On vient d’apprendre que le taux de contamination à la Covid 19 était aux alentours de 10 000 par jours en début de semaine. Or le gouvernement visait un taux de 5 000 pour étendre le dé-confinement aux cinémas et aux théâtres à partir du 15 décembre. Il y a donc peu de chance que cet objectif soit atteint.

https://www.lemonde.fr/societe/article/2020/12/07/covid-19-l-executif-pessimiste-sur-l-objectif-des-5-000-cas-par-jour-fixe-pour-enclencher-le-deconfinement_6062505_3224.html

Est-ce que le gouvernement va repousser cette ouverture jusqu’à ce que l’objectif d’un maximum de 5 000 nouveaux cas par jour soit atteint ? Où va-t-il la maintenir avec un abaissement de l’heure du couvre-feu de 21 heures à 20 heures. Ce mercredi le gouvernement n’avait pas pris sa décision et il ne la prendra pas avant jeudi. 

Une nouvelle catastrophe pour le cinema

Pour le cinéma ce serait évidemment une nouvelle catastrophe puisque les campagnes de lancement des films sortant le 15, dont « Wonder Woman 84 », distribué par Warner, mais aussi plusieurs films de distributeurs indépendants, sont évidemment déjà lancées. Et, même pour les films dont la sortie est prévue pour le 23 décembre, la diffusion de la bande-annonce dans les salles au cours de la semaine précédente est essentielle tandis que leur promotion est déjà en partie lancée. En outre, bien évidemment, il risque d’y avoir trop plein de nouveaux films le 23 et d’ici la fin de l’année. https://siritz.com/editorial/le-simple-bon-sens-concernant-le-cinema/

La solution intermédiaire consistant à abaisser l’heure du couvre-feu limiterait la casse. Avec, une question toujours non résolue : celle de la possibilité de terminer les séances après le couvre-feu, le billet horodaté faisant foi. Les exploitants voulaient sauver leur séance de 20 heures ce qui était un grand progrès par rapport au premier couvre-feu. Qu’en sera-t-il si l’heure du couvre-feu est abaissée.

Néanmoins le gouvernement avait fixé un autre critère, c’est celui des lits en réanimation dans les hôpitaux qui devait tomber en-dessous de 2 500. Or on est à 3 000. On peut encore atteindre le chiffre visé. Dans ce cas, suffira-t-il pour rouvrir les salles ?

POUR LA REALISATION DE « LES EBLOUIS »

Mercredi 9 décembre Canal + Décalé a diffusé « Les Eblouis », sorti en salle le 24 août 2019.

https://fr.wikipedia.org/wiki/Les_Éblouis

Ce film est réalisé par Sarah Suco dont c’est la premier long métrage et dont elle est également interprète. Elle a auparavant été actrice de nombreux films.

https://fr.wikipedia.org/wiki/Sarah_Suco

Le film se passe dans une communauté religieuse charismatique. Or La réalisatrice a vécu 10 ans avec ses parents dans une telle communauté.

Cinéfinances.info* a fourni les données financières de cet article.

Il est produit par Mon voisin productions (Dominique Besnehard) et Epithète films (Frédéric Brion) pour un budget de 3,55 millions €. Pyramide en est le distributeur pour un minimum garanti salle de 100 000 €. Sorti sur 146 copies il a rassemblé 230 000 spectateurs ce qui en fait une très bonne affaire.

Canal+ l’a préacheté avec OCS et non Multithématiques. France 2 l’a coproduit et préacheté. Le film a reçu 550 000 € d’avance sur recette.Pour la préparation, 42 jours de tournage et la post-production la rémunération de la réalisatrice est de 70 000 €, réparti en part égale entra à valoir sur droits d’auteur et salaire de réalisateur technicien.  C’est sensiblement moins que la rémunération médiane des réalisateurs de films français. https://siritz.com/financine/le-barometre-des-realisateurs-fin-octobre/.

Elle a par ailleurs reçu 33 000 € de revenus complémentaires. Elle s’est en outre partagé 27 000 € avec Nicolas Silhol pour le scénario.

*www.Cinefinances.info est un site, accessible par abonnement et destiné aux professionnels du cinéma.  Il publie le budget, le plan de financement et la répartition des recettes de tous les films français qui sortent (hors les films « sauvages » qui ne déposent pas leurs contrats au registre public et ne demandent donc pas l’agrément qui leur permettrait d’accéder à l’aide du CNC). Il dispose d’un puissant moteur de recherche multicritères et de 10 ans d’archives.

