LE CINÉMA RESTE UN SPECTACLE PRIVILÉGIÉ PAR LE PUBLIC
Par Serge Siritzky
Les résultats de la fréquentation ces dernières semaines confirment si le public du cinéma a profondément changé depuis la crise du Covid il n’en reste pas moins un spectacle privilégié par ce même public.
Une fréquentation d’avant Covid
Ainsi, le dessin animé de Walt Disney « Zootopie 2 », sorti fin novembre, va dépasser largement les 8 millions d’entrées. Certes, « Avatar : le feu et les cendres » sera loin des des 15 et 14 millions d’entrées des deux premiers épisodes de la série, mais il va tout de même lui aussi dépasser largement les 8 millions d’entrées, ce qui est confortable pour un troisième épisode. Enfin « La femme de ménage » pourrait approcher les 4 millions d’entrées. Certes, la première semaine hors vacances scolaires de l’année, du 7 au 13 janvier, le film qui est en tête, « Father motter brother sister » n’atteint que 145 000 entrées dans 310 salles. Mais avec 2,783 millions d’entrées la semaine est dans l’exacte moyenne des 1ères semaines depuis 2001, du fait de la très bonne tenue des films de décembre 2025.
En outre, dès la seconde semaine de l’année, les films français ne sont pas en reste, deux d’entre eux démarrant largement au-dessus de 45 000 entrées le premier jour : « L’affaire Bojarski » (48 371 entrées) et « Furcy, né libre » (45 930 entrées, dont, il est vrai 2/3 en avant-premièr). C’est dire que le premier se situer largement au-dessus de 300 000 entrées sur l’ensemble de la semaine et, en fonction du bouche à oreille, pourrait dépasser le million d’entrées. Et, en 4ème semaine, un film brésilien typiquement d’Art et Essai, sorti dans 184 salles, ne recule que de 15%, cumule déjà 320 000 entrées et devait largement dépasser les 400 000 entrées.
L’année dernière, en janvier, qui se situait dans la moyenne des fréquentation d’avant Covid, il n’était sortis que deux films dépassant le million d’entrées, « Un ours dans le Jura » (1,482 millions) et « Un parfait inconnu » (1 million). La semaine démarre avec des entrées cumulées tout à fait au niveau de ces années.
En fait, quand il y a une offre de films qui correspond aux attentes du public, plusieurs films peuvent être des succès en même temps. Certes, confronté à l’offre de séries et à la concurrence des réseaux sociaux, le public est devenu plus exigeant. Mais quand le ou les films de cinéma, au cinéma, est ou sont les spectacles haut de gamme qu’il attend, il le ou les privilégie. Et, dans les semaines qui viennent, plusieurs films sont attendus qui pourraient être millionnaires. Voir largement.
Retrouver l’équilibre économique du cinéma français
Et dans les semaines qui viennent plusieurs films semblent à priori avoir un potentiel de films multimillionnaires. Or, comme on l’a vue, ce sont eux qui permettre au cinéma en France de retrouver son équilibre économique. https://siritz.com/editorial/la-diversite-de-loffre-est-un-handicap/
Cela ne signifie évidemment pas que l’on va revenir inévitablement aux niveaux de fréquentation d’avant le Covid. Mais cela confirme que « le » film de cinéma, vu dans une salle de cinéma, reste un loisir privilégié et qu’il n’est pas condamné à une crise inévitable. En tout cas, c’est ce que Canal + en se proposant de racheter UGC et Netflix en se proposant de racheter Warner, semblent penser. Le cinéma reste un spectacle privilégié par le public.