Archive d’étiquettes pour : Arthur Harari

Dans le cadre du Master professionnel en scénario, réalisation et production qu’il dirige à la Sorbonne depuis 18 ans, le réalisateur Frédéric Sojcher (il est également écrivain) invite traditionnellement de grands professionnels du métier à donner des masterclass. Mais il organise aussi des Ciné-rencontres, ouvertes au public, où, sous la présidence d’un des professeurs du master, un professionnel du cinéma répond aux questions préparées à l’avance par quelques élèves, puis par la salle. Alors que le Master est un monologue la Ciné-rencontre mène au dialogue et réserve des surprises.

Au fil des années 200 professionnels, du réalisateur au producteur en passant par le chef opérateur ou la costumière sont ainsi intervenus. Et Frédéric Sojcher vient de regrouper leurs réponses les plus marquantes dans un livre, « L’atelier de réalisation » (1) en les regroupant par thème : scénario, réalisation, acteurs, l’équipe, etc… Pour tous ceux dont le cinéma est le métier ou qui voudraient qu’il le soit ce recueil de citations sur celui-ci est passionnant.

Au fil des pages on découvre à quel point les conceptions qu’ont les professionnels de leur métier peuvent être différentes. Parfois radicalement. Et ils peuvent l’être puisque, comme le dit le compositeur Vladimir Cosma, « le cinéma est l’art suprême parce qu’il est le mélange de tous les arts ». Au fil des interventions on se rend compte à quel point, parce qu’il mélange tous les arts, le cinéma est un art d’équipe. En Europe et ailleurs dans le monde « le » créateur suprême est le réalisateur. Aux États-Unis c’est « le » ou plutôt « les » scènaristes. Mais la maquilleuse ou la costumière peuvent jouer un rôle déterminant dans certains films.

Enfin, pour tous ceux qui, à l’heure des réseaux sociaux et de l’IA, s’interrogent sur l’avenir du cinéma, le réalisateur Arthur Harari rappelle que « la photographie n’a pas fait disparaître la peinture â l’huile. »

(1) Les impressions Nouvelles Caméras subjectives

« L’Inconnue » est un film fantastique français au budget relativement élevé puisque, selon Cinefinances.info, il, selon Cinéfinances.info,  est de l’ordre de 11 millions d’euros, soit presque le double du budget moyen d’un film français de fiction https://fr.wikipedia.org/wiki/L%27Inconnue_(film,_2026). Et c’est le 14ème budget le plus élevé de tous les films français de fiction sortis depuis le début de l’année. Comment financer un budget de 11 M€ ?

Il a été initié par Bathysphère Productions  (Nicolas Anthomé), qui avait déjà produit le précédent film du réalisateur Arthur Harari, « Onoda, 10 000 nuits dans la jungle ». Cette coproduction internationale, dont le budget était de 4,5 millions d’euros, avait bénéficié de bonnes critiques et obtenu le César du meilleur scénario original. Mais elle avait connu un échec commercial en salles, avec seulement 45 000 entrées en France.

Le producteur Nicolas Anthomé (Bathysphère)  a initié le projet de film

Cette fois, Bathysphère a commencé par acquérir les droits d’adaptation cinématographique de la bande dessinée « Le Cas David Zimmermann », qu’Arthur Harari était en train d’écrire avec son frère Lucas. Parallèlement, la société lui commandait le scénario et la réalisation du film. Dès le départ il apparaissait que le budget du film allait avoisiner les 11 millions €. Mais quand on est un producteur indépendant de films d’auteur comment financer un budget de 11 M€ ?

Où trouver 11 millions € pour financer un film ?

Bathysphère a commencé par investir du soutien automatique en préparation, puis s’est associé, à 70/30, avec un autre coproducteur délégué, To Be Continued (Lionel Gedj).

Le scénario a visiblement convaincu puisque deux stars françaises, Léa Seydoux et Niels Schneider, ont accepté d’en être les interprètes principaux. Le projet a également obtenu l’avance sur recettes.

Avec ce scénario et ce casting, les diffuseurs et partenaires ont suivi. Pathé est entré comme coproducteur et distributeur.  Fait particulièrement intéressant : Pathé a accordé un minimum garanti pour la France et un autre pour l’international, ce dernier étant plus de trois fois supérieur au premier. Un écart qui illustre le potentiel international des films de genre.

D’ailleurs, le distributeur indépendant américain Neon, spécialisé notamment dans le cinéma d’auteur international, a acheté le film pour un montant représentant le double du minimum garanti français. Il faut dire qu’il avait déjà acheté en 2023, « Anatomie d’un chute », Palme d’or au Festival de Cannes, dont Arthur Harari était coscénariste. https://siritz.com/cinescoop/la-remuneration-de-julie-triet/

France 2 Cinéma a également coproduit le film, tandis que Canal+, Ciné+ et France Télévisions l’ont préacheté. Cinq Sofica y ont investi et deux régions lui ont apporté leur soutien. Deux producteurs italiens sont également entrés dans la coproduction, avec le soutien de la Rai.

Le film a ensuite été sélectionné en compétition au Festival de Cannes. Il n’y a remporté aucun prix, mais cette sélection a constitué une vitrine particulièrement utile pour ses ventes internationales.

Reste que le montage financier n’a pas totalement couvert le risque des producteurs délégués. Non seulement ceux-ci ont mis en participation une partie de leurs salaires et frais, mais, même en tenant compte du crédit d’impôt, ils doivent encore se partager plusieurs centaines de milliers d’euros d’apport en numéraire.

Un risque conséquent pour un film à 11 millions d’euros — mais aussi l’illustration d’un montage où le casting, le genre et le potentiel international ont joué un rôle déterminant. Or, pour son premier week-end-end le film n’a rassemblé que 45 000 spectateurs. Pour que les producteurs et le distributeurs s’y retrouvent il faudrait que ce film de genre réalise d’excellent ventes à l’international.

Chaque semaine Cinefinances.info publie le plan de financement et la répartition des recettes entre les partenaires de tous les films français qui sortent.

Vous pouvez aussi rechercher les interventions d’une chaîne, d’un distributeur, d’une SOFICA ou d’un vendeur international et voir quels films ils ont financés et à quelles conditions.

Avec Cinefinances Premium, vous retrouvez les films de budget comparable à celui de votre projet : qui les a financés, pour quels montants et avec quelles contreparties.

Cinefinances : 675 € HT/an — Premium : 1 550 € HT/an.

Si vous le souhaitez, je peux vous envoyer un exemple concret de recherche Premium correspondant au budget d’un de vos projets.

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