Evaluation pour l’UPPF des coûts supplémentaires générés par les mesures de protection

Pour se protéger de la Covid les tournages vont devoir respecter un ensemble de précautions. Il s’agit d’une document volumineux et précis.

https://www.afar-fiction.com/spip.php?rubrique16

Celles-ci risquent d’entrainer des coûts supplémentaires. Ceux-ci varient évidemment selon les films. Dans un Carrefour, le directeur de la photo Remy Chevrin expliquait que sur son film il n’y avait eu aucune augmentation de la durée du tournage. https://siritz.com/le-carrefour/remy-chevrin-notre-cinema-manque-dambition-visuelle/. Mais ce cas n’est pas forcément généralisable.

C’est pourquoi le syndicat belge, l’UPPF (Union des Producteurs de Films Francophones), a commandé une étude afin de mesurer les coûts liés la mise en place des mesures COVID sur un plateau de tournage.  Siritz.com se l’ai procurée. En voici un résumé.

Méthodologie : 

Afin d’estimer ces coûts nous avons basé notre analyse sur deux projets : 

1) Un long-métrage majoritaire belge théorique dont les données de production sont les suivantes : 

-Coût de fabrication:2,5M€  

-Equipe: 50 personnes
 dont 40 techniciens et 10 acteurs

-35 jours de tournage 

2) Une série TV réelle minoritaire, en coproduction avec la France, actuellement en cours de préparation au sein de la société de production d’un membre de l’UPFF 

Les simulations effectuées sur ces deux projets ont été mises en commun, et il est à noter que les conclusions des directeurs de productions ayant travaillé sur ces deux projets sont assez proches. En chiffres, le surcoût estimé est le suivant : 

Globalement on évalue l’augmentation du coût d’une journée de tournage de de 6.500 € à 8.500 € soit entre 9% et 12% du coût de frabrication et de 13% à 17% du coût d’une journée de tournage.

Principales hypothèses :

Il faut noter que nous nous sommes engagés dans une démarche exhaustive mais pas pessimiste. Nous avons émis un certain nombre d’hypothèses à la hausse comme à la baisse, liées à l’application des potentielles mesures COVID encadrant la reprise des tournages. 

Principales Hypothèses à la hausse : 

  • Recrutement de personnels supplémentaires 
  • o Référent COVID 
  • o Régisseurs/Chauffeurs 
  • o Equipe de Ménage 
  • Augmentation du nombre de jours de prestations de certains personnels 
  • o Production de plateau 
  • o Ensemblier
  • o Repérages
  • o Ripeurs 
  • Une heure supplémentaire de présence plateau liée au ralentissement du rythme de tournage dû à la mise en place des procédures COVID 
  • Charges sociales afférentes à ces personnels 
  • Augmentation du nombre de loges 
  • Nettoyage fréquent des costumes 
  • Mise en place de mesures d’hygiènes 
  • o Gants, masques, gels,…
  • o Tests
  • o Communication plateau,… 
  • Principales hypothèses à la baisse : 
  • Diminution de certains personnels 
  • o Chef de file 
  • o Figurations
  • o Renforts éléctro
  • o Renforts machinos 
  • Table Régie 
  • Repas 
  • Augmentations probables dont il n’a pas été tenu compte : 
  • Assurance 
  • Post Production 
  • Coût de quatorzaine pré-tournage si obligatoire ou inévitable 
  • Reconfinement ou Stop and Go 
Augmentation de plus de 10% du devis

L’audiovisuel pourra plus facilement s’adapter

La situation globale de la fréquentation cinématographique est catastrophique. L’absence des grands blockbusters américains justifierait une chute de 50 à 55% par rapport aux années précédentes. Mais elle est des deux tiers. Certes, il n’y a pas non plus de films promus par le Festival de Cannes. Et la sortie de certains films français importants a été reportée à la rentrée.

Mais il y a une deuxième constatation, peut-être encore plus grave.  C’est que cette fréquentation illustre « L’Archipel français » que décrit Jérôme Fourquet : une France divisée en de multiples communautés qui s’ignorent. A titre d’exemple, « Les Parfums » ne « marche » qu’auprès du public senior dans les salles de public bourgeois de Paris et de certaines de ses banlieues. Tandis que « Tout simplement noir », malgré une critique très favorable, ne marche que dans les salles de quartiers «populaires » de Paris et de sa banlieue. Pas en Province. 

Les distributeurs de ces films vont sans doute amortir leur investissement. Notamment du  fait de la très forte augmentation du soutien automatique. Et, sans doute, de prix « cassés de la publicité. Mais le CNC qui a déjà un énorme trou de trésorerie pourra difficilement prolonger cette augmentation du soutien automatique au-delà de l’été. 

Les recettes ne peuvent, et de loin,  couvrir les dépenses des salles

Mais les multiplexes ou les complexes n’ont qu’un seul écran qui marche. L’exploitation française était le secteur le plus performant et le plus rentable du cinéma en France. Soudain, elle a dû vivre trois mois sans recettes, avec des remboursements d’emprunt ou  des  loyers ainsi que des charges  d’entretien et de gardiennage. Ce qui  a singulièrement entamé ses réserves de trésorerie. Et toutes les salles n’en n’avaient pas. Elle a  rouvert et rétabli ses charges d’exploitation d’avant. Mais, dans la plupart des cas,  ses recettes ne peuvent pas, et de loin, couvrir ses dépenses.

En outre, le port du masque devient obligatoire dans tous les lieux clos.  Cette mesure est certes incontrôlable dans les salles, mais ne va pas encourager la sortie cinéma. 

