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Pour la deuxième année consécutive, la Palme d’or du Festival de Cannes est attribuée à un film étranger coproduit par la France. Et, comme le montrent les chiffres de Cinéfinances.info, pour un producteur français, co-produire une Palme d’or peut se révéler une excellente affaire. « Fjord » est de nouveau  une Palme d’or d’or  très rentable.

« Un simple accident », financé à 80% par la France

L’année dernière, Un simple accident, le film iranien de Jafar Panahi, avait été tourné clandestinement en Iran. Le cinéaste avait déjà remporté le Lion d’or à Venise et l’Ours d’or à Berlin. https://fr.wikipedia.org/wiki/Un_simple_accident

Selon Cinéfinances.info le film n’avait qu’un budget de 1 million d’euros et 80 % de son financement était apporté par la France, le réalisateur et le Luxembourg apportant le solde. Cela avait permis au producteur délégué français, Philippe Martin (Les Films Pelléas), d’avoir très peu à investir dès le montage de l’opération. En effet, grâce à la coproduction de Pio & Co (Sandrine Dumas), à l’Aide aux cinémas du monde du CNC et, surtout, aux minima garantis de Memento pour la France et de MK2 pour l’étranger, il avait quasiment couvert son investissement.

Sorti dans la foulée du Festival de Cannes, le film avait rassemblé 700 000 spectateurs, ce qui avait déjà rendu l’opération très rentable pour les producteurs et le distributeur français. Mais, en outre, le film a été acheté par Canal+ et Arte, ce qui devrait accroître encore sensiblement le bénéfice des producteurs.

Pour les abonnés de Cinéfinances.info Premium, quatre autres films sortis l’année dernière avaient un budget équivalent. L’un était un documentaire et deux étaient des coproductions. Dans tous les cas, l’investissement annoncé du producteur délégué n’avait pas dépassé quelques dizaines de milliers d’euros. Mais ces films n’avaient rassemblé qu’entre 263 et 31 000 spectateurs.

« Fjord », corrodait par 5 pays dont la France

Le budget de la Palme d’or de cette année, Fjord, est beaucoup plus élevé. https://fr.wikipedia.org/wiki/Fjord_(film) Selon Cinéfinances.info Premium, il est supérieur de 10 % au budget moyen des films français sortis en 2026.

Le producteur délégué est le roumain Mobra Films et le film, tourné en Norvège, est une coproduction entre la Roumanie, la Norvège, la Suède, le Danemark et la France. Le coproducteur français, Why Not Productions (Pascal Caucheteux), a apporté 21 % du financement.

« Fjord » est une excellent affaire pour son producteur français, Pascal Caucheteux

Rappelons que Why Not Productions est notamment le producteur d’Emilia Pérez, le film de Jacques Audiard qui a obtenu de nombreuses nominations aux Oscars et aux Golden Globes et rassemblé près de 1,3 million de spectateurs en France. https://siritz.com/cinescoop/un-cinema-veritablement-transgenre/

Cristian Mungiu, le réalisateur roumain de Fjord, avait déjà remporté la Palme d’or en 2007 avec 4 mois, 3 semaines, 2 jours. Distribué en France par Bac Films, le film avait rassemblé 330 000 spectateurs.

Pour financer sa participation à Fjord, Why Not Productions a d’abord obtenu un minimum garanti du Pacte. Le film a également été coproduit par France 3 Cinéma et préacheté par France Télévisions. À ce stade, selon Cinéfinances.info, l’investissement du producteur français semblait encore atteindre environ un demi-million d’euros.

Mais Goodfellas a ensuite acquis le mandat de ventes internationales et les ventes à l’étranger de cette Palme d’or devraient être conséquentes. Par ailleurs, Canal+ a finalement acheté le film. L’investissement restant à la charge du producteur français devient donc quasiment nul.

Le Pacte a choisi de sortir Fjord le 19 août, en plein été. Un choix qui n’est peut-être pas aussi audacieux qu’il y paraît : les résultats des blockbusters américains et des deux films sur de Gaulle tout au long de l’été montrent que le public est plus présent que jamais à cette période. Et le triomphe de De la Comédie-Française montre qu’il ne se déplace pas seulement pour les films à gros budget.

Pour son premier week-end « Fjord” a déjà cumulé 137 000 entrées. C’est moins que « Un simple accident » qu’vait  atteint 184 000 entrées pour finir à 700 000 entrées. « Mais « Fjord » dure plus de 2 heures et a moins de séance. Et ses critiques comme son bouche à oreille sont excellent. En tout cas c’est de toute façon c’est déjà une très bonne affaire pour ses producteurs et ses distributeurs.

