UN PRODUCTEUR DÉLÉGUÉ DÉJÀ BÉNÉFICIAIRE ?
Chi-Fou-Mi Productions (Hugo Sélignac) est l’une des sociétés de production cinématographique françaises les plus prolifiques. Ainsi, « Quelques mots d’amour » https://fr.wikipedia.org/wiki/Quelques_mots_d%27amour_(film,_2026) qui sort cette semaine, est déjà le quatrième film produit par cette société à sortir cette année. Il est écrit et réalisé par le comédien Rudi Rosenberg, https://fr.wikipedia.org/wiki/Rudi_Rosenberg.

Hugo Selignac (CHI-FOU-MI productions) producteur particulièrement prolixe
Le précédent film produit par cette société, « Les Vacances de Golo & Ritchie », réalisé par Ahmed Hamidi et Martin Fougerol, était sorti le 22 juillet. https://fr.wikipedia.org/wiki/Les_Vacances_de_Golo_%26_Ritchie. Son devis était de 4 millions € et il était distribué par Apollo Films. N’ayant rassemblé que 85 000 spectateurs, il avait constitué une très mauvaise affaire pour ce distributeur, qui avait versé un minimum garanti de 500 000 €. En revanche, compte tenu du crédit d’impôt, du salaire du producteur et des frais généraux, Chi-Fou-Mi Productions avait probablement réussi à préserver sa rentabilité.
« Quelques mots d’amour », troisième long métrage réalisé par Rudi Rosenberg, a, selon Cinéfinances.info, un devis de 6,4 millions €, soit approximativement le devis moyen des films français de fiction sortis depuis le début de l’année. Mais, cette fois-ci, l’analyse de son plan de financement fait apparaître une situation particulièrement favorable pour son producteur délégué.
Un producteur délégué déjà bénéficiaire ? C’est ce que laisse penser l’examen des différents postes de financement du film, avant même sa sortie en salles.
Tout d’abord, les préachats des chaînes et plateformes (Canal+, Netflix et TF1) couvrent près de 50 % du devis. Mais surtout, le producteur délégué a trouvé trois coproducteurs qui ont investi des sommes supérieures à la sienne. Notamment Chapter 2 (Dimitri Rassam), qui a investi davantage que Chi-Fou-Mi Productions, ne percevra que 5 % des recettes, une fois que cette dernière aura récupéré son investissement.
Deux SOFICA non garanties ont également apporté des financements non négligeables. Enfin, StudioCanal et Ad Vitam se sont associés pour codistribuer le film, en versant un minimum garanti représentant plus de 10 % du financement.
Dans le plan de financement présenté, Chi-Fou-Mi Productions a bien investi du numéraire. Mais les frais généraux inscrits au devis représentent un montant supérieur à cet investissement. Et surtout, le crédit d’impôt constitue une ressource supplémentaire particulièrement avantageuse pour le producteur.
Un producteur délégué déjà bénéficiaire ? Au vu de ce montage financier, Chi-Fou-Mi Productions semble avoir assuré sa rentabilité avant même que le premier spectateur ait acheté son billet. Une illustration de l’importance que peut avoir, pour un producteur, la structure du financement d’un film, indépendamment de son succès commercial.
Chaque semaine, Cinéfinances.info publie le devis, le plan de financement et la répartition des recettes entre les partenaires de tous les films français qui sortent.
Vous pouvez aussi rechercher les interventions d’une chaîne, d’un distributeur, d’une SOFICA ou d’un vendeur international et découvrir quels films ils ont financé et à quelles conditions.
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