Le documentaire « La Vie en relief » correspond parfaitement à la vocation novatrice de son producteur délégué, Autour de Minuit Productions (Nicolas Schmerkin), qui est d’investir dans « des projets novateurs sur la forme et impertinents sur le fond, faisant la part belle aux nouvelles technologies et à la création sonore ». Un relief à 600 000 €, ou presque : le film illustre bien cette ambition.
https://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=1000042891.html

Nicolas Schmerkin ( Autour de Minuit productions) produit des oeuvres novatrices

En effet, le directeur de la photographie Denis Gaubert, qui réalise ici son premier long métrage pour le cinéma, nous livre un témoignage doublement exceptionnel.
https://www.allocine.fr/personne/fichepersonne_gen_cpersonne=35122.html

En premier lieu, c’est une photographie réelle de la France du début du XXe siècle. En second lieu, cette photographie est en relief, car elle a été réalisée par le jeune Jacques Henri Lartigue, à qui son père avait offert, pour ses 8 ans, un appareil Spido Gaumont permettant de réaliser des photographies stéréoscopiques. Jacques Henri Lartigue deviendra par la suite un photographe célèbre.

Le devis de ce documentaire, entièrement réalisé dans ce que l’on appelle aujourd’hui la 3D, est, selon Cinéfinances.info, d’un peu moins de 600 000 €, soit environ 90 % du devis moyen des documentaires français sortis depuis le début de l’année.

Un risque producteur limité

Autour de Minuit a réussi à rassembler les financements nécessaires tout en limitant ses risques. Le film a bénéficié de l’Avance sur recettes et l’Association des Amis de Jacques Henri Lartigue est coproductrice. Il a également obtenu trois soutiens, dont celui d’une région, tandis que le distributeur UFO lui a accordé un tout petit minimum garanti.

Aucune chaîne n’a préacheté le film car elles estiment sans doute qu’elles ne pourraient le diffuser. Pourtant, en bout de course, lorsqu’on additionne le crédit d’impôt, le salaire du producteur et ses frais généraux, leur montant est à peu près équivalent au numéraire qu’il a investi. Pour un relief à 600 000 € c’est pas mal.

Avec un budget presque deux fois supérieur à celui de « La Ligne bleue », « La Vie en relief » semble donc encore mieux financé.
https://siritz.com/cinescoop/un-temoignage-a-350-000-e-de-budget/

Chaque semaine, Cinefinances.info publie le plan de financement et la répartition des recettes entre les partenaires de tous les films français qui sortent.

Vous pouvez aussi rechercher les interventions d’une chaîne, d’un distributeur, d’une SOFICA ou d’un vendeur international et voir quels films ils ont financés et à quelles conditions.

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Pour l’instant la plus forte probabilité est que Marine Le Pen remporte la prochaine élection présidentielle en mai prochain. Or, dans le programme du Rassemblement national se trouvent deux mesures qui entraîneraient immédiatement la fin de l’industrie du cinéma et de l’audiovisuel de la France : d’une part la suppression du CNC et, donc, du compte de soutien https://www.politico.eu/article/la-croisade-de-lextreme-droite-contre-le-cnc-inquiete-le-cinema-francais/; d’autre part la privatisation du service public de la télévision et de la radio.

Bien sûr, depuis l’élection de Georges Pompidou en 1969, tous les candidats qui étaient en tête des sondages 8 mois avant l’élection n’ont pas été élus. Tous, sans exception. Mais ce n’est qu’une constatation, pas une loi de la nature. Il est en tout cas essentiel que les professionnels de ces deux industries se mobilisent pour que les Français comprennent que ces projets de la candidate serait catastrophique pour ces deux pans de l’industrie française qui représentent plus d’emplois que notre industrie automobile. Il faut faire comprendre à tous les électeurs que ce serait aussi catastrophique que son projet de sortir de l’Euro qui, lors de la campagne présidentielle de 2017, leur avait fait découvrir sa dangereuse incompétence économique.

