Archive d’étiquettes pour : Pathé

Le 4ème long métrage pour le cinéma réalisé par le belge Alain Berliner https://fr.wikipedia.org/wiki/Alain_Berliner est un documentaire, « Bardot », https://fr.wikipedia.org/wiki/Bardot_(film) sur la vie de  l’icône du cinéma français. Il l’a coréalisé avec Elora Thevenet dont c’est le premier film. https://www.allocine.fr/personne/fichepersonne_gen_cpersonne=990870.html

Cinéfinances.info* a fourni les données financières de cet article.

Alain Berliner

Elora Thevenet

 

Le budget prévisionnel de cette coproduction entre la France (70%), la Belgique (20%) et le Luxembourg (10%) est  2,3 millions €. C’est le budget prévisionnel le plus élevé des documentaires français sortis cette année et 6 fois leur budget moyen https://siritz.com/financine/le-barometre-financier-des-documentaires-en-2025/

Pour la préparation, 20 jours de tournage et la post-production la rémunération des deux réalisateurs est de 51 000 €, dont 9 000 € d’à valoir sur droits d’auteur et 42 000 € de salaire de technicien, soit 20% de plus que la rémunération moyenne des réalisateurs de documentaire. Il y a eu un scénario qui a été écrit par Elora Thevenet, Nicolas Bary, Alain Berliner et Jessica Mendez pour 10 000 €. La musique a été confiée à Astrid Gomez-Montoya et Rebecca Delannet. Le budget total de la musique est 46 000 € ce qui revient aux trois quarts du budget moyen des musiques de films français.

Le producteur délégué est Timpel Pictures (Nicolas Bary) tandis que JD prod est coproducteur. Il y a eu en outre un pool d’investisseurs privés, un partenariat Amor Lux et un partenariat de GCH. La région Paca et la commune de St-Tropez lui ont accordé une aide non remboursable. Canal+ et TF1 l’ont préacheté. Pathé Live a, sans minimum garant,i tous les mandats de distribution France de la vie de l’icône du cinéma français.  Freemantle a le mandat de vente à l’étranger.

Le producteur belge est Agent Double qui a bénéficié du Tax shelter et du soutien de Wallimage. La chaîne VRT l’a préacheté.  Le producteur britannique est Futuristic Films.

Le précédent film réalisé par Alain Berliner était « J’ai voulu être danseur » sorti en 2007. Ce film musical  franco-belgo-bitannico-luxembourgeois  dont le producteur délégué était la société belge Artemis productions était distribué par Eurozoom. Il avait rassemblé 10 000 spectateurs.

www.Cinefinances.info est un site, accessible par abonnement, destiné aux professionnels du cinéma.  Il publie budget, le plan de financement et la répartition des recettes prévisionnels de tous les films français qui sortent (hors les films « sauvages » qui ne déposent pas leurs contrats au registre public et ne demandent donc pas l’agrément qui leur permettrait d’accéder à l’aide du CNC). Il s’agit des chiffres de l’agrément d’investissement sur la base duquel le producteur a monté son financement. Il dispose de nombreuses archives et d’un puissant moteur de recherche. Il dispose d’archives des films sortis depuis 2010 et d’un puissant moteur de recherche, avec de multiples critères.

Pour son 8ème film, qui sort demain,  Abdellatif Kechiche https://fr.wikipedia.org/wiki/Abdellatif_Kechiche réalise la suite de son 6ème f, film, « Mektoub, my love : canto uno », sont 7ème, « Intermezzo » ayant été monté au Festival de Cannes mais n’étant jamais sorti en salle. Dans « Mektoub, my love : canto due” le destin fait une sortie de route. https://fr.wikipedia.org/wiki/Mektoub,_My_Love:_canto_due

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Abdellatif Kechiche

Son budget prévisionnel est 5,4 millions €, soit le budget moyen des films français de fiction de notre dernier baromètre. https://siritz.com/financine/barometre-des-budgets-previsionnels/ Pour la préparation, 20 jours de tournage et la post-production la rémunération du réalisateur est de 108 000 €, dont 58 000 € d’à valoir sur droits d’auteur et 50 000 € de salaire de technicien. C’est 80% de la rémunération moyenne des réalisateurs des films de fiction. https://siritz.com/financine/le-barometre-de-la-remuneration-des-realisateurs-2/

