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L'édito de Serge
Serge Siritzki

LES MENACES QUE FAIT PESER L’IA SE MULTIPLIENT

Par Serge Siritzky

En un temps record l’intelligence artificielle est devenu un organe indispensable pour un grande nombre d’auteurs du cinéma, de l’audiovisuel, de musique et de l’édition comme il l’est pour les journalistes. Mais les menaces que fait peser l’IA se multiplient.
L’IA n’est qu’un outil…
Mais, pour l’instant, cet outil ne peut en aucune façon devenir un auteur autonome car il n’est pas doté de l’intelligence. Son « intelligence » n’est en effet qu’une formidable capacité à collecter des données, à les trier et les analyser. Comme le sont les services secrets ( intelligence service) à la disposition des états-majors militaires et des responsables politiques. En somme, pour l’instant, un producteur ne peut en aucune façon, à partir de quelques idées, avec l’aide de Chat GPT, écrire le scénario d’un film ou d’une série qui mérite d’être considéré comme tel. Et encore moins fabriquer entièrement un film ou une série de fiction, d’animation ou documentaire. Pour l’instant…
…qui doit justement rémunérer ses sources
En revanche, les données sur lesquels l’IA s’appuie pour donner ses conseils sont des œuvres ou des articles que ses développeurs ont utilisé pour entraîner leurs algorithmes. Sans ces données l’IA ne pourrait prodiguer ses conseils et ses solutions. Il n’est donc pas normal que les propriétaires de ces applications d’IA les utilisent gratuitement, car sans elles ils perdraient une partie importante de leur chiffre d’affaires.
Comme on le sait, après de longs combats de la presse Google a fini par accepter de rémunérer les articles publiés dans Google actualités. Pour parvenir â cette juste rémunération des oeuvres, soit les entreprises de l’IA devraient faire connaître les données sur lesquels elles se sont « entraînées », soit on devrait s’appuyer sur le pourcentage de l’ensemble des utilisation de ces applications d’IA qui le sont  pour le cinéma, l’audiovisuel, l’édition, la musique et la presse par rapport à l’ensembles des utilisations. Ces secteurs ont la chance de disposer de sociétés de gestion collective (Sacem, Sacd, Scam, etc…) pour mener se combat, recevoir et distribuer ces rémunérations. Il serait logique que le principe de cette rémunération soit imposé par une directive européenne
Le danger des vidéo courtes
Mais il y a une évolution qui est en train de bouleverser les données du problèmes. C’est le développement phénoménal des vidéos courtes (une à deux minutes), qui diffusés par You tube ou Tik-Tok sont regardées sur i-phone et dont raffolent les jeunes. Ces vidéos peuvent être créées en grande partie , voire presque entièrement par intelligence artificielle. Si leur chiffre d’affaires représente une part importante du chiffre d’affaires de l’audiovisuel cela aura d’évidentes conséquences économiques. Bien plus grave, cela va transformer l’intelligence des nouvelles générations. Que deviendra leur capacité de raisonnement si leur cerveau n’est habitué qu’aux courtes séquences. Que deviendra leur capacité d’attention quand ils ne seront s’habitué qu’ à regarder des contenus vidéo qui dirent moins de 2 minutes ? On voit déjà les effets provoqués par le débat et la réflexion par des posts sur X qui ne doivent pas dépasser 280 caractères. On en voit les ravages sur le  des États-Unis dont les idées sont toutes résumées en 280 caractères.
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