Car, comme on le sait le Compte de soutien, à la fois épargne forcée -et donc investissement forcé- et droits de douane sur les productions étrangère est le principal moteur de la production cinématographique et télévisuelle française. Quant au CNC c’est incontestablement une des administrations les plus efficaces et les plus compétentes de notre pays. Face aux enjeux du numérique et de l’intelligence artificielle cet organisme est un des atouts de la France. https://siritz.com/editorial/potion-magique-pour-une-industrie-de-prototypes/

Quant à à la privatisation du secteur public de l’audiovisuel elle est tout simplement absurde : quel investisseur privé acceptera d’acquérir France télévisions et Radio France lestées de leurs ressources publiques alors que les recettes publicitaires de l’ensemble de la télévision et de la radio gratuite française ne cessent de reculer ? Et s’il y avait un investisseur ce ne pourrait qu’être qu’avec l’intention de détruire l’ensemble du secteur privé français dont les recettes deviendraient du jour au lendemain insuffisantes pour le faire vivre. Peut-être que le RN connaît un oligarque russe qui est disposé à nous rendre ce service.

Certes, il restera les plateformes payantes et les salles de cinéma survivantes diffuseront toujours les films américains…

Les professionnels français du cinéma et de la télévision, à commencer par les artistes, les réalisateurs, les auteurs, les journalistes et les animateurs ont une aura suffisante pour attirer l’attention des Français et leur faire prendre conscience de cette menace. Il est impératif pour eux qu’ils se mobilisent pour éclairer les Français de cette double bombe à fragmentation  sur l’économie française qui risque d’exploser au milieu de leur vie quotidienne.

« Si tu penses bien » illustre les liens profonds qui existent entre les cinémas français et belge. Une part importante des films français sont coproduits en Belgique, où ils trouvent un complément de financement. https://fr.wikipedia.org/wiki/Si_tu_penses_bien. C’est un partenaire naturel pour des raisons linguistiques, mais aussi parce que l’industrie cinématographique belge est l’une des plus dynamiques d’Europe et que ses auteurs sont mondialement reconnus.

Le cinéma belge partenaire privilégié du cinéma français

Mais, pour ce film, la Belgique apporte beaucoup plus qu’un simple complément de financement. Selon Cinéfinances.info le producteur belge assure 38 % du financement. De plus, une partie du tournage a eu lieu dans les studios Monev, dans le Brabant, et les deux tiers des dépenses ont été effectuées en Belgique.

Les deux sociétés de production déléguées sont françaises. Pan Cinéma (Philippe Godeau) est un un producteur marquant puisque c’est notamment le producteur d’« Un p’tit truc en plus ». https://siritz.com/editorial/le-ptit-truc-en-plus-du-cinema/ qui avait rassemblé plus de 11 millions de spectateurs.

Philippe Godeau, un producteur français marquant 

Liaison Cinématographique est une filiale du producteur belge Artémis, du producteur luxembourgeois Samsa et du producteur français Nord-Ouest. C’est le Belge Patrick Quinet qui dirige Liaison Cinématographique ainsi qu’Artémis, coproducteur belge du film. Il est l’un des principaux producteurs de son pays et a joué un rôle essentiel dans le développement de son industrie cinématographique. Il est notamment à l’origine du tax shelter belge, un dispositif d’incitation fiscale au financement de la production audiovisuelle, à l’image des sofica françaises. Il est également l’actionnaire principal de la société de levée de fonds en tax shelter, Taxshelter.be.

Patrick Quinet, un producteur marquant du cinéma belge

Mais « Si tu penses bien » est remarquable à plus d’un titre.

Géraldine Nakache passe de la comédie eu drame

C’est le troisième long métrage réalisé par Géraldine Nakache, par ailleurs comédienne et scénariste. Elle en a écrit le scénario avec le scénariste belge David Lambert.