Comme pour le premier opus, il s’agit de l’adaptation du roman. “La blessure, la vraie » de François Begaudeau. Les droits de cette nouvelle adaptation ont été acquis 20 000 €. Le scénario a été écrit par Abdellatif Kechiche pour 100 000 € et les dialogues confiés à Ghalya Lacroix pour 170 000 €. Le coût total du scénario est donc 290 000 €, soit 30% de plus que le budget moyen des scénarios. Le budget total de la musique est 150 000 €, c’est-à-dire deux fois et demi le budget moyen des bandes musicales de film. https://siritz.com/financine/remuneration-des-compositeurs-de-musique/ Mais aucun compositeur n’est indiqué. Enfin les rôles principaux ont reçu 230 000 € ce qui correspond à ce qu’ils reçoivent en moyenne. https://siritz.com/financine/la-remuneration-des-roles-principaux-en-2025/

Pour bien illustrer la part du budget que la production de « Mektoub, my love : canto due » a consacré aux quatre principaux postes de l’affiche par rapport à ce qui leur est consacré dans la moyenne des films le tableau ci-dessous est éclairant :

Comme on le voit, en pourcentage du budget total,  la musique et le scénario  sont bien mieux rémunérés que la moyenne des films. Le réalisateur l’est un peu moins et les rôles principaux, très légèrement moins.

Le producteur délégué est Quat’sous films (Abdellatif Kechiche). Pathé est coproducteur. La région Languedoc Roussillon lui a accordé son soutien. Canal+ et Ciné + l’ont préacheté. Pathé a donné un minimum garanti important pour tous les mandats de distribution.

“Mektoub, my love : canto uno” était sortie en 2018. Il avait le même producteur délégué et le même distributeur. Son budget prévisionnel était 5,4 millions € et il avait rassemblé 131 000 spectateurs.

www.Cinefinances.info est un site, accessible par abonnement, destiné aux professionnels du cinéma.  Il publie budget, le plan de financement et la répartition des recettes prévisionnels de tous les films français qui sortent (hors les films « sauvages » qui ne déposent pas leurs contrats au registre public et ne demandent donc pas l’agrément qui leur permettrait d’accéder à l’aide du CNC). Il s’agit des chiffres de l’agrément d’investissement sur la base duquel le producteur a monté son financement. Il dispose de nombreuses archives et d’un puissant moteur de recherche. Il dispose d’archives des films sortis depuis 2010 et d’un puissant moteur de recherche, avec de multiples critères.

Le 6ème long métrage réalisé par Martin Bourboulon, https://fr.wikipedia.org/wiki/Martin_Bourboulon « 13 jours, 13 nuits » https://fr.wikipedia.org/wiki/13_jours,_13_nuits nous offre suspense et tension dans l’enfer de Kaboul.

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Martin Bourboulon

Son budget prévisionnel est 27,5 millions €. C’est le budget le plus élevé des films français sortis depuis le début de l’année. Pour la préparation, 48 jours de tournage au Maroc et la post-production la rémunération du réalisateur est de 560 000 €, répartie en part égale entre à valoir sur droits d’auteur et salaire de technicien. Elle se situe au 3ème rang des rémunérations de réalisateurs cette année. Le film est une adaptation du livre « 13 jours, 13 nuits » dans l’enfer de Kaboul » du Mohamed Bida qui a participé à cette opération. Martin Bourboulon a écrit le scénario avec Alexandre Smia. Le budget global du scénario est 935 500  €, ce qui le situe, là encore, au 3ème rang des budgets de scénario cette année. Les rôles principaux ont reçu 1,334 000 €, soit, encore une fois, la  3ème rémunération de l’année. Enfin la musique a été composée par Guillaume Roussel pour 255 000 €, la deuxième rémunération de l’année.

Les producteurs délégués sont Chapter Tout (Dimitri Rassam) et Pathé. Galfin1 et 2, Les Films des Tournelles (Ange-Dominique Toussaint) et M6 films sont coproducteurs. Le producteur belge Umedia est coproducteur à 0,7%. Le film a obtenu le soutien aux effets spéciaux du CNC et l’aide à la musique originale de la Sacem. Canal+, Disney, M6 et W9 l’ont préacheté. Pathé a donné des minima garantis séparés pour les mandats salle, vidéo, VàD et international.