 

UNE COPRODUCTION DE 3 PAYS RÉALISÉE PAR PIETRO MARCELLO

OCS City a diffusé jeudi 3 décembre « Martin Eden ». C’est la première fois qu’il est diffusé sur une télévision française.

https://fr.wikipedia.org/wiki/Martin_Eden_(film,_2019)

Cinéfinances.info* a fourni les données financières de cet article.

Tiré du célèbre roman de Jack London, il s’agit d’un d’une coproduction entre l’Italie (70%), la France (15%) et l’Allemagne (15%). Il est tourné en Italien. Son réalisateur est l’italien Pietro Marcello dont c’est le 5ème long métrage.

https://fr.wikipedia.org/wiki/Pietro_Marcello

Il est sorti en France le 16 octobre 2019. Son budget est de 4 millions €. Le coproducteur français est Shellac qui est également le distributeur. Il a donné un minimum garanti de 50 000 € et le film a rassemblé 150 000 spectateurs.

Le producteur italien est Avventurosa. Il a bénéficié de 700 000 € de Tax crédit et a été acheté par la RAI 1,360 millions €. En France il n’a été préfinancé par aucune chaîne. C’est donc un achat d’OCS.

Pour la préparation, 54 jours de tournage et la post-production réalisateur a reçu une rémunération de 195 000 €, dont 45 000 € en à valoir sur droits d’auteurs et 150 000 € de salaire de technicien. Il a en outre partagé 10 000 € avec Maurizio Braucci pour l’adaptation du roman. 

C’est légèrement au-dessus de la rémunération moyenne des réalisateurs de films français.

A noter que le film a reçu une avance sur recette de 140 000 € du CNC.https://siritz.com/financine/le-barometre-des-realisateurs-fin-octobre/

Mais c’est très en-dessous de celle de Marco Bellocchio pour « Le traitres ».https://siritz.com/cinescoop/la-remuneration-de-marco-bellocchio/

*www.Cinefinances.info est un site, accessible par abonnement, destiné aux professionnels du cinéma.  Il publie le budget, le plan de financement et la répartition des recettes de tous les films français qui sortent (hors les films « sauvages » qui ne déposent pas leurs contrats au registre public et ne demandent donc pas l’agrément qui leur permettrait d’accéder à l’aide du CNC). Il dispose d’un puissant moteur de recherche multicritères et de 10 ans d’archives.

LES RISQUES DU METIER

« L’ordre des médecins » qu’OCS Max a diffusé lundi était sorti en salle le 23 janvier 2019.

https://fr.wikipedia.org/wiki/L%27Ordre_des_médecins

Dans un article de Siritz.com lundi dernier, la rubrique Cinescoop analysait la rémunération de son réalisateur  Yoannn Guillouzouic dont c’est le premier long métrage. https://siritz.com/cinescoop/la-remuneration-de-yoann-guillouzouic/

Cinéfinances.info*  avait fourni les données financières de cet article. Cette fois-ci il fournit le budget et le plan de financement de ce film.

DEVIS INITIAL

1) Droits artistiques199 800 €
Droits musicaux90 000 €
Adaptations, dialogues, commentaires9 000 €
Droits d’auteur, réalisation30 000 €
2) Personnel584 780 €
Producteur68 865 €
Réalisateur technicien30 000 €
3) Equipe artistique248 012 €
Rôles principaux130 000 €
Rôles secondaires62 800 €
4) Charges sociales et fiscales420 787 €
5) Décors – Costumes – Maquillage – Coiffure193 525 €
6) Transports, défraiement et régie302 104 €
7) Moyens Techniques238 597 €
8) Postproduction image et son93 750 €
9) Assurance et Divers142 684 €
Total Partiel2 424 039 €
Frais généraux154 257 €
Imprévus220 368 €
Total Hors TVA2 798 664 €

PLAN DE FINANCEMENT

Producteurs délégués

Elianeantoinette § Reboot films

Crédit d’impôts 495 000 €

Fonds propres 675 000 €

Rémunération du producteur en participation 108 700 €

Frais généraux en participation 154 257 €

Soutien

CNC aide réécriture+ puisque+ diversité

+transfert sur support photochimique 92 250 €

CICLIC 150 250 €

SOFICA

Cineventure 175 000 €

Préventes

Canal+ 731 457 €

Canal Afrique 3 000 €

OCS 90 000 €

Minima garantis

Pyramide salle 75 000 €

Pyramide étranger 50 000 €

Total général HT 2 798 664 €

Comme on le voit le producteur a pris beaucoup de risque par l’investissements de fonds propres importants. Il n’y a pas de chaînes en clair qui a participé au financement. Avec moins de 90 000 entrées, le film est forcément déficitaire.