Jusque-là, comme son frère Olivier Nakache, elle avait réalisé des comédies. Cette fois-ci, son film est un drame audacieux sur une emprise psychologique destructrice et violente au sein d’un couple, dans laquelle la religion devient l’une des armes de cette emprise.

Financement massif des plateformes et du tax shelter

Le financement du film est lui aussi remarquable. Selon Cinéfinances.info son budget prévisionnel est 4 millions €. On y voit plateformes et tax shelter en force dans ce financement.

En France, les producteurs délégués ont convaincu Les Productions du Ch’timi (Dany Boon) d’investir un peu de compte de soutien. Pan Distribution a accordé, pour l’ensemble des mandats, un minimum garanti substantiel, puisqu’il dépasse 10 % du financement français.

Mais surtout, le film a été préacheté à la fois par Disney+ et Netflix, pour un montant cumulé qui représente plus des trois quarts du financement français.

De ce fait, en tenant compte du crédit d’impôt, les deux producteurs délégués n’ont eu à investir aucun numéraire. Ils bénéficieront en outre de la franchise de compte de soutien.

Il faut toutefois noter que le devis ne comprend ni salaire producteur ni frais généraux et que le poste des imprévus est minuscule.

Le financement belge réuni par Artémis est tout aussi remarquable. La société apporte un peu de fonds propres et bénéficie du soutien de Screen Brussels. Le film est coproduit et préacheté par trois chaînes belges, tandis qu’un distributeur a accordé un minimum garanti pour le Benelux.

Mais le fait le plus marquant est ailleurs : les apports issus du tax shelter représentent à eux seuls plus des trois quarts du financement belge.

Ainsi, des deux côtés de la frontière, le financement repose sur des leviers très différents : les plateformes jouent un rôle déterminant dans le financement français, tandis que le tax shelter domine très largement le financement belge. Plateformes et tax shelter en force à ce niveau c’est exceptionnel.

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On a vu avec « Nous, l’orchestre » qu’un documentaire peut être très rentable pour son producteur et son distributeur https://siritz.com/cinescoop/un-documentaire-tres-rentable/. Mais la plupart des documentaires répondent à une autre logique que celle de la rentabilité. Leur producteur estime que le message ou le témoignage que le réalisateur ou la réalisatrice veut transmettre mérite d’exister. C’est le cas de « La Ligne bleue » : un témoignage à 350 000 € de budget. https://www.franceinfo.fr/culture/cinema/sorties-de-films/la-ligne-bleue-un-documentaire-poignant-sur-l-empreinte-qu-a-laisse-le-camp-de-concentration-du-struthof-en-alsace_8175044.html

C’est le sixième long métrage documentaire pour le cinéma réalisé par Marie Dumora. https://fr.wikipedia.org/wiki/Marie_Dumora

Celui-ci livre des témoignages sur le camp de concentration nazi du Struthof, en Alsace. Sophie Dulac, qui exploite plusieurs salles art et essai à Paris et distribue également de nombreux films de ce type, a estimé que cette œuvre devait exister et être diffusée.

Grace à la productrice et distributrice Sophie Dulac ce témoignage existe

Le précédent film de Marie Dumora se déroulait, comme tous ses films, dans l’Est de la France. « Loin de vous j’ai grandi » avait été produit par Les Films du Bélier. Son devis était d’un peu moins de 500 000 €. Distribué par Épicentre Films en 2020, il avait rassemblé 4 000 spectateurs https://fr.wikipedia.org/wiki/Loin_de_vous_j%27ai_grandi

Coproduction Allemande et avance sur recettes

Selon Cinéfinances.info, le devis de « La Ligne bleue » est légèrement inférieur à 350 000 €, soit environ la moitié du budget moyen des documentaires sortis depuis le début de l’année.

