Archive d’étiquettes pour : La fréquentation cinématographique

Cet été a confirmé ce que l’on avait commencé à espérer depuis la mi-décembre de l’année dernière : la fréquentation cinématographique a globalement retrouvé ses niveaux d’avant la crise du Covid et le cinéma a retrouvé toutes ses couleurs. Au point qu’il ne parait pas impossible que cette année finisse à 200 millions d’entrées, l’étiage minimal d’avant Covid.

Les blockbusters américains de qualité 

Elle le doit tout d’abord à la qualité de la production américaine qui est redevenue capable de produire des blockbusters de qualité au rythme des années antérieures. Ces dernières semaines deux films sont partis pour largement dépasser les 5 millions d’entrées : « L’odyssée » de Christopher Nolan et « Spiderman : Brand new day » de Destin Cretton. « Toy story 5 » va en atteindre 4,5 millions tandis que «  Des minions et des monstres » va approcher des 3 millions.

Les blockbusters de qualité français

Mais le cinéma français n’est pas en reste. Nous avons en effet le phénomène des deux « La bataille de Gaulle ». On sait que Pathé a décidé de produire et de distribuer chaque année un ou deux films au budget de l’ordre de 37 à 40 millions €. Ce sont des films qui, tout d’abord, répondent aux besoins des salles du premier exploitant français. En 2024 les deux « Trois mousquetaires » avaient rassemblé chacun autour de 3 millions de spectateurs sur le territoire national https://siritz.com/cinescoop/les-trois-mousquetaires-milady/. Compte tenu de leur coût ils ne peuvent être rentables que si leurs ventes à l’étranger ont dépassé les 10 à 12 millions €. En 2025 « Le comte de Monte Cristo » qui a frôlé les 10 millions de spectateurs est certainement une excellente affaire https://siritz.com/cinescoop/et-de-trois-alexandre-dumas/. Rappelons également «  Un p’tit truc en plus » dont le budget ne dépasse pas 6,7 millions € et qui avait largement dépassé les 10 millions d’entrées https://siritz.com/cinescoop/le-,premier-demmarrage-de-lannee/. Mais la fréquentation nationale qui était remontée â 180 millions de spectateurs en 2024 est retombée à 150 millions, en 2025 laissant craindre le pire.

Cet été, comme on le sait, le démarrage de « La bataille de Gaulle : l’âge de fer » a été catastrophique, laissant prévoir à peine le million d’entrées en fin de carrière https://siritz.com/cinescoop/un-monumental-thriller-historique-et-geopolitique/. Et le second, qui sortait un mois plus tard, ne pouvait que faire moins. Mais ce premier volet a été à l’image de la remontada du général de Gaulle qui, en 1940, n’a longtemps rencontré que du scepticisme : la troisième semaine, sous l’effet d’un bouche à oreille et de critiques dithyrambiques, il a décollé. Et le second opus, une semaine plus tard, a démarré bien plus haut https://siritz.com/cinescoop/la-petite-france-resiste-a-la-grande-amerique/. La tenue des deux films laisse espérer qu’ils dépasseront les 3 millions d’entrées.

Un bouche à oreille dithyrambique pour les deux « La bataille de Gaulle »

En tous cas ces films sont devenus une référence pour tous les Français, quel que soit leur bord politique ou leur place dans la société.

Bien entendu, de nouveau, leur rentabilité dépendra des ventes â l’étranger. Mais, à l’heure de Trump, l’odyssée de ce résistant inconnu qui a su tenir tête à la puissante Amérique a une incontestable résonance dans de nombreux pays.

Mais l’été a également été marqué par deux autre succès français, deux comédies à petit budget : « De la comédie française », dont le budget est inférieur à 2,5 millions € va largement dépasser le million d’entrée https://fr.wikipedia.org/wiki/De_la_Comédie-Française. Et « Tombé du ciel », le nouveau film de Mohamed Hamidi, qui  coûte 5,4 millions d’entrées va faire encore mieux https://fr.wikipedia.org/wiki/Tombé_du_ciel_(film,_2026). Preuve que le succès d’une comédie ne dépend ni de son budget ni de ses stars. Il doit tout simplement être vraiment drôle. Dans de prochains articles nous allons analyser comment leurs producteurs s’y sont pris pour monter leur affaire.

