D’AUTRES SOURCES DE FINANCEMENT POUR LES FILMS
Par Serge Siritzky
Comme on l’a vu, globalement, le cinéma a retrouvé son niveau d’avant Covid. Mais ça ne veut pas dire qu’il n’a pas changé.
Un public plus exigeant
D’une part, compte tenu de la multiplication des offres d’images et de contenus sur d’autres médias (plateformes, Youtube et réseaux sociaux) le public est devenu plus exigeant : pour qu’il se déplace pour le voir, le film vu en cinéma doit apporter une expérience unique que les autres médias ne peuvent apporter. Cela a un impact sur les distributeurs qui, à la suite de nombreux échecs cuisants sont devenus plus sélectifs.
La réussite de films à petit budget
Mais cela ne réduit pas la diversité des films possibles. Ainsi, un premier film de 2 réalisateurs , « De la comédie française », parce que son scénario et ses dialogues sont très drôles, parce que sa mise en scène et le jeu de ses acteurs sont époustouflants, est un véritable blockbusters avec un budget inférieur à 2,5 millions €. https://fr.wikipedia.org/wiki/De_la_Comédie-Française

De même, « Un grand raccourci », un premier long métrage de fiction, dont le budget est inférieur à …. 150 000€, a rassemblé des dizaines de milliers de spectateurs et s’avère une très bonne affaire pour son producteur et son distributeur, notamment parce que sa promotion a été innovante. https://siritz.com/cinescoop/instagram-fait-triompher-un-microbudget/

La baisse des financements
Mais il est clair que les sources de financement se sont taries pour les producteurs. Le chiffre d’affaire des chaînes en clair et les revenus des collectivités locales ont en effet diminué. Donc leurs investissements dans le cinéma. Quant aux ventes à l’étranger, la fréquentation cinématographique de la plupart des autres pays dépend avant tout des films américains. Or ceux-ci, jusqu’à cette année, ont fortement chuté. Seules les plateformes investissent un peu plus. Mais c’est marginal et leur programmation est moins diversifiée que celle des chaînes françaises.
D’autres sources de financement
Mais Cinefinances.info montre que des producteurs ont commencé à réagir en développant d’autres sources de financement. Car le prestige du cinéma, c’est à dire des films destinés aux salles de cinéma, est énorme. Le placement de produits est la plus traditionnelle de ces autres sources de revenu. Mais aujourd’hui sa force peut être décuplée par les réseaux sociaux. Et d’autres sources de financement apparaissent parce que le cinéma est une carte de visite de grande valeur pour les entreprises et les institutions.
La production de grands films étrangers
De même, la coproduction a toujours été une source de financement importante pour les producteurs français. Mais certains de nos producteurs ne se contentent pas d’être des coproducteurs. Ainsi, c’est un producteur français qui a produit en apportant 80% du financement le film « Un simple accident », tourné en Iran par un réalisateur iranien, Palme d’or du Festival de Cannes et lauréat des Oscars et des Golden Globes en 2025.https://fr.wikipedia.org/wiki/Un_simple_accident
Cette année, c’est de nouveau un producteur français qui est le principal producteur de la Palme d’or, « Fjord », tourné en Norvège par un réalisateur roumain et qui vient de très bien démarrer en France.https://fr.wikipedia.org/wiki/Fjord_(film)

Donc, comme l’ensemble de l’économie à l’âge du numérique, le marché du cinéma change. Mais le cinéma français reste une industrie puissante. Il y a d’autres sources de financement pour les films . Et ils disposent de puissants moyens de promotion que l’on commence seulement à savoir utiliser.