Serge Siritzky : La comptabilité de la production devient de plus en plus complexe à mesure que se multiplient les sources de revenus qu’il faut suivre et les partenaires à qui il faut rendre des comptes. Vous avez créé une plate-forme, BAKND, destinée à faciliter cette part de l’activité des producteurs. Qu’est-ce qu’elle apporte de plus à un producteur qui a déjà une comptabilité ?
Guillaume Offroy : BAKND (www.baknd.fr) est une plateforme conçue pour centraliser l’ensemble des données juridiques, financières et contractuelles liées à une œuvre audiovisuelle, afin de fluidifier le suivi et le partage des recettes.
Aujourd’hui, les producteurs font face à une multiplication des sources de revenus (chaînes, plateformes, ventes internationales, exploitation secondaire) mais aussi à une fragmentation croissante des droits et du nombre d’ayants droit. Les informations arrivent dans des formats très différents, souvent via des fichiers hétérogènes, difficiles à consolider.
Une comptabilité classique répond avant tout à des obligations fiscales et comptables. BAKND intervient en complément : nous structurons les données d’exploitation d’une œuvre pour permettre un suivi précis des recettes, des contrats et des répartitions entre partenaires. L’objectif est de rendre la remontée de recettes plus transparente, plus rapide et beaucoup moins chronophage.
SS : Si je suis producteur et que j’ai confié à un distributeur la vente à l’étranger d’un film, ce distributeur va m’envoyer un mail avec en pièce jointe un fichier Excel regroupant les recettes du mois. Pour un autre film, un autre distributeur va m’envoyer un autre fichier Excel en pièce jointe, mais pas présenté de la même façon. La saisie dans la comptabilité de ces différentes présentations prend du temps. Qu’est-ce que BAKND change ?
GO : L’idée est précisément de sortir de cette logique d’échanges fragmentés par e-mails et pièces jointes. Avec BAKND, les distributeurs et partenaires saisissent directement leurs informations sur la plateforme, dans un format standardisé commun à l’ensemble des intervenants d’une œuvre.
On évite ainsi les multiples retraitements manuels, les risques d’erreur et les pertes de temps liées à l’hétérogénéité des fichiers. Toutes les données sont structurées dès l’origine de manière homogène, ce qui permet au producteur d’avoir une vision consolidée, actualisée et immédiatement exploitable des recettes et des répartitions.

SS : Mais les contrats sont différents les uns des autres : les pourcentages changent en fonction des médias et des niveaux de revenu. Ce qui est compliqué c’est de transformer un contrat d’une quinzaine de pages en un document Excel avec des lignes et des colonnes. Est-ce que Baknd peut faire ou, en tout cas, faciliter ce travail ?
GO : Oui, c’est précisément l’un des enjeux sur lesquels nous travaillons. Nous avons développé un outil fondé sur l’IA capable d’analyser un contrat complexe et d’en extraire automatiquement les principales données financières : clés de répartition, seuils de revenus, pourcentages selon les médias ou les territoires, minimums garantis, etc.
Concrètement, à partir d’un contrat d’une quinzaine de pages, l’outil peut produire une synthèse structurée en une page, directement exploitable par les équipes financières et de production. Cela représente un gain de temps considérable et réduit aussi les risques d’interprétation ou d’erreur.
À terme — même si nous n’en sommes pas encore là — l’objectif est d’aller plus loin et de pouvoir transformer automatiquement ces informations contractuelles en règles comptables et en workflows directement intégrés à la plateforme.
SS : Donc, votre plate-forme fait un peu ce que fait la Commission d’agrément du CNC en amenant pour tous les films, à présenter de la même façon le devis, le plan de financement et la répartition des recettes.
GO : Il ne s’agit pas de se substituer au CNC ni d’entrer dans une logique réglementaire. Ce que nous cherchons à faire, c’est simplement créer un langage commun entre les différents partenaires d’une œuvre.
Aujourd’hui, chacun travaille avec ses propres formats, ses propres tableaux et ses propres méthodes, ce qui complique énormément les échanges et le suivi des recettes. BAKND apporte surtout une standardisation technique et opérationnelle des données, afin de fluidifier le travail de tous les acteurs.L’idée est moins de normaliser les œuvres que de simplifier la circulation de l’information financière.
SS : Pour rentrer ses données dans votre plate-forme j’imagine que chaque partenaire, les sources de revenus comme les ayants-droits, a un code que lui donne le producteur pour pouvoir accéder à votre plate-forme.
GO : Oui, c’est exactement le principe. Le producteur attribue des accès à chaque intervenant concerné par l’œuvre. Cela peut concerner les distributeurs, mais aussi, selon les cas, les réalisateurs, scénaristes ou comédiens lorsqu’ils disposent d’un intéressement sur les résultats du film. Chacun accède ainsi uniquement aux informations qui le concernent, dans un cadre sécurisé et maîtrisé par le producteur
SS : C’est une étape importante qui va, j’imagine, être très vite exigée par tous ces réalisateurs, scénaristes ou comédiens. Mais dans votre présentation de BAKND vous expliquez que vous allez faire gagner du temps au producteur et, donc à tous ses partenaires et ayants-droits. Mais les informations dépendent des entreprises en charge des différents revenus. Or, très souvent, elles arrivent avec retard. Est-ce que votre plate-forme prévoit d’avertir le producteur de ces retards et de relancer ceux qui sont en retard ?
GO : Oui, c’est le point clé. BAKND ne se contente pas de centraliser les données, il permet aussi de suivre leur actualisation dans le temps. Concrètement, chaque flux de revenus et chaque partenaire est identifié et horodaté. Le producteur peut donc voir en un coup d’œil ce qui a été transmis, ce qui est en attente, et ce qui est en retard par rapport au rythme prévu.
La plateforme peut également envoyer des notifications ou des rappels aux contributeurs concernés lorsqu’une donnée n’a pas été mise à jour dans les délais attendus. L’objectif n’est pas de “contrôler” les partenaires, mais de fluidifier la circulation de l’information et d’éviter les relances manuelles chronophages du producteur.
SS : Pour un producteur qui a déjà une comptabilité qui fonctionne, comment passer de cette comptabilité à cette plate-forme ou intégrer cette plate-forme dans sa comptabilité ? Y-a-t’il un mode d’emploi et sous quelle forme ? Est-ce simple ?