Le film est coproduit à hauteur de 10 % par un producteur allemand, qui a trouvé un coproducteur et un distributeur. En France, il a bénéficié d’une avance sur recettes, du soutien du mini-traité franco-allemand ainsi que de celui du ministère des Armées. La région Grand Est, mais aussi la région Île-de-France, lui ont également apporté leur soutien.

Dulac Productions a investi un peu de numéraire et mis son salaire de producteur et ses frais généraux en participation. Dulac Distribution a apporté un minimum garanti. Mais, compte tenu du crédit d’impôt, le risque effectif pris par Sophie Dulac n’est que de quelques dizaines de milliers d’euros.

Et, comme on l’a dit, son principal objectif est ailleurs : faire en sorte qu’un témoignage à 350 000 € de budget sur le camp de concentration de Struthof existe et rencontre son public.

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« Billie Melody » montre comment des producteurs peuvent mener à bien un projet alors qu’une partie importante des financements prévus leur a finalement fait défaut. Ils ont réussi à produire un film malgré les refus https://fr.wikipedia.org/wiki/Billie_Melody

Ce drame intimiste est le premier film que Christine Paillard réalise seule, après avoir été plusieurs fois scénariste https://www.allocine.fr/personne/fichepersonne_gen_cpersonne=260217.html. Elle avait notamment coécrit et coréalisé avec Chad Chenouga « Pourquoi tu souris ? », un film au budget de 3,1 millions €. Sorti en 2024, il avait rassemblé 104 000 spectateurs. https://siritz.com/cinescoop/comedie-avec-duo-de-bras-casses/

Cette fois-ci, Chad Chenouga a de nouveau participé à l’écriture du scénario.

Au départ, les deux producteurs délégués, Sésame Films (Florence Borelly) et Mille et Une Productions (Édouard Mauriat), associés à 50/50, avaient prévu pour « Billie Melody » un devis de 2,3 millions €. The Jokers leur avait accordé un minimum garanti pour les droits de distribution en France. De son côté, Sésame Films avait investi du fonds de soutien en préparation.

Florence Borelly (Sésame Films) ….

… et Edouard Mauriat (Mille et Une productions) ont su surmonter tous les obstacles

Mais une grande partie des financements espérés n’est pas arrivée.

Ainsi les deux producteurs avaient prévu une coproduction de France 2 Cinéma ainsi qu’un préachat de France Télévisions. S’ils ont bien obtenu le préachat espéré, France 2 Cinéma n’a finalement pas souhaité être coproducteur. De même, OCS-Ciné+ a préacheté le film, mais pas Disney+ qui était pourtant également espéré. Ils comptaient également sur l’investissement d’un pool de SOFICA, qu’ils n’ont pas obtenu. En revanche, la région Pays de la Loire, où le film a été tourné, leur a bien accordé le soutien attendu.

Enfin, ils espéraient un minimum garanti de WTF pour les ventes à l’étranger. Ils n’ont finalement obtenu de Pulsar Content qu’un montant deux fois inférieur.

Malgré ces déconvenues, les producteurs ont décidé de faire le film, mais en ramenant son devis de 2,3 à 1,3 million € (présenté par Cinéfinances.info), soit une diminution de 43 %.

Ils y sont sans doute parvenus en adaptant le projet, mais surtout en réduisant considérablement de nombreux postes du devis. À titre d’exemple, le budget consacré aux rôles principaux est passé de 98 000 € à 17 000 €, mais en conservant les comédiens choisis. Quant au tournage, il n’a duré que 22 jours.

Et pourtant, si les deux producteurs ont mis leurs salaires et leurs frais généraux en participation, ils n’ont pratiquement pas eu, compte tenu notamment du crédit d’impôt, à investir de numéraire.

« Billie Melody » constitue ainsi un exemple intéressant de la capacité de producteurs persévérant à redimensionner radicalement un projet lorsque les financements espérés ne sont pas tous au rendez-vous. Ils montrent que des producteurs sont capables de produire un film malgré les refus pour un projet auxquels ils croient.