Les précédents films réalisés par Martin Bourboulon étaient « Les Trois mousquetaires-d’Artagnan » et « Les Trois mousquetaires-Milady ». Sortis en 2023, avec les mêmes producteurs délégués et le même distributeur, ils avaient  chacun un budget prévisionnel de 36 millions €. D’Artagnan avait rassemblé 3,5 millions de spectateurs et Milady 2,6 million €.

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C’est le comédien Jean-Paul Rouve qui réalise cette fois-ci « God save the Tuche », la 5ème version de cette franchise à succès. https://siritz.com/cinescoop/lespace-et-le-temps-et-lhistoire/ Il en est toujours l’un des principaux interprètes.C’est les Tuche chez la Reine d’Angleterre.

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Jean-Paul Rouve

Cette nouvelle version a un budget prévisionnel de 19,4 millions €. C’est, de loin, le budget le plus élevé des films français sortis depuis le début de l’année et 3,6 fois le budget prévisionnel moyen de 2024. https://siritz.com/financine/les-barometres-2024-des-films-de-fiction/Pour la préparation, 8 jours de tournage (dont 8 au Royaume-Uni et en Belgique) et la post-production la rémunération du réalisateur est de 544 000 €, répartie en part égale entre à valoir sur droits d’auteur et salaire de technicien. Là encore, c’est la plus forte rémunération depuis le début 2025, devant celle de Franck Dubosc pour « Un ours dans le Jura ». https://siritz.com/cinescoop/une-comedie-noire-a-la-frere-coen/Le scénario a été écrit par Jean-Paul Rouve, Philippe Mechelen, Julien Hervé et Nessim Chikhaoui.  Son budget total est 4,7 millions €. Mais il comprend l’acquisition de la franchise. Les rôles principaux ont reçu 2,250 millions €, là encore, le montant le plus élevé depuis le début de l’année.

Le plan de financement du film

Pathé Films est le producteur. Pictanovo et TF1 films production sont coproducteurs. Canal+, Ciné TV, TF1 (2 passages) et TMC l’ont préacheté. Pathé Films a tous les mandats de distribution, mais sans minimum garanti. Beside production (Belgique) est coproducteur.

« Les Tuche 3, Liberté, Égalité, Fraternité », réalisé par Olivier Baroux, avait rassemblé 5,7 millions de spectateurs. https://fr.wikipedia.org/wiki/Lola_et_ses_frères Son budget prévisionnel était 13 millions €. Le précédent film réalisé par Jean-Paul Rouve était « Lola et ses frères », sorti en 2018. Son budget prévisionnel était 5,9 millions €. Il était produit par Nolita Cinéma et Les Films du Monsieur. Ses distributeurs était TF1 DA et UGC. Il avait rassemblé 332 000 spectateurs.

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Pour son 9ème long métrage, « La vallée des fous » https://fr.wikipedia.org/wiki/La_Vallée_des_fous, le réalisateur Xavier Beauvois https://fr.wikipedia.org/wiki/Xavier_Beauvois, nous fait embarquer pour un Vendée Globe de légende.

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Xavier Beauvois

Son budget prévisionnel est 6,6 millions €, soit un quart de plus que le budget moyen des films français de fiction sortis depuis le début de l’année. https://siritz.com/financine/2024-reduction-des-budgets-previsionnels/Pour la préparation, 37 jours de tournage et la post-production la rémunération du réalisateur est de 200 000 €, dont 119 000 € d’à valoir sur droits d’auteur et 81 000 € de salaire de technicien, ce qui correspond à trois quarts de plus que la rémunération moyenne des réalisateurs. https://siritz.com/editorial/remuneration-du-realisateur-en-du-budget/Il a écrit le scénario avec Marie-Julie Maille et Giacchino Camapanell pour 233 000 €, soit 60% de plus que le budget moyen des scénarios. https://siritz.com/financine/impressionnante-chute-du-budget-des-scenarios/Les rôles principaux ont reçu 420 000 €, soit le double de ce qu’ils ont reçu en moyenne. https://siritz.com/financine/remuneration-des-roles-principaux-2024-2023/

Le film est produit par Les Films du Worso (Sylvie Pialat). Les Films du Monsieur, Pathé et France 3 cinéma l’ont coproduit. Le CNC a accordé une aide sélective. Une sofica garantie par Pathé et 5 soficas non garanties y ont investi. Canal+, Ciné+ et France 3 y ont investi. Pathé a donné un minimum garanti pour tous les mandats de distribution.

