On a vu hier, avec « La Frappe », le cas d’un film dont le budget est légèrement supérieur à 1 million d’euros. La même semaine sort« La Dernière Patiente », dont, selon Cinéfinances.info,  le budget prévisionnel est, lui, inférieur au million : 970 000 €. Comment financer un film à moins de 1 M€ https://fr.wikipedia.org/wiki/La_Dernière_Patiente

Selon Cinefinances.info Premium, deux autres films au budget inférieur à 1 million d’euros sont déjà sortis cette année : « Seuls les rebelles », le 24 juin, et « L’Écologie des sentiments », le 8 juillet https://siritz.com/cinescoop/une-comedie-pleine-de-tendresse-et-de-fantaisie/. L’année dernière, il n’y en avait eu aucun. Les deux films sortis cette année n’ont pas atteint les 13 000 entrées.

Des financements différents

« Seuls les rebelles » était le troisième long métrage de Danielle Abid. Le film était coproduit à 30 % par le Liban et avait été préacheté par une chaîne. Le producteur n’avait pas investi de numéraire.« L’Écologie des sentiments » est le premier long métrage d’Alexandre Steiger. Son producteur avait, lui, investi du numéraire. https://siritz.com/cinescoop/une-comedie-pleine-de-tendresse-et-de-fantaisie/

« La Dernière Patiente » est le premier long métrage produit par Les Idiots (Olivier Capelli), qui avait déjà produit un court métrage de son réalisateur, Rémi Bassaler. Celui-ci a écrit le scénario avec Marion Defer.

Olivier Capelli produit son 1er film avec un budget de moins de 1 M€

Trois coproducteurs et deux SOFICA non garanties ont investi dans le film. Une région et une ville lui ont également apporté leur soutien. Tandem a versé un minimum garanti pour les mandats de distribution en France, tandis que Totem n’en a pas versé pour les ventes à l’étranger.

Le producteur a mis son salaire et ses frais généraux en participation. Mais, même en tenant compte du crédit d’impôt, il a également investi en numéraire une somme supérieure à 10 % du budget.

Conclusion

Financer un film à moins de 1 M€ n’est donc pas facile. Dans ce cas il a  nécessité un effort financier non négligeable pour un producteur qui signe ici son premier long métrage. Alors, rappelons-le, que pour « La frappe » le producteur a financé un film a un peu plus d’1 millions € sans risquer du numéraire. https://siritz.com/cinescoop/un-budget-de-1me-sans-cash-producteur/. À noter que pour son premier week-end « La dernière patiente »  a rassemblé 13 800 spectateurs.

Chaque semaine, Cinefinances.info publiele devis, le plan de financement et la répartition des recettes entre les partenaires de tous les films français qui sortent.

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La fréquentation du cinéma a retrouvé ses niveaux d’avant Covid. https://siritz.com/editorial/le-cinema-a-retrouve-toutes-ses-couleurs/. Mais le cinéma n’a pas fait que ça. Il est de plus en plus reconnu par la population comme le media qui donne du sens.

Le

Un premier exemple est le succès totalement atypique des deux films sur La bataille de Gaulle. Le démarrage du premier épisode avait été un désastre. A l’image des premiers mois du général à Londres en 1940. Puis, au bout de trois semaines, le film a décollé et effectué une remontada historique. C’est évidemment dû à un excellent bouche à oreille qui, unanimement, estimait que le film d’Antonin Baudry était vraiment très bon. Mais aussi, et peut-être surtout, parce que le film avait du sens, un sens dont les français ont besoin.

La bataille de Gaulle

En cette période politiquement désespérante en France et dans le monde de Trump, la détermination de de Gaulle à surmonter tous les obstacles qui paraissaient insurmontables et son triomphe final redonne de l’espoir. Au point que les responsables et les commentateurs politiques de tous bords ont senti cet impact et ne cessent de le louer et de le donner en exemple sur tous les médias, amplifiant son succès. Il n’est pas près de disparaître des écrans.