En fait, ce n’est qu’en août que deux potentiels blockbusters américains sont prévus. Et, compte tenu de l’explosion de la pandémie aux Etats-Unis et d’une reprise dans plusieurs grands territoires, ces sorties seront peut-être, à nouveau, reportées. Par ailleurs,  qui peut assurer qu’ils ne vont pas rencontrer eux aussi  « L’Archipel français », seul le cœur de cible se déplaçant pour les voir ? 

Production : mesures sanitaires et fonds de garantie insuffisant

Bien évidemment, la production est également touchée. Dans  certains cas les mesures de précaution sanitaires n’ont pas augmenté la durée et le coût des tournages comme nous le rėvêlait sans un Carrefour Remy Chevrin. . https://siritz.com/le-carrefour/remy-chevrin-notre-cinema-manque-dambition-visuelle/

Mais nombre d’autres films n’ont pas cette chance et leur budget peut grimper d’une dizaine de pour cent. Ce qui, pour la plupart d’entre eux, n’est pas rien. 

Quant à la question de l’assurance contre le risque de pandémie elle est loin d’être résolue. Car le fonds de garantie mis en place ne couvre que 30% des dépenses, avec un plafond de 1,8 millions €. Or, c’est un énorme risque pour le producteur, notamment si un acteur important est frappé vers la fin du tournage. Cela nécessitera  sans doute une nouvelle l’organisation et un nouveau planning du travail. Et, peut-être même, la quarantaine des comédiens, du réalisateur  et des principaux techniciens pendant  le tournage. Ce ne sera pas une atteinte aux droits de l’homme mais une condition pour obtenir un emploi . Il y a d’ailleurs un film américain en tournage à Paris qui a imposé cette quarantaine.

Prestataires : le feu de paille du boom des tournages

Les prestataires ont évidemment été également touchés par l’inactivité due au confinement. Certes, la reprise a été forte puisque la plupart des films et des œuvres audiovisuelles dont le tournage avait été retardé ou interrompu ont repris leur tournage et leur post-production. Les associations de techniciens comptaient 37 longs métrages de cinéma en tournage. Mais ce boom risque de n’être qu’un feu de paille.

Si la chute de la fréquentation se maintient il en sera de même des apports des distributeurs. Une évolution qui s’ajoutera à l’inévitable baisse des investissements des chaînes du fait du net recul des recettes publicitaires. Il est donc possible que l’on assiste à une baisse du budget global des longs métrages français, ce qui se répercutera sur les prestataires. 

Les chaînes de télévision françaises vont également réduire leurs investissements dans les œuvres audiovisuelles. Mais cette réduction va être en grande partie, sinon en totalité, compensée par la hausse des investissements de la S-Vod.

Ces analyses ne portent évidemment que sur le court terme. A moyen terme, il y a deux scénarii possibles. 

Le plus optimiste est la disparition de la pandémie. Soit, ce qui est peu probable,  parce que les mesures de protections auront été assez efficaces pour supprimer toute transmission du virus. Soit parce que l’on aura découvert un vaccin ou un traitement efficace. Mais, comme le notait René Bonnell, la production et la distribution du cinéma devront tout de même profondément évoluer. https://siritz.com/le-carrefour/rene-bonnell-sur-leconomie-du-cinema-francais/

Le deuxième  est celui où la pandémie fait désormais partie de notre vie et pour longtemps. Chacun va devoir changer son mode de vie. Et le cinéma, y compris l’exploitation, va devoir modifier profondément son modèle économique. L’audiovisuel devra également modifier ses méthodes de travail, mais, grâce à la S-VoD, pourra plus facilement s’adapter.

De la comédie « Divorce Club »

Cinéfinances.info*  a fourni les données financières de cet article.

https://fr.wikipedia.org/wiki/Michaël_Youn

Le film a un budget de 8 millions €. Il est produit à la fois par Radar Films  (Clément Miserez) qui sort cette même semaine « L’Aventure des Marguerite » et SND.  Cette dernière est également le distributeur du film.

https://fr.wikipedia.org/wiki/Divorce_Club

Pour 40 jours de tournage, la rémunération de Michael Youn en tant que réalisateur est de 200 000 €, répartie à part égal entre à valoir sur droits d’auteurs et salaire de technicien. C’est largement au-dessus de la moyenne des rémunérations des films sortis en 2019 https://siritz.com/les-barometres-de-la-distribution/remuneration-des-realisateurs-de-films-francais-de-fiction/ . Mais cela représente 2,5% du budget, soit moins que la moyenne https://siritz.com/financine/barometre-de-la-remuneration-des-realisateurs/.

Par ailleurs il a participé au scénario avec 4 autres scénaristes. A ce titre ils se sont partagés 442 000 €. Par ailleurs le sujet a été budgété 442 000 €. Cette somme est en fait attribué au réalisateur en plus de celles citées précédemment.

Le précédent film de Michael Youn en tant que réalisateur était « Vive la France », sorti en 2013. Son budget était de 16 millions €. Il avait été produit par Gaumont et Légende Films. La rémunération de Michael Youn était de 706 000 €, dont 350 000 € d’à valoir sur droits d’auteur et 350 000 € de salaire de technicien. Ce dernier avait en outre reçu 745 000 € pour le scénario qui avait été co-écrit par deux autres scénaristes qui avaient reçu 67 000 € chacun.

Le film avait rassemblé 1 107 000 entrées.

Le premier film de Michael Youn en tant que réalisateur est sorti en 2010. « Fatal » avait un budget de 15,7 millions € et sa rémunération de réalisateur avait été de 150 000 €. Mais le sujet était déjà évalué 420 000 €.

