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L'édito de Serge
Serge Siritzki

LE CINÉMA UNE OFFRE HAUT DE GAMME

Par Serge Siritzky

Comment modifier le système économique du cinéma français pour augmenter sensiblement le nombre de films français susceptibles d’inciter d’atteindre de 1 à 5 millions d’entrées, ce qui est indispensable pour revenir  à l’équilibre de ce système ? https://siritz.com/editorial/des-raisons-detre-optimiste-pour-le-cinema/

Comme le défit à relever par les économies françaises et européennes

En fait, c’est un peu le même défi que celui que doivent relever les économies française et européennes pour faire passer leur croissance moyenne de 1% aux 4% des États-Unis. Tous les grands économistes, à commencer par les prix Nobels français, démontrent que cela passe par la multiplication des investissements dans la recherche et dans les nouvelles technologies. Le montant de l’épargne de la France et de l’Europe n’a rien à envier à celui des États-Unis. Mais les américains sont beaucoup plus enclins à réaliser des investissements à risque que les Européens. Les européens, eux, investissent soit dans les fonds d’investissement américains américains qui, grâce à leur prise de risque, ont une forte rentabilité, soit en Europe, mais dans des secteurs traditionnels moins risqués, mais donc moins rentables.

Cette analyse peut s’appliquer au cinéma français. Les producteurs y ont à leur disposition de multiples sources de financement, sans doute uniques au monde. Au point que le principal atout d’un producteur est de savoir les mobiliser. Dans certains cas il lui est même possible de gagner de l’argent avant qu’un film ne sorte. Mais cette mobilisation de sources de financement suppose de savoir proposer un projet qui réponde à la variété des exigences de chacune des sources. Et elle accapare beaucoup de temps. De bons producteurs peuvent ainsi prospérer en produisant 2 ou 3 films par an, même quand aucun d’entre eux n’est un véritable succès.

Plus de temps consacré à moins de films

Il y aura toujours des producteurs capables de faire des films évènements qui réalisent plus 5, voir plus de 10 millions d’entrées. On l’a vu en 2024 et on le reverra peut-être en 2026. Mais produire au moins une vingtaine de films qui « valent le déplacement » et réalisent entre 1 et 5 millions d’entrées suppose d’investir dans moins de films. Pour consacrer plus de temps à chacun d’entre eux, pour trouver des nouveaux sujets et de nouvelles approches qui correspondent à l’air du temps. Et  de plus investir dans le scénario et aussi dans la musique. En effet, n’oublions pas que celle-ci a toujours été l’un des grands atouts du cinéma américain parce qu’Hollywood a toujours su qu’elle est un puissant déclencheur de l’émotion du spectateur. Donc c’est avant tout aux producteurs de se remettre en question pour être de nouveau en phase avec  un public qui a brusquement changé. Et là où il peut-être le plus changé c’est son approche de l’humour.

Le cinéma, une offre haut de gamme

Face à la multiplicité des offres d’image sur la télévision ou l’i-phone le film de cinéma doit se positionner comme une offre haut de gamme.

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