Archive d’étiquettes pour : Dimitri Rassam

Malgré l’omniprésence des médias portés par l’internet, le cinéma reste un média extrêmement puissant dans nos sociétés. C’est ce que démontre les nombreuses controverses que suscite le nouveau film de Xavier Giannoli, « Les rayons et les ombres » sur l’Occupation de la France au cours de la dernière gelure mondiale . https://siritz.com/cinescoop/les-annees-folles-de-loccupation/

« Les rayons et les ombres » déclenche une polémique

Ces controverses ne portent pas sur la qualité du film, une majorité de critique étant élogieux et le bouche à oreille excellent. Ils portent sur ce que certains considèrent comme une tentative du film de travestir la réalité historique. Le film suit deux hommes qui ont joué un rôle pendant l’occupation allemande de la France. Le Français, Jean Luchaire, et l’Allemand, Otto Abetz étaient devenus amis après la première guerre mondiale. Tous deux, socialistes, n’ont cessé d’œuvrer pour éviter que se renouvelle une telle boucherie entre leurs deux pays. Mais, de fil en aiguille, cette action va les conduire à être des acteurs  participer à  la collaboration entre la France et les nazis. Abetz comme ambassadeur d’Allemagne en France et Luchaire, à la fois comme directeur d’un journal influent et parce que son amitié avec Abetz lui donnait un incontestable pouvoir.

Tous deux n’étaient pas nazis et avaient bonnes conscience , étant persuadés qu’ils agissaient pour éviter le pire. Ce qui, comme le film le rappelle, ne les a pas empéchés de se noyer dans l’ignonimie. Ainsi, le film montre que Luchaire n’a pas hésité à écrire à Ferdinand Céline, qui trouvait Vichy trop mou à l’égard des juifs, « rassurez-vous, je suis devenu antisémite. ». Ceux qui dénoncent le film, et parmi eux des historiens reconnus,  reprochent à Giannolli d’avoir choisi comme personnage principal un collaborateur français issu de la gauche dans le but de faire oublier que cette collaboration était essentiellement de droite et d’extrême droite. Mais, ce reproche est excessif : même si Vichy était bien un régime d’extrême droite, Jean Luchaire n’est pas une exception. Pierre Laval, le chef du gouvernement de Vichy, venait de la SFIO et avait dirigé le Cartel des Gauches. Plusieurs des dirigeants de la collaboration de Jacques Doriot à Marcel Déat venaient également de la gauche. Et, pendant le Pacte Germano-soviétique, les communistes français se sont bien gardé de critiquer les nazis et Vichy. De même, toute l’extrême-droite ne soutenait pas la Collaboration. Ainsi, Charles Maurras, anti-sémite notoire et grande figure de l’extrême-droite était anti-collaborationniste parce que profondément nationaliste.

D’autres estiment que Jean Luchaire n’était qu’un personnage secondaire de la collaboration ce qui ne justifierait pas qu’on en fasse le personnage principale d’un film sur la Collaboration. Mais ce n’est rien comprendre au cinéma. Si le cinéma trouve un personnage intéressant, peu importe qu’il soit historiquement important.

Peut-on encore faire un film de 3h15 ?

Le seul défaut de ce film c’est sans doute sa durée : 3 heures 15. Non qu’il ne soit passionnant de bout en bout. Mais nous sommes à l’heure de l’-phone, de you tube et des réseaux sociaux. Fut une époque où les plus grands succès du cinéma mondial, depuis « Au temps en emporte le vent » jusqu’à une pléiade de péplums et de westerns, dépassant largement les trois heures, fleuretaient avec les records historiques de fréquentation. Aujourd’hui, les habitudes de vie font que les citoyens sont sollicités par un volume et une diversité incroyable de distractions. Au point de ne plus vouloir consacrer autant de temps à voir un film. Rappelons qu’alors qu’il  qu’une nouvelle version des  Trois Mousquetaire méritait 4 heures, habilement, le producteur Dimitri Rassam en a fait 2 films de 2 heures chacun. En un film de 4 heures il n’aurait sans doute pas approché le 6 millions d’entrées.

Ce qui est certain c’est que « Les rayons et les ombres » oblige interpelle société  sur un pan important de notre histoire.

Après les succès de « Les trois mousquetaires : d’Artagnan » (3,4 millions d’entrées) et de « Les trois mousquetaires : Milady » (2,5 millions d’entrées) Chapter 2 (Dimitri Rassam) et Pahé sont les producteurs délégués d’une autre adaptation des romans d’Alexandre Dumas,  une nouvelle version de « Le comte de Monte Cristo » https://fr.wikipedia.org/wiki/Le_Comte_de_Monte-Cristo_(film,_2024) réalisée par Alexandre de la Patellière https://fr.wikipedia.org/wiki/Alexandre_de_La_Patellière et Matthieu Delaporte https://fr.wikipedia.org/wiki/Matthieu_Delaporte.

Ciné.info* a fourni les données financières de cet article.