Le 5ème long métrage de Pierre Coré

Le film, réalisé par Pierre Coré, sort ce mardi 14 juillet sur x copies. C’est le cinquième long métrage que ce dernier a réalisé. Il est connu pour ses albums par la jeunesse et a dirigé plusieurs programmes jeunesse à la télévision.

https://fr.wikipedia.org/wiki/Pierre_Coré

Cinéfinances.info*  a fourni les données financières de cet article.

Produit par Radar Films (Clément Misère) et La Station d’animation (Pierre Coré  ) son budget est de 5,2 millions €. Fait original, dans ce dernier les imprévus sont évalués à 0. Les producteurs délégués ont investi 1,2 millions €, dont le crédit d’impôt et la totalité du salaire producteur ainsi que les frais généraux.

https://fr.wikipedia.org/wiki/L%27Aventure_des_Marguerite

Orange Studio est coproducteur pour 195 000 €,  Pathé Films pour 900 000 € et Extérieur jour (Cyril Hauguel) pour 62 000 € (en fonds de soutien).  Le film bénéficie de 195 000 € de fonds de soutien en préparation et de 5 000 € en développement.

Trois régions ont apporté un soutien total de 260 000 €. Une sofica adossée a investi 650 000 € et une sofica non adossée 100 000 €. 

Canal+ a préacheté le film pour 850 000 € et Multithématique pour 42 000 €. Le film est co-distribué par Orange Studio et Pathé Distribution., pour la salle, la vidéo et l’international, mais sans minimum garanti.

Le succès de son précédent film

Le précédent film réalisé par Pierre Coré était un film d’animation sorti en 2017. Produit par Mandarin Cinéma et La Station d’animation, c’était une coproduction 52/48% avec le Canada. Son budget était de 12,2 millions €. En France il était distribué par Studio Canal, qui pour la mandat salle et vidéo, avait accordé un minimum garanti de 700 000 €. Le film avait rassemblé 1 130 000 spectateurs.

Comme on le sait, depuis la réouverture des salles, la fréquentation est au tiers de ce qu’elle était l’année dernière. En partie du fait de l’absence des blockbusters américains, mais aussi du fait de la baisse des performances des films française. Néanmoins les distributeurs bénéficient sans doute de tarifs publicitaires réduits du fait de la crise économique. Et aussi d’une augmentation du soutien automatique. https://siritz.com/financine/le-cnc-augmente-le-soutien-automatique/

*www.Cinefinances.info est un site, accessible par abonnement,  destiné aux professionnels du cinéma.  Il publie le budget, le plan de financement et la répartition des recettes de tous les films français qui sortent (hors les films « sauvages » qui ne déposent pas leurs contrats au registre public et ne demandent donc pas l’agrément qui leur permettrait d’accéder à l’aide du CNC). Il dispose d’un puissant moteur de recherche multicritères et de 10 ans d’archives.

Pour « été 85 »

Ce mardi 14 juille’est sorti en salle un nouveau film de François Ozon. C’est le 19ème qu’il a réalisé. Comme le précédent il est produit par Mandarin Cinéma (Eric et Nicolas Altmayer).

https://fr.wikipedia.org/wiki/François_Ozon

Cinéfinances.info*  a fourni les données financières de cet article.

Le budget du film est de 6,1 millions €. C’est une adaptation de « La danse du coucou », une roman d’ Aidan Chambers. Les droits de ce roman ont été achetée 75 000 €. 

https://fr.wikipedia.org/wiki/Été_85

Pour 31 jours de tournage, la rémunération de François Ozon est de 200 000 €, répartie à égalité entre à valoir sur droits d’auteur et salaire de réalisateur technicien. En outre, il a reçu 302 000 € pour l’adaptation du roman et le scénario. Sa rémunération en tant que réalisateur est  très au-dessus de la rémunération moyenne des réalisateurs en 2019. https://siritz.com/les-barometres-de-la-distribution/remuneration-des-realisateurs-de-films-francais-de-fiction/

En pourcentage, elle représente 3,3% du budget, ce qui est également au-dessus des celle des réalisateurs en 2019.https: //siritz.com/financine/barometre-de-la-remuneration-des-realisateurs/preview_id=2796&preview_nonce=0ed3a5a0dd&preview=true

Comme de très nombreux films français celui-ci est une coproduction avec la Belgique qui a apporté 5% du financement. Mars film, avait accordé un minimum garanti de 800 000 € pour la distribution en salle et en vidéo. Mais c’est Diaphana qui a repris cette distribution. Canal+ et OCS ont acheté les droits de la télévision à péage et France 2 est coproducteur pour la télévision en clair.

Le précédent film de François Ozon était « Grâce à dieu », sorti en 2019. Son budget était de 6 millions. Il était également produit par Mandarin cinéma et distribué par Mars films. Il avait atteint 917 000 entrées

Pour 45 jours de tournage, la rémunération de François Ozon était de 150 000 €, répartie à parts égales entre à valoir sur droits d’auteur et salaire réalisateur. Le scénario avait été payé à François Ozon 28 500 €. Le sujet, inspiré d’un fait divers, avait été budgété 80 000 €.

C’est Mars film qui assurait la distribution en salle, en vod et en S-Vod pour un minimum garanti de 300 000 €. OCS l’avait préacheté pour la télévision à péage et France 2 coproduit pour la télévision gratuite.

*www.Cinefinances.info est un site, accessible par abonnement,  destiné aux professionnels du cinéma.  Il publie le budget, le plan de financement et la répartition des recettes de tous les films français qui sortent (hors les films « sauvages » qui ne déposent pas leurs contrats au registre public et ne demandent donc pas l’agrément qui leur permettrait d’accéder à l’aide du CNC). Il dispose d’un puissant moteur de recherche multicritères et de 10 ans d’archives.

