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PARI GAGNÉ POUR LE CINÉMA

Fin janvier les organisations professionnelles du cinéma (Blic, Bloc et Arp) ont signé un accord avec le S-vod Disney+, augmentant la participation . de celui-ci au financement des films français de 17 à 38 millions par an, pendant l es trois prochaines années. En contrepartie, Disney + pourra diffuser tous ses films (y compris évidemment les films Disney) 9 mois après leur sortie en salle au lieu de 17 mois. HTTPS://siritz.com/editorial/accord/audacieux-mais-risque-avec-disney .
Évidemment, le groupe Canal+, qui est, de loin la principale source de financement des films français, avec 220 millions€ par an, à travers ses trois chaînes à péage (Canal+, Ciné + et Orange) manifestait sa colère. Car il n’avait plus que 3 mois d’avance dans la chronologie de diffusion des films pour un apport 5,7 fois supérieur. Il menaçait de faire subir au cinéma français le sort qu’avait subi la Ligue française de foot-ball quand elle lui avait été infidèle, ce qui l’avait conduit à la grave situation financière dans laquelle elle se trouve aujourd’hui. On parlait d’une réduction de 50% de son apport à l’occasion de l’actuel renouvellement de son accord avec le cinéma.
Les professionnels du cinéma français estimaient qu’il n’en serait rien et leur objectif était, en augmentant l’apport des plate-formes américaines, de moins dépendre d’un seul partenaire.
Finalement ils ont eu raison. Pari gagné pour le cinéma : Canal + estime que le cinéma, et notamment le cinéma français, est un élément essentiel de son ADN. Le groupe, qui conserve sa première place dans la chronologie des médias, vient certes de réduire son apport annuel pour 3 ans à 160 millions par an. Mais le cinéma français estime que ce recul sera en grande partie compensé par l’augmentation des apports des S-vod : déjà 19 millions par Disney +, puis, sans doute des montants du même ordre par Netflix et Prime vidéo (Amazon). En contrepartie, dans les diffuseurs à péage, les producteurs auront désormais quatre sources de financement potentiels.
A noter que Disney + a augmenté son préfinancement des séries françaises dans les mêmes proportions que celui des films. Or les producteurs et créateurs des films français sont aussi ceux de nombreuses séries françaises. En revanche l’apport des chaînes gratuites (coproduction et pré-achat) va sans doute diminuer du fait de la réduction de la subvention de l’État à France télévisions et de celle des ressources publicitaires des chaînes, du fait de la concurrence des réseaux sociaux.