Pour la réalisation de « Le Traitre »

Mardi soir Canal+ a diffusé le thriller policier « Le traitre », une coproduction entre l’Italie (62%), le Brésil (15%), la France (12%) et l’Allemagne (10%). Il est sorti le 23 mai 2019, distribué par AD Vitam qui en est aussi le coproducteur français.

https://fr.wikipedia.org/wiki/Le_Traître_(film,_2019

C’est le 26ème film réalisé par l’italien Marco Bellocchio qui est considéré comme l’un des grands réalisateurs européens et qui a été sélectionné dans de nombreux festivals.

https://fr.wikipedia.org/wiki/Marco_Bellocchio

Cinéfinances.info*  a fourni les données financières de cet article.

Le budget du film était de 7,6 millions €. Et, en France, il a rassemblé 356 000 entrées.Pour la préparation, 57 jours de tournage et la post-production la rémunération du réalisateur était de 274 000 €, ce qui est  presque le double de la rémunération moyenne  des réalisateurs de films français.  . https://siritz.com/financine/le-barometre-des-realisateurs-fin-octobre/

Il a en outre partagé 100 000 € avec Valia Santola et Ludovica Rampoldi pour l’écriture du scénario et reçu 50 000 € de rémunération complémentaires.

Le précédent film qu’il a dirigé dans le cadre d’une coproduction italo-française, dans laquelle la France était présente à hauteur de 10%, était un drame, « La belle endormie ». Le film était sorti en France en 2013. Distribué par Bellissima Films il n’avait rassemblé que 32 000 spectateurs.

Pour la préparation 56 jours de tournage et la post-production la rémunération du réalisateur avait été de 800 000 €, répartis en par égale entre à valoir sur droits d’auteur et salaire de technicien. Il avait en outre reçu 50 000 € pour les dialogues et 100 000 € pour le scénario qu’il avait écrit avec deux autres scénaristes.

*www.Cinefinances.info est un site, accessible par abonnement,  destiné aux professionnels du cinéma.  Il publie le budget, le plan de financement et la répartition des recettes de tous les films français qui sortent (hors les films « sauvages » qui ne déposent pas leurs contrats au registre public et ne demandent donc pas l’agrément qui leur permettrait d’accéder à l’aide du CNC). Il dispose d’un puissant moteur de recherche multicritères et de 10 ans d’archives.

POUR LA REALISATION DE « L’ORDRE DES MEDECINS »

Lundi 30 novembre OCS Max a diffusé «L’ordre des médecins», un film dramatique réalisé par David Roux.

https://fr.wikipedia.org/wiki/L%27Ordre_des_médecins

C’est le premier long métrage du réalisateur.

https://fr.wikipedia.org/wiki/David_Roux

Il était sorti en salle le 23 janvier 2019. C’est d’abord Canal+ qui l’avait diffusé sur le petit écran, puis OCS, les deux chaînes l’ayant préacheté.

Cinéfinances.info*  a fourni les données financières de cet article.

Le film a été coproduit par Elianeantoinette (Candice Zaccagnino) et Reboot Films (Olivier Aknin) pour un budget de 2,8 millions €. Il était distribué par Pyramide films (Eric Lagesse) qui a accordé un minimum garanti de 75 000 € pour les droits salle et l’a sorti sur 120 copies. Il a rassemblé 90 000 spectateurs.

Pour la préparation, 25 jours de tournage et la post-production le réalisateur a reçu une rémunération de 60 000 €, répartie en part égal entre à valoir sur droits d’auteur et salaire de technicien. C’est beaucoup moins que la rémunération médiane des réalisateurs de films français. https://siritz.com/financine/le-barometre-des-realisateurs-fin-octobre/

Le scénario a été coécrit par Julie Peyr qui a reçu un à valoir de 9 000 €.

Ls producteurs ont mis leurs salaires et leurs frais généraux en participation. Ce qui est singulier c’est que leur salaire dans le budget est de 68 000 € et qu’ils ont mis 108 000 € en participation… Il ont également mis leur crédit d’impôt dans le financement. leur apport en fonds propre est de plus de 20% du budget.