Siritz : Vous avez remis en 2014 un rapport sur le financement de la production et de la distribution française à l’heure du numérique. Quelles étaient les réformes essentielles que vous préconisiez ?

René Bonnell: Je voudrais dire au préalable que  j’ai eu de la chance que le CNC ait appliqué une majorité de mes préconisations.  

Siritz : Qu’est-ce qui a été retenu ?

RB : Tout d’abord, il a été mis un peu d’ordre dans le coût des films. 

Siritz : En plafonnant à un million d’euros la rémunération d’un talent ?

RB : Cela ne figure pas dans mon rapport contrairement à ce que j’ai pu entendre. Cette mesure est purement cosmétique. Pour arrêter la dérive inflationniste des budgets de production, j’avais émis des propositions plus structurelles qui n’ont pas été retenues. Il reste que, désormais, le talent ne peut coûter plus d’un certain pourcentage du budget qui décroit avec le niveau de ce dernier.

Un bilan régulier

Par ailleurs, on a consolidé la situation financière des sociétés de production, en élevant le capital social minimum à 45 000 € (J’avais proposé 50 000 €), dont 25 000€ au minimum en numéraire totalement libéré. Cela reste insuffisant, car, quand on doit financer des films de plusieurs centaines de milliers voire de millions d’euros, on devrait pouvoir disposer de davantage de fonds propres. Les mécanismes d’encouragement fiscal existant devraient être mis davantage à profit pour attirer des capitaux extérieurs dans la branche.

Siritz : Vous avez également proposé des mesures pour consolider les films dits du milieu, ceux dont le budget se situe aux alentours de 4 à 6 millions €.

RB : Oui. En revoyant la répartition de l’aide automatique à la production et à la distribution. Ce qui a été fait.

Ne pas dépasser un ratio de 50% d’aides sélectives

Siritz : Est-ce qu’il y a des réformes que vous jugiez essentielles n’ont pas été mises en œuvre ?

RB : Oui. D’abord la chronologie des médias. L’accord de l’année dernière est déjà obsolète. La profession devrait procéder à des reformes qui répondent à la réalité de la « consommation » cinématographique en sanctuarisant les salles avec une fenêtre de quatre mois. 

Par ailleurs, j’avais proposé de faire un bilan régulier des soutiens accordés, pour éviter l’empilement actuellement constaté des aides créées en fonction de la dernière pression subie. Il s’agirait de ne pas dépasser en valeur un ratio de 50% d’aides sélectives, façon de limiter le saupoudrage actuel. La stimulation constante de l’offre comme cela s’est pratiqué depuis des décennies aboutit à une évidente surproduction qui s’accompagne souvent d’une certaine frustration des professionnels qui assistent au naufrage de leurs films en salles. Les statistiques à cet égard sont effarantes. On peut affirmer que la probabilité qu’un film échoue en salles est de l’ordre de 80 à 90%. 

J’ai cherché à freiner la dissémination des structures de production et de distribution par une incitation au regroupement, en jouant sur la bonification des aides cumulées. On le sait, l’éparpillement des entreprises génère un cercle vicieux : fragile en trésorerie, le producteur consacre beaucoup de  temps à faire le tour de toutes les aides possibles en France et en Europe. La demande de l’accroissement des aides sélectives est permanente et une telle politique est sans issue. Il faut régler le problème à la base, en poussant à la concentration et la diversification vers la télévision des entreprises de production. 

Rappelons qu’une bonne moitié de la production française non préfinancée par une chaîne n’est vue au total que par un petit nombre de spectateurs. Dans la majorité des cas, elle ne connaît qu’une sortie confidentielle en vidéo ou souvent aucune diffusion sur les plateformes et ne sera pas exportée. Beaucoup d’énergie et d’enthousiasme pour très peu de résultats. C’est triste. 

Que des films soient bénéficiaires avant de sortir n’est pas normal

Serge Siritz : Avec le recul de cinq ans quels résultat sur le coût des films ?

RB : Globalement, certaines dérives se sont arrêtées. Est-ce à cause de la mise en œuvre des mesures que je préconisais ou de l’essoufflement du fonds de soutien ? Est-ce à cause du niveau de plus en plus pléthorique de films distribués face à une fréquentation tournant autour de 200 à 210 millions d’entrées et incapable de les absorber ?  Les deux je pense.

Mais si le coût des films a baissé, la cassure entre les films bien financés et les autres, à budget plus modeste, s’est aggravée. Il fallait mettre fin à certaines dérives inflationnistes en matière de budget.  Mais il faut prendre garde de ne pas laisser vivoter une part de plus en plus importante de la production, source, bien souvent, du renouvellement des talents. A cet égard que des films soient bénéficiaires avant de sortir, cela n’est pas normal.

Siritz : Il y en avait beaucoup dans ce cas ?

RB : A l’époque du rapport, un film sur cinq environ. Et cela grâce à un usage habile des techniques de préfinancement et du vedettariat.  Ce pourcentage a dû baisser. On jouait alors au social-démocrate pour appeler à un système de soutien financier d’aide publique et d’obligations d’investissement. Mais  l’on devenait Tatchérien quand il s’agissait de jouer à l’offre et à la demande, notamment sur les cachets des auteurs et des interprètes connus. Il ne s’agissait que d’une poignée de talents dont on présupposait le succès garanti au box-office, en oubliant qu’une majorité d’artistes, interprètes ou techniciens, vivent difficilement de leur métier. Il y avait là une iniquité de répartition. 

