lulus », sorti en 2022. Il était produit par Wild Bunch et Superprod pour un budget prévisionnel de 8 millions €. Wild Bunch était le distributeur et le film avait rassemblé 395 000 spectateurs. https://siritz.com/cinescoop/la-remuneration-de-yann-samuell/

www.Cinefinances.info est un site, accessible par abonnement, destiné aux professionnels du cinéma.  Il publie budget, le plan de financement et la répartition des recettes prévisionnels de tous les films français qui sortent (hors les films « sauvages » qui ne déposent pas leurs contrats au registre public et ne demandent donc pas l’agrément qui leur permettrait d’accéder à l’aide du CNC). Il s’agit des chiffres de l’agrément d’investissement sur la base duquel le producteur a monté son financement. Il dispose de nombreuses archives et d’un puissant moteur de recherche. Il dispose d’archives des films sortis depuis 2010 et d’un puissant moteur de recherche, avec de multiples critères.

Le deuxième film réalisé par Aurélien Vernhes-Lermusiaux  https://fr.wikipedia.org/wiki/Aurélien_Vernhes-Lermusiaux est « La couleuvre noire » https://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=325278.html, un envoutant requiem pour une terre abandonnée.

Cinéfinances.info* a fourni les données financières de cet article.

Aurélien Vernhes-Lermusiaux

Le budget prévisionnel de cette coproduction entre la France (57%), le Brésil (22%) et la Colombie (21%) est 740 000 €, soit à peine 20% du budget prévisionnel médian des films de fiction français sortis en 2025. https://siritz.com/financine/le-barometre-des-budgets-previsionnels-2025-24-23/Pour la préparation, 28 jours de tournage et la post-production la rémunération du réalisateur est de 25 000 €, dont 5 000 € d’à valoir sur droits d’auteur et 20 000 € de salaire de technicien. C’est 30% de la rémunération médiane des réalisateurs. https://siritz.com/financine/remuneration-en-2025-24-23-des-realisateurs/Il a écrit le scénario avec Marlène Poste pour 22 000 €, soit moins de 15% du budget médian des scénarios. https://siritz.com/financine/le-budget-total-des-scenarios-en-2025-24-23/

La musique de cet envoutant requiem pour une terre abandonnée a été confiée au groupe Tindersticks pour 20 000 €. C’est 40% du budget médian de la musique de films. https://siritz.com/financine/le-barometre-2025-24-23-de-la-musique-de-films/Enfin la rémunération des rôles principaux est 17 000 €, ce qui revient à 10% de la rémunération médiane des rôles principaux. https://siritz.com/financine/remuneration-des-roles-principaux-2025-24-23/

Pour bien illustrer la part du budget que la production de « La couleuvre noire » a consacré aux quatre principaux postes de l’affiche par rapport à ce qui leur est consacré dans la moyenne des films le tableau ci-dessous est éclairant :

Comme on le voit, en pourcentage du budget général la part de la rémunération du réalisateur et, surtout, de la musique est bien supérieure à celle de la moyenne des films. En revanche celle du scénario et, surtout, des rôles principaux, est très inférieure.

Le producteur délégué est Dublin Films (David Hurst et Fabrice Main). Le CNC lui a accordé l’aide au cinéma du monde à la post-production et l’aide aux effets spéciaux visuels. Il a bénéficié de l’aide de la Sacem et de l’aide du GAN. Il a également reçu les aides non remboursables  du  développement et de la production de la région Nouvelle-Aquitaine, ainsi qu’à la production du département  de la Charente-Maritime.ARP sélection lui a donné un minimum garanti pour la distribution en France et MMM sales pour les ventes à l’étranger.

Le producteur brésilien est Vulcana qui a obtenu l’aide nationale de ANCINE. Le producteur colombien est  Burning qui a bénéficié  des aides nationales FDC et de Ley de Cine 814 ainsi que du Tax shelter.

Le premier film d’Aurélien Vernhes-Lermusiaux était « Vers la bataille », produit en 2018, mais sorti en France en  2021. Cette coproduction Franco-Colombienne avait un budget prévisionnel de 1,7 millions €. Elle était produite par Noodles production et distribuée par Rezo Films. Elle avait rassemblé 4000 spectateurs https://fr.wikipedia.org/wiki/Vers_la_bataille

www.Cinefinances.info est un site, accessible par abonnement, destiné aux professionnels du cinéma.  Il publie budget, le plan de financement et la répartition des recettes prévisionnels de tous les films français qui sortent (hors les films « sauvages » qui ne déposent pas leurs contrats au registre public et ne demandent donc pas l’agrément qui leur permettrait d’accéder à l’aide du CNC). Il s’agit des chiffres de l’agrément d’investissement sur la base duquel le producteur a monté son financement. Il dispose de nombreuses archives et d’un puissant moteur de recherche. Il dispose d’archives des films sortis depuis 2010 et d’un puissant moteur de recherche, avec de multiples critères.

La production cinématographique française a diminué en 2025 par rapport à 2024. C’est ce qu’annonce L’Observatoire de la production cinématographique 2025 que vient de publier le CNC. A noter  que cette étude parle des coûts définitifs des films, alors que Cinéfinances.info présente les budgets et plans de financements prévisionnels qui permettent aux producteurs de lancer la production de leurs films, mais qui ne sont pas les coûts définitifs. Ainsi, selon Cinéfinances.info le budget prévisionnel moyen d’un film est de 5,5 millions € alors que le budget moyen définitif a été de  4,8 millions €. Il est normal qu’un producteur se laisse cette marge de manoeuvre. C’est d’ailleurs ce à quoi correspondent les imprévus.
Augmention des financements étrangers
La baisse part rapport à 2024 est  d’ailleurs due à une baisse de 7,5% des financements français alors que les apports étrangers augmentent de 7%. C’est une évolution assez logique puisque, en période de restriction des financements, la coproduction, qui permettent de réduire les financements apportés par chaque producteur, est une bonne solution, pour les producteurs français, comme pour les coproducteurs étrangers. C’est ce qui explique d’ailleurs que le nombre total de films produits est resté stable, malgré la baisse des financements français.
Le nombre de films à gros budget, de plus de 20 millions €, a diminué de moitié par rapport aux deux années précédentes, passant de 8 à 4 par an. En revanche le nombre de films à budget moyen, de 7 à 10 millions € a fortement augmenté, se situant à 32 contre une moyenne de 20 la décennie précédente.
63% de financements privés pour le cinéma français
L’Observatoire rappelle une donnée essentielle qui explique la force du cinéma français : « la part des financements publics s’élève à un peu moins deux fois moins de la moyenne européenne puisqu’elle n’est que de 27% contre 47% ». C’est que notre production est avant tout financée par le marché, c’est à dire par des entreprises privées qui s’adressent à un public. Et les salles de cinéma et les distributeurs, qui bénéficient du compte de soutien, jouent un rôle déterminant dans ce financement privé. En effet, même si les chaînes et les plateformes apportent un financement bien supérieur aux distributeurs, ils ne donnent pas leur accord à un film sans l’accord préalable d’un distributeur. Le système économique français repose sur l’idée que le cinéma c’est un film dans une salle de cinéma. C’est ce qui fait sa force. Les autres pays européens ne partagent pas ce point de vue puisque leurs aides vont essentiellement à la production des films, mais pas au soutien des salles et des distributeurs.
En tout cas, avec une baisse des volumes investis dans les films en 2025, la fréquentation est sensiblement repartie en 2026. Et la part de marché des films français est de 49% contre 41% pour les films américains. Ces performances du cinéma français tiennent à ce que notre cinéma  repose sur le marché du cinéma
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