GO : L’objectif n’est pas de remplacer la comptabilité du producteur, mais de venir se connecter à son organisation existante. BAKND s’intègre en amont de la comptabilité classique, sur toute la partie “œuvre” : contrats, recettes, partenaires et règles de répartition.
Concrètement, l’intégration se fait progressivement. On commence généralement par un film ou un catalogue restreint, pour structurer les données existantes et les importer dans la plateforme. Ensuite, les nouveaux flux sont directement saisis dans Baknd, ce qui évite de repartir dans des retraitements lourds. Il n’y a pas un “mode d’emploi unique” au sens strict, mais un accompagnement à la mise en place, parce que chaque société de production a déjà ses propres outils et habitudes. L’idée est justement de s’adapter à l’existant pour rendre la transition la plus simple possible, sans rupture dans le fonctionnement comptable.
SS : Il y a une seule plate-forme BAKND?
GO : En fait, il existe d’abord un modèle freemium qui permet à n’importe quel utilisateur de se créer un compte, d’accéder à la plateforme et de commencer à structurer son activité, notamment en ajoutant des œuvres à son catalogue et en recevant des invitations de partenaires, sans nécessairement passer par une organisation en société.
Ensuite, bien sur, nos offres s’organisent autour d’abonnements payants avec plusieurs niveaux adapté à chaque type d’utilisateur. L’offre Essentiel s’adresse à des utilisateurs qui commencent à structurer une activité plus régulière. L’offre Pro est destinée aux producteurs ou équipes qui gèrent davantage de projets et de partenaires. Enfin, l’offre Entreprise est conçue pour les structures de production plus importantes.
La différence entre Pro et Entreprise tient principalement à la taille des équipes et au nombre de sièges : une société peut y travailler à plusieurs collaborateurs avec des droits et rôles différenciés, tandis que l’offre Pro est pensée pour des équipes plus réduites ou des structures plus légères.
SS : Votre plate-forme est déjà disponible ?
GO : BAKND est déjà accessible en ligne via l’application app.baknd.fr, actuellement en version bêta. La plateforme a un objectif simple : permettre aux producteurs et à leurs partenaires de structurer, centraliser et partager les données d’une œuvre au sein d’un environnement unique.
Dans cette dynamique, BAKND bénéficie également de l’accompagnement d’acteurs publics tels que Bpifrance et la Région Île-de-France, ce qui nous a permis d’accélérer le développement et de rester au plus près des besoins concrets des utilisateurs. Cette première version déjà en place va continuer à évoluer au fil des usages et des retours des utilisateurs. L’idée n’est pas de figer un produit trop tôt, mais de le faire grandir progressivement en restant au plus près des besoins réels des professionnels et de la profession.
SS : Quel est le prix de BAKND ?
GO : Essentiel c’est 29,99 € par mois, soit 287 € par an. Pro c’est 49,99 € par mois, soit 499 € par an. Et Premium Entreprise c’est 299,99 par mois, soit 2 879 € par an. Vous pouvez trouver tous nos prix sur notre site www.Baknd.fr.
LE BAROMÈTRE 2026/25 DE LA RÉMUNÉRATION DES RÔLES PRINCIPAUX
FinanCinéComme on l’a vu, sauf pour le plus élevé, le budget prévisionnel des films français de fiction sortis depuis le début de 2026 a eu tendance à augmenter, comme le montre la progression à la fois du budget moyen et du budget médian. https://siritz.com/financine/barometre-2026-25-des-budgets-previsionnels/
Il en est de même de la rémunération des réalisateurs de ces films. https://siritz.com/financine/progression-de-la-remuneration-des-realisateurs/ et aussi du budget total des scénarios. Qu’en est-il de la rémunération des rôles principaux ?
Cinéfinances.info* a fourni les données financières de cet article.
Et bien la rémunération la plus élevée a diminué. Elle était en 2025 de 2,727 millions € pour la rémunération des comédiens de « Dracula », réalisé et produit par Luc Besson https://fr.wikipedia.org/wiki/Dracula_(film_français,_2025) . En fait il s’agissait d’un film en anglais avec des comédiens anglo-saxons et un budget de 41 millions €, visant avant tout le marché nord-américain. En 2026 la rémunération la plus élevée est celle des comédiens du film « Coutures », réalisé par Alice Winocour. https://siritz.com/cinescoop/les-femmes-et-maladie-dans-le-monde-de-la-mode/
Elle est de 1,995 millions €, soit une baisse de 12% par rapport à la plus forte rémunération de 2025. Mais, là encore, ce montant s’explique parce que ce film, dont le budget prévisionnel est 11,6 millions €, a parmi ses principaux interprètes la star américaine Angélina Jolie. Rappelons que « Dracula » a rassemblé en France et 650 000 spectateurs et « Coutures » 126 000.
En ce qui concerne la rémunération moyenne on constate au contraire une augmentation puisqu’elle était de 326 000 € en 2025 et qu’elle est passée à 425 000 €, soit une progression de 30%. Même tendance pour la rémunération médiane qui était de 165 000 € en 2025 et progresse à 196 000 € soit une progression de 19%. Le baromètre de la rémunération des rôles principaux 2026/25 indique une augmentation des rémunérations en 2026 par rapport à 2025.
Ainsi on constate une tendance à augmentation de la rémunération des rôles principaux, comme à celle des réalisateurs et des scénarios et des budgets prévisionnels.
www.Cinefinances.info est un site, accessible par abonnement, destiné aux professionnels du cinéma. Il publie budget, le plan de financement et la répartition des recettes prévisionnels de tous les films français qui sortent (hors les films « sauvages » qui ne déposent pas leurs contrats au registre public et ne demandent donc pas l’agrément qui leur permettrait d’accéder à l’aide du CNC). Il s’agit des chiffres de l’agrément d’investissement sur la base duquel le producteur a monté son financement. Il dispose de nombreuses archives et d’un puissant moteur de recherche. Il dispose d’archives des films sortis depuis 2010 et d’un puissant moteur de recherche, avec de multiples critères.
