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Les résultats actuels de la fréquentation confirment que si le cinéma en salle est engagé dans une redoutable bataille de l’attention https://siritz.com/editorial/le-cinema-peut-gagner-la-bataille-de-lattention/, il est capable de la gagner. En effet, depuis la mi-décembre se succèdent les sorties de films millionnaires et même des films multimillionnaires en entrées. Et, parmi eux, plusieurs films français. Or, comme on l’a vu, ces films millionnaires en entrées sont indispensables pour que le cinéma en France conserve son équilibre économiq https://siritz.com/editorial/des-raisons-detre-optimiste-pour-le-cinema/
Nouveaux talents : une trajectoire pas un coup
Mais, lors des Rendez-vous de la FNEF le 20 janvier, les distributeurs ont également rappelé qu’une des forces du cinéma en France c’est sa capacité à constamment découvrir de nouveaux talents en lançant des premiers films qui assurent un renouvellement des imaginaires, des récits et des générations. Certes, un premier film est rarement un succès immédiat. Mais c’est le cas de toute la recherche dans les domaines scientifiques ou économiques. L’investissement public et privé sur ces types de films finance une trajectoire, pas un coup. De très nombreux grand auteurs, mondialement reconnus (Pedro Almodivar, Damien Chanelle, Denis Villeneuve, Jeff Nicolas, Abdelkatif Jechuche, Cholé Zhao ou Yorgos Lanthimos) ont commencé chez des distributeurs indépendants, avec des résultats parfois confidentiels. Trois de ces distributeurs indépendants ont décrit leur travail de laboratoire de recherche.
L’exemple de Paname, Tandem et KMBO
Ainsi, Paname (5 personnes et 480 000 entrées en 2025) développe un regard affirmé autour des récits féminins, en accompagnant de nombreuses réalisatrices et des personnages féminins forts. En 2025 il a sorti « L’épreuve du feu », le premier long métrage d’Aurélien Peyre (1,9 millions € de budget prévisionnel). https://fr.wikipedia.org/wiki/L%27Épreuve_du_feu_(film,_2025)Un film porté par des personnages dans lesquels les jeunes spectateurs peuvent se reconnaître. Il a choisi de le sortir le 13 août « hors saturation cannoise ». Son MG était 50 000 € et ses frais d’édition 200 000 €. Le film a rassemblé 130 000 spectateurs et a donc été une très bonne affaire pour le distributeur.
Tandem (10 personnes, 1 million d’entrées en 2025) a démontré qu’un film de genre français pouvait être attractif pour un public habitué aux productions américains. En effet, « Vermines », réalisé par Sébastien Vanicek, est un film d’horreur, genre historiquement difficile en France (5 millions € de budget prévisionnel). https://fr.wikipedia.org/wiki/VerminesTandem a mis en œuvre un marketing viral et événementiel. Il a choisi la contre-programmation en sortant à Noël. Le MG était élevé : 400 000 €. Tout comme les frais d’éditions : 450 000€. Le film a rassemblé 300 000 spectateurs.
Enfin KMBO (15 personnes, 2,8 millions d’entrées en 2025) à structuré un travail de fond auprés du jeune public (séances scolaires, prix cinéma des écoles, Little Films Festival). Avec « Le visiteur du futur » (4,6 millions € de budget prévisionnel) un film de science -fiction, qui est le premier long métrage de François Descrables, il a visé à élargir le marché en touchent les 15-25 ans non cinéphile. https://fr.wikipedia.org/wiki/VerminesÀ cette fin il a choisi de sortir le 7 septembre, donc hors vacances scolaires. Mai il a effectué en août 79 avant-premières avec une tournée de l’équipe. Il n’avait pas donné de MG, mais ses frais d’édition étaient de 550 000€ et le film est sorti sur 490 copies. Il a rassemblé 330 000 spectateurs et, là encore, ce fut une bonne affaire.
C’est dans le constant renouvellement du cinéma français, celui de ses oeuvres et de ses talents comme celui de ses entrepreneurs, que réside sa force et les raisons d’être optimiste.