*www.Cinefinances.info est un site, accessible par abonnement,  destiné aux professionnels du cinéma.  Il publie le budget, le plan de financement et la répartition des recettes de tous les films français qui sortent (hors les films « sauvages » qui ne déposent pas leurs contrats au registre public et ne demandent donc pas l’agrément qui leur permettrait d’accéder à l’aide du CNC). Il dispose d’un puissant moteur de recherche multicritères et de 10 ans d’archives.

https://fr.wikipedia.org/wiki/L%27Ordre_des_médecins
https://fr.wikipedia.org/wiki/L%27Ordre_des_médecins

ELLES SONT FACE A UN PROBLEME NOUVEAU POUR ELLES

Ce sera donc le 16 décembre que l’ensemble des  salles de cinéma françaises vont ré-ouvrir. Et les conditions sanitaires imposées lors du premier dé-confinement ne seront pas renforcées. Au contraire, pendant la période de couvre feu, il y aura un léger assouplissement pour le démarrage de la dernière séance avec le billet horodaté. Mais ce sera un assouplissement, pas une occasion de séance supplémentaire. Juste une plus grande souplesse dans la fixation de l’horaire de démarrage de la dernière séance.

Et, cerise sur le gâteau, dès l’ouverture des salles il y aura à l’affiche, le blockbuster américain « Wonder Woman 84. 

https://fr.wikipedia.org/wiki/Wonder_Woman_1984

Cela veut dire que les films annonce des films qui vont démarrer le 23 décembre, et il y en a plusieurs très prometteurs, vont être vus par un large public. Par ailleurs, après « Tenet », c’est une nouvelle fois Warner qui prend le risque de sortir en salle partout où c’est possible, alors que la moitié des salles américaines sont fermées. Il est vrai qu’aux Etats-Unis, Warner a décidé de sortir le film le 25 décembre à la fois dans les salles ouvertes et sur sa plate-forme de S-VoD HBO Max. De nombreux professionnels américains estiment que le studio a ainsi franchi le rubicond alors que d’autres pensent qu’il a n’a fait que s’adapter momentanément à une situation momentanément exceptionnelle, puisque 50% des salles de cinéma américaines sont fermées.

Cette situation ouvre donc à nouveau le débat sur l’avenir des salles de cinéma face aux plateformes de S-VoD.  

Certains pensent qu’une grande partie du public a pris l’habitude de regarder des films chez eux, d’autres qu’ils vont absolument saisir la moindre occasion de sortir. On retrouve le vieux débat sur l’avenir de la salle de cinéma face à tous les nouveaux médias. L’avènement de la télévision, de la cassette ou du CD avaient fait naitre les mêmes craintes et, à chaque fois, la salle de cinéma s’est adaptée et a su parfaitement résister. 

Voir la finale de la Coupe du monde de foot-ball à la télévision ou dans le stade

Car, fondamentalement, voir un film dans une salle de cinéma n’a rien à voir avec le voir sur un écran chez soi, même un grand écran de télévision. Pour prendre un exemple, il est clair que l’on voit mieux  la finale de la Coupe  du monde de foot-ball  sur son téléviseur que dans le stade. Ne serait-ce que parce que la  télévision propose des gros plans ou des replays. Mais une grande partie des spectateurs préféreraient y assister dans le stade.

La plupart des gros blockbusters américains sortiront au plus tôt l’été prochain. Et il y en aura moitié moins que les années précédentes. En revanche, il y a énormément de films français en attente et ils bénéficieront d’une large exposition. Jusqu’à la fin des restrictions sanitaires et le retour massif des films américains les exploitants ne retrouveront pas leurs entrées passées. Mais les distributeurs français bénéficieront d’expositions favorables. Même si les professionnels savent que le succès d’un film donne au public l’envie de retourner au cinéma. 

Les plateformes ont les moyens d’accaparer tous les talents

Avec tout de même la question de savoir combien de temps encore et avec quelles sources de financement le CNC pourra accorder un soutien automatique renforcé alors que, économiquement, le soutien automatique habituel est en grande partie financé par les recettes des films américains.

A long terme néanmoins les plateformes de S-VoD soulèvent  un problème auquel le cinéma n’a jamais été confronté et que souligne très clairement Philippe Reynaert dans son Carrefour de la semaine dernière. https://siritz.com/le-carrefour/les-facettes-de-netflix-selon-reynaert/

En effet, les plateformes ont des moyens considérables, sans commune mesure avec ceux du cinéma, même des grandes majors américaines. Elles vont se battre pour acquérir les productions des talents et des stars. Ainsi, le prochain Dany Boon sera un téléfilm dont Netflix aura l’exclusivité mondiale. Et, ces plateformes vont se livrer une guerre féroce pour accaparer ces talents puisqu’en 2022 leurs besoins pourraient dépasser la capacité mondiale de production. Ce qui veut dire qu’il ne resterait aucune capacité et aucun talent pour le  cinéma mais aussi la télévision. Evidemment, ce n’est qu’une  prévision fondée sur le cumul de leurs investissements prévisionnels. Comme l’équation est impossible, il est probable qu’ils reverront leurs investissements et adapteront leur stratégie.