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A 34 ans Félix de Givry a déjà une carrière bien remplie puisqu’il a été acteur, scénariste, réalisateur de courts métrages et entrepreneur dans le domaine de musique et aussi du vêtement. https://fr.wikipedia.org/wiki/Alexandre_Pierre_Givry

Felix de Givry prend des risques pour le film qu’il produit et réalise 

Aujourd’hui il est le coscénariste, le réalisateur et le coproducteur délégué de son premier long métrage, « Adieu monde cruel ». C’est un conte adolescent qui a été présenté à La semaine de la critique du dernier Festivale de Cannes et bien accueilli. Il vise un public jeune. Mais c’est un premier film risqué.

Selon Cinéfinances.info ce film, tourné en 16 mm, a un budget prévisionnel de 1,36 millions €, soit le quart du budget moyen des films français de fiction sortis depuis le début de l’année. La production déléguée est assurée par deux sociétés. D’une part Remembers, créée et dirigée par Félix de Givry et Hugo Bienvenu, qui avait produit leurs courts métrages. D’autre part Iliade et Films dont le gérant est Oury Milshtein, qui a réalisé et produit de nombreux films.

Le réalisateur Oury Milshtein coproducteur délégué chevronné de « Un monde cruel »

Iliade et Films a investi du fonds de soutien en préparation et Arte a, à la fois, co-produit et pré-acheté le film, mais pout des montants modestes. Le film a bénéficié de l’avance sur recette après réalisation. Deux régions où il a été tourné lui ont apporté leur soutien. Les producteurs ont trouvé 5 autres soutiens, dont le plus important est celui de la maison Chanel qui intervient régulièrement en faveur du cinéma.

Diaphana lui a accordé un minimum garanti pour le mandat salle  et un autre pour la vidéo. Playtime lui en a accordé pour les ventes à l’étranger. Mais, là encore, ce sont des minima garantis modestes. Enfin le producteur belge Umédia est coproducteur. Mais, malgré tous ces apports, dont évidement le crédit d’impôt, les producteurs délégués on mis leurs salaires ainsi que leurs frais généraux en participation. Et, surtout, ils ont investi une somme non négligeable en numéraire.

Donc un premier long métrage à petit budget, mais un premier film risqué pour ses producteurs. Or, le premier week-end le film a rassemblé 14 000 spectateurs dans 89 salles. Le distributeur ne vas pas faire une trop mauvaise affaire mais pour les producteurs il va être très difficile de récupérer le numéraire investi.

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L’une des forces du cinéma français c’est que ses films ont une grande variété de genres et de budgets. Et, à tous les niveaux de budget des producteurs réussissent à trouver les financements et limiter les risques. C’est ce que permet de voir Cinéfinances.info. Notamment, la rubrique Classement de son offre Premium permet de classer les films français de chaque année par niveau de devis en distinguant la fiction de l’animation et du documentaire.

Le financement de 37,5 millions €

Ainsi, pour les films de fiction sortis depuis le début de l’année on voit que le devis le plus élevé est celui de chacun des deux « De la bataille de Gaulle » qui s’élève à plus de 37,7 millions €. https://siritz.com/cinescoop/un-monumental-thriller-historique-et-geopolitique/ et https://siritz.com/cinescoop/la-petite-france-resiste-a-la-grande-amerique/

Comme on le sait, ils vont chacun dépasser les 3 millions d’entrées et sont devenus une référence pour les Français de tout bord. Pour son producteur, Pathé, qui est le premier exploitant de France, c’est déjà une réussite, car ils contribuent à la remontée de la fréquentation.

Mais, l’analyse du plan de financement montre clairement que Pathé a dû procéder à un investissement qui ne pourra s’amortir que s’il a des ventes à l’étranger record. Pathé a pris un risque comme il en prend chaque année avec des films à gros budget, mais c’est un risque que sa taille lui permet d’assumer.