LES BAROMÈTRE DES SCÉNARIOS 2026/25
FinanCinéOn a vu que, sauf pour le budget prévisionnel le plus élevé, la tendance est à la hausse pour les budgets prévisionnels des films de fiction sortis depuis le début de l’année par rapport à ceux sortis en 2025. https://siritz.com/financine/barometre-2026-25-des-budgets-previsionnels/ En ce qui concerne la rémunération des réalisateurs de films de fiction la tendance est la même. https://siritz.com/financine/progression-de-la-remuneration-des-realisateurs/
Qu’en est-il pour le budget total du scénario ? À cette fin nous avons établi le baromètre des scénarios 2026/25, avec un gros plan sur le baromètre des adaptations de livres.
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Et bien la tendance est à peu près la même. Tout d’abord le budget total de scénario le plus élevé de l’année est celui de « Marsupilami » qui est de 2,2 millions € https://siritz.com/cinescoop/une-comedie-tres-attendue-pour-tous-les-publics/. Notons qu’ il comprend non seulement la rémunération des scénaristes, mais aussi l’achat des droits d’adaptation de la bande dessinée de Franquin et des droits d’adaptation d’un précédent film de fiction tiré de cette bande dessinée. Mais ce coût total du scénario est bien inférieur à celui du champion de 2025, « God save the Tuche » qui était de plus de 4,7 millions € https://siritz.com/cinescoop/les-tuche-chez-la-reine-dangleterre/. Et lui aussi comprend non seulement la rémunération des scénaristes, mais aussi les droits d’adaptation des précédents « Tuche » qui étaient tous de grands succès du box-office.
Pour ce qui est du budget moyen des scénarios il est de 218 000 €, ce qui est exactement le budget moyen de 2025. Quant au budget médian, cette année il est de 137 000 €, soit une progression de 15% sur celui de l’année dernière.
Rappelons que, comme pour les réalisateurs, ces chiffres sont le minimum garanti que les producteurs payent pour le scénario. Les auteurs sont en fait rémunérés au pourcentage sur les différentes recettes et leur rémunération totale finale peut donc être supérieure à ce minimum garanti.
Par ailleurs, il nous a paru intéressant d’étudier pour la première fois la rémunération des œuvres qui sont adaptées de livres. Depuis le début de l’année c’est le cas de 10 films, soit 15% de la totalité des films. Les droits d’adaptation garantis les plus élevés sont ceux de la bande dessinée de Franquin pour « Marsupilami » et sont de 1 million €, soit 45% du minimum garanti total pour le scénario. Les droits moyens sont de 213 000 €, donc, à peu près le budget moyen du total des scénarios et le budget médian est 130 000 €, soit, là aussi à peu près le niveau du budget total médian des scénarios.
www.Cinefinances.info est un site, accessible par abonnement, destiné aux professionnels du cinéma. Il publie budget, le plan de financement et la répartition des recettes prévisionnels de tous les films français qui sortent (hors les films « sauvages » qui ne déposent pas leurs contrats au registre public et ne demandent donc pas l’agrément qui leur permettrait d’accéder à l’aide du CNC). Il s’agit des chiffres de l’agrément d’investissement sur la base duquel le producteur a monté son financement. Il dispose de nombreuses archives et d’un puissant moteur de recherche. Il dispose d’archives des films sortis depuis 2010 et d’un puissant moteur de recherche, avec de multiples critères.
PROGRESSION DE LA RÉMUNÉRATION DES RÉALISATEURS
FinanCinéNous avons vu que le budget prévisionnel moyen et médian des films français de fiction sortis depuis le début de l’année a augmenté. Qu’en est-il de la rémunération des réalisateurs ? Cette fois-ci, pour la première fois, nous avons distingué la rémunération des réalisateurs de films de fiction de celles des réalisateurs de films documentaires et d’animation dont les rémunérations sont en général moins élevées. https://siritz.com/financine/le-barometre-de-la-remuneration-des-realisateurs-2/
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Progression de la rémunération des réalisateurs de films de fiction
La plus forte rémunération est celle de Xavier Giannoli. Elle est de 590 000 € pour la réalisation de « Les rayons et les ombres », https://siritz.com/cinescoop/les-annees-folles-de-loccupation/le plus gros budget prévisionnel de l’année (31 millions €). C’est beaucoup moins que la rémunération la plus élevée de l’année dernière qui était de 900 000 € pour deux films : celle de Frédéric Jimenez pour la réalisation de « Chien 51 » (42 millions €) https://siritz.com/cinescoop/un-thriller-danticipation-a-300-a-lheure/ et celle des frères Dardenne pour la réalisation de « Jeunes mères » (6 millions €). https://siritz.com/cinescoop/un-film-choral-sur-adolescentes-meres/ A noter que les frères Dardenne sont également producteurs de leur film.
Ce qui est plus significatif c’est que la rémunération moyenne en 2026 est 148 000 €, ce qui est 12% de plus que la rémunération moyenne de 2025 qui était 133 000 €. Or, cette dernière comprenait les rémunérations des réalisateurs de films documentaires et de films d’animation qui étaient moins élevées que celles des réalisateurs de films de fiction. Et l’on constate la même évolution pour la rémunération médiane qui est 82 000 € contre 73 000 € en 2025, soit, là encore, une progression de 12%. Donc, on peut dire que la rémunération des réalisateurs de films de fiction a progressé.
En ce qui concerne la rémunération des réalisateurs de films documentaires, la plus élevée est celle de Thomas Balme : 134 000 € pour la réalisation de « À Demain sur la Lune », dont le budget prévisionnel était 1,530 millions €. La rémunération moyenne est 42 000 €. C’est 28% de la rémunération moyenne des réalisateurs de films de fiction. Quant à la rémunération médiane elle est de 39 000 €, soit pas très loin de la rémunération moyenne alors que pour les réalisateurs de films de fiction elle est moins de la moitié.
En ce qui concerne les réalisateurs des films d’animation nous n’avons pas assez de films pour faire un baromètre. Néanmoins la rémunération la plus élevée est celle de Guillaume Ivernel : 300 000 € pour « Les légendaires », un film dont le budget prévisionnel est 14,9 millions €. https://siritz.com/cinescoop/un-cheval-pour-le-dernier-souffle-de-vie/
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BAROMÈTRE 2026/25 DES BUDGETS PRÉVISIONNELS
FinanCinéLa fréquentation a retrouvé toutes ses couleurs d’avant Covid avec 26% de plus que l’année dernière. Si cette progression se poursuivait tout l’année elle se terminerait à 226 millions d’entrées. Cette progression est due aux blockbusters américains mais aussi à la bonne tenue des films français dont la part de marché est de 43% contre 48% aux films américains.
