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L'édito de Serge
Serge Siritzki

Comment ouvrir les salles avec une forte fréquentation ?

Par Serge Siritzky

Le sondage de Vidéo Research prouve qu’une action exceptionnelle est indispensable

Sauf rebond de l’épidémie, le gouvernement devrait annoncer la date de la  rėouverture des cinémas début juin. Le temps que l’exploitation et la distribution se remettent en marche, on  peut donc raisonnablement tabler sur une réouverture le 15 juillet.

Certes, selon un sondage de Vertigo Research, 50,9% des français citent « aller voir un film au cinéma » parmi les activités post-confinement privilégiées, derrière 79% qui citent « manger au restaurant, boire un verre dan un café ».

Mais, seulement 18,4% d’entre eux affirment vouloir retourner au cinéma  « immédiatement après la réouverture ». 46,2 % attendront « plusieurs semaines » et 30,4% « plusieurs mois ». C’est dire que la plupart des  distributeurs ont des raisons d’attendre de voir la réaction effective des spectateurs  avant d’investir dans la sortie de leur nouveau film. Et, donc, qu’en plus des coûts supplémentaires  inhérents aux mesures de protection sanitaire, les salles  seront victimes d’une offre insuffisante. Pour nombre d’entre elles la fréquentation risque de ne même pas permettr    de couvrir les frais de fonctionnement. Elles ne pourront donc ouvrir et même les distributeurs souhaitant tout de même sortir leurs films  ne pourront compter sur une promotion et une sortie véritablement nationale. 

Augmenter le soutien automatique

Pour sortir de ce cercle vicieux, une solution est, pendant les premières  semaines de réouverture, d’augmenter la recette par une augmentation substantielle, du soutien automatique, ce qui aurait au moins un effet sur la sortie de films français. Voir l’Editorial :  https://siritz.com/editorial/pour-faire-redemarrer-les-salles-de-cinema/ Peut-être Franck Riester faisait-il  allusion ã une telle mesure quand, dans Le Parisien, il déclarait « on rėfléchit à un plan de relance et de reprise. » Mais cela suppose des moyens financiers dont le CNC ne dispose pas. Est-ce que le Trésor est disposé à l’investir, en plus de son soutien aux intermittents et son apport au fonds de garantie des risques pandémiques pour les tournages ? On verra.

La plus puissante campagne de promotion de l’histoire du cinéma

Mais, sans attendre l’aide de l’Etat, les exploitants peuvent eux-mêmes s’offrir la plus puissante campagne de promotion de leur histoire pour inciter les français à retourner immédiatement au cinéma dès la réouverture des salles. Une promotion telle qu’elle incitera fortement  les distributeurs ã y programmer leurs films porteurs, français ou étrangers, pour en bénéficier.

M6 a montré la voie en proposant à La FNCF une campagne publicitaire gratuite à l’occasion de cette réouverture. Il s’agit d’aller voir toutes les autres grandes  chaînes et de leur demander le même soutien. Et que ce soutien s’accompagne de grandes émissions de promotion des films à l’affiche et de la sortie cinéma en général. Elles devraient pouvoir mobiliser nos stars, en utilisant, si nécessaire, les techniques, désormais éprouvées, de la visioconférence. Et elles devraient montrer des stars, donnant l’exemple, en allant au cinéma.

Pour mener une telle opėration mi-juillet, il faut s’y prendre dès maintenant afin d’imaginer les émissions, mobiliser les stars, produire le  spot et faire appel ã l’imagination des exploitants pour relayer les chaînes sur le terrain.

Pour chaque distributeur ce sera une promotion gratuite massive que son film n’est pas près de retrouver.

Un enjeu capital pour les chaînes

Les grandes chaînes ont toutes les raisons d’accepter. Certains distributeurs ou producteurs estimeront qu’elles ont une arrière pensée : celle de démontrer la puissance du média tv pour l’augmentation de la fréquentation cinéma. Et ce, afin que la réforme de la réglementation sur l’audiovisuel autorise la publicité des films à la tėlėvision avec le minimum de restrictions. C’est sans doute vrai. Mais, pour  les chaînes tv cette opération est un moyen de faire leur démonstration, pas une occasion de faire pression sur les professionnels récalcitrants.

Surtout, pour elles, l’enjeu principal est bien plus vital. Au moment où de nombreux professionnels souhaitent la transposition rapide de la directive SMA, c’est l’occasion de rappeler qu’elles sont le premier partenaire du cinéma, c’est ã dire du film diffusé en salle. Et non, comme le rappelait Alain Le Diberder dans Le Carrefour d’hier,  « un sympathique renard que l’on laisse entrer dans le poulailler et qui sera bientôt suivi par une meute de loups ». https://siritz.com/wp-admin/post.php?post=1346&action=edit

En outre, si ce partenariat est un succès il pourrait être renouvelé pour la fête du cinéma. Car, désormais, face aux GAFA, les chaînes de tėlėvision doivent rappeler à quel point elles sont un facteur de lien social, de vie culurelle collective,  et que, de ce point de vue, elles sont un partenaire naturel des salles de cinéma.

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