Dans un genre très différent, le dernier film du réalisateur roumain Christian Mungiu divise fortement la planète cinéma et les milieux culturels en Europe. Il est donc lui aussi au cœur du débat. https://fr.wikipedia.org/wiki/Fjord_(film)

Fjord

Ainsi Michel Guerin, dans sa chronique dans le quotidien Le Monde,« Reconnecter des mondes qui s’ignorent », cite le président de la Roumanie, Nicusor Dan : « Pour moi, c’est là tout le sens de l’art : appréhender l’expérience humaine sous autant de perspectives que possible. »

L’Odyssée

Mais le cinéma américain n’est pas en reste. Aux États-Unis, comme partout dans le monde, le dernier film de Christopher Nolan est un énorme succès. Il l’est parce que c’est un spectacle éblouissant et captivant. Mais aussi parce qu’il suscite un débat politique dans les médias américains. Il rappelle en effet que son héros, Ulysse, est condamné à cette odyssée, parce qu’il est puni par les dieux. Il est puni parce que, pour vaincre, il s’est comporté comme un impie et un barbare. Musk a mené une violente campagne contre ce film-et en a, sans doute involontairement, fait la promotion- sous prétexte qu’il était scandaleux de faire interpréter Hélène par une comédienne noire. Mais ça n’était qu’un prétexte. Il avait bien compris que ce film d’aventure dénonçait en fait la bonne conscience ultra-conservatrice des Trumpistes.

De la comédie française

Dernier exemple, le succès de « De la comédie française » est évidemment due au fait que cette comédie est très drôle. Mais elle est également due au fait qu’elle a un sens. La scène avec Molière est un morceau d’anthologie qui restera dans la mémoire collective française comme l’ont été certains dialogues d’Audiard : La réalisatrice d’une pièce de théâtre y est sur le point d’abandonner celle-ci sous le poids des obstacles qui bloquent la première représentation. Molière lui rappelle la mission du théâtre et donc le sens de son métier, ce qui lui donne la détermination et force de surmonter ces obstacles. Et la pièce va avoir lieu et être un triomphe. Au milieu de toutes les catastrophes qui s’abattent sur les Français ce film est un véritable bain de jouvence, au sens propre de l’expression.

Ces exemples confirment que dans un monde pourtant noyé sous les images et les messages, le cinéma se distingue parce qu’il est média qui donne du sens avec une puissance inégalée. Mais attention ! Ce qui distingue les 4 films cités c’est aussi que les héros réussissent en fin de compte « à s’en tirer ». La réalité est noire et la masse des spectateurs est à la recherche d’optimisme.

« La Frappe », premier long métrage réalisé par le comédien Julien Gaspar-Oliveri, fait partie des films de fiction dont le budget dépasse à peine un million d’euros. https://fr.wikipedia.org/wiki/La_Frappe_(film,_2026).Et celui-ci a un budget de 1M€ sans cash producteur.

Selon Cinéfinances.info Premium, sept films dont le budget se situe entre 1 et 1,2 million € sont déjà sortis cette année. Comme « Microstar » que nous avons analysé en juillet.https://siritz.com/cinescoop/les-avatars-dun-jeune-prlo-des-reseaux/ Or, tous n’ont réalisé que quelques milliers d’entrées, le record étant de 37 000. On va voir ce que va faire celui-ci qui a un budget d’1 M€ sans cash producteur.

Le producteur délégué de « La Frappe », Marc Benoît-Créancier (Easy Tiger),  a déjà produit de nombreux films, était évidemment bien conscient de cette donnée. Son dernier film, « Toutes pour unes », réalisé par Houda Benyamina et sorti en 2025 avait un budget de près de 10 millions € https://siritz.com/cinescoop/les-trois-mousquetaires-au-feminin/  Mais il n’a rassemblé que 14 000 entrées… Il a donc décidé de changer de braquet. Il était évidemment bien conscient de cette donnée concernant les films à 1 M€.

Dans ces conditions, pourquoi produire un film entrant dans cette catégorie et, surtout, comment en monter le financement ?

Marc Benoît-Créancier a réussi à trouver le financement d’un budget de 1M€ 

Le scénario, écrit par Julien Gaspar-Oliveri et Claudia Bottino, ainsi que les précédentes réalisations de Julien Gaspar-Oliveri (courts-métrages et séries) ont apparemment constitué de bonnes cartes de visite.