Ce qui est probable

Mais ce n’est pas parce que les plateformes acquièrent des films de cinéma en étant capable de payer des prix très interessants pour leurs producteurs qu’elles vont faire de même pour tous les films. Ce qui est probable, c’est qu’elles vont continuer à privilégier les séries tout en se diversifiant dans tous les autres types de programmes, comme les fictions et les documentaires unitaires mais aussi le flux et le sport. Et aussi, sans doute, que le monde va devoir augmenter sensiblement ses capacités de production et ses talents. Mais qui peut s’en plaindre ?

Par ailleurs, du point de vue des majors, les blockbusters à 200 millions $ de budgets visent de 1 à 3 milliards $ de chiffre d’affaires salle dans le monde. Ce sont donc des affaires risquées, mais potentiellement très rentables. C’est pourquoi les majors les privilégient et continuent à les produire. Or les plateformes n’ont aucun intérêt à investir 200 millions $ pour 2 heures de programme alors qu’elles peuvent avoir 12 heures d’une série exceptionnelle  qui va fidéliser leurs abonnés en investissant de 40 à 50 millions €. Disney a certes fait diffusé « Mulan » par sa plate-forme Disney + plutôt que de le sortir en salle. Mais il ne l’a pas inclus dans les programmes de Disney +. Il a offert à ses 70 millions d’abonnés de l’acheter en vos pour 30 €. Donc, si 10% de ses abonnés répondaient favorablement à cette offre le film qui a coûté de l’ordre de 200 millions $ serait amorti. Et ce serait une promotion pour la plateforme puisque, pour pouvoir acheter ce film il faut être abonné à Disney+ Mais, pour le groupe, ça ne génère aucunement les profits qu’une sortie salle mondiale aurait générée.

Pour ceux qui parlent anglais lire ce très intéressant article du New-York Times sur ces questions vues de Hollywood.

POUR LA REALISATION DE « PLACE DES VICTOIRES »

Lundi 23 Canal+ a diffusé en deuxième partie de soirée la comédie dramatique « Place des victoires ». C’est le premier long métrage du réalisateur  Yoann Guillouzouic.

https://fr.wikipedia.org/wiki/Place_des_victoires_(film)

Cinéfinances.info*  a fourni les données financières de cet article.

Produit par White Panama films (Ryme Wehbi) le film a un budget de 3,5 millions €. C’est également le premier long métrage de la société Son distributeur est La Belle Company (Marc-Antoine Pineau).

Pour la préparation, 34 jours de tournage et la post-production la rémunération du réalisateur est de 68 000 €, répartis entre 17 000 € d’à valoir sur droits d’auteur et 51 000 € de salaire de technicien. C’est beaucoup moins que la rémunération médiane des réalisateurs de films français. https://siritz.com/financine/le-barometre-des-realisateurs-fin-octobre/

Mais  Yoann Guillouzouic a reçu  également 6 000 € pour le scénario et 17 000 € de rémunérations complémentaires.

Un financement de film moyen difficile

Sorti sur 217 copies le film n’a rassemblé que 67 000 spectateurs. La Belle Company qui avait accordé un minimum garanti de 50 000 € pour les seules droit salle n’a sans doute pas amorti son investissement.

Ce film est typique de la difficulté de monter le financement des films à budget moyen sans réalisateur établi et sans casting. En effet, le producteur n’a pas inclus son salaire dans le budget et il a mis ses frais généraux, mais aussi les imprévus, en participation. Il a inclus le crédit d’impôt dans le financement et a investi du numéraire. Il y a par ailleurs plusieurs coproducteurs.

*www.Cinefinances.info est un site, accessible par abonnement,  destiné aux professionnels du cinéma.  Il publie le budget, le plan de financement et la répartition des recettes de tous les films français qui sortent (hors les films « sauvages » qui ne déposent pas leurs contrats au registre public et ne demandent donc pas l’agrément qui leur permettrait d’accéder à l’aide du CNC). Il dispose d’un puissant moteur de recherche multicritères et de 10 ans d’archives.

