Le producteur délégué n’a pratiquement investi que du soutien financier

« Au mon de la terre», que Canal+ a diffusé mardi, est typique  des films à budget moyen  du cinéma français. On trouve dans  Cinéfinances.info* les données pour analyser son financement .

Ainsi, Nord Ouest Films (Christophe Rossignon) a investi 1,645 millions € en numéraire. Mais le crédit d’impôt n’apparaît pas dans les recettes. En outre, le salaire producteur est de 264 000 € (hors charges sociales) et les frais généraux 319 000 €. Son investissement en numéraire est donc en fait très limité. Nord Ouest film a néanmoins investi 150 000 € de soutien financier qu’il devrait récupérer avec la franchise de soutien que le film va dégager.

Le film a bénéficié de 600 000 € d’avance sur recettes. Par ailleurs, deux soficas garanties ont investi 200 000 €.  

France 2 a investi 750 000 € en coproduction et autant en préachat. Le film a bénéficié d’une coproduction avec la Belgique qui lui a apporté 235 000 €. Canal+  a préacheté le film 738 000 € et OCS 220 000 €.  

Diaphana a distribué le film, prenant tous les mandats, sauf la télévision, pour un minimum garanti de 500 000 €.  Or le film a atteint presque 2 millions d’entrées. Pour le distributeur c’est une excellente affaire.  Rien que sur les salles et, compte tenu du soutien automatique à la distribution, il devrait dégager une marge brute qui est d’environ le triple de son investissement en minimum garanti. Et il versera un supplément aux producteurs. France 2, en tant que coproducteur, jusqu’à récupération de son apport, touchera 25% des Recettes nettes part producteur (en soutien financier au-delà de la franchise de 150 000 € réservée au producteur délégué), puis 15 %, sauf 20% sur la TV et 15% sur le soutien financier.

Voir aussi : https://siritz.com/?p=1711&preview=true&_thumbnail_id=1714

Et https://fr.wikipedia.org/wiki/Au_nom_de_la_terre

www.Cinefinances.info est un site, accessible par abonnement,  destiné aux professionnels du cinéma.  Il publie le budget, le plan de financement et la répartition des recettes de tous les films français qui sortent (hors les films « sauvages » qui ne déposent pas leurs contrats au registre public et ne demandent donc pas l’agrément qui leur permettrait d’accéder à l’aide du CNC). Il dispose d’un puissant moteur de recherche multicritères et de 10 ans d’archives.