En fait, la fréquentation globale nécessaire au maintien de notre remarquable parc de salle et qui alimente le compte de soutien, dépend essentiellement d’un petit nombre de films millionnaires ou multimillionnaires. Elle peut par ailleurs aller de pair avec une plus grande difficulté à rentabiliser la majorité des films. D’où l’importance de Cinéfinances.info, un outil qui permet aux producteurs et aux distributeurs de voir comment leurs confères s’y prennent pour monter le financement de leurs projets. Car le chiffre d’affaires des chaînes et les moyens financiers des collectivités locales ont diminué.

Chaque semaine, Cinéfinances.info  https://cinefinances.info publie le plan de financement et la répartition des recettes entre les partenaires de tous les films français qui sortent.

Vous pouvez aussi rechercher les interventions d’une chaîne, d’un distributeur, d’une SOFICA ou d’un vendeur international et voir quels films ils ont financés et à quelles conditions.

Avec Cinefinances Premium, vous retrouvez les films de budget comparable à celui de votre projet : qui les a financés, pour quels montants et avec quelles contreparties.

Cinefinances : 675 € HT/an — Premium : 1 550 € HT/an.

 

 

En 2025 l’industrie française du cinéma était au plus mal. La fréquentation 150 millions d’entrées) chutait de plus 15% par rapport à l’année précédente (180 millions d’entrées) qui n’était pourtant qu’à 90% de son seuil d’équilibre d’avant la crise du Covid et la percée de l’iPhone (200 millions d’entrées) .

Au point que le président du CNC avait eut l’audace salvatrice d’ouvrir aux exploitants la possibilité d’obtenir un prêt du CNC alors que les fonds de celui-ci sont réservés aux seuls investissements.

Les distributeurs étaient encore plus  de cette situation puisque deux films et deux distributeurs (« Un pt’it truc en plus » de Plan film et « Le comte de Monte-Cristo » de Pathé, cumulaient à eux deux 20 millions d’entrées.  Pour tous les autres distributeurs la fréquentation avait chuté de 27% par rapport à l’année précédente et se situait 35% en dessous du seuil d’équilibre d’avant Covid. Les producteurs, dont les films accumulaient des résultats décevant, n’étaient pas mieux lotis d’autant que deux de leurs principales sources d’investissement (les chaînes en clair et les régions) étaient contraintes de serrer les boulons.

Et puis, comme on le sait, la situation s’est retourné depuis la mi-décembre. Au point qu’à se stade de l’année il est très probable que la fréquentation va atteindre les 190 millions d’entrées et peut-être même, compte tenu du line up à venir, dépasser les 200 millions.Cela tient avant tout à la qualité des films car aujourd’hui, avec la multiplication des offres d’images, les spectateurs ne vont pas au cinéma, ils vont voir un film.

Et soudain, avec la canicule, ils ont repris l’habitude d’aller au cinéma puisque les salles sont un des rares endroits climatisés.

Enfin il y a l’évènement des deux  « La bataille de Gaulle ». Car c’est vraiment un événement. Le film avait en effet très mal débuté. Mais les premiers spectateurs ont découvert un spectacle  exceptionnel, qui n’a rien à envier aux meilleurs superproductions américaines. Non seulement il nous plonge de manière passionnante dans la géopolitique mondiale mais, au moment où les Français commencent à  désespérer de leur situation et de celle de leur pays, il leur fait découvrir comment un homme, secondé par deux têtes brûlés réussit à renverser ce qui semblait être le cours inévitable de l’histoire.

Et cette découverte qui les fait vibrer ils la font dans une salle de cinéma, un instrument de rassemblement dont ils ressentent le besoin. Ces trois tournants du cinéma ont requinqué son industrie.