A l’occasion du Rendez-vous de la FNEF qui a eu lieu le 20 janvier https://siritz.com/editorial/le-cinema-peut-gagner-la-bataille-de-lattention/, Olivier Snanoudj ( le PDG de Warner Bros Discovery) et Éric Marti (Comscore Movies) ont souligné plusieurs données qui permettent d’espérer que le cinéma en France, malgré ses très mauvaise résultas de 2025, n’est pas entré dans une  crise irréversible et qu’il peut retrouver les 200 millions d’entrées annuelles qui sont nécessaires à sa bonne santé économique. Ils présenté les raisons d’être optimiste pour le cinéma.
Ainsi, si la fréquentation n’a pas retrouvé les niveaux d’avant Covid, c’est dû en premier lieu au cinéma américain qui a sorti moins de films, du fait de la grève des comédiens et des scénaristes ainsi que de la disparition d’un studio. Néanmoins, en 2024, ce recul du cinéma américain a été en parti compensé par les résultats exceptionnels des films français (plus de 80 millions d’entrées au lieu d’un peu plus de 70 millions chaque année avant Covid). Leur part de marché a ainsi approché les 45% contre, en moyenne,  un peu plus de 35% avant Covid. Malheureusement, en 2025 les films français ont déçus, comme les films américains et retrouvé leur part de marché d’avant Covid. En revanche, en 2025 les films recommandés Art et Essai ont atteint 45 millions d’entrées, soit une part de marché record depuis 2019 : 28,6%.
Écart record entre  semaine la plus basse et semaine la plus haute
Les deux intervenants partagent l’analyse de tous les professionnels  selon laquelle « les spectateurs ne vont plus au cinéma mais vont voir un film ». Un exemple illustre cette analyse :  la semaine du 3 septembre à été la plus faible enregistrée depuis janvier 2018 avec à peine 1,37 millions d’entrées. Au contraire, 2025 se clôt sur les deux plus fortes semaines de fréquentation depuis décembre 2018, avec, pour chacune plus de 6 millions d’entrées hebdomadaires. L’année 2025 affiche ainsi un coefficient record entre la plus basse et la plus haute fréquentation hebdomadaire.
C’est Olivier Snanoudj et Éric Marti qui avaient démontré que si les spectateurs allaient  entre une demi-fois et une fois de plus au cinéma dans l’année, les 200 millions de spectateurs par an seraient dépassés :
Autre preuve que la fréquentation peut retrouver les niveaux d’avant Covid : elle a atteint ou dépassé les niveaux pré-Covid 21 fois en 2025 et 34 fois en 2024 : quand l’offre est là, le public est autant disponible qu’avant. Ce que confirme les remarquable résultats de fréquentation depuis la mi-décembre. Résultats qui se poursuivent les trois premières semaines de janvier et, compte tenu des films programmés, devraient se poursuivre en février. Le cinéma reste bien un loisir privilégié des français.  Donc le cinéma peut retrouver ses niveaux d’avant-Covid.
Le rendez-vous annuel de la FNEF qui a eu lieu mardi dernier au cinéma Panthéon a été l’un des temps forts de la vie cinématographique française. En une matinée les éditeurs de films ont abordé de manière approfondie tous les défis auxquels le cinéma est confronté. Les résultats de l’année 2025 ont été particulièrement mauvais, mais depuis une mois ils sont exceptionnellement bons.
Le cinéma est engagé dans la bataille de l’attention
Les éditeurs sont unanimes à reconnaître que, depuis le Covid, leur industrie livre une nouvelle bataille, celle de l’attention, et qu’elle la mène essentiellement contre l’i-phone. Il est clair que le public ne va plus au cinéma, il va voir un film. Victor Hadida, le président de la FNEF a rappelé que le cinéma est une industrie de prototypes. Aux yeux de Gaëtan Bruel, le président du CNC, la distribution est le secteur le plus risqué du cinéma. C’est dans cette optique qu’il a déplafonné le soutien automatique, afin que les pertes générées par les échecs inévitables aient plus de chances d’êtres compensées par les bénéfices générés par les succès. En contrepartie l’aide sélective a été également réformée afin de dissuader les distributeurs de prendre des risque inconsidérés. Le distributeur est le premier partenaire sollicité par le producteur parce que c’est sa participation qui va déclencher celle des autres sources de financement.
