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3,8 millions € de perte sur investissement pour les distributeurs

La fermeture des salles de cinéma a frappé tous les films. Tout particulièrement ceux  qui venaient de sortir et n’ont eu que trois jours d’exploitation . Mais ceux qui étaient sortis la semaine précédente, et même deux semaines auparavant.

A l’aide des informations fournies par Cinéfinances.info et avec la méthode d’évaluation mise au point par Siritz (voir ci-dessous), a été calculée la marge brute de la distribution des films français sortis le 26 février et le 4 mars.

Il s’agit de films bénéficiant de l’agrément et dont les contrats sont déposés au CNC. Sont également sortis des films dits « sauvages » qui n’auraient pas eu les points nécessaires pour être agréés et bénéficier du soutien du CNC.  Ils  n’ont donc déposé aucun contrat et ne sont pas pris en compte dans ces calculs.

Les films pris en compte sont :

-sortis le 26 février :  « Cyrille, agriculteur 30 ans, 20 vaches, du lait, du beurre, des dettes » (distribué par ARP sélection), « Lucky » (Apollo Films), « L’Etat sauvage » (Pyramide distribution), « Mes jours de gloire (Bac films), Mine de rien(Orange studio)

-sortis le 4 mars : De Gaulle (SND), Papi Sitter (Gaumont).

Pour tous ces films le distributeur est loin de pouvoir couvrir ses investissements (minimum garanti et frais d’édition) avec les recettes salles et même en prenant en compte le soutien automatique du CNC. Y compris De Gaulle qui était parti pour être un véritable succès.

Selon nos calculs la  marge brute cumulée de ces 7 films est une perte de 3,8 millions € avec les recettes salles et de plus de 2,6 millions € si l’on prend en compte le sotien financier.

Bien entendu, si les distributeurs sont en perte, il en est de même des producteurs. Non seulement ils ne toucheront pas de supplément sur recette salles du distributeur, mais leur soutien automatique sera très inférieur à ce qu’il aurait normalement du être.

A titre d’exemple, le très bon démarrage de De Gaulle, avec plus de 500 000 entrées la première semaine, laissait espérer jusqu’à 2 millions d’entrées. Le devis initial du film est de 11,6 millions €. Selon le plan de financement, son producteur, Vertigo productions, y a investi 3,16 millions en numéraire, mais aussi 230 000 € de salaire producteur en participation (environ la moitié de cette rémunération) et 461 000 € de frais généraux en participation (presque la totalité). Des investissements qui auraient été rentables sans l’arrêt brutal des salles.

Les chiffres de cet article proviennent de Cinéfinances.info www.Cinefinances.info*  est un site, accessible par abonnement,  destiné aux professionnels du cinéma.  Il publie le budget, le plan de financement et la répartition des recettes de tous les films français qui sortent (hors les films « sauvages » qui ne déposent pas leurs contrats au registre public et ne demandent donc pas l’agrément qui leur permettrait d’accéder à l’aide du CNC). Il dispose d’un puissant moteur de recherche multicritères et de 10 ans d’archives.

Le 23 mars 2020