Le précédent film réalisé par Xavier Beauvois était « Albatros », sorti  en 2021 https://siritz.com/cinescoop/la-remuneration-de-xavier-beauvois-2/. Son budget était de 6 millions €. Les Films du Worso était déjà son producteur et la distribution était assuré par Pathé et Orange Studio. La rémunération du réalisateur était 200 000 € et il avait écrit le scénario avec Frédéric Moreau et Marie-Julie Maille pour 258 000 €. Le film avait rassemblé 94 000 spectateurs.

*www.Cinefinances.info est un site, accessible par abonnement, destiné aux professionnels du cinéma.  Il publie le budget, le plan de financement et la répartition des recettes de tous les films français qui sortent (hors les films « sauvages » qui ne déposent pas leurs contrats au registre public et ne demandent donc pas l’agrément qui leur permettrait d’accéder à l’aide du CNC). Il dispose d’un puissant moteur de recherche multicritères et de 10 ans d’archives.

Dans un article qui lui est consacré dans le Figaro du 11 septembre, Jérôme Seydoux, le propriétaire et patron de Pathé, résume sa stratégie : « le cinéma est poussé à occuper naturellement le segment haut de gamme » affirme -t-il. Il le pense pour les salles : « chez Pathé les salles qui marchent le mieux sont les plus chers, dit-il ». Et l’ouverture de l’ancien Paramount Opéra en un ultra-luxueux multiplex de 7 salles et 854 fauteuils,  vise à en faire à nouveau la démonstration.

Il le pense au moins autant pour les films. « Les spectateurs veulent de la qualité et ne viennent pas voir n’importe quoi. Ils ont déjà accès à n’importe quoi depuis leur canapé rajoute-t-il « . En plus, ce n’importe quoi est parfois de qualité .

Et le président de Pathé estime que les films de qualité sont chers. C’est ainsi que sa société distribue et, parfois même, produit les films français aux budgets les plus élevés : tels, l’année dernière « Asterix & Obelix : l’empire du milieu », dont le budget était de 64 millions € et dans lequel Pathé a investi 12 millions €. Il a rassemblé plus de 4,6 millions d’entrées. Cette année « Le comte de Monte Cristo » au budget de 43 millions €, a déjà l’arment dépassé les 7 millions de spectateurs.

Mais gros budget ne signifie pas succès. Ainsi, « La vie pour de vrai », le dernier film réalisé et interprété par Dany Boon a coûté quelques 30 millions €, dans lequel Pathé avait investi 12 millions €, et n’a rassemblé que 812 000 spectateurs, ce qui en fait un échec commercial retentissant. Mais Jérôme Seydoux reconnait que distribuer et produire des films est un métier à risque. Néanmoins remarque-t-il, « Berri m’a dit qu’il ne faut investir que ce que l’on est en mesure de perdre ». Et Jérôme Seydoux a les moyens de beaucoup perdre, ce qui lui permet de prendre de gros risques, au bénéfice d’ailleurs de l’ensemble du cinéma français.

Mais est-ce que la qualité est synonyme de gros budget ? Évidemment pas. Elle suppose certes une fabrication soignée. Mais l’image, le décors, l’interprétation ne sont pas tous. Le scénario est essentiel et une condition préalable. Or il est inquiétant que, cette année, le budget moyen des scénarios de films français a diminué de 60% par rapport à 2023 et le budget médian s’est réduit de moitié. https://siritz.com/financine/impressionnante-chute-du-budget-des-scenarios/

En fait, un film français de cette année illustre ce que signifie qualité. Il s’agit de « Un p’tit truc en plus ». https://siritz.com/cinescoop/le-premier-demmarrage-de-lannee/Comme on le sait il a largement dépassé les 10 millions d’entrées et continue sa carrière. Or il ne repose pas sur un casting de stars (50 000 € payés aux rôles principaux), ni sur des scènes spectaculaires. Pourtant son budget prévisionnel est de 6,7 millions €, soit 40% de plus que le budget moyen des films de fiction français. https://siritz.com/cinescoop/le-premier-demmarrage-de-lannee/C’est qu’il a été fait avec un grand soin et pas à la va-vite comme, malheureusement une grande nombre de films français.