Il est donc intéressant d’établir un baromètre du budget prévisionnel des films français sortis depuis le début de l’année comparé à celui de l’ensemble de l’année dernière. A commencer par les films de fiction.
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Comme on le voit le plus gros budget de 2025 était « Dracula » de Luc Besson, https://fr.wikipedia.org/wiki/Dracula_(film_français,_2025) avec une budget prévisionnel annoncé de 42 millions € est beaucoup plus important que celui de 2026 qui est celui de « Les rayons et les ombres » de Xavier Giannoli https://siritz.com/cinescoop/les-annees-folles-de-loccupation/ qui est de 31 millions €, soit 35% de plus. Il est vrai que le premier était en anglais, et vise clairement le marché international, avec des stars anglo-saxonnes. En tout cas il n’avait cumulé que 651 000 spectateurs. Le second n’a pas terminé sa carrière, mais il va terminer aux alentours de 900 000 entrées et n’est donc pas du tout dans le peloton de tête du box-office français.
Le budget prévisionnel moyen, cette année est de 6,633 millions € progressant de 13% par rapport à celui de l’année dernière. Le budget prévisionnel médian (autant de budgets au-dessus que de budgets en-dessous) est le plus représentatif de la production française. Or, depuis le début de l’année il est de 5 millions €, progressant de 25% par rapport à 2025. Il est donc clair que, dans l’ensemble, les producteurs français ont réagi à une fréquentation inquiétante en augmentant le budget de leurs films. C’est un signe de leur dynamisme.
Le baromètre des budgets prévisionnels des documentaires ne comprend pas tous les documentaires car pour nombre d’entre eux les producteurs ne déposent pas leur budget prévisionnel au registre public et ne demandent pas l’agrément de production.
Néanmoins, la tendance est plutôt à la baisse.
En 2025 le budget le plus élevé était celui de « France, une histoire d’amour », réalisé par Michael Pitiot et Yann Arthus-Bertrand, avec plus de 3 millions € https://fr.wikipedia.org/wiki/Une_histoire_d%27amour_(film,_2022) . C’est le double de celui de 2026 « À demain la Lune », réalisé par Thomas Balmes. Là encore des budgets très élevés ne garantissent pas le succès puisque le premier a rassemblé un peu plus de 8 000 spectateurs et que le second sorti en février en a rassemblé à peine 200.
Le budget prévisionnel moyen depuis le début de l’année est 640 000 €, soit une chute de 12% par rapport à l’année dernière tandis que le budget médian est resté stable.
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UNE COMÉDIE DRAMATIQUE SUR LA SANTÉ MENTALE
CinéscoopLa comédienne et metteur en scène de théâtre Marie Rémond réalise son premier long métrage pour le cinéma, avec « Élise sous emprise », une comédie dramatique sur la santé mentale et dans lequel elle est l’un des rôles principaux.
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Marie Rémond
Le budget prévisionnel de cette coproduction entre la France (97%) et la Belgique (3%) est 2,4 millions €, soit les deux tiers du budget médian des films français de fiction sortis en 2025. https://siritz.com/financine/le-barometre-des-budgets-previsionnels-2025-24-23/Pour la préparation, 30 jours de tournage et la post-production la rémunération de la réalisatrice est de 40 000 €, répartie en part égale entre à valoir sur droits d’auteur et salaire de technicien. C’est la moitié de la rémunération médiane des réalisateurs. https://siritz.com/financine/remuneration-en-2025-24-23-des-realisateurs/. Elle a écrit le scénario pour 20 000 €, soit 12,5% du budget médian des scénarios. https://siritz.com/financine/le-budget-total-des-scenarios-en-2025-24-23/
La musique a été confiée au groupe pop rock Feu! Chatterton ainsi qu’à Clément Doumic, Sébastien Wolf et Antoine Wilson pour 20 000 €, ce qui est la moitié du budget médian de la musique de films. https://siritz.com/financine/le-barometre-2025-24-23-de-la-musique-de-films/. Enfin la rémunération des rôles principaux est 53 000 € ce qui est le tiers de la rémunération médiane des rôles principaux. https://siritz.com/financine/remuneration-des-roles-principaux-2025-24-23/
Pour bien illustrer la part du budget que la production de « Élise sous emprise » a consacré aux quatre principaux postes de l’affiche par rapport à ce qui leur est consacré dans la moyenne des films le tableau ci-dessous est éclairant :
Comme on le voit la production a consacré à ces quatre postes un pourcentage du budget total inférieur à celui que leur consacre la moyenne des films.
Le producteur délégué est Films Grand Huit (Pauline Seigland et Lionel Massol). Super 8 et Chapka sont coproducteurs. Le film a bénéficié de 550 000 € d’avance sur recettes avant réalisation, de l’aide remboursable Pictanovo et de l’aide non remboursable de Strasbourg. Une sofica non garantie y a investi. Canal+ et Ciné+ l’ont préacheté. KMBO a donné un minimum garanti pour tous les mandats de distribution en France et MPM Premium un minimum garanti pour les ventes à l’étranger. Le coproducteur belge est Panache productions.
Le précédent film distribué par KMBO était « Soumsoum, la nuit des astres », réalisé par Mahamat-Saleh Haroun et sorti le 22 avril 2026. Produit par Pili Films son budget prévisionnel était 1,2 millions € et il a rassemblé 5 600 spectateurs, son exploitant se poursuivant.
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NOTRE INDUSTRIE AUDIOVISUELLE EST UN MODÈLE
ÉditorialEn 1947, alors que les Américains, dans le cadre du Plan Marshall, envisageaient d’accorder à la France un prêt de 3,5 milliards de dollars pour financer son redressement, Hollywood avait obtenu du président Truman de demander en contrepartie la suppression des quotas d’importation de films américains. Ils avaient su le convaincre que leurs films, qui présentaient « l’American way of Life » était le meilleur outil de propagande contre le communisme et le meilleur outil de promotion des produits américains.