Aucune talent ne fait nécessairement marcher un film

Rappelons qu’aucun talent (cinéastes ou interprètes), ne fait nécessairement marcher un film. Toutes les statistiques le prouvent. Un succès transforme  un acteur ou une actrice, voire un réalisateur en vedette qui, ensuite, va renouveler ou non son exploit. Mais, ce qui n’est pas renouvelé ce sont les cachets. Dans le marché américain, véritablement libéral, si un talent subit un ou deux échecs, son cachet s’effondre. Ce n’est pas le cas  en France. On dit : un tel ou une telle on ne peut le payer moins de tant. Et pourquoi ? Parce qu’il en a toujours été ainsi. Peu importe le destin économique de l’œuvre. Mais sous l’effet de la crise du financement, les mentalités semblent évoluer.

Siritz : Vous avez fait des propositions sur l’exportation dont on dit constamment que c’est un marché et, donc, une source de financement que l’on pourrait développer.

RB : Oui. Elles ont abouti à la création d’une aide automatique calculée sur les entrées réalisées hors de nos frontières. Ce qui est plus efficace que l’aide sélective antérieure. A ce stade, il n’y a que deux ans de retour d’expérience et, avec le Covid 19, de nombreux marchés étrangers se sont effondrés. Mais le CNC veut poursuivre cette politique en l’adaptant pour éviter que lorsque les films de Luc Besson n’ont pas de succès ou ne sont pas sur le marché, le nombre d’entrées à l’étranger soit divisé par deux.

Il va manquer au moins 100 millions € au CNC

Siritz : Est-ce que 6 ans après ce rapport est toujours d’actualité ?

RB : Les premières lignes du rapport parlent d’affaissement du dispositif de soutien et, plus loin, de la raréfaction des ressources du fonds pour des raisons que j’explique. Alors que le CNC disposait à l’époque de réserves importantes. Cela lui permettait de maintenir le niveau du soutien par branche, mais masquait le lent tarissement de ses sources de financement.  Cette appréciation n’était hélas pas erronée. Le CNC a dû faire des économies dès 2018. En 2020, avec le Covid 19, il va manquer selon moi au CNC au moins 100 millions €, en raison de la mise à l’arrêt durant trois mois des salles collectrices de TSA et de la contraction des recettes publicitaires des chaînes. Les ressources attendues des nouveaux contributeurs d’Internet et de la S-Vod mettront du temps à prendre le relais.

Siritz : Vous aviez demandé dans votre rapport que l’on fasse périodiquement un bilan de chacune des aides. J’ai d’ailleurs repris cette suggestion dans mon éditorial de la semaine dernière. C’est du bon sens, mais ça n’est toujours pas fait. https://siritz.com/editorial/pour-equilibrer-le-fonds-de-soutien/

RB : Oui. Chaque branche dispose de nombreuses aides. Et il faudrait que, régulièrement, on fasse un bilan, sans tabou, de chacune d’entre elles, pour les modifier ou les regrouper. 

La fusion des obligations d’investissement des chaînes dans le cinéma et l’audiovisuel

Serge Siritz : D’autres reformes sont-elles nécessaires ?

RB : La grande réforme ce serait la fusion des obligations d’investissement des chaînes dans le cinéma et l’audiovisuel, avec un pourcentage minimum garanti à chacun des secteurs.

Siritz : Mais le cinéma est vent debout contre !

RB : C’est sûr. Une telle réforme aboutirait vraisemblablement à moins de films et plus de séries. Mais le total des obligations restant inchangées, le volume de commande et de travail dans le secteur audiovisuel resterait constant.  Les chaînes pourraient faire des arbitrages, en concentrant des moyens sur des films à forte valeur ajoutée de production et à diriger certains films vers la télévision.  A long terme, les cinéastes y gagneraient en faisant leurs armes sur le petit écran avant de passer au grand et de subir l’épreuve de plus en plus violente de la salle. Bien sûr, on pourrait demander aux chaînes de cofinancer un minimum de premières œuvres pour le cinéma.          

Les grandes signatures du cinéma tournent désormais des séries

Siriz : Mais, une partie du cinéma a peut-être évolué. Car, de plus en plus de producteurs de cinéma produisent des séries et des réalisateurs de cinéma en réalisent. En outre, le niveau des séries s’est fortement élevé. Par ailleurs,  c’est plus intéressant pour un réalisateur de tourner régulièrement des épisodes des séries que d’attendre plusieurs années pour faire son prochain film.

RB : Ce n’est pas un hasard si de grandes signatures du cinéma tournent désormais des séries.  En prenant simplement l’exemple d’ARTE, une série touche de 800 000 à un million de spectateurs, voire davantage. Ce que peu de réalisateurs peuvent atteindre en salle. Il y a une époque où Daniel Toscan du Plantier, qui avait beaucoup d’esprit, disait, « la télévision c’est de la confection et le cinéma c’est de la haute couture ». Aujourd’hui ça n’est plus vrai. Et, on ne se déplace pour aller au cinéma que s’il y a quelque chose de très attractif et non sur des sujets largement traités à la télévision (policiers par exemple). 

Passer des contrats de programme entre le CNC et des producteurs

Siritz : Revenons au problème des ressources du CNC. 

RB : A court terme, le trou est tel que l’Etat va devoir intervenir, comme il l’a fait pour le fonds de garantie des tournages. On pourrait en profiter pour rechercher des effets structurels sur le secteur de la production. Par exemple, par la voie de contrats de programmes passés entre le CNC et les producteurs. On utiliserait les leviers des prêts de l’IFCIC et des aides à la production pour les exhorter à s’engager, à mettre en œuvre des premiers films, des films tournés vers l’exportation, d’investir en développement sur un temps long et à se diversifier en télévision.   