Mais Jérôme Seydoux souligne à juste titre que notre formidable exception culturelle, qui repose en grande partie sur l’obligation de nos grandes chaînes d’investir une partie de leur chiffre d’affaires dans de nouveaux films français, a un énorme inconvénient : toutes ces chaînes, sauf Arte et Canal+, visent à séduire la ménagère de moins de 50 ans. C’est-à-dire, pas les jeunes, ce qui explique que plus de la moitié des spectateurs ont plus de 50 ans. Et pas les marchés étrangers, ce qui explique la baisse de nos exportations de films français.

Une analyse pertinente du fonctionnement de l’économie est indispensable à L’État pour mener une bonne politique économique. Il en est de même pour une entreprise ou un secteur pour augmenter sa rentabilité. L’histoire du cinéma en fournit des preuves éclatantes. A titre d’exemple, après plusieurs années de stabilité aux alentours de 200 millions d’entrées la fréquentation des salles de cinéma français n’a cessé de chuter pour passer de 202 millions de spectateurs en 1982 à 116 millions en 1993.

Les professionnels du secteur ont d’abord été persuadés que c’était dû au développement et au succès de la diffusion des films par la vidéo. Ils ont obtenu de l’État que ce média ne puisse diffuser les films que bien après la sortie en salle. La fréquentation a continué de chuter. Puis ils ont estimé que la piraterie, qui permettait de visionner les films gratuitement et sans respecter de délais, était la cause principale de cette évolution. Le cinéma, soutenu par l’État, a lutté férocement contre cette piraterie et réussi à la freiner sensiblement. La fréquentation a continué de chuter.

Puis les professionnels du cinéma ont été persuadé que la poursuite de cette baisse était due à l’augmentation du nombre de chaînes hertziennes, passées de 3 à 7, une augmentation renforcée par la multiplication des chaînes du câble. Ils ont obtenu que l’État impose aux chaînes toute une série de contraintes (limitation du nombre de films diffusés, délai avant la diffusion de ces films, obligation d’investir dans de nouveaux films, etc…). La fréquentation a poursuivi s chute.

Jusqu’à ce qu’en 1991, un nouveau professionnel du cinéma, Jérôme Seydoux, qui avait racheté le réseau de salles de cinéma Pathé, estime que c’étaient les exploitants de salles de cinéma qui étaient eux-mêmes responsables de cette chute. En effet, dans les années 70, ceux-ci avaient trouvé la poule aux oeufs d’or : le complexe. Il s’agissait de transformer chacune de leurs grandes salles en plusieurs petites salles, avec des capacités très étagées. De ce fait, avec charges à peine augmentées ils multipliaient leur offre de films, donc leur chiffre d’affaires, donc leur marge. Et ils pouvaient programmer chaque film dans la salle dont la capacité correspondait à sa fréquentation.

Mais cette poule aux oeufs d’or avait deux énormes inconvénients. En premier lieu, les salles de ces complexes avaient de plus petits écrans et, pour multiplier le nombre de fauteuils de chaque salle, ceux-ci étaient de plus en plus resserrés et de plus en plus inconfortables. Au point que le public commençait à se dire que l’écran de cinéma se rapprochait de celui de la télévision, mais qu’il était plus confortable de regarder celle-ci à domicile.

En second lieu, comme la fréquentation des salles était réduite par rapport à celle de la grande salle initiale, pour maintenir la fréquentation les distributeurs avaient augmenté le nombre de salles diffusant le même film dans une même ville, voire un même quartier. La fréquentation était maintenue mais se répartissait en plusieurs salles

Enfin, la multiplication des salles jouant le même film lors de sa sortie obligeait les distributeurs à augmenter le nombre de leurs copies, donc leurs charges, donc à réduire leur rentabilité. Donc, en fait, les complexes étaient la véritable cause de la chute de la fréquentation.

Et Jérôme Seydoux était le seul à l’avoir compris. Il avait compris que si les cinémas comme avant les complexes, avaient de grands écrans, que leurs fauteuils étaient de nouveau confortables, mais qu’en outre, ils continuaient à offrir un large choix de films comme avec les complexes, et, qu’en outre, ils étaient facilement accessibles, le public reviendrait. Il suffisait donc de construire ce que l’on appellerait des multiplex. Le paradoxe est que, depuis des années il en existait un qui marchait très bien, à Bruxelles, le Kinepolis. Mais ni ses propriétaires ni aucun exploitant n’avait compris que c’était là ce qui allait faire remonter la fréquentation à ses niveaux antérieurs.