Notre exception culturelle française et européenne relève relève du même raisonnement mais va beaucoup plus loin. Elle affirme que chaque nation a le droit, et même le devoir, de défendre sa culture, c’est à dire son identité, quitte à ne pas respecter les règles qui s’imposent dans les autres domaines de l’économie. Notre politique de soutien au cinéma, étendu à l’ensemble de l’audiovisuel, est un modèle de cette exception culturelle. Il permet, cas unique dans le monde occidental, à nos films de faire jeu égal avec le cinéma américain sur notre territoire et d’être, de loin, le premier cinéma européen. Les mécanismes qui ont permis cette réussite ont été mis au point pour le cinéma et transposés à l’audiovisuel.
Comme le savent tous les professionnels de ces deux secteurs, ils n’impliquent nullement un financement par les contribuables. Ainsi, le compte de soutien, alimenté par une taxe qui s’ajoute à la TVA, est à la fois une épargne forcée et un droit de douane sur les productions étrangères, particulièrement les américaines. Il est donc incroyable que, dans son programme, le RN prône la suppression du CNC et du compte de soutien pour réduire le déficit de l’État. C’est d’autant plus faux que l’État n’hésite pas à pomper sur la trésorerie de ce compte pour financer son propres déficit. Mais cela n’est qu’un exemple de l’incompétence abyssale du RN en matière économique. Heureusement, compte tenu de l’influence que semble avoir sur lui le propriétaire du groupe Canal +, et bientôt de l’UGC, il est probable qu’il obtienne que le RN n’applique pas son programme dans le domaine du financement du cinéma et de l’audiovisuel dont il est un acteur essentiel.
Mais si ces deux secteurs jouent un rôle capital dans le maintien de notre identité nationale, ils sont sont aussi un des moteurs de notre économie. Et, de même que la fréquentation cinématographique a retrouvé le niveau de ses belles années d’avant Covid, grâce notamment à des films français qui ont une part de Marché presqu’équivalente à celle des films américains, les tournages de films et séries américaines en France se multiplient. C’est dû à la qualité de nos techniciens mais aussi à un remarquable parc de studios de tournages et à un crédit d’impôt international qui est redevenu très compétitif. Ces derniers années, il l’était moins car d’autres pays, comme notamment la Hongrie, avaient renforcer leur compétitivité pour les tournages à très gros budgets des films et séries américaines.
Mais la France a eu l’intelligence d’appliquer les 30% de crédit d’impôt aux salaires des comédiens américains. Or, toutes les études montrent qu’un euro de crédit d’impôt rapporte bien plus qu’un euro aux finances publiques. En effet, le salaire de ces comédiens américains est soumis à l’impôt sur le revenu français. Et le tournage d’une série en France emploie de nombreux techniciens français qui vont payer des cotisations sociales et des impôts. Il fait travailler de nombreux prestataires et génère des dépenses de logement et d’alimentation, qui, là encore génèrent des recettes publiques.
Notre industrie audiovisuelle est un modèle, il est la preuve que, de nos jours, si la France sait mettre en œuvre une politique économique intelligente, elle a toutes les capacités nécessaires pour redevenir un des leaders de l’industrie mondiale. Nos responsables politiques devraient s’inspirer de la réussite du cinéma et de l’audiovisuelle français.
L’ISLAMISME ET LES RÉSEAUX SOCIAUX TUENT
CinéscoopFabriqué dans le plus grand secret et présenté hors compétition au Festival de Cannes, « L’Abandon », https://fr.wikipedia.org/wiki/L%27Abandon ,le 5ème long métrage pour le cinéma réalisé par Vincent Garenq https://fr.wikipedia.org/wiki/Vincent_Garenq , rappelle comment l’islamisme et les réseaux sociaux tuent.
Cinéfinances.info* a fourni les données financières de cet article.
Vincent Garenq
Cette coproduction entre la France (98%) et Belgique (2%) a un budget prévisionnel de 5,5 millions €, soit le budget prévisionnel moyen des films de fiction français sortis en 2025. https://siritz.com/financine/le-barometre-des-budgets-bbab pour 164 000previsionnels-2025-24-23/ Pour la préparation, 38 jours de tournage et la post-production la rémunération du réalisateur est de 96 000 €, répartie en part égale entre à valoir sur droits d’auteur et salaire de technicien. C’est 10% de plus que la rémunération médiane des réalisateurs. https://siritz.com/financine/remuneration-en-2025-24-23-des-realisateurs/. Le film s’appuie sur le livre de Stéphane Simon et Alexis Kebbab « Les derniers jours de Samuel Paty ». Les droits du livre ont été acquis pour 60 000 €. Le réalisateur a écrit le scénarios et Alexis Kebbab pour 164 000 €. Le budget total du scénario est donc 224 000 €. C’est un quart de plus que le budget moyen des scénarios. https://siritz.com/financine/le-budget-total-des-scenarios-en-2025-24-23/
Quant à la musique elle a été confiée à Nicolas Errèra pour 80 000 €, soit 10% de plus que le budget moyen de la musique de films. https://siritz.com/financine/le-barometre-2025-24-23-de-la-musique-de-films/. Enfin la rémunération des rôles principaux est 116 000 €, ce qui revient à 70% de la rémunération médiane des rôles principaux. https://siritz.com/financine/remuneration-des-roles-principaux-2025-24-23/
Pour bien illustrer la part du budget que la production de « L’abandon » a consacré aux quatre principaux postes de l’affiche par rapport à ce qui leur est consacré dans la moyenne des films le tableau ci-dessous est éclairant :
Comme on le voit le budget du film a mis l’accent sur le scénario et la musique. Au contraire il a consacré à la rémunération du réalisateur et surtout à celle des rôles principaux un pourcentage très inférieur à celui de la moyenne des films.
Les producteurs délégués sont Outside Films (Gilles de Maistre et Stéphane Simon) et Les Films du Kiosque (François Kraus et Denis Pineau-Valencienne). Un sofica garantie a investi. UGC Image et France 3 cinéma sont coproducteurs. Le film a bénéficié de l’avance sur recettes après réalisation. 4 sofica garanties y ont investi. Le film a bénéficié de l’aide remboursable de la région Ile de France. Canal+, Ciné+ et France télévisions l’ont préacheté et UGC a donné un minimum garanti pour tous les mandats de distribution. Le coproducteur belge est Umédia qui a bénéficié du tax shelter.
