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La 117 eme assemblée générale des théâtres cinématographiques, le principal syndicat des exploitants français, que préside François Thirriot, a eu lieu mercredi dernier au Pathé du centre commercial Beaugrenelle. Elle s’est tenue alors que, après les très mauvais résultats de 2025, au premier trimestre de cette année, la fréquentation semble bien repartie (+15%).

Mais les exploitants français n’ont pas encore amorti les pertes de la période du covid cumulées avec les mauvais résultats de 2025. D’autant plus que, comme l’a rappelé Frédéric Chapuis, le vice-président du syndicat, les salles doivent renouveler leurs projecteurs numériques acquis, il y a 15 ans, lors du passage de la pellicule au numérique. Ce dernier a par ailleurs regretté des sorties trop larges pour les films porteurs, ce qui amoindrit l’effet du bouche à oreille. Et, alors que les multiplexes de plus de 6 écrans sont soumis à un encadrement de leur programmation, il estime souhaitable que les distributeurs soient également soumis à un encadrement de leur offre.

Néanmoins, la fréquentation est redevenue encourageante. En France, selon Éric Marty, le directeur général de Comscore, le premier trimestre se situe à 80% de la médiane des années pré-covid, qui étaient toutes de bonnes années. Par ailleurs, ces bons résultats se retrouvent dans la plupart des pays européens : +7% au Royaume-Uni, + 12% en Italie et surtout, grâce à des films nationaux, +33% en Allemagne et + 45% en Espagne. En outre, ce mercredi démarrait en France  le second volet de « Super Mario  » qui, pour son premier jour, se situait 10% au-dessus du premier volet qui, en 2023, avait terminé sa carrière à 7,3 millions d’entrées. Donc, même si les exploitants français n’ont pas encore entièrement amorti les pertes de l’année dernière, il y a toutes les raisons d’être optimistes et de penser que l’industrie du cinéma va retrouver ses équilibres d’avant la crise du Covid.

Menace sur le CNC et le Fonds de soutien

Mais Richard Patry, le président de la Fédération nationale des cinémas français, qui regroupe la totalité des syndicats d’exploitants, n’en a pas moins  lancé un retentissant cri d’alarme. Il a rappelé les menaces politiques qui pèsent sur la profession. Ainsi, à l’Assemblée nationale, un projet de loi supprimant le CNC « n’a été repoussé que de 3 voix ». Et, comme on le sait, cette suppression est dans le programme du Rassemblement national qui, à l’heure actuelle, est, de loin, le favori des élections de 2027. Or, il est évident que la fin du CNC et, donc du fonds de soutien, serait un désastre pour le cinéma français. Rajoutons que le Rassemblement national veut privatiser le service public de l’audiovisuel, ce qui aurait pour effet, comme le rappellent TF1 et M6, de plonger l’ensemble des chaînes françaises dans le déficit et les faillites. Or, la télévision est la principale source de financement de la production de films français. Mais, Richard Patry a insisté sur le fait que, même dans les partis « modérés » et dits « de gouvernement », et, notamment au Sénat, le cinéma a l’image d’un secteur surprotégé. C’est pourquoi il est indispensable que la profession se mobilise pour faire prendre conscience aux responsables politique de l’importance de ce secteur qui, contrairement à ce qu’ils croient, n’est nullement financé par le contribuable. Et les exploitants, dont les cinémas contribuent fortement à l’activité de leur commune, sont particulièrement bien placés pour faire effectuer cette prise de conscience aux  élus locaux et aux  parlementaires.

Tension croissante entr’exploitants et distributeurs et entre exploitants

Le problème c’est que, comme l’a rappelé Richard Patry, règne une profonde tension au sein de la profession : entre exploitants et distributeurs, mais aussi, entre exploitants. Surtout, cette tension s’accroît. Ce qui va à l’encontre du besoin d’unité. Le CNC a mis en place des médiateurs pour trouver des solutions aux inévitables conflits au sein de la profession. Or, le recours à ces médiations est en net recul, comme l’a souligné Catherine Verliac, la directrice adjointe du cinéma du CNC.  Ce qui traduit un état d’esprit inquiétant. Il  est au contraire est indispensable d’y recourir aussi systématiquement que possible pour réduire le climat de tension. Enfin, lors de son intervention, le président de la FNCF a rappelé que le distributeur doit être maître de son plan de sortie. Mais il a appelé de manière solennelle à l’union pour affronter les orages à venir.

La Fédération Nationale des Cinémas Français annonce que Pierre Pezet, le président de la FNCF de 1985 à 1987, s’est éteint vendredi 6 octobre à l’âge de 78 ans. Il avait succédé à Serge Siritzky.

Lors de son mandat, mené dans un contexte difficile de crise de la fréquentation, Pierre Pezet a joué un rôle crucial dans la mise en place de l’actuel système du cinéma Français, notamment le domaine des obligations imposées à Canal+ en matière d’investissement dans la production et la diffusion de films français. Saluant sa mémoire, Richard Patry, l’actuel président de la FNCF, rappelle qu’on lui doit aussi « la première grande bataille sur la chronologie des médias, la loi Sueur permettant aux collectivités territoriales de subventionner des entreprises privées, la création de Collège au cinéma et la mise en place, à la demande du ministre de la Culture Jack Lang, de la première Fête du Cinéma en 1985 ».  

