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En 2025 l’industrie française du cinéma était au plus mal. La fréquentation 150 millions d’entrées) chutait de plus 15% par rapport à l’année précédente (180 millions d’entrées) qui n’était pourtant qu’à 90% de son seuil d’équilibre d’avant la crise du Covid et la percée de l’iPhone (200 millions d’entrées) .

Au point que le président du CNC avait eut l’audace salvatrice d’ouvrir aux exploitants la possibilité d’obtenir un prêt du CNC alors que les fonds de celui-ci sont réservés aux seuls investissements.

Les distributeurs étaient encore plus  de cette situation puisque deux films et deux distributeurs (« Un pt’it truc en plus » de Plan film et « Le comte de Monte-Cristo » de Pathé, cumulaient à eux deux 20 millions d’entrées.  Pour tous les autres distributeurs la fréquentation avait chuté de 27% par rapport à l’année précédente et se situait 35% en dessous du seuil d’équilibre d’avant Covid. Les producteurs, dont les films accumulaient des résultats décevant, n’étaient pas mieux lotis d’autant que deux de leurs principales sources d’investissement (les chaînes en clair et les régions) étaient contraintes de serrer les boulons.

Et puis, comme on le sait, la situation s’est retourné depuis la mi-décembre. Au point qu’à se stade de l’année il est très probable que la fréquentation va atteindre les 190 millions d’entrées et peut-être même, compte tenu du line up à venir, dépasser les 200 millions.Cela tient avant tout à la qualité des films car aujourd’hui, avec la multiplication des offres d’images, les spectateurs ne vont pas au cinéma, ils vont voir un film.

Et soudain, avec la canicule, ils ont repris l’habitude d’aller au cinéma puisque les salles sont un des rares endroits climatisés.

Enfin il y a l’évènement des deux  « La bataille de Gaulle ». Car c’est vraiment un événement. Le film avait en effet très mal débuté. Mais les premiers spectateurs ont découvert un spectacle  exceptionnel, qui n’a rien à envier aux meilleurs superproductions américaines. Non seulement il nous plonge de manière passionnante dans la géopolitique mondiale mais, au moment où les Français commencent à  désespérer de leur situation et de celle de leur pays, il leur fait découvrir comment un homme, secondé par deux têtes brûlés réussit à renverser ce qui semblait être le cours inévitable de l’histoire.

Et cette découverte qui les fait vibrer ils la font dans une salle de cinéma, un instrument de rassemblement dont ils ressentent le besoin. Ces trois tournants du cinéma ont requinqué son industrie.

La canicule est une catastrophe qui s’est abattue sur la France et l’Europe. Bien qu’elle était prévisible notre pays n’y était pas du tout préparé. Elle est tout d’abord une illustration spectaculaire des maux dont souffre notre pays. Ainsi, gouvernement annonce un plan d’urgence pour équiper nos hôpitaux et nos écoles de climatiseurs alors qu’il n’a pas le premier sous pour les payer puisque nos finances publiques sont à l’os et que leur déficit, bien loin de diminuer, va augmenter.

Le Rassemblement national, qui arrive largement en tête des intentions de vote des français, et pour qui le réchauffement climatique était mensonge, proclame désormais vouloir, lui, équiper tous nos bâtiments publics de climatiseurs. Quant aux les écologistes, qui étaient dogmatiquement opposés aux climatiseurs, sous le prétexte fallacieux qu’ils renvoient un gaz à effet de serre dans l’atmosphère et consomme de l’énergie qui réchauffe  cet atmosphère, admettent qu’il faudrait tout de même équiper nos écoles et nos hôpitaux.

Mais, avouons le, cette catastrophe est du pain béni pour le cinéma car les français découvrent que presque toutes nos salles sont climatisées. Ils s’y son donc précipité  et la fréquentation, alors que la fête du cinéma n’avait même pas encore commencé, a explosé, atteignant des niveaux historiquement records. Et, à cette occasion, ils ont découvert les Français  qu’il y avait beaucoup de très bons films à voir.

Fait significatif, « La bataille de Gaulle-l’âge de fer » qui avait mal démarré (388 000 entrées pour un film qui coûte plus de 37 millions €) et avait chuté de 40% en seconde semaine, progresse soudain de 17% en seconde semaine ! Comme pour de Gaulle en 1940, au moment où personne n’y croyait plus, il s’impose, porté par un remarquable bouche à oreille. Et, alors que, selon Cinézap, il avait rassemblé 31 000 entrées le vendredi la semaine de sa sortie, sa suite, « La bataille de Gaulle-J’écris ton nom », ce vendredi, démarre avec 47 466 entrées. Et la première partie en rassemble 33 212 ce même jour, soit plus que lors de sa sortie.

Or, on sait que, désormais, les canicules vont faire, dès le printemps, de plus en plus souvent, partie du climat de la France et de l’Europe . Il est probable que l’on reverra la canicule cet été, juillet et août étant normalement les mois les plus chauds de l’année. D’ailleurs la canicule de 3 semaines en 2003 avait eu lieu en août. Et le réchauffement climatique n’en est qu’à ses débuts.

En tout cas, du jour au lendemain, le cinéma découvre que la canicule est pout le cinéma une arme absolue contre l’i-phone. Et, plus le retard de la France à s’équiper de climatiseurs durera, plus cet atout persistera. Mais même quand la France sera entièrement équipée, comme aux États-Unis, la grande période du cinéma, celle où sortent les blockbusters, sera incontestablement l’été, mais un été qui commence au milieu du printemps.

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