Le précédent film réalisé par Vincent Garenq était « Au nom de ma fille », sorti en 2016. Il était produit par LGM et Black Mask productions, pour un budget prévisionnel de 8 millions €. StudioCanal était le distributeur et le film avait rassemblé 352 000 spectateurs. https://fr.wikipedia.org/wiki/Au_nom_de_ma_fille_(film)
www.Cinefinances.info est un site, accessible par abonnement, destiné aux professionnels du cinéma. Il publie budget, le plan de financement et la répartition des recettes prévisionnels de tous les films français qui sortent (hors les films « sauvages » qui ne déposent pas leurs contrats au registre public et ne demandent donc pas l’agrément qui leur permettrait d’accéder à l’aide du CNC). Il s’agit des chiffres de l’agrément d’investissement sur la base duquel le producteur a monté son financement. Il dispose de nombreuses archives et d’un puissant moteur de recherche. Il dispose d’archives des films sortis depuis 2010 et d’un puissant moteur de recherche, avec de multiples critères.
L’UN DES GRANDS FAVORIS DE CE FESTIVAL DE CANNES
CinéscoopPour son 11ème long métrage le réalisateur iranien Asghar Farhadi https://fr.wikipedia.org/wiki/Asghar_Farhadi a réalisé à Paris, en français , « Histoires parallèles » https://fr.wikipedia.org/wiki/Histoires_parallèles. Il a déjà eu 5 films électionnés au Festival de Cannes dont trois ont obtenu un prix et il a déjà eu l’Oscar du meilleur film étranger. C’est l’un des grands favoris de ce Festival de Cannes.
Cinéfinances.info* a fourni les données financières de cet article.
Asghar Farhadi
Le budget prévisionnel de cette coproduction entre la France (70%), la Belgique (20%) et l’Italie (10%) est 11 millions €, soit un peu moins du double du budget prévisionnel moyen des films français de fiction sortis en 2025. https://siritz.com/financine/le-barometre-des-budgets-previsionnels-2025-24-23/ Pour la préparation, 61 jours de tournage (dont 18 en studio) et la post-production la rémunération du réalisateur est de 300 000 €, répartie en part égale entre à valoir sur droits d’auteur et salaire de technicien. C’est 2,3 fois la rémunération moyenne des réalisateurs de films français. https://siritz.com/financine/remuneration-en-2025-24-23-des-realisateurs/
Il s’agit d’une adaptation d’une des épisodes de la mini-série polonaise « Dekalog 6 » de Krzysztof Kieslowski dont les droits ont été acquis 200 000 €. Le scénario a été écrit par le réalisateur avec Saeed Farhadi pour 113 000 €. Le coût total du scénario dépasse donc de 70% le coût moyen des scénarios. https://siritz.com/financine/le-budget-total-des-scenarios-en-2025-24-23/
Le film reprend la musique de la mini-série composée par Zbigniew Preisner et dont les droits ont été acquis pour 40 000 €, ce qui correspond à 80% du budget médian de la musique de film. https://siritz.com/financine/le-barometre-2025-24-23-de-la-musique-de-films/ Enfin, la rémunération des rôles principaux est 322 000 €, soit la rémunération moyenne des rôles principaux. https://siritz.com/financine/remuneration-des-roles-principaux-2025-24-23/
Pour bien illustrer la part du budget que la production de « Histoires parallèles » a consacré aux quatre principaux postes de l’affiche par rapport à ce qui leur est consacré dans la moyenne des films le tableau ci-dessous est éclairant :
Comme on le voit, le pourcentage du budget que le film consacre à la rémunération du réalisateur est légèrement supérieur à la moyenne des films. En revanche celui consacré au scénario et surtout aux rôles principaux et à la musique est très inférieur.
Le producteur délégué est Memento Production (Alexandre Mallet-Guy). France 3 cinéma est coproducteur et le film a bénéficié de 600 000 € d’avance sur recettes. 11 sofica non garanties y ont investi. Canal+, Ciné+/OCS et France télévisions l’ont préacheté. Memento Distribution a donné un minimum garanti pour les mandats de distribution en Frances et Charades pour les ventes à l’étranger.
Les producteur belges sont La Cie Cinématographique et Panache productions. Ils ont obtenu le soutien de Wallimage et un minimum garanti de Anga. Le producteur Italien est Lucky Red qui est également le distributeur en Italie. Notons que le film a déjà été prévendu dans le reste du Bénélux, en Suisse, aux États-Unis et en Espagne.
Le précédent film réalisé par Asghar Farhadi était « Un héros », sorti en 2021. Il avait le même producteur délégué et le même distributeur. Son budget prévisionnel était 2,5 millions € et il avait rassemblé 200 000 spectateurs. https://siritz.com/cinescoop/la-production-francaise-dun-film-iranien/
www.Cinefinances.info est un site, accessible par abonnement, destiné aux professionnels du cinéma. Il publie budget, le plan de financement et la répartition des recettes prévisionnels de tous les films français qui sortent (hors les films « sauvages » qui ne déposent pas leurs contrats au registre public et ne demandent donc pas l’agrément qui leur permettrait d’accéder à l’aide du CNC). Il s’agit des chiffres de l’agrément d’investissement sur la base duquel le producteur a monté son financement. Il dispose de nombreuses archives et d’un puissant moteur de recherche. Il dispose d’archives des films sortis depuis 2010 et d’un puissant moteur de recherche, avec de multiples critères.
UN THRILLER MOITE AUX CANARIES
CinéscoopPour son 18 ème film, le réalisateur Guillaume Nicloux https://fr.wikipedia.org/wiki/Guillaume_Nicloux s’est souvenu qu’il a écrit des polars. « Mi Amor » est un thriller moite aux Canaries. https://fr.wikipedia.org/wiki/Mi_Amor
Cinéfinances.info* a fourni les données financières de cet article.