Selon Cinéfinances.info, le distributeur Ad Vitam a accordé un minimum garanti pour les mandats français, et Charades pour les ventes à l’étranger. Le film a obtenu une subvention Images de la diversité du CNC. Deux SOFICA non garanties et une SOFICA garantie y ont investi. Deux régions et une ville où le film a été tourné lui ont apporté leur soutien. Enfin France Télévisions l’a même préacheté pour une diffusion sur France 3, mais sans que France 3 cinéma ne soit coproducteur.

Pour boucler le budget, le producteur a mis son salaire et ses frais généraux en participation. Mais, compte tenu du crédit d’impôt, il n’a pas eu à investir de numéraire. Un budget d’1M€  sans cash producteur, ça n’est pas mal.

Dans ces conditions, les imprévus, s’ils n’ont pas été dépensés, ainsi que la franchise de  soutien automatique généré au bénéfice du producteur délégué pourront constituer pour lui une marge. Quant à Ad Vitam, quelques dizaines de milliers d’entrées pourraient suffire à rendre l’opération intéressante.

Présenté à la Semaine de la critique lors du dernier Festival de Cannes, le film y a été bien accueilli. Il est donc possible qu’un diffuseur payant ou une plateforme soit venu compléter depuis son financement. En tout cas, pour son premier jour le film a rassemblé 5 137 spectateurs dans 119 salles. Il pourrait donc bien être un pari gagnant.

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La comédie « Les Gendarmes » https://fr.wikipedia.org/wiki/Les_Gendarmes_(film,_2026)est le cinquième film que François Prévôt-Leygonie https://fr.wikipedia.org/wiki/François_Prévôt-Leygonie_(réalisateur) et Stéphane Archinard https://fr.wikipedia.org/wiki/François_Prévôt-Leygonie_(réalisateur)réalisent ensemble. Leur dernier film, la comédie « Vacances forcées », était sorti en 2025. https://siritz.com/cinescoop/une-comedie-sur-la-lutte-des-classes/Adaptation de la bande dessinée éponyme d’Olivier Sulpice et Christophe Cazenove, elle est remarquable à plus d’un titre. Mais surtout par un risque à 30 % pour les producteurs.

Des pros de l’animation et de la BD dans le live

Tout d’abord, le film est l’occasion pour des professionnels issus de la bande dessinée et de l’animation de passer à la prise de vues réelles.

Ainsi, l’un des producteurs délégués du film, Olivier Sulpice (Bamboo Films), est le coauteur de la bande dessinée. Il en est également l’éditeur, avec sa maison d’édition Bamboo Édition.

De même, l’autre coproducteur, Bamboo Production, associe Olivier Sulpice et Matthieu Zeller, réalisateur et producteur de films d’animation. C’est notamment ce dernier qui a réalisé les coproductions franco-belges « Hopper », dont le deuxième volet, « Hopper et le Secret de la marmotte », sorti en 2025, avait un budget prévisionnel de 22,2 millions d’euros et avait rassemblé 850 000 spectateurs en France. Mais il a néanmoins également produit des films de fiction live.

Le producteurs Olivier Sulpice, ….

…le producteur Matthieu Zeller, acceptent de prendre des risques

Selon Cinéfinances.info le budget prévisionnel du film est 7,5 millions €, soit 25% de plus que le budget moyen des films français de fiction sortis depuis le début de l’année. Par ailleurs, « Les Gendarmes » est un film largement soutenu et financé par le groupe TF1. TF1 Productions et TF1 Studio sont coproducteurs. TF1 Studio a versé un minimum garanti pour obtenir l’ensemble des mandats de distribution, tandis que les chaînes TF1 et TMC ont chacune préacheté deux passages. Au total, l’apport du groupe représente 40 % du financement.

Deux régions ont également apporté leur soutien, mais le film ne bénéficie d’aucun préachat de Canal+ ni d’une plateforme.

De ce fait, les producteurs délégués ont pris un risque important. Non seulement ils ont mis leurs salaires et leurs frais généraux en participation, mais, compte tenu du crédit d’impôt, ils ont également investi en numéraire près de 30 % du budget.

Un risque à 30 % pour les producteurs qui paraît d’autant plus important que le film n’atteindra pas les 300 000 entrées, un résultat qui semble insuffisant pour rentabiliser un tel investissement.