Il est clair que les performances des très attendus films français à gros budget sortis pour les vacances de la Toussaint sont toutes très décevantes. Aucun de ces films ne pourra approcher les 5 millions d’entrées et être ce que les américains appellent un blockbusters. Or, l’année 2024 a atteint 181 millions d’entrées parce que 5 films ont rassemblé chacun plus de 5 millions de spectateurs et totalisé 42,5 millions d’entrées. Cette année, un seul film, le dessin animé américain « Lilo & Stich », a dépassé les 5 millions d’entrées en rassemblant 5,162 millions de spectateurs.
De ce fait, sauf succès miraculeux, la fréquentation de l’année se situera entre 150 et 160 millions d’entrées, soit 20 et 25% de son niveau d’équilibre qui est de 200 millions d’entrées. Rappelons qu’un film qui a trouvé son public et bénéficie d’un bon bouche à oreille voit sa fréquentation chuter en moyenne de 30% par semaine et totalise en fin de carrière de 3 à 3,5 fois les entrées de sa première semaine.
À titre d’exemple voici deux films qui cette année ont bénéficié de ce bon bouche à oreille.
Comme ce sont des films de plus de 2 heures, le public a eu du mal à s’adapter aux horaires, ce qui explique que la fréquentation de la seconde semaine a chuté d’un peu plus de 30%. Mais, en fin de compte, ils ont totalisé au moins trois fois les entrées de la première semaine. Cette loi s’applique à toutes les catégories de films (sauf les films d’épouvantes dont les entrées chutent très vite) https://siritz.com/editorial/les-films-qui-valent-le-deplacement/)
Comme nous l’avons démontré certains films phénomènes ont une évolution de carrière très nettement supérieure https://siritz.com/editorial/deux-films-phenomenes-a-suivre/ et https://siritz.com/cinescoop/les-deux-films-phenomenes-font-mieux-que-resister/
LA CARRIÈRE DES BLOCBUSTER
Or, pour être un blockbuster, il faut également avoir une évolution de carrière supérieure.
Prenons l’exemple des 5 blockusters de l’année dernière.
La fréquentation totale de 4 d’entre eux se situe entre 4,4 et 9,7 fois la fréquentation de la première semaine. Et ces performances pouvaient se prévoir dès la seconde semaine puisque l’évolution par rapport â la semaine précédente se situait entre +13% et -12%, donc, bien mieux que les -30%. Seule la carrière de « Vaiana 2 » n’a pas évolué de manière exceptionnelle. Mais le film avait démarré à 2,438 millions d’entrées, un niveau record.
En 2025, le seul blockbuster, le dessin animé « Lilo & Stich » a lui aussi une carrière hors norme, la fréquentation totale étant 3,9 fois celle de la première semaine. En outre, il progressait de 2% en seconde semaine.
RÉPONDRE AUX ATTENTES DU PUBLIC ET CORRESPONDRE À LEUR PROMESSE
Bien entendu les très mauvais résultats du cinéma français cette année ne font que rappeler que la production de film est une industrie à risque. Mais elle confirme aussi que le public a changé.https://siritz.com/editorial/le-cinema-doit-remettre-en-question-ses-equilibres/
. Pour les films américains comme pour les films français. Mais pas forcément de la même façon dans tous les pays. Ainsi, dans l’Amérique de Trump, le dernier «  Superman » est un succès alors qu’en France il est une déception. En tout cas, malheureusement, les producteurs français des films à gros budget sortis cette année n’ont pas su prévoir et comprendre l’évolution du public français.
Tout d’abord, il apparaît qu il n’y a plus de stars françaises capable de garantir le succès. Et que les recettes qui garantissaient le succès ne le garantissent plus. Au contraire.
Reste que cette évolution du public  n’a pas empêché, en 2024, 2 films français et même trois si on y ajoute  « L’amour ouf ! » (+4,9 millions d’entrées) d’être des blockbusters. Parce qu’à l’évidence leur sujet intéressait un large public et les distinguait de ce que ce qu’ils pouvaient voir sur les plate-formes ou les réseaux sociaux.  Et parce que ces films correspondaient à leur promesse, d’où un bon bouche à oreille et  d’où une carrière hors norme.
En conclusion, ux producteurs et aux réalisateurs de tenir compte de cette nouvelle réalité. En choisissant ce métier ils savaient que c’était un métier très risqué, mais ils ont pensé être capables de répondre aux attentes du public. A eux de prouver qu’ils avaient raison.

www.Cinefinances.info est un site, accessible par abonnement, destiné aux professionnels du cinéma.  Il publie budget, le plan de financement et la répartition des recettes prévisionnels de tous les films français qui sortent (hors les films « sauvages » qui ne déposent pas leurs contrats au registre public et ne demandent donc pas l’agrément qui leur permettrait d’accéder à l’aide du CNC). Il s’agit des chiffres de l’agrément d’investissement sur la base duquel le producteur a monté son financement. Il dispose de nombreuses archives et d’un puissant moteur de recherche. Il dispose d’archives des films sortis depuis 2010 et d’un puissant moteur de recherche, avec de multiples critères.

© Copyright - Blog Siritz