Guillaume Nicloux
Le budget prévisionnel de cette coproduction entre la France (82%) et l’Espagne (18%) est 3,5 millions ce qui est à peu près le budget prévisionnel médian des films de fiction français sortis en 2025. https://siritz.com/financine/le-barometre-des-budgets-previsionnels-2025-24-23/Pour la préparation, 48 jours de tournage et la post-production la rémunération du réalisateur est de 100 000 €, dont 40 000 € d’à valoir sur droits d’auteur et 60 000 € de salaire de technicien, soit 25% de plus que la rémunération médiane des réalisateurs. https://siritz.com/financine/remuneration-en-2025-24-23-des-realisateurs/. Il a écrit le scénario avec Nathalie Leuthreau pour 98 000 €. C’est 60% du budget médian des scénarios. https://siritz.com/financine/le-budget-total-des-scenarios-en-2025-24-23/
La musique a été confiée à Irène Drésel et Sizo Del Givry pour 30 000 €, soit deux tiers du budget médian de la musique de film. https://siritz.com/financine/le-barometre-2025-24-23-de-la-musique-de-films/ Enfin la rémunération des rôles principaux est 170 000 €, ce qui correspond à la rémunération médiane des rôles principaux. https://siritz.com/financine/remuneration-des-roles-principaux-2025-24-23/
Pour bien illustrer la part du budget que la production de « Mi Amor » a consacré aux quatre principaux postes de l’affiche par rapport à ce qui leur est consacré dans la moyenne des films le tableau ci-dessous est éclairant :
Comme on le voit le film a consacré à la rémunération du réalisateur et des rôles principaux un pourcentage du budget global un peu supérieur à celui de la moyenne des films et à celle de la musique et du scénario un pourcentage légèrement inférieur.
Le producteur délégué est Les Films du kiosque (François Kraus et Denis Pineau-Valencienne). 2 sofica garanties et une sofica non garantie y ont investi. Le film a bénéficié d’une aide à la musique à la fois de la Sacem et du CNC. Canal+ et Amazon l’ont préacheté. Le Pacte a donné un minimum garanti pour tous les mandats de distribution France et un autre pour les ventes à l’étranger.
Le précédent film réalisé par Guillaume Nicloux était «Sarah Bernhardt, La Divine », sorti en 2024. Son budget était 6,5 millions €. Il avait le même producteur délégué et Memento Films était son distributeur. Il avait rassemblé 423 000 spectateurs. https://siritz.com/cinescoop/la-premiere-star-mondiale-de-lhistoire/
www.Cinefinances.info est un site, accessible par abonnement, destiné aux professionnels du cinéma. Il publie budget, le plan de financement et la répartition des recettes prévisionnels de tous les films français qui sortent (hors les films « sauvages » qui ne déposent pas leurs contrats au registre public et ne demandent donc pas l’agrément qui leur permettrait d’accéder à l’aide du CNC). Il s’agit des chiffres de l’agrément d’investissement sur la base duquel le producteur a monté son financement. Il dispose de nombreuses archives et d’un puissant moteur de recherche. Il dispose d’archives des films sortis depuis 2010 et d’un puissant moteur de recherche, avec de multiples critères.
FLUIDIFIER LE SUIVI ET LE PARTAGE DES RECETTES
Le CarrefourSerge Siritzky : La comptabilité de la production devient de plus en plus complexe à mesure que se multiplient les sources de revenus qu’il faut suivre et les partenaires à qui il faut rendre des comptes. Vous avez créé une plate-forme, BAKND, destinée à faciliter cette part de l’activité des producteurs. Qu’est-ce qu’elle apporte de plus à un producteur qui a déjà une comptabilité ?
Guillaume Offroy : BAKND (www.baknd.fr) est une plateforme conçue pour centraliser l’ensemble des données juridiques, financières et contractuelles liées à une œuvre audiovisuelle, afin de fluidifier le suivi et le partage des recettes.
Aujourd’hui, les producteurs font face à une multiplication des sources de revenus (chaînes, plateformes, ventes internationales, exploitation secondaire) mais aussi à une fragmentation croissante des droits et du nombre d’ayants droit. Les informations arrivent dans des formats très différents, souvent via des fichiers hétérogènes, difficiles à consolider.
Une comptabilité classique répond avant tout à des obligations fiscales et comptables. BAKND intervient en complément : nous structurons les données d’exploitation d’une œuvre pour permettre un suivi précis des recettes, des contrats et des répartitions entre partenaires. L’objectif est de rendre la remontée de recettes plus transparente, plus rapide et beaucoup moins chronophage.
SS : Si je suis producteur et que j’ai confié à un distributeur la vente à l’étranger d’un film, ce distributeur va m’envoyer un mail avec en pièce jointe un fichier Excel regroupant les recettes du mois. Pour un autre film, un autre distributeur va m’envoyer un autre fichier Excel en pièce jointe, mais pas présenté de la même façon. La saisie dans la comptabilité de ces différentes présentations prend du temps. Qu’est-ce que BAKND change ?
GO : L’idée est précisément de sortir de cette logique d’échanges fragmentés par e-mails et pièces jointes. Avec BAKND, les distributeurs et partenaires saisissent directement leurs informations sur la plateforme, dans un format standardisé commun à l’ensemble des intervenants d’une œuvre.
On évite ainsi les multiples retraitements manuels, les risques d’erreur et les pertes de temps liées à l’hétérogénéité des fichiers. Toutes les données sont structurées dès l’origine de manière homogène, ce qui permet au producteur d’avoir une vision consolidée, actualisée et immédiatement exploitable des recettes et des répartitions.
SS : Mais les contrats sont différents les uns des autres : les pourcentages changent en fonction des médias et des niveaux de revenu. Ce qui est compliqué c’est de transformer un contrat d’une quinzaine de pages en un document Excel avec des lignes et des colonnes. Est-ce que Baknd peut faire ou, en tout cas, faciliter ce travail ?
GO : Oui, c’est précisément l’un des enjeux sur lesquels nous travaillons. Nous avons développé un outil fondé sur l’IA capable d’analyser un contrat complexe et d’en extraire automatiquement les principales données financières : clés de répartition, seuils de revenus, pourcentages selon les médias ou les territoires, minimums garantis, etc.
Concrètement, à partir d’un contrat d’une quinzaine de pages, l’outil peut produire une synthèse structurée en une page, directement exploitable par les équipes financières et de production. Cela représente un gain de temps considérable et réduit aussi les risques d’interprétation ou d’erreur.
