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L'édito de Serge
Serge Siritzki

LA CULTURE PEUT SAUVER L’ESPÈCE HUMAINE

Par Serge Siritzky

Le démarrage de « Le diable s’habille en Prada 2 » confirme que la fréquentation cinématographique  a retrouvé son niveau d’avant Covid. En 2006, le numéro un, le premier jour,  avait atteint 94 000 entrées et, en fin de carrière  atteint les 2,2 millions d’entrée. Le numéro 2, qui a démarré avec 160 00 entrées dans le même nombre de salles,  devrait se situer bien au-dessus. Donc on peut être rassuré à court terme.

Reste, sur le long terme, que le risque est que les jeunes, et, donc, les futures générations, accaparés par leur i-phone, perdent l’habitude d’aller au cinéma et même, tout simplement de voir des films, car ils ne supporteront plus que les fictions courtes de You tube. C’est pourquoi l’opération « Cinéma à l’école » est si importante.

Or, à ce sujet, le livre « Le cerveau sans mémoire. Un tsunami nommé smartphone » (Éditions du Cherche midi) est révolutionnaire et devrait être lu par tous les professionnels du cinéma. Il est co-écrit par Thierry Dérez qui est l’un des plus grand neuro-chirurgiens français et Marc Tadié, neurochirurgien, avocat et président d’un groupe d’assurance. Ils y expliquent que l’homme, à la différence de tous les autres animaux, naît avec un petit cerveau qui met une vingtaine d’années à atteindre sa maturité. Il grandit à mesure que ce qu’il apprend se stocke dans sa mémoire. Il y a deux sortes de mémoires : la mémoire volontaire, notamment tout ce que l’on apprend à l’école. Et la mémoire involontaire, constituée par les sensations procurées par les évènement que l’on a vécus. C’est la mémoire la plus importante, celle qui constitue l’expérience, la perdonnalité et l’intelligence.

Et, quand il fonctionne, notamment pour stocker ces données dans sa mémoire, le cerveau utilise de l’énergie que l’on peut calculer avec un IRM. Cette énergie correspond au travail effectué par le cerveau, à l’image de l’énergie utiliser par le corps quand des mouvements de gymnastiques le musclent. Or, lire un livre sur un livre en papier utilise 10 fois plus d’énergie que de le lire sur un e-Book ! De même l’énergie décroît progressivement entre regarder un vrai tableau musée, le regarder derrière une vitre, le regarder sur une photo ou le regarder sur une tablette. Dans ce dernier cas elle est le dizième de la vision du vrai tableau vu au musée, sans vitre le séparant. Donc, plus le sujet est réel plus le cerveau travail, et plus l’expérience se stocke dans la mémoire.

Les deux scientifiques remarquent que les jeunes lisent de moins en moins de livres et passent de plus en plus de temps sur leur i-phone. Donc, immanquablement leur cerveau travaille moins et  se développe moins. Ils décrivent, de même, les méfaits de l’intelligence artificielle et des réseaux sociaux. Et ils concluent que le cerveau des nouvelle générations va s’atrophier. L’enjeu selon eux est rien moins que la survie de l’espèce humaine.

Comme cela a été fait pour le livre ou la peinture, il paraît indispensable de comparer par IRM le travail du cerveau en regardant un film au cinéma et à la télévision, puis de comparer le travail du cerveau à la vision d’un film, au cinéma ou sur la télévision à celle de fictions courtes de You tube. Il est plus que probable que le film de cinéma contribuera fortement plus au développement de la mémoire involontaire.

Ces données constituent un fait politique majeur et sont des arguments révolutionnaires en faveur de la culture, dont le cinéma est une composant essentielle. La culture peut sauver l’espèce humaine. Le monde de la culture devrait s’associer au monde scientifique pour démontrer aux politiques que le combat pour la culture est tout simplement un combat pour l’espèce humaine.

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