Les deux premiers multiplexes de Pathé ouvrirent en 1993 dans des centres commerciaux de province où le parking était abondant et gratuit. Ils eurent immédiatement un immense succès. Pathé ne cessa d’en ouvrir et d’autres exploitants l’imitèrent. La fréquentation remonta a plus de 200 millions d’entrées et ce, malgré les 27 chaînes de la TNT, le passage de la cassette au DVD, l’irruption de la vod et de la s-vod.

Il est donc probable que la fréquentation va pouvoir retrouver ses niveaux pré-covid. Et, surtout, que, cette année, malgré la Coupe d’Europe de foot-ball et les JO elle dépassera ses niveaux de l’année dernière. Il serait profitable d’analyser les véritables causes des performances inespérées de ces derniers mois. Malheureusement la régulation de notre secteur, comme c’est très souvent le cas en France, repose sur des à priori idéologiques qui ne tiennent pas compte des réalités. https://siritz.com/editorial/le-cinema-est-un-marche-doffre/

Après les succès de « Les trois mousquetaires : d’Artagnan » (3,4 millions d’entrées) et de « Les trois mousquetaires : Milady » (2,5 millions d’entrées) Chapter 2 (Dimitri Rassam) et Pahé sont les producteurs délégués d’une autre adaptation des romans d’Alexandre Dumas,  une nouvelle version de « Le comte de Monte Cristo » https://fr.wikipedia.org/wiki/Le_Comte_de_Monte-Cristo_(film,_2024) réalisée par Alexandre de la Patellière https://fr.wikipedia.org/wiki/Alexandre_de_La_Patellière et Matthieu Delaporte https://fr.wikipedia.org/wiki/Matthieu_Delaporte.

Ciné.info* a fourni les données financières de cet article.

Alexandre de la Patellière

Matthieu Delaporte

Son budget est de 43 millions €, soit plus que les 36 millions de chacun des deux autres films cités ci-dessus https://siritz.com/cinescoop/les-trois-mousquetaires-dartagnan/ et https://siritz.com/cinescoop/les-trois-mousquetaires-milady/. C’est le budget prévisionnel le plus élevé de films de fiction français sortis cette année. https://siritz.com/financine/2024-reduction-des-budgets-previsionnels/ Pour la préparation, 74 jours de tournage et la post-production la rémunération des réalisateurs est de 550 000 €, dont 200 000 € d’à valoir sur droits d’auteur et 350 000 € de salaire de technicien, ce qui constitue la deuxième rémunération de l’année  et 4 fois la rémunération moyenne des réalisateurs https://siritz.com/editorial/remuneration-du-realisateur-en-du-budget/.nIls ont écrit le scénario pour 718 000 €, soit 3,6 fois le budget moyen des scénarios et le second montant de l’année. https://siritz.com/financine/impressionnante-chute-du-budget-des-scenarios/ Les rôles principaux ont reçu 1,6 millions €, soit la deuxième rémunération de l’année et 8,6 fois leur rémunération moyenne. https://siritz.com/financine/remuneration-des-roles-principaux-2024-2023/

M6 est coproducteur. Le film a reçu du CNC de l’aide sélective et automatique pour les effets visuels et numériques. La région Ile de France et la région Sud lui ont apporté leur soutien. Canal+, Ciné+, M6 et W9 l’ont préacheté. Pathé a donné un minimum garanti pour son mandat de distribution en salle, un pour son mandat vidéo et vod, un pour le mandat TV et s-vod, enfin un pour le mandat vente à l’étranger. Il y a un coproducteur belge, Umédia, pour 1,3%.

Les deux mêmes producteurs avaient produit le précédent film des deux réalisateurs (qui en ont réalisé trois), « Le meilleur reste à venir », sorti le 4 décembre 2019 et dont le budget était de 13,3 millions €.  https://fr.wikipedia.org/wiki/Le_meilleur_reste_à_venir

Il avait rassemblé 923 000 spectateurs.

www.Cinefinances.info est un site, accessible par abonnement, destiné aux professionnels du cinéma.  Il publie budget, le plan de financement et la répartition des recettes prévisionnels de tous les films français qui sortent (hors les films « sauvages » qui ne déposent pas leurs contrats au registre public et ne demandent donc pas l’agrément qui leur permettrait d’accéder à l’aide du CNC). Il s’agit des chiffres de l’agrément d’investissement sur la base duquel le producteur a monté son financement. Il dispose d’archives des films sortis depuis 2010 et d’un puissant moteur de recherche, avec de multiples critères.