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« Bombonera » est le premier long métrage réalisé par Syrine Boulanouar https://www.allocine.fr/personne/fichepersonne_gen_cpersonne=892117.html. Il raconte l’histoire d’une adolescente passionnée de football de rue dans une banlieue populaire. C’est son premier long métrage pour le cinéma, mais avec ses documentaires, c’est un réalisateur star sur Netflix. Notamment, en 2019, « Ballon sur bitume », sur le football de rue avait fait un carton sur la plateforme. Il s’agit donc de l’arrivée d’un réalisateur star de Netflix au cinéma en salle.

Unité sort deux films pour jeunes cet été

A noter que ce sont les producteurs, de « Bomponera »,  Bruno Nahon et Mathieu Morvan (Unité), qui ont produit « L’Écologie des sentiments », premier long métrage réalisé par Alexandre Steiger, sorti en juillet dernier https://siritz.com/cinescoop/une-comedie-pleine-de-tendresse-et-de-fantaisie/. Cette comédie pour jeunes avait, selon Cinéfinances.info, un devis de 900 000 €, soit moins de 20 % du devis moyen des films français de fiction sortis depuis le début de l’année. Distribuée par Tandem, elle avait rassemblé 12 000 spectateurs.

Avec « Bombonera » les producteurs d’Unité  (Bruno Nahon

et Thomas Morvan ) ont fait entrer un réalisateur star de Netflix au cinéma

Selon Cinéfinances.info le devis de « Bombonera » est nettement plus élevé : 3,4 millions €, soit 63 % du devis moyen.

Mais c’est surtout son plan de financement qui est intéressant. Le film a bénéficié de l’avance sur recettes et d’un investissement non négligeable d’une SOFICA non garantie. Surtout, Netflix l’a préacheté pour un montant supérieur au tiers du budget du film. En revanche, le distributeur Zinc n’a apporté aucun minimum garanti.

Les producteurs ont mis leurs salaires et leurs frais généraux en participation et investi du soutien financier. Mais, grâce notamment au crédit d’impôt, ils ont pratiquement pu boucler le financement sans avoir à investir de numéraire. Pour son premier week-end   ce réalisateur phare de Netflix au cinéma il a rassemblé 8 000 spectateurs.

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« L’Inconnue » est un film fantastique français au budget relativement élevé puisque, selon Cinefinances.info, il, selon Cinéfinances.info,  est de l’ordre de 11 millions d’euros, soit presque le double du budget moyen d’un film français de fiction https://fr.wikipedia.org/wiki/L%27Inconnue_(film,_2026). Et c’est le 14ème budget le plus élevé de tous les films français de fiction sortis depuis le début de l’année. Comment financer un budget de 11 M€ ?

Il a été initié par Bathysphère Productions  (Nicolas Anthomé), qui avait déjà produit le précédent film du réalisateur Arthur Harari, « Onoda, 10 000 nuits dans la jungle ». Cette coproduction internationale, dont le budget était de 4,5 millions d’euros, avait bénéficié de bonnes critiques et obtenu le César du meilleur scénario original. Mais elle avait connu un échec commercial en salles, avec seulement 45 000 entrées en France.

Le producteur Nicolas Anthomé (Bathysphère)  a initié le projet de film

Cette fois, Bathysphère a commencé par acquérir les droits d’adaptation cinématographique de la bande dessinée « Le Cas David Zimmermann », qu’Arthur Harari était en train d’écrire avec son frère Lucas. Parallèlement, la société lui commandait le scénario et la réalisation du film. Dès le départ il apparaissait que le budget du film allait avoisiner les 11 millions €. Mais quand on est un producteur indépendant de films d’auteur comment financer un budget de 11 M€ ?

Où trouver 11 millions € pour financer un film ?

Bathysphère a commencé par investir du soutien automatique en préparation, puis s’est associé, à 70/30, avec un autre coproducteur délégué, To Be Continued (Lionel Gedj).

Le scénario a visiblement convaincu puisque deux stars françaises, Léa Seydoux et Niels Schneider, ont accepté d’en être les interprètes principaux. Le projet a également obtenu l’avance sur recettes.