Alexandre de la Patellière

Matthieu Delaporte

Son budget est de 43 millions €, soit plus que les 36 millions de chacun des deux autres films cités ci-dessus https://siritz.com/cinescoop/les-trois-mousquetaires-dartagnan/ et https://siritz.com/cinescoop/les-trois-mousquetaires-milady/. C’est le budget prévisionnel le plus élevé de films de fiction français sortis cette année. https://siritz.com/financine/2024-reduction-des-budgets-previsionnels/ Pour la préparation, 74 jours de tournage et la post-production la rémunération des réalisateurs est de 550 000 €, dont 200 000 € d’à valoir sur droits d’auteur et 350 000 € de salaire de technicien, ce qui constitue la deuxième rémunération de l’année  et 4 fois la rémunération moyenne des réalisateurs https://siritz.com/editorial/remuneration-du-realisateur-en-du-budget/.nIls ont écrit le scénario pour 718 000 €, soit 3,6 fois le budget moyen des scénarios et le second montant de l’année. https://siritz.com/financine/impressionnante-chute-du-budget-des-scenarios/ Les rôles principaux ont reçu 1,6 millions €, soit la deuxième rémunération de l’année et 8,6 fois leur rémunération moyenne. https://siritz.com/financine/remuneration-des-roles-principaux-2024-2023/

M6 est coproducteur. Le film a reçu du CNC de l’aide sélective et automatique pour les effets visuels et numériques. La région Ile de France et la région Sud lui ont apporté leur soutien. Canal+, Ciné+, M6 et W9 l’ont préacheté. Pathé a donné un minimum garanti pour son mandat de distribution en salle, un pour son mandat vidéo et vod, un pour le mandat TV et s-vod, enfin un pour le mandat vente à l’étranger. Il y a un coproducteur belge, Umédia, pour 1,3%.

Les deux mêmes producteurs avaient produit le précédent film des deux réalisateurs (qui en ont réalisé trois), « Le meilleur reste à venir », sorti le 4 décembre 2019 et dont le budget était de 13,3 millions €.  https://fr.wikipedia.org/wiki/Le_meilleur_reste_à_venir

Il avait rassemblé 923 000 spectateurs.

www.Cinefinances.info est un site, accessible par abonnement, destiné aux professionnels du cinéma.  Il publie budget, le plan de financement et la répartition des recettes prévisionnels de tous les films français qui sortent (hors les films « sauvages » qui ne déposent pas leurs contrats au registre public et ne demandent donc pas l’agrément qui leur permettrait d’accéder à l’aide du CNC). Il s’agit des chiffres de l’agrément d’investissement sur la base duquel le producteur a monté son financement. Il dispose d’archives des films sortis depuis 2010 et d’un puissant moteur de recherche, avec de multiples critères.

« Les Trois Mousquetaires : Milady » sort ce mercredi après « Les Trois Mousquetaires : D’Artagnan» sorti le 5 avril dernier et qui avait rassemblé 3,37 millions d’entrées. https://fr.wikipedia.org/wiki/Les_Trois_Mousquetaires_:_D%27Artagnan  Il est, lui aussi, réalisé par Martin Bourboulon. https://fr.wikipedia.org/wiki/Martin_Bourboulon dont c’est le 5ème long métrage.

Ciné.info* a fourni les données financières de cet article.

Celui-ci a à peu près le même budget prévisionnel que le premier opus,  soit 36,164 millions € comparé à 36,075 millions€.  https://www.cinefinances.info/film/2848,

C’est le deuxième budget prévisionnel de films de fiction français sortis depuis le début de l’année, derrière « Astérix et Obélix, l’empire du milieu », réalisé par Guillaume Canet et sorti le 1er février de cette année. https://www.cinefinances.info/film/2763

Comme pour « D’Artagnan », pour la préparation, 67 jours de tournage et la post-production la rémunération du réalisateur de « Milady » est de 490 000 €, répartie en part égale entre à valoir sur droits d’auteur et salaire de technicien. C’est la dixième rémunération de réalisateur pour les films de fiction français. Mais si l’on additionne ses deux rémunérations pour « Les trois Mousquetaires », Martin Bourboulon arrive en deuxième position, derrière Dany Boon pour « La vie pour de vrai ». https://siritz.com/cinescoop/la-vie-pour-de-vrai/

Bien entendu, il s’agit d’une adaptation du roman d’Alexandre Dumas. Le réalisateur a écrit le scénario avec Alexandre de la Patellière et Mathieu Delaporte pour 973 000 €. C’est au 5ème rang des budgets des scénarios des films de fiction français cette année. Mais, même si on cumule le coût des scénarios des deux films on n’arrive qu’au 3ème rang, derrière « Asterix » et « La vie pour de vrai ». Quant aux rôles principaux  ils ont reçu 1,262 millions €. Cela les situe au 4ème rang. Mais si on ajoute les deux films, cela les situe au premier rang. Certes, derrière les 4,8 millions € de « Marlowe ». Mais c’est en fait un film anglo-saxon, la France étant un coproducteur très minoritaire. https://siritz.com/cinescoop/la-remuneration-de-neil-jordan/

En ce qui concerne le financement ils sont les mêmes pour les deux « Trois mousquetaires ». Chapter 2 (Dimitri Rassam) et Pathé (Jérôme Seydoux)  sont les producteurs délégués. M6 est coproducteur. Trois régions lui ont apporté leur soutien. OCS, Canal+ et M6 (2fenêtres) l’ont pré-acheté et Pathé a donné un énorme minimum garanti pour les droits de distribution tous mandats.

www.Cinefinances.info est un site, accessible par abonnement, destiné aux professionnels du cinéma.  Il publie budget, le plan de financement et la répartition des recettes prévisionnels de tous les films français qui sortent (hors les films « sauvages » qui ne déposent pas leurs contrats au registre public et ne demandent donc pas l’agrément qui leur permettrait d’accéder à l’aide du CNC). Il s’agit des chiffres de l’agrément d’investissement sur la base duquel le producteur a monté son financement. Il dispose d’archives des films sortis depuis 2010 et d’un puissant moteur de recherche, avec de multiples critères.