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L'édito de Serge
Serge Siritzki

ACCORD ENTRE CANAL+ ET LE CINÉMA

Par Serge Siritzky

MAIS PASCAL ROGARD (SACD) DÉSAPPROUVE

Donc les professionnels français du cinémas ont obtenu gain de cause dans leur bras de fer avec Canal+.

Les « révélations » publiées par le Figaro étaient finalement un coup de bluff de la chaîne pour obtenir le meilleur accord possible. https://siritz.com/editorial/la-vraie-bataille-des-programmes/Par ailleurs la stratégie de la chaîne se dessine. Plutôt que d’essayer de rivaliser avec les plateformes sur le terrain des séries, elle joue la carte des films français, tout en restant une chaîne généraliste, se reposant notamment sur le sport.

Sans doute espère-elle que My Canal, en plus de Netflix, diffusera d’autres plateformes, comme Disney +, puis HBO max.
Canal+ et ses filiales augmente son investissement  dans la production de films français de 160 à 200 millions € par an. Et c’est un volume forfaitaire, sans  référence au chiffre d’affaires de la chaîne. Elle pourrait donc se scinder en deux chaînes pour résister aux plateformes sans que cela ne pose un problème au cinéma.

Canal + obtient gain de cause en avançant sa fenêtre de 8 à 6 mois et, surtout, en repoussant celle des plateformes à 15 mois. Si les plateformes descendaient à 12 mois l’apport de Canal+ serait réduit de 30 à 50 millions €.

Enfin, Canal + acquiert la possibilité d’être coproducteur de certains films. De même Canal + a obtenu que chaque chaîne en clair ne puisse pas diffuser simultanément plus de 10 films sur son service en replay pour ne pas être trop attractif par rapport â la chaîne â péage.

Même des exploitants seront perdants

Il semble probable que les professionnels du cinémas français, dans leurs négociations à venir avec les plateformes, répondront aux souhaits de la chaine à péage qu’ils ont maintenu comme le principal partenaire.

Le seul à marquer son désaccord est Pascal Rogard, le directeur général de la SACD qui affirme : « Cet accord c’est celui d’un accord qui ferme le marché. » Il fait en effet remarquer que le cinéma se met entièrement sous la dépendance d’un seul diffuseur qui, inévitablement, refusera de diffuser certains films parce que trop risqués à ses yeux. En outre,  même les exploitants seront perdants, car des films à budget « moyen » que Canal + refusera d’acheter iront directement sur une plateforme.

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