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Le film a été diffusé hiers en clair sur Canal+

A la guerre comme à la guerre. C’est ce qu’a dû se dire Maxime Saada, le président du directoire de Canal+, en décidant de diffuser tous les programmes de son groupe en clair, au moins d’ici la fin du mois. C’est sans doute une façon d’éviter que les plates-formes, à commencer par Netflix, ne profitent de cette situation pour augmenter leurs abonnés au détriment de la chaîne payante française. 

C’est le même réflexe qu’ont eu les dirigeant des chaînes d’Orange et notamment d’OCS.

Mais ce choix fait fi des règles de la chronologie des médias pour les films de cinéma : le délai est de 8 mois après la sortie en salle (6 mois si le film a réalisé moins de 100 000 entrées), alors que, pour les chaînes en clair, il est de 22 mois pour les films pré-achetés et coproduits. Cet avantage est aussi justifié par le fait que la chaîne consacre 12,5% de son chiffre d’affaires (et non 3,2% comme les chaînes en clair) au pré-financement des films français.

Mercredi Canal+ a donc diffusé en clair « Venise n’est pas en Italie ». Selon le site Cinefinances.info*, Canal a pré-acheté le droit de  passage de ce film 1,47 millions €. Le film a réalisé 515 000 entrées. France 2 l’a pré-acheté 550 000 € et coproduit pour un même montant. 

Nous avons interrogé par mail les responsables de Canal+ et ceux de France télévisions mais n’avons eu aucune réponse. Au contraire TF1 s’est élevé contre ce coup de force.

Ce n’est évidemment pas à la productrice Isabelle Grellat d’ intervenir auprès de Canal+. D’autant plus que le groupe, outre le pré-achat par Canal+ a effectué un pré-achat de 

150 000 € de C8, un  investissement de co-production de StudioCanal de 100 000 € et un minimum garanti de 1 million € de StudioCanal pour la distribution tous les mandats monde.

Les chiffres publiés dans cet article ont été fournis par cinefinances.info. https://cinefinances.info/est un site, accessible par abonnement,  destiné aux professionnels du cinéma.  Il publie le budget, le plan de financement et la répartition des recettes de tous les films français qui sortent (hors les films « sauvages » qui ne déposent pas leurs contrats au registre public et ne demandent donc pas l’agrément qui leur permettrait d’accéder à l’aide du CNC). Il dispose d’un puissant moteur de recherche multicritères et de 10 ans d’archives

19 mars 2020