Avec ce scénario et ce casting, les diffuseurs et partenaires ont suivi. Pathé est entré comme coproducteur et distributeur.  Fait particulièrement intéressant : Pathé a accordé un minimum garanti pour la France et un autre pour l’international, ce dernier étant plus de trois fois supérieur au premier. Un écart qui illustre le potentiel international des films de genre.

D’ailleurs, le distributeur indépendant américain Neon, spécialisé notamment dans le cinéma d’auteur international, a acheté le film pour un montant représentant le double du minimum garanti français. Il faut dire qu’il avait déjà acheté en 2023, « Anatomie d’un chute », Palme d’or au Festival de Cannes, dont Arthur Harari était coscénariste. https://siritz.com/cinescoop/la-remuneration-de-julie-triet/

France 2 Cinéma a également coproduit le film, tandis que Canal+, Ciné+ et France Télévisions l’ont préacheté. Cinq Sofica y ont investi et deux régions lui ont apporté leur soutien. Deux producteurs italiens sont également entrés dans la coproduction, avec le soutien de la Rai.

Le film a ensuite été sélectionné en compétition au Festival de Cannes. Il n’y a remporté aucun prix, mais cette sélection a constitué une vitrine particulièrement utile pour ses ventes internationales.

Reste que le montage financier n’a pas totalement couvert le risque des producteurs délégués. Non seulement ceux-ci ont mis en participation une partie de leurs salaires et frais, mais, même en tenant compte du crédit d’impôt, ils doivent encore se partager plusieurs centaines de milliers d’euros d’apport en numéraire.

Un risque conséquent pour un film à 11 millions d’euros — mais aussi l’illustration d’un montage où le casting, le genre et le potentiel international ont joué un rôle déterminant. Or, pour son premier week-end-end le film n’a rassemblé que 45 000 spectateurs. Pour que les producteurs et le distributeurs s’y retrouvent il faudrait que ce film de genre réalise d’excellent ventes à l’international.

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Comme nous l’avons vu, l’industrie de l’audiovisuel est en train de voir ses ressources diminuer https://siritz.com/editorial/dautres-sources-de-financement-pour-les-films/ Et la situation d’un grand nombre de ses acteurs, qu’ils soient créateurs, comédiens, techniciens ou entreprises devient difficile.

Le marché de l’audiovisuel s’est fortement développé

En réalité, en France comme dans le reste du monde, le marché de cette industrie a fortement augmenté. S’y ajoute en effet les applications internet, à commencer par YouTube dont le chiffre d’affaires actuel en France se situe entre 1,3 et 1,5 milliards €, soit celui de TF1. Certes, son fonctionnement est radicalement différent. Mais comme l’est celui de la télévision par rapport au cinéma. Quand, dans les années 80, celle-ci s’est développée dans notre pays, le monde du cinéma a d’abord cru que c’était le début de sa fin. Jusqu’à ce qu’il trouve le moyen d’en faire sa principale source de financement et son principal marché.

YouTube est une chance pour les créateurs et toute l’industrie audiovisuelle

Pour les créateurs qui ont du mal à trouver un producteur YouTube est une occasion de faire leurs preuves et de devenir une star seulement avec leur talent et leur i-phone. Partout dans le monde on voit de plus en plus souvent de nouveaux réalisateurs de films ou de séries avoir été choisis parce que leur série, tournée avec un téléphone, a des millions, voir des dizaines de millions de vues sur YouTube.

YouTube modifie le rapport de force

Cela permet donc à des créateurs de modifier le rapport de force avec les producteurs ou les chaînes. Pour les producteurs ou les chaînes c’est un nouveau marché financé par la publicité que génèrent leurs programmes et dont YouTube leur rétrocède une partie. Dans l’hexagone France télévisions vient de passer un accord avec YouTube qui diffusera ses programmes, augmentant donc leur audience, tout en permettant à la régie publicitaire du groupe public d’y commercialiser ses propres espaces publicitaires.

Enfin, la publicité vendue par YouTube génère elle-même du compte de soutien, preuve par neuf que ce diffuseur fait bien partie de l’audiovisuel français.

