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L'édito de Serge
Serge Siritzki

LES SALLES DE CINEMA EN GRAND PERIL

Par Serge Siritzky

Sans doute parce qu’une grande partie des français ont peur

Les  résultats du box-office Paris et France inclinent au plus grand pessimisme concernant le cinéma. Certes, la première semaine de « Tenet », avec un peu plus de 950 000 entrées, avant-premières incluses, était très encourageante. Mais malgré la sortie de ce blockbuster, la fréquentation n’a été que de 2,374 millions d’entrées, soit 14% de moins que celle de l’année dernière où ne sortait que « La vie scolaire » et ses 485 000 entrées en première semaine. https://siritz.com/editorial/semaine-decisive-pour-le-cinema/

Et la semaine suivante, celle qui est en cours, « Tenet » a fortement chuté et « Police », qui était très attendu par les exploitants et qui a été très bien accueilli par la critique, ne réalise pas, et de loin, les entrées  qu’il aurait du réaliser.  De ce fait,  la fréquentation globale a chuté fortement, d’un tiers par rapport à la semaine précédente et de 40% par rapport à la semaine équivalente de l’année dernière. Pour la majorité, sinon la quasi totalité, des exploitants,  ces résultats ne permettent pas d’équilibrer leurs comptes. Cela fait 6 mois qu’il en est ainsi.

Certes, la chute de « Tenet » s’explique sans doute parce que le bouche à oreille  dit que le film est spectaculaire mais que l’on n’y comprend absolument rien. De quoi en refroidir plus d’un. Les mauvaises performances de « Police » s’expliquent peut-être par le fait que, dans le contexte économique et social actuel,  les spectateurs veulent aller au cinéma  pour rire. La preuve en est que « Effacer l’historique » a démarré avec 256 000 entrées, que « Les blagues de Toto » en sont à 730 000 entrées et « Divorce club » à plus de 600 000 entrées. Peut-être aussi que, maintenant que la télévision propose des séries policières de très grande qualité comme « Engrenage », le spectateur  de cinéma y cherche autre chose.

En-dessous du point mort

Mais, si les salles continuent à vivre en-dessous de leur point mort dans les mois qui viennent,  l’ensemble du cinéma français est en danger, puisqu’il n’y a pas de cinéma sans salles.

Cette situation s’explique sans doute parce qu’une grande partie des français ont peur.

https://www.lejdd.fr/Societe/Sante/exclusif-coronavirus-un-francais-sur-deux-a-toujours-peur-pour-sa-sante-3988409

Ainsi, le public assidu et régulier du cinéma, a peur d’aller au cinéma. Il ira voir un film qu’il a très envie de voir, ce qui était le cas de « Tenet », mais il hésitera à aller au cinéma pour voir un film « qui semble pas mal ». Cette peur est  celle qui explique l’envolée de l’épargne des français, qui est une épargne de précaution. La peur est due à la fois à la crise sanitaire et à la crise économique : montée du chômage et difficultés financières de nombreuses entreprises. Et le chômage partiel est une mécanisme très efficace mais ne rembourse de 85% du salaires.

L’exploitation doit pouvoir faire la soudure

En tout cas,  l’exploitation, comme de nombreuses autres activités, doit pouvoir  faire la soudure jusqu’à ce que la peur disparaisse. Soit que l’on ait trouvé un vaccin ou un médicament efficace, soit que l’on ait tous appris à vivre une vie « normale » malgré le virus qui rode. Les 100 millions € qui sont prévus pour les cinéma et l’ensemble des salles de spectacles  vont dans ce sens. Il est indispensable qu’ils soient mis en place au plus vite. Et, si la crise sanitaire dure,  peut-être, seront-ils insuffisants.

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