Siritz : Ça tend à favoriser les grosses structures plutôt qu’un grand nombre de petits producteurs.

RB : Cela aurait surtout pour effet de renforcer les structures petites et moyennes.  C’est nécessaire pour produire des films ou des œuvres audiovisuelles qui répondent avec plus de moyens à une demande réelle. Le nombre de jeunes allant au cinéma a été diminué par deux en 20 ans. Cela pose un problème que l’on ne peut ignorer. 

Aller chercher l’argent là où il se trouve

Siritz : Dans l’économie du cinéma la principale source de financement de la production ce sont les chaînes gratuites. Inévitablement, indépendamment  de la crise sanitaire, leur chiffre d’affaires va baisser. Les producteurs comptent sur les plates-formes de S-Vod pour compenser cette baisse. Mais celles-ci n’ont l’intention d’investir dans les films que marginalement.  Dans ces conditions, qu’est-ce qui peut compenser la baisse de l’apport des chaînes.

RB : La question n’est pas simple. Ce qui est certain c’est qu’il faut aller chercher l’argent là où il se trouve. C’est-à-dire du côté des plates-formes qui, en tout cas, ne contribuent pas assez au fonds de soutien. Leur participation obligatoire annoncée au financement de la création peut devenir une source de financement de premier ordre.

Siritz : Mais si on aligne leur taxe sur celle de nos chaînes, elles vont demander d’aligner leur taux de TVA sur celui de Canal+ et de la passer de 20 à 10%. 

RB : Peut-être. Cela ramène au fait qu’il faut optimiser les dépenses du fonds de soutien  et affecter l’aide là où on en a besoin.

Siritz : Dans l’optique de l’équilibre des comptes du fonds de soutien vous avez parlé de la nécessité de faire un bilan régulier des aides sélectives

RB : C’est ce que j’avais proposé effectivement. Un bilan tous les deux ans et la répartition de 50/50 entre automatique et sélectif. Cela suppose des réformes stratégiques pour refondre le système.  Il faudrait faire des choix douloureux, car il est plus facile de créer une aide que de réformer, regrouper ou supprimer les aides existantes. En économie du cinéma l’optimum est le maximum. Notamment en matière de création. Mais ce maximum est fixé par les ressources forcément limitées du système. Autant anticiper et éviter d’opérer une sélection par l’échec.

Pour attirer les capitaux privés il faut une réforme radicale des pratiques

Siritz : Une autre ressource ce sont les capitaux privés. Cela suppose évidemment qu’investir dans le cinéma soit une activité rentable.

RB : Je suis pour. Les capitaux privés ne s’engagent que parcimonieusement en production, car ils ne se récupèrent qu’à des seuils trop élevés de recette, derrière les frais d’édition, les éventuels à valoir et des priorités accordées aux producteurs délégués au niveau de l’aide. Les investisseurs extérieurs sont donc découragés.  Mais il faut opérer une réforme radicale des pratiques en obéissant à plusieurs principes : intégrer les frais d’édition dans les budgets de production ; supprimer la technique du financement par à valoir qui a dévasté le secteur et correspondait à une époque où les résultats en salles étaient moins concentrés sur une poignée de films et ou plus d’argent remontait des salles sur davantage de films ; aligner les intérêts de tous les participants dans la récupération de leurs investissements. 

Le distributeur se rémunèrerait par une commission qui couvre ses coûts de fonctionnement et demeurerait libre d’investir en coproduction.  Toutes les recettes du film seraient ainsi partagées au prorata de l’investissement de chacun et amorties à la même hauteur. La part du producteur délégué tiendrait compte de son travail de développement, de ses frais généraux, de son apport financier et bien sûr de sa garantie de bonne fin. Certains films sont montés sur ces bases. 

Siritz : En capitaux privés il y a déjà les Sofica. Malgré leur avantage fiscal leurs actionnaires ne gagnent pas beaucoup.

RB : On peut assouplir les règles, les faire intervenir davantage au capital. Mais, là encore, il faut que la remontée de recette soit plus rapide et plus équitable. 

Ce miracle ne peut durer longtemps

Siritz :  Comment est-ce que le système continue à fonctionner avec ces défauts ?

RB : A mon sens, sans réforme de fonds, ce miracle ne peut pas durer longtemps. Les pertes sont plus ou moins bien absorbées. Les circuits quand ils produisent ou distribuent s’en sortent avec les salles. Les distributeurs indépendants, avec un seul film bénéficiaire, peuvent amortir les pertes de plusieurs autres, mais beaucoup souffrent. Les diffuseurs télévisuels sur-financent souvent les œuvres en se disant qu’elles peuvent marcher sur leurs antennes. En cas de difficultés financières d’un opérateur, les fournisseurs ne sont pas payés, certaines avances ne sont pas remboursées. Cette collectivisation des pertes ne pourra pas constituer à terme une solution. Car chacun des partenaires du cinéma connaît aussi des problèmes qui pourraient affaiblir son apport financier au Septième art.

Voir la riche carrière de René Bonnell :

https://www.babelio.com/auteur/Rene-Bonnell/151332

https://www.franceculture.fr/personne-rene-bonnell.html

Une des illustrations du mal français

La nomination de Roselyne Bachelot comme  ministre de la culture du nouveau gouvernement a été bien accueillie par le secteur. A la fois parce qu’elle baigne dans la culture ; mais  aussi, parce que sa forte personnalité va lui conférer l’autorité  pour obtenir des arbitrages financiers favorables.

Néanmoins, rappelons  il y avait déjà eu deux ministres ã ce poste sous la présidence d’Emmanuel Macron. Et Franck Riester n’avait sans doute pas la forte personnalité de Roseline  Bachelot, mais il était  très compétent sur les dossiers du cinéma, de l’audiovisuel et des médias.  Enfin, rappelons qu’il y avait dėjà eu trois ministre sous la présidence de François Hollande. 