Le financement de 6 millions €

Autre exemple, selon Cinéfiances.info, le devis moyen des films français de fiction sortis depuis le début de l’année est 6 millions €, soit 16% du budget le plus élevé. Il correspond au devis de « Fjord » qui a obtenu la Palme d’or au dernier Festival de Cannes. https://siritz.com/cinescoop/de-nouveau-une-palme-dor-tres-rentable/. Avec  plus de 450 000 entrées dès sa 4ème semaine il va être une très bonne affaire pour son producteur et son distributeur français. Car c’est une coproduction internationale entre 4 pays et le financement français n’est que de 1,2 millions €.

Mais avec un devis à peu près équivalent et un financement entièrement français,  « Ceux qui comptent » a rassemblé 324 000 spectateurs.https://siritz.com/cinescoop/une-comedie-imprevisible-sur-une-rencontre/. Son distributeur UGC y trouve son compte. En apparence le producteur délégué, Les films du 24, filiale du groupe UGC, a financé le tiers du budget. Mais, en tenant compte du crédit d’impôt, de son salaire de producteur et de ses frais généraux il n’a pas fait d’apport en numéraire et sa franchise de soutien financier lui procure déjà un bénéfice.

Le financement de 3,9 millions €

Si l’on prend le devis médian (autant de devis plus élevés que de moins élevés), il est de 3 951 000 €.  C’est celui de la comédie « Tout va super ». https://siritz.com/cinescoop/comedie-sur-les-contradictions-dune-mere-juive/ Le film n’a rassemblé que 51 000 spectateurs. Le distributeur Zinc ne pourra toucher sa commission ni amortir son minimum garanti ni ses frais d’édition. Ce qui confirme que le  cinéma est une industrie de prototype risquée.

Le producteur délégué, Atelier Production, a investi un peu de soutien financier en production, mais, compte tenu du crédit d’impôt il n’a pas investi de numéraire. Et il va toucher une grande partie de son salaire et de ses frais généraux.

Le financement de 150 000 €

A l’autre bout du tableau, « Comète » a un budget de 150 00 €, entièrement financé par les 2 producteurs délégués, KTP production et Why not, ainsi que par un petit minimum garanti du distributeur, Dulac Distribution. https://fr.wikipedia.org/wiki/Comète_(film)

Sorti dans 51 salles le film n’a rassemblé que 7 300 spectateurs. Ces investissements n’ont pas été amortis, mais le risque est limité à quelques dizaines de milliers d’euros pour chacun des investisseurs.

Rappelons que, dans la même catégorie de budget,  la comédie «  Un grand raccourci », dont le devis est 153 000 € est sorti dans 103 salles. En 5 ème semaine il a déjà dépassé les 70 000 entrées et c’est une excellente affaire pour son producteur et son distributeur.https://siritz.com/cinescoop/instagram-fait-triompher-un-microbudget/

D’une manière générale les producteurs constatent que des sources de financement importantes (chaînes et régions) sont en chute et que la grande majorité des films (plus des deux tiers) n’atteignent pas leurs objectifs. Si la fréquentation a retrouvé ses niveaux d’avant Covid, le métier de producteur et de distributeur est donc devenu plus difficile qu’avant. Mais l’analyse de tous les devis et plans de financement présentés par  Cinéfinances.info fournit de multiples exemples de producteurs qui ont su trouver les financements et limiter les risques.

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« Les Héros du Louvre » est un film singulier à plus d’un titre. https://fr.wikipedia.org/wiki/Les_Héros_du_Louvre

Tout d’abord, c’est l’adaptation d’une bande dessinée éponyme qui raconte une histoire vraie dont le père d’Élie Chouraqui avait été l’un des héros sous l’Occupation. Élie Chouraqui est l’auteur de cette BD, dessinée par Letizia Depedri. Il est également le réalisateur du film. https://fr.wikipedia.org/wiki/Élie_Chouraqui C’est son douzième long métrage, le précédent, « L’Origine de la violence », étant sorti en 2016.