En 2024 l’Observatoire de la distribution a dénombré plus de 160 sociétés de distribution. 10 d’entre elles ont rassemblé 3/4 des recettes. Mais la moitié d’entre elles ont eu un compte d’exploitation équilibré ou bénéficiaire. Et si la fréquentation n’avait pas encore retrouvé les niveaux d’avant Covid, c’est essentiellement dûs aux résultats du cinéma américains. Au contraire ce  fut une très bonne année pour les films français.
La force du cinéma c’est sa singularité
Face à l’explosion d’offre d’images sur les plateformes mais surtout sur l’i-phone, la force du cinéma c’est sa singularité. Cette singularité est sa raison d’être. Or Olivier Snanoudj (Warner France) et Rémi Marti (Comscore) ont souligné qu’en 2025 les 16 films en tête des audiences appartenaient soit à des franchises soit à des marques. Il fallait attendre le 17 ème, « Moi, ma mère et Sylvie Vartan », pour trouver un film « singulier ». Par ailleurs, ils ont noté qu’en 2025 la fréquentation a chuté de 14,6% par rapport à 2024. Mais sur les 10 premiers films la chute n’est que de 2,4% et sur les 50 premiers elle n’est que de 0,1%. Donc, c’est sur les 700 autres que porte l’essenteil de la chute.
Christophe Courtois (SND) a souligné que chaque français consomme 4 23′ de vidéo par jour et 4h50′ de consommation cinéma par an. La consommation cinéma n’est donc qu’une goute d’eau. C’est dire qu’il suffit d’une augmentation infinétisimale de sa consommation pour que la fréquentation revienne à plus de 200 millions de spectateurs : 1 film de plus pan an pour les spectateurs assidus (qui vont 35 fois par an au cinéma) et un demi film par an pour les réguliers ( un film par mois) et les occasionnels (moins d’un film par mois) amènerait à 203 millions d’entrées. Face à la concurrence de l’i-phone le cinéma bénéficie d’avantages compétitifs : la consommation collective (76% ont été accompagnés lors de leur première séance), l’immersion ( 83% considèrent la salle comme le meilleur endroit pour voir un film), l’animation culturelle (35% ont participé à une animation en salle).
Sylvain Berthier(Vertigo, la société d’étude qui interroge 20 000 spectateurs par semaine) affirme que, contrairement à une idée reçue, les jeunes ne vont pas moins au cinéma qu’avant. Ce sont d’ailleurs eux qui font l’essentiel de la fréquentation des blockbusters. En revanche, en 2025, les +60 ans ont été moins au cinéma.
Ariane Toscan du Plantier (Gaumont) a révélé que son groupe va désormais investir dans moins de films (8 par an), mais investir plus dans chaque film. À ses yeux la publicité digitale est primordiale parce qu’elle permet de s’adapter plus vite aux réaction du public. Or cette réactivité est indispensable, d’autant plus que seuls 9% des spectateurs ont entendu parler des films qui vont sortir la semaine suivante.
La nécessaire révolution de l’accès à la data spectateur et séance
Pour que le cinéma puisse s’adapter à ce nouveau marché les distributeurs proposent de profondes modifications de leur modèle économique. Tout d’abord les dépenses publicitaires devraient être incluses dans le coût du film lors de l’agrément. Cela devrait notamment permettre à ces dépenses de bénéficier du crédit d’impôt. Par ailleurs, compte tenu de l’économie des distributeurs, leurs investissements publicitaires sont en forte baisse : 518 millions € en 2019 et seulement 365 millions en 2024 (-30%). Les éditeurs regrettent que la plus grande partie de ce budget 30%) serve à payer les bandes annonce dans les salles alors qu’auparavant cette diffusion était gratuite. Car, pour augmenter la fréquentation ils doivent attirer l’attention de ceux qui passent leur temps sur leur i-phone. Et pour être plus efficaces les éditeurs devraient avoir un accès à la data spectateur pour un usage massif dans leur communication vers les plate-formes et les réseaux. Le distributeur doit avoir en instantané la réalité des séances et de la fréquentation pour réagir par des communications ciblées. Les exploitants doivent s’engager dans cette révolution de la data.
S’il sait jouer de sa singularité, de ses avantages compétitifs et mettre en oeuvre ses data le cinéma peut gagner la bataille de l’attention.