YouTube abuse de sa position dominante

Mais comme le souligne très justement sur LinkedIn Isabelle Degeorges, présidente de Gaumont télévision, YouTube vient, unilatéralement, de décider qu’à partir de février 2027, les règles de partage de ses recettes avec les fournisseurs de programmes vont changer au détriment de ces derniers. Or, sur son marché, YouTube est en position dominante. La Commission de la concurrence et les pouvoirs publics ne peuvent laisser YouTube en abuser. L’État dispose à cette égard d’une arme qui est l’abattement de 66% sur la TSV (taxe sur les services vidéo) dont bénéficie YouTube sous prétexte qu’une grande partie de ses contenus sont fournis par des amateurs. Il serait en droit de la modifier si YouTube continuait à abuser sans vergogne de sa position dominante.

Meta a été obligé de plier

Mais il n’est malheureusement même pas certain que l’État français puisse faire voter un budget d’ici la fin de l’année. Les professionnels français devraient donc s’inspirer des États-Unis, un pays dont le président a décrété que les puissants, à commencer par lui, sont au-dessus des lois. Les procureurs d’une dizaine d’États y ont saisi la justice contre Meta (Facebook et Instagram), le géant mondial du numérique et des réseaux sociaux, accusant ses algorithmes d’être nuisibles aux enfants. Plutôt que de risquer d’être condamné à payer 220 milliards $ d’amende Meta a préféré payer 17 milliards à tous les États américains et modifier profondément son fonctionnement.

https://www.franceinfo.fr/internet/reseaux-sociaux/facebook/l-accord-signe-par-meta-aux-etats-unis-est-une-bonne-nouvelle-pour-thierry-breton_8168165.html

Et bien YouTube est une chance, mais YouTube est une chance qui abuse de sa position dominante sur le marché qu’il a créé. Il faut donc saisir la Commission de la concurrence pour l’obliger â négocier ses modes de rémunérations avec les représentants de ceux qui lui fournissent ses contenus. Et les Français devraient mobiliser leurs partenaires européens pour saisir les autorités européennes. Car YouTube est une chance mais qui abuse partout en Europe et sans doute partout dans le monde.

La plupart des dessins animés sont destinés aux enfants et aux familles. Mais l’un des grands succès français de cet été est  «Jim Queen », un dessin animé pour adulte. https://fr.wikipedia.org/wiki/Jim_Queen Une animation pour adulte très rentable pour un budget de 5 millions €.

Cette comédie sur la menace de disparition de l’homosexualité est la première réalisation pour le cinéma de Marco Nguyen et Nicolas Athané. En fait, ils étaient déjà des pro reconnus dans la réalisation de séries animés pour la télévision. Cinefinances.info permet de se rendre compte que c’est une animation très rentable pour un budget de 5 millions €. Un budget qui très en dessous du budget moyen des films d’animation français sortis depuis le début de l’année qui, d’après la rubrique classements de Cinéfinances.info Premium, est 6,8 millions €.

David Alric passe avec succès du mobile au grand écran

Le producteur Umedia a apporté près de 20% du budget de la Belgique. Le producteur français Bobbypills (David Alrik), jusque-là specialisé dans les séries animées pour mobiles, a donc dû trouver 4 millions € en France. Et, ça n’a pas été facile puisque le producteur a dû faire appel au financement participatif sur Ulule.

Un véritable parcours du combattant

Finalement le film a bénéficié du soutien du CNC, dont l’avance sur recettes, ainsi que du soutien de régions. Mais, initialement en tout cas, d’aucun préachat de chaîne. Comme la plupart des producteurs indépendants, outre du numéraire, le producteur délégué a donc investi son salaire et ses frais généraux. Si l’on tient compte des co-producteurs, la production a investi initialement près de 20 % du financement français. Mais il semble qu’en fin de compte le groupe Canal ait procédé à des préachats, ce qui a sensiblement réduit l’investissement des producteurs. Deux distributeurs ont eu la chance de croire au projet : The jokers qui a donné un minimum garanti pour les mandats de distribution en France et Pulsar content, pour le mandat de vente à l’étranger. Mais au départ tous les deux ont préféré partager leur risque avec une sofica. Puis ils ont finalement estimé qu’il était plus astucieux de s’en passer. Donc, le financement du film a été un véritable parcours du combattant.

