16,6 M€ POUR UN PREMIER FILM
Pour son premier long métrage pour le cinéma, le réalisateur français Yanis Belaid a disposé, selon Cinéfinances.info, d’un budget prévisionnel de 16,6 millions d’euros. https://www.unifrance.org/annuaires/personne/447632/yanis-belaid. 16,6 M€ pour un premier film ? C’est effectivement le budget de «Mochy», qui est ainsi le plus élevé de tous les films d’animation français sortis depuis le début de l’année. https://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=1000013643.html
En réalité, ce film d’animation en 3D est une production belge dont la France n’est que coproductrice minoritaire, à hauteur de 20 %.
Le producteur délégué bruxellois, nWave Pictures (Éric Dillens), est un studio d’animation 3D fondé par Ben Stassen, spécialisé dans les films d’animation à gros budget (jusqu’à 70 millions de dollars), destinés au marché international, à l’image des productions des grands studios américains.

À la tête du studio nWave Picture, Éric Dillens produit des films d’animation à gros budget
Pour cette dernière production, nWave Pictures a commencé par acquérir « Yugly », un synopsis racontant l’histoire du « chien le plus moche du monde », écrit par trois Américains : Mark Hantoot, James Madio et Greg Brooker. Deux scénaristes ont ensuite développé le scénario, tandis que deux graphistes en ont conçu l’adaptation visuelle. La réalisation de l’ensemble a été confiée à Yanis Belaid qui n’avait jusque là réalisé que des court-métrages.
Un tiers investi à risque
En Belgique, nWave Pictures a trouvé 40 % de son financement grâce au tax shelter, auxquels se sont ajoutées de modestes aides publiques. La société a donc dû investir en numéraire, et par conséquent à risque, environ un tiers du financement belge.
Comme pour son précédent film, « Hopper et le Secret de la marmotte », réalisé par le Français Benjamin Mousquet et dont le budget dépassait 22 millions d’euros, nWave Pictures a monté une coproduction avec la France. Mais, cette fois, c’est la Belgique qui apporte 80 % du financement. https://fr.wikipedia.org/wiki/Hopper_et_le_Secret_de_la_marmotte
« Hopper et le Secret de la marmotte » avait rassemblé 850 000 spectateurs en France, où il avait donc constitué une excellente affaire.
SND, un partenaire essentiel
Comme pour « Hopper », SND prend en charge les ventes internationales, dont est censée provenir l’essentiel des recettes. Pour ce mandat, SND a versé un minimum garanti représentant 15 % du financement total du film.
Et, comme pour « Hopper », Octopolis (Matthieu Zeller) est le producteur délégué français, tandis que SND intervient également comme coproducteur. Rappelons que Matthieu Zeller est l’un des deux associés de Octopus production qui a produit « Les gendarmes ».https://siritz.com/cinescoop/un-risque-a-30-pour-les-producteurs/

Matthieu Zeller (Octopolis) est un producteur indépendant qui n’hésite pas à prendre des risques
Les partenaires français ont obtenu un petit soutien du département des Hauts-de-Seine, de modestes investissements de SOFICA et un préachat de Canal+.
SND apporte 40 % du financement français sous forme de minimum garanti pour la distribution en France, qu’il pourrait récupérer en partie grâce à une vente à une chaîne de télévision gratuite.
De son côté, Octopolis a de nouveau accepté de prendre un risque important puisqu’il a investi du soutien financier et du numéraire représentant, ensemble, plus de 30 % du financement français.
16,6 M€ pour un premier film ? Ce budget exceptionnel repose donc sur un montage financier dans lequel les producteurs belges et français ont accepté d’engager une part significative de leurs propres ressources, en misant notamment sur les recettes internationales.
À noter que, pour son premier week-end, le film d’animation 3D « Mochy », dont le budget est 16,6 millions € a rassemblé 70 000 entrées dans 558 salles contre 74 000 entrées dans 439 salles pour le film d’animation 2D « Le Corset », dont le budget est 6,3 millions €. https://siritz.com/cinescoop/29-financements-pour-une-animation/
Chaque semaine, Cinéfinances.info publie le devis, le plan de financement et la répartition des recettes entre les partenaires de tous les films français qui sortent.
Vous pouvez aussi rechercher les interventions d’une chaîne, d’un distributeur, d’une SOFICA ou d’un vendeur international et découvrir quels films ils ont financé et à quelles conditions.
Avec Cinéfinances Premium, vous retrouvez les films dont le budget est comparable à celui de votre projet : qui les a financés, pour quels montants et avec quelles contreparties.
Cinéfinances : 675 € HT/an — Premium : 1 550 € HT/an.