Voir la liste des ministres de la culture sous la Vème République:

https://fr.wikipedia.org/wiki/Liste_des_ministres_français_de_la_Culture_et_de_la_Communication

C’est l’illustration d’un des maux français. Il est en effet impossible, en moins de deux ans, de mener une véritable politique. Ne serait-ce que  pour imaginer et de mettre en œuvre des réformes  nécessaires et qui vont avoir un impact positif.

A France Télévisions aussi

On trouve d’ailleurs le même problème ã la tête de France télévisions où aucun président n’a étė renouvelé. Sauf Marc Tessier, dont le  premier mandat avait été une complète réussite justifiant son maintien. Mais une réforme dans le mode de désignation des présidents a  écourté à quelques mois son second mandat. 

Il est vrai que cette fois le choix du CSA est « cornélien » : d’un côté la présidente de France télévisions demande logiquement son renouvellement, de l’autre, Christophe Baldelli, lorsqu’il était à la tête de France 2, a incontestablement très bien réussi.

Seules les paillettes

En fait, la réalité, c’est que la culture comme la communication n’intéresse pas nos chefs d’Etat et de gouvernements, sauf dans leur aspect paillette. La preuve en a encore été donnée quand notre président, les bras de chemise retroussés, a conversé en direct à la télévision, par visioconférence,  avec quelques personnalités du monde de la culture. Tandis qu’ã ses côtés, sans doute pour se donner une contenance, le ministre de la culture, Franck Riester, prenait des notes, comme s’il découvrait des mesures qu’il avait forcément contribué à  élaborer. Le Président c’est donné le beau rôle en annonçant que, pour  chaque intermittent, la période pour le calcul des 507 heures permettant de bénéficier des indemnités de chômage, serait étendue jusqu’à août 2021. Une mesure très coûteuse, mais tout ã fait justifiée par les effets de la crise sanitaire sur l’activité culturelle.

En revanche,  le président a montré qu’il n’hésitait à parler de ce qu’il ne connaissait pas. Ainsi, interrogé sur le fonds garanti contre les risques de pandémies sur les tournages,  il a affirmé que les Soficas devaient y participer. Ce qui est à la fois contraire à la loi et à leur objet social. Il a, par ailleurs, affirmé, à juste titre, que les compagnies d’assurance devaient y participer. Or, seules les mutuelles ont accepté de le faire. Le président n’a donc pas pu, ou sans doute voulu, peser sur ces grandes compagnies d’assurance pour qu’elles y participent aussi.

La culture est un secteur stratégique 

Au cours de cette visioconférence le Président  a affirmé que la transposition de la directive SMA,  sur les plates-formes de S-Vod, serait effective au 1er janvier 2021. C’est une promesse audacieuse. Espérons que Roseline Bachelot saura surmonter les incroyables lourdeurs de la machine administrative française pour qu’il en soit ainsi. Or, la crise sanitaire a démontré ã quel point faire compliquer plutôt que simple est, en France, une règle supérieure aux droits de l’homme et ã notre constitution. Même dans le cas de grande urgence. Comme l’ont prouvé les retards dans l’approvisionnement des masques. Ou comme ceux  dans le versement des indemnités promises au personnel soignant.

Pourtant, la culture au sens large, c’est à dire comprenant les arts et la communication, est un secteur stratégique. A double titre. Tout d’abord il contribue au « soft power » d’une nation, avec tout ce que cela entraîne pour son influence, son image et son tourisme. D’autre part c’est un secteur économique en plein développement, avec un énorme potentiel de création d’emplois et de valeur ajoutée.

Voir aussi l’enjeu de la S-Vod qui est l’une des branches de la communication : https://siritz.com/editorial/comment-amener-la-s-vod-a-financer-notre-cinema/

Pour la réalisation de « Bonhomme », son troisième film

Jeudi OCS City a diffusé « Bonhomme ».

https://fr.wikipedia.org/wiki/Bonhomme_(film)

Cinéfinances.info*  a fourni les données financières de cet article.

Son budget est de 3,4 millions €. Il a été produit par Les films du kiosque (François Kraus) qui a produit les trois films réalisés par Marion Vernoux.

https://fr.wikipedia.org/wiki/Marion_Vernoux

Canal+ avait préacheté le premier passage de télévision à péage pour 1,05 millions € et OCS le second pour 100 000 €. Le film est coproduit par France 3 cinéma (300 000 €) et pré-acheté par France 3 (300 000 € ).   Il est distribué par La Belle Company associé à Orange studio. Il n’a réalisé que 50 000 entrées.

La rémunération de la réalisatrice est de 60 000 €, répartie à part égale entre à-valoir sur droits d‘auteur et salaire de technicien. Soit 1,8% du budget du film. C’est la moitié de la rémunération médiane des films de fiction sortis en 2019. https://siritz.com/les-barometres-de-la-distribution/remuneration-des-realisateurs-de-films-francais-de-fiction/. C’est également moins que la rémunération médiane, en pourcentage par rapport au devis de ces mêmes films. https://siritz.com/financine/barometre-de-la-remuneration-des-realisateurs/

Son scénario n’a été payé que 1 750 €. En revanche le sujet a été rémunéré 168 000 €.

La rémunération de ses précédents films

Son précédent film était « Et ta sœur », sorti en 2016. Il était tiré du roman « Une jeune fille aux cheveux blonds », écrit par Fanny Chesnel. La rémunération de la réalisatrice était de 130 000 €, répartie à part égale entre à-valoir sur droits d’auteur et salaire de technicien. Distribué par Le Pacte, il avait totalisé 133 000 entrées.

