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Le groupe UGC vient d’annoncer le lancement de plusieurs nouvelles cartes d’abonnement. L’une d’elle sera même en partenariat avec la chaîne Canal+. C’est peut-être une nouvelle étape importante de l’histoire du cinema en France, comme l’ont été le lancement par Pathé en 1993 des premiers multiplex français ou le lancement par UGC en 2000 de la première carte d’abonnement.

Car, aujourd’hui, le monde de l’audiovisuel, dont le cinéma est une composante, doit impérativement vivre à l’heure du numérique. Il y a des librairies partout dans le monde, mais Amazon est devenu le premier distributeur de livres du monde. Et, en France, le groupe des magasins de la FNAC vend  ses livres et ses produits électroniques par son site internet. Même chose pour la musique dont le premier distributeur est la plate-forme Spotify. Les chaînes de télévision continuent leur programmation linéaire. Mais, pour contrer la formidable concurrence de Netflix et des services de S-Vod mondiaux,  elles ont développé une offre en replay accessible par la box, puis une offre spécifique, beaucoup plus large et non linéaire,   accessible par internet.

Dans son remarquable livre, « Le nouveau monde des médias-une urgence démocratique », Nathalie Sonnac rappelle que les GAFA gonflent leurs audiences grâce à l’intelligence artificielle qui leur permet de connaître dans le détail les goûts et les habitudes de leurs clients et de leur proposer des contenus correspondant à ceux-ci. Cette même intelligence artificielle leur permet d’augmenter la performance, et donc les tarifs, de leurs publicités, en les ciblant sur les consommateurs qu’elles doivent intéresser. En fait, leurs fichiers d’utilisateurs et d’abonnés, dont elles connaissent parfaitement les goûts, les habitudes et les profils, sont un véritable capital et une source de revenus de plus en plus importants. https://www.odilejacob.fr/catalogue/sciences-humaines/sciences-politiques/nouveau-monde-des-medias_9782415005603.php

Le rapport Lasserre : « Le cinéma à la recherche de nouveaux équilibres » consacre un chapitre aux cartes d’abonnement. https://www.cnc.fr/cinema/etudes-et-rapports/rapport/rapport-de-bruno-lasserre—le-cinema-a-la-recherche-de-nouveaux-equilibres—relancer-des-outils-repenser-la-regulation_1928729 Il note qu’en 2017 elles généraient 7% de la fréquentation. Cela doit être sensiblement plus pour la fréquentation des groupes qui ont leur carte (UGC et Pathé). Et, contrairement à ce que certains craignaient avant, elles contribuent à la diversité de l’offre et aux films « fragiles », car le détenteur de la carte peut prendre le « risque » d’aller les voir, puisque cela ne lui coûte rien. Par ailleurs, phénomène social capital, l’abonnement tend à se développer au sein de nos sociétés, puisqu’il permet à chacun de maitriser son budget. C’est encore plus vrai pour les jeunes. Ainsi, si, en 2022 l’abonnement mensuel lié aux loisirs est en moyenne de 41€, il est de 63 € chez les 18-25 ans.

C’est pourquoi plusieurs des nouvelles cartes lancées par UGC, et notamment celle qui offre en même temps l’accès à toutes les séances chez UGC et l’abonnement à Canal+, vise ces jeunes (25,95 € par mois). Car les jeunes ont de moins en moins tendance à aller au cinéma et â regarder la télévision.

Certaines des nouvelles cartes permettront aussi l’accès aux séances de Viva l’Opéra. UGC va expérimenter une carte visant les familles(4 personnes) ou permettant d’inviter une personne à tarif réduit. Il y aura aussi une carte individuelle moins cher parce que permettant d’aller au cinéma uniquement en semaine ou le week-end. Car il est clair aujourd’hui que beaucoup de commerces se rendent compte que les Français ont un vrai problème de pouvoir d’achat. D’ailleurs, dans le Parisien de jeudi, Samuel Loiseau, le directeur général des opérations cinéma d’UGC, expliquait que seuls 20% des spectateurs d’UGC paient le tarif plein.

Bien entendu ce système d’abonnement permet de connaitre les goûts et les habitudes de ces clients, ce qui, comme pour les GAFA, constitue en soit un véritable capital et peut générer des revenus supplémentaires. C’est pourquoi le cinéma est entré dans une nouvelle ère.

POUR LA RÉALISATION DE « WAHOU !»

C’est le 10ème film qu’il a réalisé alors qu’il est aussi scénariste et comédien. https://fr.wikipedia.org/wiki/Bruno_Podalydès

Cinéfinances.info* a fourni les données financières de cet article.

Il est produit par Why not Productions (Pascal Caucheteux) pour un budget prévisionnel de 1,2 millions €. C’est le tiers du budget médian des films français de fiction sortis depuis le début de l’année. https://siritz.com/financine/pathe-et-boon-explosent-les-barometres/

Pour la préparation, 22 jours de tournage et la post-production la rémunération du réalisateur est de 10 000 €, répartie en part égale entre à valoir sur droits d’auteur et salaire de technicien. C’est très modeste puisqu’égal à 12,5% de la rémunération médiane des réalisateurs de ces films. Il a écrit le scénario pour 5 000 €. C’est 5% de la rémunération médiane des scénarios de ces films. Les deux rôles principaux, dont lui, ont reçu40 000 €. C’est moins de la moitié de la rémunération médiane des principaux rôles de ces films.

Le film a été préacheté par Canal+ et OCS. UGC a le mandat de distribution en salle sans minimum garanti.

Le précédent film de Bruno Podaydes était « Les 2 Alfred », sorti le 16 juin 2021. https://siritz.com/cinescoop/la-remuneration-de-bruno-podalydes/ Il était  également produit par Why not Productions pour un budget prévisionnel de 3,9 millions €.

Pour la préparation, 30 jours de tournage et la post-production la rémunération du réalisateur était de 100 000 €, répartie en part égale entre à valoir sur droits d’auteur et salaire de technicien. Il avait écrit le scénario pour 150 000 €. Sandrine Kiberlain et lui occupaient les premiers rôles en plus de son frère Denis. Ils avaient reçu 302 000 €. Le film était déjà préacheté par Canal+ et OCS. UGC était le distributeur sans minimum garanti.Le film avait rassemblé 401 000 spectateurs.

www.Cinefinances.info est un site, accessible par abonnement, destiné aux professionnels du cinéma.  Il publie budget, le plan de financement et la répartition des recettes prévisionnels de tous les films français qui sortent (hors les films « sauvages » qui ne déposent pas leurs contrats au registre public et ne demandent donc pas l’agrément qui leur permettrait d’accéder à l’aide du CNC). Il s’agit des chiffres de l’agrément d’investissement sur la base duquel le producteur a monté son financement. Il dispose d’archives des films sortis depuis 2010 et d’un puissant moteur de recherche, avec de multiples critères.