Né dans une famille de montreurs d’images du sud de la France (sa grand-mère a été exploitante à Aix puis Avignon, son père à Nîmes ou encore Béziers), Pierre Pezet était devenu, en 1985, le 11e président de la FNCF créée en 1945… et le premier à ne pas être issu de la région parisienne. De la fin de son mandat à aujourd’hui, il siégeait encore comme président d’honneur de la Fédération.

Le Congrès de le Fédération nationale des Cinémas Français est, chaque année, un des moments importants de la vie du cinéma en France. Son 78 ème exemplaire, qui vient de se tenir à Deauville, la semaine dernière, l’était encore plus que d’habitude.

Tout d’abord parce qu’il a confirmé qu’à peu près partout dans le monde, en 2023, la fréquentation tend à se rapprocher de son niveau d’avant Covid. C’est dû, en grande partie, à la reprise de l’offre de films américains dont la production s’était totalement arrêtée pendant le Covid. Mais pas uniquement. En France, où l’on peut encore espérer atteindre cette année les 200 millions d’entrées d’avant la crise, c’est aussi dû aux succès de la production nationale. En tout cas , on n’a, à ce jour, que 7% de retard sur la moyenne des année 2017/19. Mais, d’autres pays, comme l’Autriche, la Norvège, la Tchéquie ou l’Allemagne font encore mieux dans la reprise. Il est vrai qu’ils sont loin de la fréquentation par habitant de la France.

Mais, bien entendu, partout, à commencer par aux États-Unis, du fait de la grève des comédiens et des scénaristes, on est conscient que l’arrêt de la promotion, donc le décalage des sorties, et, surtout, de la production, des blockbusters de Hollywood, va entraver cette reprise, puis entrainer une nouvelle chute de la fréquentation à partir du deuxième semestre 2024. Et, John Fithian, l’ancien président du NATO (qui représente les exploitants américains), estimait que l’enjeu-notamment l’usage de l’Intelligence artificielle-est suffisamment grave pour que la grève dure au moins jusqu’à la fin de l’année. Néanmoins, les patrons des Studios viennent de marquer la négociation par leur présence  et ont enfin signé un accord avec les scénaristes.Mais la grève des comédiens de se poursuit ce qui continue de bloquer toute production et toute sortie de film.

L’exception culturelle prend racine un peu partout

En fait, la leçon la plus importante du Congrès c’est que, dans un nombre croissant de pays européens, le gouvernement estime que le cinéma-c’est à dire un film dans une salle-est une activité socialement et culturellement indispensable qui justifie un soutien public. L’exception culturelle ne cesse de gagner du terrain. C’est le cas en Espagne et, même en Italie : aller voir un film en salle ça n’a rien à voir avec voir le même film chez soi sur sa télévision ou un ordinateur.

En outre, comme l’a rappelé Tim Richards, le président canadien de Vue Entertainement, l’un des tous premiers réseaux mondiaux de salles de cinéma, présent dans 9 pays, « tous les studios ont compris que vendre directement un film à une plate-forme, sans passer auparavant par une sortie en salle, leur créait un énorme manque à gagner ». Mais il a bien martelé que, à la différence des autres plates-formes, « Netflix n’est pas notre ami », car la plate-forme exige de manière inconditionnelle des exclusivités. Or Netflix domine largement ce nouveau marché. La bataille est donc loin d’être gagnée.

M6 a proposé à la Fédération Nationale des Cinémas  Français d’offrir une campagne de publicité gratuite lors de la réouverture des salles de cinéma. 

Les dirigeants de sa filiale de distribution, SND, trouvaient que c’était une très bonne idée. Son film « De Gaulle », sorti le 9 mars avait très bien démarré et a été littéralement fauché par la fermeture des salles.

Il est probable que l’ensemble des chaînes suivront cette initiative et ce pour deux raisons : d’une part leurs écrans sont vides et d’’autre part, en attendant le dépôt de la loi réformant l’audiovisuel, c’est un moyen de démontrer que le média télévision est le plus efficace pour le cinéma. Le projet de loi devrait supprimer l’interdiction pour la publicité des films à la télévision mais, du fait de la réticence de distributeurs et producteurs indépendants français, cette libéralisation risque d’être très encadrée. 

Cette proposition correspond exactement à l’idée que recherche Richard Party, le président de la FNCF, qui recherche à lancer une grande opération la semaine de la réouverture des salles. Et il écarte une baisse des prix qui n’aurait probablement aucun impact.

Richard Patry

Selon nous cette campagne pourrait être couplée avec des reportages sur des personnalités du cinéma, de la culture ou d’autres secteurs entrant dans un cinéma.

Et elle complète parfaitement la proposition de notre éditorial