Le premier film de Marion Vernoux, « Les beaux jours » était sorti en 2013.  Il était distribué par Le Pacte et avait atteint 473 000 entrées.

*www.Cinefinances.info est un site, accessible par abonnement,  destiné aux professionnels du cinéma.  Il publie le budget, le plan de financement et la répartition des recettes de tous les films français qui sortent (hors les films « sauvages » qui ne déposent pas leurs contrats au registre public et ne demandent donc pas l’agrément qui leur permettrait d’accéder à l’aide du CNC). Il dispose d’un puissant moteur de recherche multicritères et de 10 ans d’archives.

En pourcentage du devis des films sortis en 2019

Le site Cinéfinances.info* publie le budget et le plan de financement de tous les films français qui sortent. A partir de ces données il établit des classements annuels qui permettent de situer un financement ou une dépense par rapport au marché d’une année donnée. Siritz.com a établi un baromètre de la rémunération des réalisateurs de films de fiction https://siritz.com/les-barometres-de-la-distribution/remuneration-des-realisateurs-de-films-francais-de-fiction/

Il y ajoute un baromètre de cette rémunération, mais en pourcentage par rapport au devis de tous les films sortis en 2019. Mais ce baromètre concerne tous les films, qu’ils soient documentaires, de fiction ou d’animation. Il y en a 232.

Le pourcentage le plus élevé est de 15,6%. Il s’agit d’une rémunération de 15 000 € de Delphine Detrie, la réalisatrice du documentaire « Jeune bergère » dont le budget est de 96 000 €. La rémunération des réalisateurs de documentaire est souvent élevé en pourcentage, car le devis des films est bas. 

Delphine Detrie : un pourcentage élevé pour un documentaire à très petit budget

https://fr.wikipedia.org/wiki/Jeune_Bergère

La rémunération la plus élevée des films de fiction est celle des frères Dardenne pour « Le jeune Ahmed ». Elle est de 700 000 € pour un budget de 6,2 millions €, soit 11,3% du budget. Dans ce cas il est clair que les réalisateurs sont la vedette du film.

https://fr.wikipedia.org/wiki/Le_Jeune_Ahmed

11,3% pour les frères Dardenne qui sont toujours la star de leur film

Le pourcentage moyen est de 3%. A titre d’exemple, «sur « Doubles vies », Olivier Assayas a été rémunéré 139 000 € alors que le budget du film est de 4,6 millions €.

https://fr.wikipedia.org/wiki/Doubles_Vies

Olivier Assayas bénéficie d’une rémunération égale à la moyenne de celle des réalisateurs

La rémunération médiane est de 2,1% du budget du film. Il y a autant de réalisateurs qui sont au-dessus de cette rémunération qu’en-dessous. A titre d’exemple, pour « Seules les bêtes », dont le budget est de 4,77 millions €, Dominik Moll a été rémunéré 100 000 €.

https://fr.wikipedia.org/wiki/Seules_les_bêtes_(film)

La rémunération de Dominik Moll est à la médiane de celle de tous les réalisateurs

La rémunération de Jean-Pascal Zadi

Les exploitants comptent beaucoup sur « Tout simplement noir » qui sort ce mercredi, pour faire remonter d’un cran une fréquentation bien molle.  C’est une comédie à sketch sur l’identité noire.

https://fr.wikipedia.org/wiki/Tout_simplement_noir_(film)

Cinéfinances.info*  a fourni les données financières de cet article

Ce film, produit et distribué par Gaumont, a un budget de 3,4 millions €. Canal+ l’a préacheté pour 830 000 €  ainsi que Multithématiques pour 80 000 €. En ce qui concerne la télévision gratuite c’est C8, une autre chaîne du groupe Canal+, qui l’a acheté 300 000 € en étant, en plus, coproducteur pour 80 000 €.

La carrière très variée de Jean-Pascal Zadi

« Tout simplement noir » est co-réalisé par Jean-Pascal Zadi et John Wax. Le second est un photographe de  plateau et n’avait jamais réalisé de film. Jean-Pascal Zadi est à la fois rappeur et acteur. Il a déjà réalisé des clips, un documentaire et autoproduit trois longs métrages. En 2013 et 2014 il a animé l’équipe de Before du Grand Journal, l’avant-programme de Canal+. C’est donc un visage connu des abonnés de la chaîne à péage. Puis il a  tenu, en 2015, une chronique sur la radio Mouv. II a également écrit un roman « Bastos à crédit »

Voir sa carrière : https://fr.wikipedia.org/wiki/Jean-Pascal_Zadi

Pour  34 jours de tournage la rémunération des réalisateurs est de 110 000 €, dont 20 000 € en à-valoir sur droits d’auteurs et 90 000 € de salaire de technicien. C’est sensiblement plus que la rémunération médiane des réalisateurs de films de fiction sortis en 2019 https://siritz.com/les-barometres-de-la-distribution/remuneration-des-realisateurs-de-films-francais-de-fiction/. Jean-Pascal Zadi est également le principal interprète du film.

A noter que le sujet apporté par Jean-Pascal Zadi a été rémunérée 90 000 €.

*www.Cinefinances.info est un site, accessible par abonnement,  destiné aux professionnels du cinéma.  Il publie le budget, le plan de financement et la répartition des recettes de tous les films français qui sortent (hors les films « sauvages » qui ne déposent pas leurs contrats au registre public et ne demandent donc pas l’agrément qui leur permettrait d’accéder à l’aide du CNC). Il dispose d’un puissant moteur de recherche multicritères et de 10 ans d’archives.