L’une des grandes réussites françaises de cette été est « De la comédie française » https://fr.wikipedia.org/wiki/De_la_Comédie-Française. C’est un véritable modèle pour la production indépendante. En effet, cette comédie dont, selon Cinéfinances.info, le budget prévisionnel est inférieur à 2,5 millions €, est parti pour dépasser le million de spectateurs, c’est à dire à être un blockbuster. 2,5 millions € pour un blockbuster c’est en effet exceptionnel.

C’est Thomas Verhaeghe qui a produit un blockbuster à 2,5 millions €
Le tournage n’a duré que 20 jours et le film ne dure qu’une heure 15 minutes. Mais, tout en ne cessant de circuler dans la comédie française et d’en découvrir tous les recoins, on rit de bout en bout. Compte tenu du crédit d’impôt, 400 000 € ont été investis en numéraire par le producteur délégué Atelier de production (Thomas Verhaeghe), France 2 cinéma et une sofica en production. Mais l’évaluation du salaire du producteur et de ses frais généraux dépassent largement l’apport en numéraire du producteur délégué.
Une affaire très rentable
Les distributeurs pour la France, l’indépendant Zinc associé à la major Warner, ont donné un minimum garanti et retenu une commission de distribution de 25%. Les frais d’édition se situaient dans une fourchette entre 300 et 600 000 €. Si les frais d’édition se sont situé à ce maximum, compte tenu d’un prix moyen de la place de 7,5 € dont 40% revient au distributeur, l’investissement en production est amorti par 400 000 entrées. Or il y en aura plus de 2,5 fois plus. En outre, il faut ajouter le compte de soutien, les recettes nettes vidéo et vàd ainsi que les ventes à l’étranger. Pour tous les investisseurs l’affaire est donc extrêmement rentable.
Les abonnés au service Premium de Cinéfinances.info peuvent comparer ce film avec d’autres films au budget équivalent sortis cette année et voir comment ils ont été financés. Il y en a 6 dont le budget prévisionnel se situe entre 2,4 et 2,5 millions d’entrées. Ils ont rassemblé entre 12 et 223 000 spectateurs https://siritz.com/cinescoop/luchini-tel-quen-lui-meme/. En 2025 il y en avait 4 qui avaient rassemblé entre 20 et 79 000 entrées. Ce qui confirme à quel point, pour le cinéma français, un blockbuster à 2,5 millions € c’est exceptionnel. Bien entendu ce film et ces chiffres illustrent tout à fait la caractéristique de l’industrie du cinéma. C’est une industrie de prototypes.
Comme la montré une étude du CNC, seuls un tiers des films français sont rentables. Mais, ce taux élevé d’échec qui est consubstantiel au métier, n’empêche pas la production d’être globalement rentable, puisqu’elle dégage un bénéfice net situé entre 4 et 5%. Dans le cas de « De la comédie française » l’idée vient de 4 comédiens qui ont déjà été des scénaristes pour la télévision. Ils ont écrit ensemble le scénario, deux (Martin Darondeau et Bertrand Uzeau, dont c’est la première réalisation pour le cinéma) l’ont co-réalisé et une comédienne en est l’interprète principale. Leur création est un hommage vibrant à leur métier.
Chaque semaine, Cinéfinances.info publie le devis, le plan de financement et la répartition des recettes entre les partenaires de tous les films français qui sortent.
Vous pouvez aussi rechercher les interventions d’une chaîne, d’un distributeur, d’une SOFICA ou d’un vendeur international et voir quels films ils ont financés et à quelles conditions.
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