Archive d’étiquettes pour : Les 3èmes journées de l’exportation

Mardi dernier ont eu lieu, au Publicis Champs-Élysées,  le lancement, sous forme de discours, de tables rondes et d’interview, des troisièmes journées de l’export organisées par Unifrance. https://www.rdvparis.com/journee-de-lexport

Désormais l’institution s’occupe de promouvoir à la fois les films de cinéma et les oeuvres audiovisuelles français. C’est logique puisque de plus en plus de vendeurs, de producteurs et de réalisateurs travaillent sur les deux marchés. https://www.unifrance.org/corporate

L’Allemagne notre premier marché

Avec 27 millions de spectateurs et 167 millions d’euros de vente le cinéma a progressé de 33% par rapport à 2021. Mais il est loin d’avoir retrouvé ses chiffres d’avant la pandémie car la fréquentation en salle de la plupart des pays du monde est encore de 30 à plus de 50% en-dessous de l’avant pandémie. De toute façon, avec 375 millions d’euros de chiffre d’affaires l’audiovisuel est largement plus important que le cinéma et continue à progresser fortement. L’animation représente 32% des vente et la fiction 31%. Et encore, ce chiffre ne comprend pas le flux où la vente de format peut représenter des sommes énormes.

En cinéma, les trois principaux marchés sont, dans l’ordre l’Allemagne, la Pologne et la Russie (où nos films ont bénéficié de l’embargo des films américains). Dans l’audiovisuel c’est l’Allemagne, le Royaume-Uni et l’Italie.

Pour les deux secteurs nous sommes au troisième rang, évidemment très largement derrière les États-Unis et très légèrement derrière l’Inde.

Des films pour les festivals

Lors de la première table ronde le distributeur Suisse Laurent Dutoit (Agora Films) a fait une intéressante constatation : «  Avant on considérait la sélection à un festival comme une rampe de lancement pour la sortie en salle. Maintenant on nous la présente comme une fin en soi. Le film est souvent si pointu que j’ai très peu de chance de l’amortir en salle. Le vendeur me répond : oui, mais il est sélectionné à tel festival ! ».

Le fait que les plates-formes ne donnent pas l’audience des films qu’elles diffusent ne permet pas de fixer un juste prix du marché. Sauf en Suisse où elles sont tenues de le fixer. Certains vendeurs européens suggèrent de compléter la directive SMAD par cette obligation.

Néanmoins les plates-formes, parce qu’elles sont mondiales, offrent le plus souvent une audience, et donc un marché, 10, voire 100 fois plus important que la vente territoire par territoire pour la salle.

Animation et séries

En audiovisuel l’animation française est l’une des meilleures au monde. Après les séries policières scandinaves nos séries se sont à leur tour imposées. « Arsène Lupin » comme « Meurtre à… » sont de grands succès internationaux.

La scénariste Anne Rambach (« Candice Renoir », « Engrenage »), présidente de la SACD, a expliqué les difficultés que rencontrent les auteurs. Par exemple, les grandes chaînes françaises ne veulent pas de séries qui tournent autour des jeunes car ce n’est pas le public qu’elles visent. Elles visent un public qui a un pouvoir d’achat. Donc ce sont les plates-formes qui monopolisent les séries pour les jeunes. De même, quand une série a du succès, il est très difficile d’empêcher les équipes de se disperser d’une année sur l’autre. Or le maintien de mêmes équipes est indispensable pour progresser. Enfin les Français n’ont pas les moyens d’industrialiser la fabrication des séries. Les Américains peuvent livrer 24 épisodes par an. Nous avons du mal à aller au-delà de 8.

Le réalisateur espagnol Albert Serra ( Pacifiction : le tourment des îles) a regretté que la plupart des films soient tournés en numérique comme s’il s’agissait de la pellicule, alors que, par les effets spéciaux, les réalisateurs ont une incroyable palette de possibilités. Et il a rappelé que l’un des atouts du récit cinéma c’est sa capacité « d’anti-climax ». Là où le spectateur changerait de chaîne ou le lecteur fermerait le livre, le spectateur reste assis dans son fauteuil et continue à regarder le film.