Dans la rubrique classements de Cinefinances.info Premium il apparait qu’un dessin animé français sorti en 2026 a un budget approchant de celui de « Jim Queen « . Il s’agit de « Planètes », destiné aux enfants et aux familles.  C’est également une coproduction avec la Belgique. https://siritz.com/cinescoop/une-ode-poetique-sur-le-deracinement/ Mais les producteurs délégués de « Planètes », Ecce Films et Miyu productions ont trouvé 26 sources de financement initiales alors que Bobbypills n’en a trouvé que 14. « Planètes » a rassemblé 50 000 spectateurs en France.

Mais, puisque « Jim Queen » va  atteindre  les 370 000 entrées sur la France, rien que les recettes nettes parts producteur salle devraient largement dépasser les 600 000 €. Auxquels il faut ajouter les recettes vidéo et vod ainsi, surtout, que le compte de soutien automatique, qui devrait avoisiner les 300 000 €. Pour le distributeur The Jokers c’est également un petit pactole. Par ailleurs, étant donné le très bon accueil du film au Festival de Cannes, les ventes à l’étranger devraient également être importantes. Enfin, il est  probable qu’une ou plusieurs chaînes françaises en clair et, peut-être une plate-forme l’ont finalement l’acheté.

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L’une des grandes réussites françaises de cette été est «  De la comédie française » https://fr.wikipedia.org/wiki/De_la_Comédie-Française. C’est un véritable modèle pour la production indépendante. En effet, cette comédie dont, selon Cinéfinances.info, le budget prévisionnel est inférieur à 2,5 millions €, est parti pour  dépasser le million de spectateurs, c’est à dire à être un blockbuster. 2,5 millions € pour un blockbuster c’est en effet exceptionnel.

C’est Thomas Verhaeghe qui a produit un blockbuster à 2,5 millions €

Le tournage n’a duré que 20 jours et le film ne dure qu’une heure 15 minutes. Mais, tout en ne cessant de circuler dans la comédie française et d’en découvrir tous les recoins, on rit de bout en bout. Compte tenu du crédit d’impôt, 400 000 € ont été investis en numéraire par le producteur délégué Atelier de production (Thomas Verhaeghe), France 2 cinéma et une sofica en production. Mais l’évaluation du salaire du producteur et de ses frais généraux dépassent largement l’apport en numéraire du producteur délégué.

Une affaire très rentable

Les distributeurs pour la France, l’indépendant Zinc associé à la major Warner, ont donné un minimum garanti et retenu une commission de distribution de 25%. Les frais d’édition se situaient dans une fourchette entre 300 et 600 000 €. Si les frais d’édition se sont  situé à ce maximum, compte tenu d’un prix moyen de la place de 7,5 € dont 40% revient au distributeur, l’investissement en production est amorti par 400 000 entrées. Or il y en aura plus de 2,5 fois plus. En outre, il faut ajouter le compte de soutien, les recettes nettes vidéo et vàd ainsi que les ventes à l’étranger.  Pour tous les investisseurs l’affaire est donc extrêmement rentable.

Les abonnés au service Premium de Cinéfinances.info peuvent comparer ce film avec d’autres films au budget équivalent sortis cette année et voir comment ils ont été financés. Il y en a 6 dont le budget prévisionnel se situe entre 2,4 et 2,5 millions d’entrées. Ils ont rassemblé entre 12 et 223 000 spectateurs https://siritz.com/cinescoop/luchini-tel-quen-lui-meme/.  En 2025 il y en avait 4 qui avaient rassemblé entre 20 et 79 000 entrées. Ce qui confirme à quel point, pour le cinéma français,  un blockbuster à 2,5 millions € c’est exceptionnel. Bien entendu ce film et ces chiffres illustrent tout à fait la caractéristique de l’industrie du cinéma. C’est une industrie de prototypes.

Comme la montré une étude du CNC, seuls un tiers des films français sont rentables. Mais, ce taux élevé d’échec qui est consubstantiel au métier, n’empêche pas la production d’être globalement rentable, puisqu’elle dégage un bénéfice net situé entre 4 et 5%. Dans le cas de « De la comédie française » l’idée vient de 4 comédiens qui ont déjà été des scénaristes pour la télévision. Ils ont écrit ensemble le scénario, deux (Martin Darondeau et  Bertrand Uzeau, dont c’est la première réalisation pour le cinéma) l’ont co-réalisé et une comédienne en est l’interprète principale.  Leur création est un hommage vibrant à leur métier.