Pour un coproducteur français, un film qui a la chance de décrocher la Palme d’or peut donc cumuler deux avantages : un risque financier très limité et un potentiel de recettes considérablement accru par le prix cannois.

Comme on le voit, « Fjord » apparait de nouveau une Palme d’or très rentable pour son producteur et son distributeur français. Et c’est un nouvel exemple des opportunités que donne aux producteurs français le poids de notre cinéma  pour produire les films des plus grands réalisateurs du monde. https://siritz.com/editorial/dautres-sources-de-financement-pour-les-films/

Chaque semaine, Cinefinances.info (https://cinefinances.info) le plan de financement et la répartition des recettes entre les partenaires de tous les films français qui sortent.

Vous pouvez aussi rechercher les interventions d’une chaîne, d’un distributeur, d’une SOFICA ou d’un vendeur international et voir quels films ils ont financé et à quelles conditions.

Avec Cinefinances Premium, vous retrouvez les films de budget comparable à celui de votre projet : qui les a financés, pour quels montants et avec quelles contreparties.

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Comme on l’a vu, globalement, le cinéma a retrouvé son niveau d’avant Covid. Mais ça ne veut pas dire qu’il n’a pas changé.

Un public plus exigeant

D’une part, compte tenu de la multiplication des offres d’images et de contenus sur d’autres médias (plateformes, Youtube et réseaux sociaux) le public est devenu plus exigeant : pour qu’il se déplace pour le voir, le film vu en cinéma doit apporter une expérience unique que les autres médias ne peuvent apporter. Cela a un impact sur les distributeurs qui, à la suite de nombreux échecs cuisants sont devenus plus sélectifs.

La réussite de films à petit budget

Mais cela ne réduit pas la diversité des films possibles. Ainsi, un premier film de 2 réalisateurs , « De la comédie française », parce que son scénario et ses dialogues sont très drôles, parce que sa mise en scène et le jeu de ses acteurs sont époustouflants, est un véritable blockbusters avec un budget inférieur à 2,5 millions €. https://fr.wikipedia.org/wiki/De_la_Comédie-Française

De même, « Un grand raccourci », un premier long métrage de fiction, dont le budget est inférieur à …. 150 000€, a rassemblé des dizaines de milliers de spectateurs et s’avère une très bonne affaire pour son producteur et son distributeur, notamment parce que sa promotion a été innovante. https://siritz.com/cinescoop/instagram-fait-triompher-un-microbudget/

La baisse des financements

Mais il est clair que les sources de financement se sont taries pour les producteurs. Le chiffre d’affaire des chaînes en clair et les revenus des collectivités locales ont en effet diminué. Donc leurs investissements dans le cinéma. Quant aux ventes à l’étranger, la fréquentation cinématographique de la plupart des autres pays dépend avant tout des films américains. Or ceux-ci, jusqu’à cette année, ont fortement chuté. Seules les plateformes investissent un peu plus. Mais c’est marginal et leur programmation est moins diversifiée que celle des chaînes françaises.

D’autres sources de financement

Mais Cinefinances.info montre que des producteurs ont commencé à réagir en développant d’autres sources de financement. Car le prestige du cinéma, c’est à dire des films destinés aux salles de cinéma, est énorme. Le placement de produits est la plus traditionnelle de ces autres sources de revenu. Mais aujourd’hui sa force peut être décuplée par les réseaux sociaux. Et d’autres sources de financement apparaissent parce que le cinéma est une carte de visite de grande valeur pour les entreprises et les institutions.

La production de grands films étrangers

De même, la coproduction a toujours été une source de financement importante pour les producteurs français. Mais certains de nos producteurs ne se contentent pas d’être des coproducteurs. Ainsi, c’est un producteur français qui a produit en apportant 80% du financement le film « Un simple accident », tourné en Iran par un réalisateur iranien, Palme d’or du Festival de Cannes et lauréat des Oscars et des Golden Globes en 2025.https://fr.wikipedia.org/wiki/Un_simple_accident

Cette année, c’est un producteur français qui est le principal co-producteur du producteur délégué roumain de la Palme d’or, « Fjord », tourné en Norvège par un réalisateur roumain et qui vient de très bien démarrer en France.https://fr.wikipedia.org/wiki/Fjord_(film)

Donc, comme l’ensemble de l’économie à l’âge du numérique, le marché du cinéma change. Mais le cinéma français reste une industrie puissante. Il y a d’autres sources de financement pour les films . Et ils disposent de puissants moyens de promotion que l’on commence seulement à savoir utiliser.

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