C’est Alexandra Fechner qui a produit le film avec Alexandra Fechner Productions, avec des garanties apportées par son autre société, Fechner Films. Le dernier film qu’elle avait produit, « Le bonheur est pour demain », réalisé par Brigitte Sy, avait rassemblé19 000 spectateurs. https://siritz.com/cinescoop/casta-tombe-amoureuse-dun-braqueur/

Alexandra Fechner (Fechner Films) a mené a bien le financement de ce film à 6,6 M€ difficiles à boucler

Selon Cinéfinances.info, le devis des « Héros du Louvre » s’élève à 6,6 millions d’euros, soit environ 20 % de plus que le devis moyen des films français sortis depuis le début de l’année.

Dans son plan de financement, la productrice annonce l’apport de cinq coproducteurs, dont un pool d’investisseurs pour un montant important. Mais aucun des contrats correspondants n’est inscrit au Registre public du cinéma et de l’audiovisuel, ce qui est surprenant.

Le film a obtenu le soutien d’une région. Canal+ ainsi que plusieurs chaînes du groupe l’ont préacheté.

Paradis Films, qui avait déjà distribué le précédent film de la productrice, a accordé un minimum garanti. Celui-ci a ensuite été revu à la baisse de 20 % en décembre dernier, ce qui est assez rare.

Pour boucler ces 6,6 M€ difficiles à boucler, Alexandra Fechner a donc dû renforcer son propre engagement. Même si elle dispose de tous les coproducteurs prévus, elle a mis sa rémunération de productrice et ses frais généraux en participation, investi du fonds de soutien en préparation et, compte tenu du crédit d’impôt, apporté également du numéraire.

Un montage qui illustre les difficultés que peut rencontrer même un producteur établi pour boucler le financement d’un film.

À noter que « Les Héros du Louvre » a rassemblé un peu plus de 15 000 spectateurs le premier jour. Il  faudra donc ce film à 6,6 M€ difficiles à boucler, bénéficier d’un très bon bouche-à-oreille pour devenir une bonne affaire pour ses producteurs et son distributeur.

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Philippe Martin (Les Films Pelléas) a de nouveau fait confiance à Charline Bourgeois-Tacquet en produisant son deuxième film, dont David Thion est le producteur exécutif au sein de la société. https://fr.wikipedia.org/wiki/Charline_Bourgeois-Tacquet . « La Vie d’une femme » , est le deuxième long métrage réalisé par la comédienne. https://fr.wikipedia.org/wiki/La_Vie_d%27une_femme_(film,_2026)

Son premier, « Les Amours d’Anaïs », sorti en 2021 et distribué par Haut et Court, avait un budget prévisionnel de 3 millions d’euros. Il avait rassemblé 60 000 spectateurs.

Les deux films traitent d’une relation homosexuelle entre deux femmes, dont l’une est écrivaine. Mais le second, présenté en compétition officielle au Festival de Cannes, est beaucoup plus complexe et accompli.

Philippe Martin (Les Films Pélleas) sait produire des films en limitant au maximum les risques

Selon Cinefinances.info, « La Vie d’une femme » affiche un budget prévisionnel de 3,5 millions d’euros, soit environ 60 % du budget moyen des films français de fiction sortis depuis le début de l’année.

Le film est coproduit par France 3 Cinéma et par le producteur belge Versus, qui apporte 10 % de son financement. Une SOFICA garantie et trois SOFICA non garanties y ont également investi, tandis qu’une région lui a apporté son soutien. Par ailleurs, Canal+, Ciné+ et Arte l’ont préacheté.

Au total, l’apport des chaînes de télévision représente plus de 40 % du financement. Pyramide Distribution a versé un minimum garanti pour les mandats France, tandis que Be For Films en a versé un autre pour les ventes internationales. Le cumul de ces deux minima garantis dépasse 10 % du budget.