DES BUDGETS ET DES RÉMUNÉRATIONS EXCEPTIONNELS

Cinéfinances.info* a fourni les données financières de cet article.

Depuis le début de l’année jusqu’à fin avril, deux films, « Astérix et Obélix, l’empire du milieu » https://siritz.com/cinescoop/la-remuneration-de-guillaume-canet-2/  (65 millions €) et « Les trois mousquetaires, d’Artagnan »,(36 millions €)  https://siritz.com/cinescoop/les-trois-mousquetaires-dartagnan/,tous deux distribués par Pathé, ont un  budget prévisionnel très supérieur au budget le plus élevé de l’année dernière, « Notre-Dame Brûle », https://siritz.com/cinescoop/la-remuneration-de-jean-jacques-annaud/ , (31,5 millions €) également distribué par Pathé. C’est conforme à la stratégie du propriétaire et PDG de l’entreprise qui mise sur les films à grand spectacle susceptibles de rassembler des millions de spectateurs.

C’est sans doute ce qui explique la progression (10%) du budget prévisionnel moyen des films de fiction qui passe de 4,7 à 5,2 millions €. Plus significatif est la progression de plus de 15% du budget médian il y a donc une progression tendancielle du budget prévisionnel des films français de fiction. Cela s’explique en partie par l’augmentation du nombre de coproductions dont les financements reposent sur plusieurs pays et qui visent plusieurs marchés initiaux.

En ce qui concerne la rémunération des réalisateurs c’est encore les films de Pathé qui les fonts fortement progresser. En effet, l’année dernière les deux rémunérations les plus élevées étaient celles des frères Dardenne (900 000 €) https://siritz.com/cinescoop/la-remuneration-des-freres-dardenne/ et de Claude Lelouch (825 000 €), https://siritz.com/cinescoop/la-remuneration-de-claude-lelouch/, qui, comme nous l’expliquions n’étaient pas significatives parce que les réalisateurs étaient leurs propres producteurs. La rémunération la plus élevée d’un réalisateurs n’étant pas son producteur était celle de Jean-Jacques Annaud (740 000 €) pour « Notre-Dame Brûle » et au 10ème rang on trouvait David Moreau (422 000 €).

Cette année la rémunération de Dany Boon pour la réalisation de « La vie pour de vrai », (2 520 000 €) explose les compteurs https://siritz.com/cinescoop/la-vie-pour-de-vrai/. La encore c’est un film produit et distribué par Pathé. En deuxième position, loin derrière, mais devant toutes les rémunérations de 2022, on trouve Neil Jordan (1,078 millions €)  pour la réalisation de « Marlowe » https://siritz.com/cinescoop/la-remuneration-de-neil-jordan/

Mais il s’agit d’un réalisateur et d’un film anglo-saxon dans lequel la France est très minoritaire. En bas du Top 10 à fin avril il y a déjà trois réalisateurs à 400 000 €.

Cette progression des rémunérations les plus élevées explique sans doute que la rémunération moyenne ait bondi de 90%. En revanche, la rémunération médiane a chuté de 20%, ce qui est énorme. Les films à petit budget et leurs réalisateurs sont de plus en plus obligés de se serre la ceinture.

Comme on le sait, en générale, le scénario est désormais la dépense la plus importante dans le budget d’un film, bien avant la rémunération du ou des réalisateurs ou celle des rôles principaux.

Là, c’est  encore Pathé qui , en 2023) explose des chiffres. Le budget du scénario de » Astérix et Obélix, l’empire du milieu) (6,542 millions € ). Il est largement devant le champion de l’année dernière, qui était celui de « Irréductible »  (1,170 millions €), comprenant 700 000 € d’achat des droits de remake d’un film italien qui dépassait largement la rémunération du réalisateur Jérôme Commandeur (175 000 €). https://siritz.com/cinescoop/remuneration-de-jerome-commandeur/. Jusque là le champions était le scénario de « Asterix et Obélix-Au service de sa majesté (5 millions €), réalisé par Laurent Tirard et sorti le 17 octobre 2012.

