Pour la plupart des producteurs qui croient à un projet de film, l’objectif est d’abord d’en trouver le financement. À cet égard, « Notre salut », réalisé par Emmanuel Marre https://fr.wikipedia.org/wiki/Emmanuel_Marre , est un exemple particulièrement instructif : 28 financements pour 5 M€. https://fr.wikipedia.org/wiki/Notre_salut
C’est le deuxième film du réalisateur. Comme on peut le voir dans Cinéfinances.info, son premier, « Rien à foutre », sorti en 2022, avait un budget prévisionnel de 2,1 millions d’euros, soit 45 % du budget moyen des films français de fiction sortis cette année-là. https://siritz.com/cinescoop/la-remuneration-demmanuel-marre/
C’était une coproduction franco-belge dans laquelle le producteur belge était majoritaire à 56 %. Le producteur français était Kidam (Alexandre Perrier) et le distributeur Condor. Le film avait rassemblé 130 000 spectateurs en France et avait été une bonne affaire pour tous les deux. C’est pourquoi on les retrouve dans « Notre salut ».
Mais, cette fois-ci, le budget prévisionnel a plus que doublé puisqu’il atteint 5 millions d’euros, soit 80 % du budget moyen des films français de fiction sortis depuis le début de l’année. C’est de nouveau une coproduction avec la Belgique mais, cette fois-ci, la France apporte 80 % du financement. Comment un producteur indépendant, dont ce n’est que le troisième film, a-t-il réussi à trouver une telle somme en France ?
Cinéfinances.info révèle qu’il a fait appel en France à… 21 sources de financement différentes, tandis que le producteur belge en a trouvé 7. 28 financements pour 5 M€ : où les producteurs les ont-ils trouvés ?
Tout d’abord, le film a bénéficié de l’avance sur recettes. Mais, fait notable, Alexandre Perrier a su convaincre cinq producteurs indépendants français de coproduire avec lui. France 2 Cinéma est également coproducteur, tandis que les chaînes du groupe Canal+ et France Télévisions ont préacheté le film.

Alexandre Perrier (Kidam) un producteur qui a su trouver 28 financements pour un budget de 5 M€
Les collectivités locales lui ont apporté six soutiens différents et le film a bénéficié de deux autres subventions. Condor Films a accordé un minimum garanti, mais celui-ci représente moins de 5 % du financement français. De son côté, Charades a fait financer son minimum garanti pour le mandat de vente â l’étranger par quatre Sofica.
Quant au producteur belge, près de la moitié de son financement provient d’un investissement en tax shelter. Plus du quart est apporté par une subvention du fonds Wallonie-Bruxelles. Mais il a également réussi à pré-vendre le film à trois chaînes et à obtenir le minimum garanti d’un distributeur.
Au bout du compte, Kidam a certes mis son salaire et ses frais généraux en participation. Mais le producteur n’a investi que quelques dizaines de milliers d’euros de soutien au développement et quelques dizaines de milliers d’euros en numéraire. Des apports qui devraient être facilement amortis par les rentrées de la franchise de soutien qui lui est réservée.
A noter que ce film qui traite, d’une façon très originale, de la France de Vichy, a obtenu le prix du scénario au dernier Festival de Cannes. Et il vient de démarrer avec plus de 35 000 spectateurs aux avant-premières et des premières séances à Paris qui laissent espérer qu’il va être l’un des grands succès français de l’année.
Chaque semaine, Cinefinances.info (https://cinefinances.info) le plan de financement et la répartition des recettes entre les partenaires de tous les films français qui sortent.
Vous pouvez aussi rechercher les interventions d’une chaîne, d’un distributeur, d’une SOFICA ou d’un vendeur international et voir quels films ils ont financé et à quelles conditions.
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