Chaque semaine, Cinéfinances.info publie le devis, le plan de financement et la répartition des recettes entre les partenaires de tous les films français qui sortent.

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Pour débaucher des stars du box-office sans trop débourser, un des moyens efficaces est d’en faire de véritables coproducteurs délégués. C’est ce qu’a réussi à faire Julien Madon (Cheyenne Fédération) avec les frères Bagheraba pour « La Nirvana ». Cette fois-ci les Bagheraba réduisent leur budget de moitié pour réduire le point mort d’autant.

Depuis leur premier film, « Les SEGPA », sorti en avril 2022 et dont ils avaient été à la fois scénaristes, réalisateurs et interprètes, les 4 frères Bagheraba ont connu plusieurs fois le succès. Selon Cinéfinances.info  « Les SEGPA » avait un budget des 2,6 millions €. Or il a rassemblé 730 000 spectateurs. https://siritz.com/cinescoop/pour-la-realisation-de-les-segpa/

Le budget de « Les SEGPA au ski », sorti l’année suivante, est monté à 5,8 millions € et le film a atteint 1,370 million d’entrées. https://siritz.com/cinescoop/enfin-une-tres-bonne-surprise/

Enfin le budget de « Sous écrou » est grimpé à 7,5 millions € et le film a frôlé les 700 000 entrées. https://siritz.com/cinescoop/les-freres-bougheraba-remettent-ca/A chaque fois l’un des deux producteurs délégués était Kallouche cinéma (Arnaud Chautard) et la distribution en France avait été confiée à l’association d’Apollo films avec StudioCanal.

Puis, le comédien Redouane Bagheraba a crée sa société de production RB images, co-écrit un scénario et co-produit avec Yann Zenou production « Délocalisés », qu’il a réalisé avec son frère Ali et dont il est l’un des principaux interprètes. Le budget monte alors à plus de 8 millions €. https://siritz.com/cinescoop/un-marseillais-delocalise-en-inde/ Or les résultats du film sont une déception puisqu’il ne rassemble que 250 000 spectateurs :  la production est un métier à risque.

Julien Madon (Cheyenne Fédération) convainc les Bagheraba de réduire leur budget

A cette occasion, un nouveau producteur intervient : Julien Madon (Cheyenne Fédération). Il propose aux frères d’être à nouveau coproducteurs délégués. La société Anouk Movie, dont Ali et Ichem sont les dirigeants, va être associée à 50/50 à la production déléguée du film « La Nirvana » https://fr.wikipedia.org/wiki/La_Nirvana . Mais il les convainc de réduire le budget de leur nouveau film de 50% par rapport au précédent. Les Bagheraba réduisent leur budget de moitié en raisonnant comme de véritables producteurs délégués.

C’est encore un film des 4 frères. Hakim, Ichem et Ali ont écrit le scénario. Karim le réalise tandis que Ichem et Redouane sont parmi les rôles principaux. Cheyenne Fédération leur garantit leurs confortables droits d’auteurs et salaires tout en avançant  la trésorerie nécessaire au montage de l’affaire. Mais dès qu’elle aura récupéré ses apports les Anouk Movie sera à 50/50.

Or, en baissant le budget du film, donc le point mort, les frères Bagheraba augmentent leur chance de récupérer des recettes producteurs. Quant à Cheyenne Fédération il n’a à mettre  ni son salaire etni ses frais généraux en participation.

Apollo Films et StudioCanal ont donné un minimum garanti pour le mandat de distribution en France. Ginger & Fed, le vendeur à l’étranger, a fait financer le sien par une sofica garantie. Avec la coproduction et les préachats de chaînes, plus des soutiens de collectivités locales, l’apport en numéraire de Cheyenne Fédération est limité.

Les résultats du film sont de nouveau une déception puisque, pour son premier week-end, le film n’a rassemblé que 58 000 spectateurs contre 105 000 pour « Délocalisés ». Mais son budget est la moitié du précédent.

Cheyenne Fédération pourra sans doute récupérer la plus grande partie de sa mise en numéraire avec la franchise de soutien financier. En revanche pour les distributeurs ce n’est, de nouveau, pas une bonne affaire.

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