Mais cette année, le budget du scénario de « La vie pour de vraie » (4,5 millions € pour le seul Dany Boon) arrive en seconde position devant les 3,560 millions de « Alibi.com 2 » https://siritz.com/cinescoop/la-remuneration-de-philippe-lacheau-3/ . Jusque là les champions des budgets de scénarios ayant un seul scénariste étaient ceux pour les films de Dany Boon et ce s’étaient entre 4 et 4,2 millions €. Cela confirment tout cas  la primauté du budget du scénario qui est beaucoup plus important que la rémunération du réalisateur.  Cela fait progresser le budget moyen de 20% par rapport à l’année dernière.

En revanche, compression des coûts oblige, le budget médian des scénarios des films de cette année a diminué de 25% par rapport à celui des films de l’année dernière. Mais il se situe toujours au-dessus de la rémunération médiane des réalisateurs de films de cette année.

Cette année ce sont les rôles principaux de « Marlowe » qui, avec 4,79 millions €  sont les mieux payés. Mais il s’agit de stars internationales d’un film anglo-saxon.

C’est largement plus que les 2,057 millions € de « Tout ce qu’on a encore tous fait au bon dieu » https://siritz.com/cinescoop/la-remuneration-de-philippe-de-chauveron/  en 2022. En 2023, en seconde position on trouve les rôles principaux d’un autre film Pathé, « Astérix et Obélix-Lempire du milieu » avec 1,889 millions €.  La moyenne de cette année est très supérieurs à celle de l’année dernière. En revanche, là encore compression des coûts oblige, cette année, la médiane des rémunérations des rôles principaux est 40% inférieure à celle de l’année dernière.

www.Cinefinances.info est un site, accessible par abonnement, destiné aux professionnels du cinéma.  Il publie budget, le plan de financement et la répartition des recettes prévisionnels de tous les films français qui sortent (hors les films « sauvages » qui ne déposent pas leurs contrats au registre public et ne demandent donc pas l’agrément qui leur permettrait d’accéder à l’aide du CNC). Il s’agit des chiffres de l’agrément d’investissement sur la base duquel le producteur a monté son financement. Il dispose d’archives des films sortis depuis 2010 et d’un puissant moteur de recherche, avec de multiples critères.

POUR LA RÉALISATION DE « UNE BELLE COURSE »

C’est son 7ème film.https://fr.wikipedia.org/wiki/Christian_Carion

Cinéfinances.info* a fourni les données financières de cet article.

Le film est produit par Christian Carion (Une Hirondelle Productions) pour un budget prévisionnel de 8 millions €. Il y a une coproduction avec la Belgique (7%) par Arthémis. https://fr.wikipedia.org/wiki/Une_belle_course

Pour la préparation, 33 jours de tournage et la post-production la rémunération du réalisateur est de 321 000 €, dont 200 000 € d’à valoir sur droits d’auteur et 121 000 € de salaire de technicien. C’est plus que la rémunération moyenne des réalisateurs de films français de fiction sortis en 2022. https://siritz.com/financine/la-remuneration-des-realisateurs/

Il a coécrit le scénario avec Cyril Gély et ils se sont partagés 240 000 €. Là encore, c’est plus que le budget moyen des scénarios des films français de fiction sortis depuis le début de l’année. https://siritz.com/financine/le-barometre-des-scenarios-2/

Pathé et TF1 sont coproducteurs. 2 soficas y ont investi et le film a le soutien de la région Auvergne-Rhône-Alpes. Canal+, Multithématiques, TF1 et TMC ont préacheté un passage. Pathé a donné un minimum garanti pour le mandat salle et un autre pour tous les autres mandats monde.

Lé précédent film réalisé par Christian Carion était « My son », sorti en salle le 3 novembre 2021. C’était une coproduction France (50%), Royaume-Uni (38%) et Allemagne (12%). Il avait un budget prévisionnel de 6,7 millions €.

Pour la préparation, le tournage et la post-production la rémunération du réalisateur était de 295 000 €, dont 130 000 € d’à valoir sur droits d’auteur et 65 000 € de salaire de technicien.

Le scénario avait été coécrit par Christian Carion et Laure Irrmann, d’après le scénario original de Mon garçon écrit par Christian Carion. L’adaptation avait été payée 304 000 € et l’acquisition des droits d’adaptation 250 000 €.

En France le film était distribué par Wild bunch international et il y avait rassemblé 49 000 spectateurs dans 200 salles.

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