À terme — même si nous n’en sommes pas encore là — l’objectif est d’aller plus loin et de pouvoir transformer automatiquement ces informations contractuelles en règles comptables et en workflows directement intégrés à la plateforme.
SS : Donc, votre plate-forme fait un peu ce que fait la Commission d’agrément du CNC en amenant pour tous les films, à présenter de la même façon le devis, le plan de financement et la répartition des recettes.
GO : Il ne s’agit pas de se substituer au CNC ni d’entrer dans une logique réglementaire. Ce que nous cherchons à faire, c’est simplement créer un langage commun entre les différents partenaires d’une œuvre.
Aujourd’hui, chacun travaille avec ses propres formats, ses propres tableaux et ses propres méthodes, ce qui complique énormément les échanges et le suivi des recettes. BAKND apporte surtout une standardisation technique et opérationnelle des données, afin de fluidifier le travail de tous les acteurs.L’idée est moins de normaliser les œuvres que de simplifier la circulation de l’information financière.
SS : Pour rentrer ses données dans votre plate-forme j’imagine que chaque partenaire, les sources de revenus comme les ayants-droits, a un code que lui donne le producteur pour pouvoir accéder à votre plate-forme.
GO : Oui, c’est exactement le principe. Le producteur attribue des accès à chaque intervenant concerné par l’œuvre. Cela peut concerner les distributeurs, mais aussi, selon les cas, les réalisateurs, scénaristes ou comédiens lorsqu’ils disposent d’un intéressement sur les résultats du film. Chacun accède ainsi uniquement aux informations qui le concernent, dans un cadre sécurisé et maîtrisé par le producteur
SS : C’est une étape importante qui va, j’imagine, être très vite exigée par tous ces réalisateurs, scénaristes ou comédiens. Mais dans votre présentation de BAKND vous expliquez que vous allez faire gagner du temps au producteur et, donc à tous ses partenaires et ayants-droits. Mais les informations dépendent des entreprises en charge des différents revenus. Or, très souvent, elles arrivent avec retard. Est-ce que votre plate-forme prévoit d’avertir le producteur de ces retards et de relancer ceux qui sont en retard ?
GO : Oui, c’est le point clé. BAKND ne se contente pas de centraliser les données, il permet aussi de suivre leur actualisation dans le temps. Concrètement, chaque flux de revenus et chaque partenaire est identifié et horodaté. Le producteur peut donc voir en un coup d’œil ce qui a été transmis, ce qui est en attente, et ce qui est en retard par rapport au rythme prévu.
La plateforme peut également envoyer des notifications ou des rappels aux contributeurs concernés lorsqu’une donnée n’a pas été mise à jour dans les délais attendus. L’objectif n’est pas de “contrôler” les partenaires, mais de fluidifier la circulation de l’information et d’éviter les relances manuelles chronophages du producteur.
SS : Pour un producteur qui a déjà une comptabilité qui fonctionne, comment passer de cette comptabilité à cette plate-forme ou intégrer cette plate-forme dans sa comptabilité ? Y-a-t’il un mode d’emploi et sous quelle forme ? Est-ce simple ?
GO : L’objectif n’est pas de remplacer la comptabilité du producteur, mais de venir se connecter à son organisation existante. BAKND s’intègre en amont de la comptabilité classique, sur toute la partie “œuvre” : contrats, recettes, partenaires et règles de répartition.
Concrètement, l’intégration se fait progressivement. On commence généralement par un film ou un catalogue restreint, pour structurer les données existantes et les importer dans la plateforme. Ensuite, les nouveaux flux sont directement saisis dans Baknd, ce qui évite de repartir dans des retraitements lourds. Il n’y a pas un “mode d’emploi unique” au sens strict, mais un accompagnement à la mise en place, parce que chaque société de production a déjà ses propres outils et habitudes. L’idée est justement de s’adapter à l’existant pour rendre la transition la plus simple possible, sans rupture dans le fonctionnement comptable.
SS : Il y a une seule plate-forme BAKND?
GO : En fait, il existe d’abord un modèle freemium qui permet à n’importe quel utilisateur de se créer un compte, d’accéder à la plateforme et de commencer à structurer son activité, notamment en ajoutant des œuvres à son catalogue et en recevant des invitations de partenaires, sans nécessairement passer par une organisation en société.
Ensuite, bien sur, nos offres s’organisent autour d’abonnements payants avec plusieurs niveaux adapté à chaque type d’utilisateur. L’offre Essentiel s’adresse à des utilisateurs qui commencent à structurer une activité plus régulière. L’offre Pro est destinée aux producteurs ou équipes qui gèrent davantage de projets et de partenaires. Enfin, l’offre Entreprise est conçue pour les structures de production plus importantes.
La différence entre Pro et Entreprise tient principalement à la taille des équipes et au nombre de sièges : une société peut y travailler à plusieurs collaborateurs avec des droits et rôles différenciés, tandis que l’offre Pro est pensée pour des équipes plus réduites ou des structures plus légères.
SS : Votre plate-forme est déjà disponible ?
GO : BAKND est déjà accessible en ligne via l’application app.baknd.fr, actuellement en version bêta. La plateforme a un objectif simple : permettre aux producteurs et à leurs partenaires de structurer, centraliser et partager les données d’une œuvre au sein d’un environnement unique.
Dans cette dynamique, BAKND bénéficie également de l’accompagnement d’acteurs publics tels que Bpifrance et la Région Île-de-France, ce qui nous a permis d’accélérer le développement et de rester au plus près des besoins concrets des utilisateurs. Cette première version déjà en place va continuer à évoluer au fil des usages et des retours des utilisateurs. L’idée n’est pas de figer un produit trop tôt, mais de le faire grandir progressivement en restant au plus près des besoins réels des professionnels et de la profession.
SS : Quel est le prix de BAKND ?
GO : Essentiel c’est 29,99 € par mois, soit 287 € par an. Pro c’est 49,99 € par mois, soit 499 € par an. Et Premium Entreprise c’est 299,99 par mois, soit 2 879 € par an. Vous pouvez trouver tous nos prix sur notre site www.Baknd.fr.