Les documentaires sont rarement de bonnes affaires pour les producteurs. Ils visent généralement un public limité. Pourtant, cette année, un documentaire s’est distingué : « Nous, l’orchestre », réalisé par Philippe Béziat et sorti le 22 avril dernier.
Ce réalisateur est spécialisé dans les captations de spectacles musicaux pour le cinéma et la télévision. Il a déjà réalisé cinq longs métrages sortis en salles. Évidemment, le public qui s’intéresse à la musique est large. D’ailleurs, les grands réseaux de salles consacrent avec succès de nombreuses séances à la retransmission de spectacles musicaux.
« Nous, l’orchestre » avait la particularité de suivre les répétitions des 120 musiciens de l’Orchestre de Paris sous la direction de prestigieux chefs d’orchestre, mais en suivant ces répétitions du point de vue des musiciens des différents instruments.
Selon Cinefinances.info, le tournage a duré 43 jours et le budget prévisionnel s’élève à 722 000 €, soit 10 % de plus que le budget moyen des documentaires français sortis depuis le début de l’année. Un documentaire à 722 000 € représente donc un investissement significatif dans ce genre. Or c’est un documentaire très rentable.
Le film est produit par Les Films Pelléas (Philippe Martin) et distribué par Pyramide Distribution, qui avaient déjà joué ces rôles pour « Les Indes galantes », réalisé par Philippe Béziat et sorti en 2021. Le tournage avait alors duré 23 jours et son budget était à peu près équivalent.« Les Indes galantes » avait rassemblé 78 000 spectateurs.

Philippe Martin (Les Films Pelléas) a su produire un documentaire très rentable
Cette fois-ci, le film a obtenu l’avance sur recettes. Les Films Pelléas ont également obtenu l’investissement de deux SOFICA garanties et de deux SOFICA non garanties. La Philharmonie de Paris a effectué un petit apport en industrie pour ce film, qui constitue pour elle une brillante promotion.
Pyramide Distribution a accordé un minimum garanti qui représente largement plus de 10 % du financement. Mais, à la différence du précédent film, aucune chaîne ne l’a coproduit ou préacheté et aucune région ne lui a apporté son soutien.
Les Films Pelléas ont mis leur rémunération et leurs frais généraux en participation. Dans le plan de financement, ils ont également ajouté un apport en numéraire. Mais le crédit d’impôt couvre largement ces apports.
Or, le film a rassemblé 200 000 spectateurs. Rien qu’avec les recettes salles, c’est déjà une excellente affaire pour le producteur et le distributeur. Il a sans doute également été vendu dans plusieurs pays où le public des mélomanes est important. En outre, il devrait intéresser des chaînes de télévision ou des plateformes.
Un documentaire à 722 000 € peut donc devenir une bonne affaire lorsqu’il réussit à toucher un public très supérieur à celui habituellement atteint par ce genre de films. Un documentaire très rentable, c’est un exemple à retenir ?
Chaque semaine, Cinefinances.info publie le devis, le plan de financement et la répartition des recettes entre les partenaires de tous les films français qui sortent.
Vous pouvez aussi rechercher les interventions d’une chaîne, d’un distributeur, d’une SOFICA ou d’un vendeur international et voir quels films ils ont financés et à quelles conditions.
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