Partager l'article

L'édito de Serge
Serge Siritzki

L’ANIMATION, INDUSTRIE À RISQUE

Par Serge Siritzky

La France est l’un des grands producteurs mondiaux de films d’animation. C’est un genre coûteux puisque, selon Cinéfinances.info https://cinefinances.info le devis moyen des films d’animation français sortis depuis le début de l’année atteint 8 millions €, contre seulement 6,4 millions € pour les films de fiction. Sur l’ensemble de l’année dernière, ces montants étaient respectivement de 11,3 millions € et de 5,8 millions €.

Des risques partagés

L’animation est aussi un genre particulièrement ouvert à la coproduction internationale et, par conséquent, au partage des risques financiers. Ainsi, parmi les films d’animation français sortis cette année, plus des trois quarts sont des coproductions internationales.

Cette situation s’explique notamment par le rôle de notre voisin belge, lui aussi grand producteur de films d’animation, tout comme il est un acteur majeur de la création et de l’édition de bandes dessinées.

Mais, comme l’ensemble de la production et de la distribution cinématographiques, l’animation reste une industrie de prototypes, donc une industrie à risques. Chaque film est un pari dont le résultat commercial demeure incertain. Bien entendu, comme dans l’ensemble de la production et de la distribution cinématographique, les risques peuvent être limités par un financement approprié

Trois films, trois trajectoires

Trois films d’animation français sont actuellement à l’affiche et illustrent cette incertitude.

« Mochy », réalisé par Jérémy Degruson et Yanis Belaid, devrait approcher les 600 000 entrées à la fin de sa troisième semaine d’exploitation. https://siritz.com/cinescoop/166-me-pour-un-premier-film/Il s’agit d’une coproduction à 80 % belge et à 20 % française.

« Le Corset », réalisé par Louis Clichy, dispose d’un devis qui ne représente que 40 % de celui de « Mochy », mais sa production est française à 90 %. https://siritz.com/cinescoop/29-financements-pour-une-animation/ Il devrait, pour sa part, approcher les 400 000 entrées à la fin de sa troisième semaine.

En revanche, « Le Mystère de Lucy Lost », une production 100 % française réalisée par Olivier Clert et sortie ce mercredi, connaît un démarrage décevant. https://siritz.com/cinescoop/xilam-prend-tous-les-risques/Peut-être souffre-t-il de la concurrence des deux autres films d’animation, qui bénéficient d’un très bon bouche-à-oreille et occupent déjà le terrain. Face à une offre considérable il est logique que le public renforce la hiérarchie de ses choix.

Rien n’est jamais joué

Mais un mauvais démarrage ne condamne pas nécessairement un film. L’exemple de « De la bataille de Gaulle », qui avait connu un démarrage désastreux en juin dernier et qui est toujours à l’affiche, en témoigne. Comme le rappelle Éric Marti, le directeur général de RentrakFrance , aujourd’hui « certains films ont des jambes » https://en.wikipedia.org/wiki/Rentrak

L’animation est donc bien une industrie à risques, dans laquelle ni l’importance du devis, ni le partage des financements, ni même les résultats des premiers jours ne permettent de prédire avec certitude le succès ou l’échec d’un film.

© Copyright - Blog Siritz