Cinescoop

« Duelles », d’Olivier Masset-Delpasse : un montage financier belgo-français exemplaire

Canal+ décalé rediffuse ce 11 juin, « Duelles », que Canal+ avait diffusé pour la première fois le 3 juin. C’est le belge Olivier Masset-Delpasse qui a réalisé ce suspens. En Belgique il a obtenu 9 récompenses à la cérémonie des Magritte. Dont celui du meilleur film, meilleur réalisateur et meilleure actrice.

https://fr.wikipedia.org/wiki/Duelles_(film)

Le scénario a été écrit par le réalisateur, d’après un roman belge de Barbara Abel, publié en 2012.

C’est le troisième long métrage d’Olivier Masset-Delpasse, après  « Cages » en 2008 et « Illégal » en 2010. Ce dernier avait reçu le prix SACD et le Valois du meilleur film au Festival d’Angoulème . Il avait, en outre,  réalisé un téléfilm, pour Canal+.

https://fr.wikipedia.org/wiki/Olivier_Masset-Depasse

Le tournage a duré 35 jours, entièrement en Belgique. La rémunération du réalisateur a été de 170 000 €,  dont 110 000 € en à-valoir sur droits d’auteur et 60 000 € en salaire de technicien. C’est au-dessus de celle de la moyenne des réalisateurs français.

La rémunération d’Olivier Masset-Delpasse est au-dessus de la moyenne de celle des réalisateurs français

Ainsi, sa rémunération est supérieurs à celle de Christophe Honoré pour « La Chambre 212 », avec 3 jours de tournage de moins. https://siritz.com/cinescoop/la-remuneration-de-christophe-honore-realisateur/

Un film belge qui cumule les avantage de la production français et belge

En fait, c’est un film belge. Le distributeur français, Haut et Court (Carole Scotta et Caroline Benjo), ne l’a pas acheté contre un minimum garanti. Il l’a fait bénéficier  de tous les avantages financiers d’une production française. Cumulés avec ceux d’une coproduction européenne.

Le film a un budget de presque 4 millions €.  Il est produit par la société belge Versus Productions (Olivier Bronckaert), l’un des plus dynamiques producteurs de son pays et un partenaire régulier des français. Du côté belge, celle-ci a fait bénéficier le film de tous les  soutiens financiers  qui y sont accordés aux longs métrages francophones : 1,36 millions de Tax shelter, 437 000 € d’aide de la Fédération  de Wallonie Bruxelles. Et, aussi, de 270 000 € de coproduction de Wallimage. Ainsi que 270 000 € de Screen Bruxelles (un cluster de prestataires bruxellois).

Un film très primé en Belgique

Versus productions a, par ailleurs, fait bénéficier le film de 50 000 € du Média Slate Funding (Programme Européen Média) qui soutient les tranches de projets européens. Et, s’agissant d’une coproduction européenne, Eurimages, le fonds européen, a accordé une avance, remboursable sous certaines conditions, de 262 000 €.

En outre, le film a été coproduit pour 84 000 € par la RTBF. La chaîne à péage Be TV l’a pré-acheté 90 000 €. Le film est distribué au Benelux par O’Brothers pour un minimum garanti de 20 000 €. Enfin, le minimum garanti sur la part belge des ventes internationales, confiées à Indie Sales, est de 82 500 €.

Ainsi,  la part Belge du financement est de 75% (3 millions €). Pour y parvenir Versus a pu réunir 10 intervenants.

Le financement français

La coproduction française a apporté 25% du financement : Haut et court a investi 55 000 € sur 200 000 € de salaires producteur et 46 000 € sur 1230 000 € de frais généraux, que les producteurs ont inclus dans le budget. 

L’avance d’Eurimages est de 87 500 € et une sofica a investi 180 000 €. Canal+ a pré-acheté le film 524 000 € et Multithématiques 60 000 €. Sur les ventes internationales, Indie sales a attribué à la France un minimum garanti de 25 000 €.

Malgré ses nombreux prix en Belgique le film a rassemblé moins de 10 000 spectateurs en France.

Les données financières de cet article ont été fournies par Cinéfinances.info.  www.Cinefinances.info est un site, accessible par abonnement,  destiné aux professionnels du cinéma.  Il publie le budget, le plan de financement et la répartition des recettes de tous les films français qui sortent (hors les films « sauvages » qui ne déposent pas leurs contrats au registre public et ne demandent donc pas l’agrément qui leur permettrait d’accéder à l’aide du CNC). Il dispose d’un puissant moteur de recherche multicritères et de 10 ans d’archives.