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L'édito de Serge
Serge Siritzki

NOTRE CINÉMA REPOSE SUR LE MARCHÉ DU CINÉMA

Par Serge Siritzky

La production cinématographique française a diminué en 2025 par rapport à 2024. C’est ce qu’annonce L’Observatoire de la production cinématographique 2025 que vient de publier le CNC. A noter  que cette étude parle des coûts définitifs des films, alors que Cinéfinances.info présente les budgets et plans de financements prévisionnels qui permettent aux producteurs de lancer la production de leurs films, mais qui ne sont pas les coûts définitifs. Ainsi, selon Cinéfinances.info le budget prévisionnel moyen d’un film est de 5,5 millions € alors que le budget moyen définitif a été de  4,8 millions €. Il est normal qu’un producteur se laisse cette marge de manoeuvre. C’est d’ailleurs ce à quoi correspondent les imprévus.
Augmention des financements étrangers
La baisse part rapport à 2024 est  d’ailleurs due à une baisse de 7,5% des financements français alors que les apports étrangers augmentent de 7%. C’est une évolution assez logique puisque, en période de restriction des financements, la coproduction, qui permettent de réduire les financements apportés par chaque producteur, est une bonne solution, pour les producteurs français, comme pour les coproducteurs étrangers. C’est ce qui explique d’ailleurs que le nombre total de films produits est resté stable, malgré la baisse des financements français.
Le nombre de films à gros budget, de plus de 20 millions €, a diminué de moitié par rapport aux deux années précédentes, passant de 8 à 4 par an. En revanche le nombre de films à budget moyen, de 7 à 10 millions € a fortement augmenté, se situant à 32 contre une moyenne de 20 la décennie précédente.
63% de financements privés pour le cinéma français
L’Observatoire rappelle une donnée essentielle qui explique la force du cinéma français : « la part des financements publics s’élève à un peu moins deux fois moins de la moyenne européenne puisqu’elle n’est que de 27% contre 47% ». C’est que notre production est avant tout financée par le marché, c’est à dire par des entreprises privées qui s’adressent à un public. Et les salles de cinéma et les distributeurs, qui bénéficient du compte de soutien, jouent un rôle déterminant dans ce financement privé. En effet, même si les chaînes et les plateformes apportent un financement bien supérieur aux distributeurs, ils ne donnent pas leur accord à un film sans l’accord préalable d’un distributeur. Le système économique français repose sur l’idée que le cinéma c’est un film dans une salle de cinéma. C’est ce qui fait sa force. Les autres pays européens ne partagent pas ce point de vue puisque leurs aides vont essentiellement à la production des films, mais pas au soutien des salles et des distributeurs.
En tout cas, avec une baisse des volumes investis dans les films en 2025, la fréquentation est sensiblement repartie en 2026. Et la part de marché des films français est de 49% contre 41% pour les films américains. Ces performances du cinéma français tiennent à ce que notre cinéma  repose sur le marché du cinéma
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