POUR LA REALISATION DU TRÈS RENTABLE « UN DIVAN A TUNIS »

Mardi soir Canal+ a diffusé, en deuxième partie de soirée, la comédie dramatique « Un divan à Tunis » qui était sorti en salle le 12 février dernier.

https://fr.wikipedia.org/wiki/Un_divan_à_Tunis

C’est le premier long métrage de la franco-tunisienne Manele Labidi qui avait fait des études de science politique avant de travailler dans la finance. Elle est une diplômée de la Femis. 

https://fr.wikipedia.org/wiki/Manele_Labidi

Selon Siritz.com le  film, qui a rassemblé 330 000 spectateurs,  était le second plus rentable du point de vue de la distribution des films français sortis avant le confinement. Les recettes salle du distributeur avaient en effet couvert deux fois le minimum garanti  de 155 000 €, pour les seuls droits salle, accordé par le distributeur au producteur. Et ce, alors que 4 semaines après sa sortie, la carrière du film  avait été stoppée par le confinement. https://siritz.com/les-barometres-de-la-distribution/distribution-cinema-les-succes-de-2020/

Cinéfinances.info*  a fourni les données financières de cet article.

Produit par Kazak Productions (Jean-Christophe Reymond) pour 2 millions €, il était distribué par Diaphana (Michel Saint-Jean).

La rémunération de la réalisatrice pour la préparation, 35 jours de tournage et la post-production est de 52 500 €, dont 25 000 € en à valoir sur droits d’auteur et 27 500 € en salaire de technicien. C’est  la moitié de la rémunération médiane des réalisateurs de films français. https://siritz.com/financine/le-barometre-des-realisateurs-fin-octobre/

Mais elle avait également écrit le scénario et, à ce titre, avait reçu 33 000 € d’à-valoir.

*www.Cinefinances.info est un site, accessible par abonnement,  destiné aux professionnels du cinéma.  Il publie le budget, le plan de financement et la répartition des recettes de tous les films français qui sortent (hors les films « sauvages » qui ne déposent pas leurs contrats au registre public et ne demandent donc pas l’agrément qui leur permettrait d’accéder à l’aide du CNC). Il dispose d’un puissant moteur de recherche multicritères et de 10 ans d’archives.

Pour « Le meilleur reste à venir »

Le mardi 24 novembre Canal a diffusé « Le meilleur reste à venir». Cette comédie dramatique  était sortie en salle en décembre dernier.

https://fr.wikipedia.org/wiki/Le_meilleur_reste_à_venir

Elle a été réalisée par Matthieu Delaporte, Alexandre de La Patellière. Ils avaient déjà collaboré sur « Le Prénom », sorti en salle en 2012.

https://fr.wikipedia.org/wiki/Matthieu_Delaporte

C’est le 4ème long métrage réalisé par Matthieu Delaporte et le second d’Alexandre de la Patellière.

Cinéfinances.info*  a fourni les données financières de cet article.

Le film est produit par Chapter 2 (Dimitri Rassam)et distribué par Pathé. Son budget est de 13,3 millions €.Pour la préparation, 49 jours de tournage et la post-production  rémunération des deux réalisateurs est de 500 000 €, répartis en part égale entre à valoir sur droits d’auteur et salaire de technicien. Elle est beaucoup plus élevée que la moyenne des rémunérations des réalisateurs de films français. . https://siritz.com/financine/le-barometre-des-realisateurs-fin-octobre/

Mais les deux réalisateurs étaient également coscénariste du film et, à ce titre, ont reçu un à valoir de 700 000 €.

Le film a rassemblé 961 000 spectateurs.

« Le Prénom » avait le même producteur et le même distributeur. Son budget était de 11 millions €. Pour la préparation, 10 semaines de tournage et la post-production les deux réalisateurs avaient reçu chacun une rémunération de 314 000 €, répartie en part égale entre à valoir sur droits d’auteur et salaire de technicien.

Le film avait rassemblé 3,350 millions d’entrées.

*www.Cinefinances.info est un site, accessible par abonnement,  destiné aux professionnels du cinéma.  Il publie le budget, le plan de financement et la répartition des recettes de tous les films français qui sortent (hors les films « sauvages » qui ne déposent pas leurs contrats au registre public et ne demandent donc pas l’agrément qui leur permettrait d’accéder à l’aide du CNC). Il dispose d’un puissant moteur de recherche multicritères et de 10 ans d’archives.