3,5 M€ presque couverts

En définitive, Les Films Pelléas ont investi du fonds de soutien à la production et avancé un peu de trésorerie. Mais le crédit d’impôt devrait couvrir ces deux apports ainsi qu’une grande partie du salaire producteur et des frais généraux.

Le risque financier pris directement par le producteur délégué apparaît donc particulièrement limité. Et son démarrage sur Paris hier est particulièrement prometteur.

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Les documentaires sont rarement de bonnes affaires pour les producteurs. Ils visent généralement un public limité. Pourtant, cette année, un documentaire s’est distingué : « Nous, l’orchestre », réalisé par Philippe Béziat et sorti le 22 avril dernier.

Ce réalisateur est spécialisé dans les captations de spectacles musicaux pour le cinéma et la télévision. Il a déjà réalisé cinq longs métrages sortis en salles. Évidemment, le public qui s’intéresse à la musique est large. D’ailleurs, les grands réseaux de salles consacrent avec succès de nombreuses séances à la retransmission de spectacles musicaux.

« Nous, l’orchestre » avait la particularité de suivre les répétitions des 120 musiciens de l’Orchestre de Paris sous la direction de prestigieux chefs d’orchestre, mais en suivant ces répétitions du point de vue des musiciens des différents instruments.

Selon Cinefinances.info, le tournage a duré 43 jours et le budget prévisionnel s’élève à 722 000 €, soit 10 % de plus que le budget moyen des documentaires français sortis depuis le début de l’année. Un documentaire à 722 000 € représente donc un investissement significatif dans ce genre. Or c’est un documentaire  très rentable.

Le film est produit par Les Films Pelléas (Philippe Martin) et distribué par Pyramide Distribution, qui avaient déjà joué ces rôles pour « Les Indes galantes », réalisé par Philippe Béziat et sorti en 2021. Le tournage avait alors duré 23 jours et son budget était à peu près équivalent.« Les Indes galantes » avait rassemblé 78 000 spectateurs.

Philippe Martin (Les Films Pelléas) a su produire un documentaire très rentable

Cette fois-ci, le film a obtenu l’avance sur recettes. Les Films Pelléas ont également obtenu l’investissement de deux SOFICA garanties et de deux SOFICA non garanties. La Philharmonie de Paris a effectué un petit apport en industrie pour ce film, qui constitue pour elle une brillante promotion.

Pyramide Distribution a accordé un minimum garanti qui représente largement plus de 10 % du financement. Mais, à la différence du précédent film, aucune chaîne ne l’a coproduit ou préacheté et aucune région ne lui a apporté son soutien.

Les Films Pelléas ont mis leur rémunération et leurs frais généraux en participation. Dans le plan de financement, ils ont également ajouté un apport en numéraire. Mais le crédit d’impôt couvre largement ces apports.

Or, le film a rassemblé 200 000 spectateurs. Rien qu’avec les recettes salles, c’est déjà une excellente affaire pour le producteur et le distributeur. Il a sans doute également été vendu dans plusieurs pays où le public des mélomanes est important. En outre, il devrait intéresser des chaînes de télévision ou des plateformes.

Un documentaire à 722 000 € peut donc devenir une bonne affaire lorsqu’il réussit à toucher un public très supérieur à celui habituellement atteint par ce genre de films. Un documentaire très rentable, c’est un exemple à retenir ?

Chaque semaine, Cinefinances.info publie le devis, le plan de financement et la répartition des recettes entre les partenaires de tous les films français qui sortent.

Vous pouvez aussi rechercher les interventions d’une chaîne, d’un distributeur, d’une SOFICA ou d’un vendeur international et voir quels films ils ont financés et à quelles conditions.

Avec Cinefinances Premium, vous retrouvez les films de budget comparable à celui de votre projet : qui les a financés, pour quels montants et avec quelles contreparties.

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